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Anciens numéros du Cardiologue

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Annus Horribilis

Chères Consœurs,

Chers Confrères,

Chers amis,

L’année 2015 se termine sur l’adoption définitive de la loi de modernisation du système de santé dont la discussion a alimenté l’actualité depuis le printemps.

Cette année est à marquer d’une pierre noire dans la longue histoire des relations entre la médecine libérale les pouvoirs publics. Toute vie conventionnelle est à l’arrêt et nous vivons comme une provocation inutile l’autosatisfecit que se donne le directeur général de l’Assurance Maladie sur le déroulement de la convention signée en 2011. Qualifier de « très positif » le bilan de la convention médicale montre un mépris profond des réalités telles qu’elles sont ressenties sur le terrain par les professionnels de santé libéraux. L’analyse des comptes de la santé 2014 souligne à l’évidence que le maintien des revenus des médecins est très largement dû à l’augmentation du volume d’activité et très peu à l’évolution du tarif des actes. A l’ère des 35 heures, il est dommage que l’ensemble de la population ne puisse toucher du doigt ce que signifient 50 à 60 heures d’activité professionnelle par semaine. Il est triste de constater que régulièrement l’Assurance Maladie laisse publier les revenus des médecins sans indiquer à nos compatriotes le temps de travail nécessaire pour arriver à ses revenus.

2016 s’annonce malheureusement sous des auspices pas plus favorables. Il n’y a aucune marge de manœuvre pour espérer une revalorisation du tarif des actes, dans un pays où ni la dette ni les déficits n’ont commencé à diminuer. Même si les professionnels de santé libéraux faisaient preuve d’une grande imagination et mettaient en place une organisation et une coordination territoriales efficaces dans l’accompagnement des patients âgés et souffrant de pathologies chroniques, il est à craindre que l’économie réalisée sur les hospitalisations évitables reste dans l’enveloppe de l’hospitalisation puisque la fongibilité des enveloppes n’est pas à l’ordre du jour. Nous sommes en face d’un marché de dupes où les économies que nous faisons nous reviennent comme un boomerang sous la forme d’un rebasage du montant de l’ONDAM (N) servant au calcul du montant de l’ONDAM (N+1). Nous sommes dans la position du condamné qui se garrotterait progressivement lui-même.

J’ignore aujourd’hui s’il existe une voie qui permettrait à la pratique libérale des activités de santé de perdurer. Si c’est le cas, elle est très étroite et ne s’ouvrira que si, en préalable à toute négociation, les professionnels de santé libéraux décident d’une modification radicale de leurs modes d’exercice et entrent résolument dans l’ère du regroupement et de l’entreprise médicale libérale pour répondre au cahier des charges imposé par la prise en charge globale de la santé de la population dans les territoires.

Un dernier mot, pour insister sur l’importance, pour moi et pour tous ceux qui avec moi essayent de préparer l’avenir tout en défendant le cadre libéral, de votre soutien. Même si nous sommes le 18 décembre il n’est pas encore trop tard pour vous acquitter de votre cotisation syndicale 2015.

Bonnes et heureuses fêtes de fin d’année à vous tous.

Ensemble, ne lâchons rien !

Très amicalement.

 

Docteur Eric Perchicot,

Président.




Anciens numéros – 2015

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Best of des Grandes Etudes 2015 – 1ère partie

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Pas de trêve des confiseurs

Dans la deuxième quinzaine de décembre est paru au Journal Officiel le décret augmentant de 135 postes, répartis dans des académies en « zones défavorisées », le numerus clausus de la première année des études médicales. Cette parution est le prolongement du pacte Territoire Santé 2 présenté par la Ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes le 19 novembre dernier. Hors l’effet d’annonce, que peut amener cette mesure aujourd’hui, quand on sait que les futurs professionnels entrant dans le cursus en 2017 ne seront opérationnels sur le terrain au mieux qu’en 2027, époque où la pléthore médicale sera le gros problème que nous aurons tous à gérer, si nous ne sommes pas capables de nous opposer au discours ambiant ? Quel aveuglement, quelle méconnaissance de la réalité, quel manque de lucidité. On ne fait pas de bonne politique qu’avec de la communication.

Dès les fêtes passées nous avons eu droit à une enquête montrant que les médecins, contrevenant à la réglementation en vigueur depuis le 1er janvier 2015, ne prescrivaient pas leur ordonnance en Dénomination Commune internationale ! Avec l’argument péremptoire, mais certainement pas vérifié, que cette prescription améliorait l’observance. Il est regrettable que les prometteurs de cette analyse n’aient pas précisé qu’elle avait été effectuée au printemps 2015 quelques semaines seulement après l’introduction de l’obligation pour un corps médical à la moyenne d’âge respectable qui n’a jamais prescrit qu’en noms de spécialités. Que, après quelques semaines seulement, 25 % d’entre nous prescrivent en DCI me paraît plutôt encourageant. Combien a-t-il fallu de temps aux Français pour parler en nouveaux francs au début des années 60 ? Quel est l’objectif recherché par ce type de présentation ? Montrer du doigt le corps médical, dans quel but ?

Cette année encore la cotisation ordinale que doit obligatoirement acquitter tout médecin exerçant une activité de soins sur le territoire français va augmenter. Qu’importe à cette vénérable institution que les tarifs des actes médicaux soient figés depuis des lustres et que l’ensemble de la profession médicale soit en souffrance. Plus de 200 000 médecins devant s’acquitter de plus de 300 euros chacun (et je ne compte pas l’imposition des sociétés d’exercice) représentent pourtant un budget annuel considérable, qui ne semble pas suffire à l’Ordre National des Médecins pour faire face à de nouvelles missions, dit-il lui-même, dont, pour certaines, il s’est pourtant autosaisi. Encore une institution qui, malgré des efforts remarqués pour apparaître à l’écoute du terrain, oublie le quotidien de ses assujettis quand il s’agit de gros sous.

Nous commémorons ce mois-ci les 20 ans de la disparition d’un Président de la République dont nous pourrions regretter que la 85e proposition, en tant que candidat à l’élection présidentielle de 1981, n’ait jamais été appliquée.

Quel dommage que les promesses politiques ne se concrétisent que rarement…