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Best of des Grandes Etudes 2015 – 2e partie

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Télémédecine : enjeux pratiques

Plus que jamais d’actualité avec la polémique lancée autour du site « deuxièmeavis.fr » qui propose aux patients de recevoir à distance un « autre avis d’expert » lourdement facturé, la télémédecine vient de s’enrichir d’un nouvel ouvrage intitulé « Télémédecine, enjeux pratiques », publié aux éditions Le  Coudrier.

En médecine comme ailleurs, les techniques modernes de communication ouvrent de nouvelles perspectives. Grâce à elles, de nombreuses pratiques à distance ont vu le jour depuis quelques années, sans que l’on sache toujours si elles ont fait leurs preuves et si elles apportent un plus aux patients et aux thérapeutes.

C’est précisément l’objet de ce livre : après avoir défini le champ et précisé les enjeux de la télémédecine, l’auteur retrace l’histoire des pays pionniers en ce domaine, y compris la France.

Il présente ensuite ce qu’il faut connaître des pratiques de la télémédecine : la stratégie nationale de développement de la discipline, les cinq actes reconnus depuis 2010, les responsabilités engagées et la façon de mettre en œuvre un projet.

Il termine en détaillant les applications développées dans les diverses spécialités et présente une sélection de publications scientifiques pour chacune d’entre elles.

En cardiologie notamment, figurent plus de trente articles français et internationaux essentiellement consacrés à l’insuffisance cardiaque et aux troubles du rythme graves justifiant l’implantation de dispositifs médicaux.

L’auteur, Pierre Simon, est néphrologue et juriste de la santé.

Pionnier de la télédialyse en France, il a participé à la réflexion nationale sur la place de la télémédecine dans l’organisation des soins ; il fut président de la Société Française de télémédecine de 2010 à 2015 et s’implique à présent dans ses relations internationales et ses formations.

Il s’agit à coup sûr d’un ouvrage de référence pour tous ceux qui s’interrogent sur les enjeux et les pratiques de cette discipline en plein essor.

 

Auteur : Pierre Simon

Editeur : Le Coudrier

Format : 150 x 210 mm

Pagination : 190 pages

Prix public : 29,50 €




Geek médical : les objets connectés

Les offres d’objets connectés ont explosé cette année. Le CES (Consumer Electronic Show) à Las Vegas début janvier a confirmé cette formidable poussée. Mais il faut faire attention entre le connecté de santé et celui de plaisir. Ce n’est pas tout à fait la même chose, tant par la qualité de ses composants que par ses applications.

Fotolia_37597331_Subscription_V Malade [Converti]Des utilisateurs avides

Les objets connectés liés au « quantified self » sont maintenant légion, un art de vivre du bien-être pourrait-on dire. Activité physique, fréquence cardiaque ou qualité du sommeil sont les produits phares de cette technologie. L’évolution rapide de ces appareils connectés n’a pas été suivi de beaucoup d’effets par le législateur, tant sur la protection de l’utilisateur que du diagnostic des applications et des objets connectés.

La prOtection des données médicales

La protection des données, première et véritable source d’inquiétude des utilisateurs, n’est  couverte par aucune une loi et n’impose donc pas aux entreprises, qui fournissent des services de bien-être et de santé, une interdiction ou tout au moins une limitation dans une éventuelle utilisation commerciale (ou autre).

Imaginez simplement qu’en tant que médecin, connecté à vos patients via une application, vous avez confié l’hébergement de toutes les données médicales et personnelles chez un prestataire extérieur. Celui-ci vous rend des services (payants), certes, mais quid des renseignements confiés ?

A l’heure actuelle, ce type de données est protégé uniquement par les règles générales sur les données personnelles prévues par la France et l’Union Européenne (1).

 

La fiabilité du diagnostic ?

Il serait également utile de s’interroger sur la confiance à accorder aux applications publiées sur les stores en matière de conseil ou de diagnostic. Comment garantir les données les plus basiques, telle la fréquence cardiaque, réalisée par une application ? Sont-elles par exemple adaptées à l’état de santé réel d’une personne ?

Il y aurait plus de 100 000 applications de « santé » ou de « sport » dans les stores. Le problème est que ces applications de « santé » ne sont rien d’autre que des « applications de loisirs ». L’essentiel n’est homologué par personne. C’est une jungle commerciale !

Un service d’évaluation des applications publiées par les stores a été lancé par un médecin, Guillaume Marchand, président de DMD Santé. (2) Avec un constat sans appel sur les 8 000 applications étudiées : à peine 500 ont été jugées utiles pour la santé, soit moins de 7 %. Une autre question que le législateur devra très vite se poser : qui sera responsable en cas d’aggravation de l’état de santé de la personne après avoir suivi les conseils d’une application ?

Enfin, l’usage par un assureur des données d’un podomètre ou d’un bracelet d’activité pour donner une indication du niveau d’activité d’un assuré n’est pas de même nature que l’usage d’un capteur ou d’une application pour des questions médicales, dans le cadre d’un diagnostic ou du traitement d’une pathologie.

 

Guider le patient

Les objets connectés sont sans aucun doute un formidable avenir pour la médecine : partage des données entre médecins et patients beaucoup plus fréquentes sur certaines pathologies chroniques, comme le diabète ou l’hypertension, faciliter le dialogue entre médecins, guider le patient… les applications sont infinies.

 

En conclusion

L’utilisation de ces objets doit être rapidement encadrée et se faire dans le contexte d’un suivi médical si les applications sortent du cadre « loisirs ». Il sera dès lors possible de tirer pleinement profit des possibilités offertes. Il faudra également réfléchir à la façon d’aborder ces systèmes aux personnes âgées, car si ces objets facilitent la vie de certains, ils peuvent devenir un enfer pour d’autres.

La médecine est devant un important challenge du XXIe siècle, poussée par les utilisateurs : convaincre les médecins eux-mêmes de l’utilité de ces objets et de la capacité de leurs patients avec eux. Et pas sans eux.

(1) Une législation européenne vise à s’assurer de la fiabilité des capteurs et applications pour certifier leur intérêt. La balance Withings par exemple dispose d’un marquage CE médical, alors que l’application, elle, n’en dispose pas.

(2) DMD Santé, évalue des applications mobiles et objets connectés liés à la santé. Il proposera prochainement un programme d’analyse et de mise en évidence de la qualité des outils en santé mobile.




Les cotations d’échocardiographie du cardiologue de garde

Conformément aux différentes recommandations, la plupart des malades hospitalisés en unité de soins intensifs cardiologiques nécessitent la réalisation d’au moins un échocardiogramme. Par ailleurs, pendant sa garde, le cardiologue peut être amené à pratiquer en urgence des échographies sur des patients suivis dans d’autres secteurs de l’établissement.

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L’incitation à l’amélioration de la qualité des soins est généralisée

Après deux vagues d’expérimentation, le dispositif d’incitation à l’amélioration de la qualité des soins sera généralisé cette année à l’ensemble des établissements qui seront volontaires. Une enveloppe de 30 millions d’euros y est dédiée.

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Nouveau président à l’Académie de Médecine

Le Pr Pierre Bégué (76 ans), infectiologue et pédiatre, vient d’être élu à la présidence de l’Académie de Médecine

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Les revues médicales dans le collimateur

Une équipe de l’université d’Oxford composée de professeurs du Centre for Evidence Based Medicine (CEBM) et d’étudiants de la faculté britannique ont lancé le programme COMPARE qui vise à comparer la concordance entre

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Maurice-Pierre Planel, président du CEPS

En fin d’année est paru l’arrêté de nomination comme président du Comité Economique des Produits de Santé (CEPS) de Maurice-Pierre Planel (51 ans), qui était depuis deux ans le conseiller en charge des produits de santé au cabinet de Marisol Touraine.

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Censure partielle du tiers-payant généralisé par le Conseil Constitutionnel

C’est assurément l’info du mois ! En retoquant le tiers-payant généralisé pour les complémentaires, les Sages viennent de porter un rude coup à ce dispositif, conçu en partie par la Ministre pour faire plaisir aux mutuelles.

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Création du Centre national des Soins palliatifs

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« Que nos dirigeants reconnaissent le rôle des libéraux »

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« Nous regrouper pour être plus attractifs auprès des jeunes »

« Dans mon exercice quotidien, ce qui m’est le plus pénible, c’est l’augmentation constante du travail administratif, des normes et de la réglementation, qui équivaut à une diminution du temps médical.

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« Mutualiser les charges entre plusieurs cabinets »

« Dans mon exercice quotidien, ce qui me gêne le plus, c’est le morcellement de la prise en charge et de l’information : nous passons notre temps à chercher des informations concernant nos patients. Concernant l’organisation générale, et sans faire preuve d’originalité, je pense, je déplore la charge du travail administratif, qui prend de plus en plus de temps, sans qu’on en perçoive l’utilité.

Il me semble que la mise à disposition des médecins d’un outil de partage de l’information efficient est une priorité, comme est une priorité la mutualisation des tâches administratives. Le DMP ? Pourquoi pas, s’il est fait pour les médecins. Mais par qui et comment va-t-il être implémenté ? On ne peut pas tout y mettre et faire le tri des informations pertinentes à y inscrire implique encore du temps… Je crois davantage à l’ouverture du droit à se connecter à un système pour aller chercher l’information dont on a besoin, une messagerie sécurisée.

Pour résoudre le problème du travail administratif, avoir une personne dédiée à ces tâches représente une lourde charge à l’échelle d’un cabinet de six ou sept personnes. Mais cela devient possible si la charge est mutualisée entre plusieurs cabinets. Cela me paraît une bonne piste. »

Interview de Vincent Pradeau (46 ans), cardiologue libéral à Cenon (Gironde)




Le blues des franciliens

En complément des études quantitatives menées sur différents aspects de la profession, l’URPS Médecins libéraux d’Ile-de-France a souhaité réaliser une enquête qualitative auprès des médecins franciliens (*), destinée à mesurer l’impact de l’évolution de certains facteurs sur la perception de leur exercice. 

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La santé de demain comme vous la voulez et comme vos patients la veulent

Les médecins n’ont pas le moral ! C’est ce qui ressort pour l’essentiel de la « grande » consultation menée par le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) qui vient d’en publier les résultats. Les médecins sont fiers d’exercer une profession qui constitue avant tout une vocation, mais les excès de contraintes réglementaires, économiques, administratives et la dévalorisation de ce métier entretient chez eux un malaise profond. 

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N’oublions pas le cœur des femmes !

La troisième édition de la Journée du Cœur, organisée par Alliance du Cœur en partenariat avec la Fédération Française de Cardiologie, se déroulera le samedi 13 février à Belfort, Lille, Nantes, Neuilly-sur-Seine et le vendredi 12 février et le samedi 13 février à Strasbourg.

Le thème majeur retenu cette année portera sur : « Les femmes, ces grandes oubliées ! ». Le constat chiffré des maladies cardiovasculaires est connu : 147 000 morts par an en France (deuxième cause de décès après le cancer), 2,2 millions de patients en ALD, 20 millions de personnes qui risquent de développer une maladie cardiovasculaire, 10 % des dépenses de santé, soit plus que le coût des cancers. Mais à ces données s’en ajoute une autre : l’inégalité de la prise en charge homme-femme avec notamment le non-respect de la parité en matière de recherche clinique, plusieurs fois pointé dans de nombreux travaux scientifiques.

Conférences et ateliers déclineront ce thème dans les différentes villes, avec des intervenants prestigieux et de nombreux professionnels de santé, des institutionnels et des élus mais aussi de nombreux patients et leurs proches.

www.allianceducoeur.fr




Pour le Leem, l’union fait la force

Les entreprises du médicament (Leem) veulent fédérer l’ensemble des acteurs de la santé autour d’ « impératifs communs » propres à construire un projet de refondation du système de santé.

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Le DMP sera testé au printemps

Le projet de loi de santé confiant le pilotage du Dossier Médical Partagé (et non plus « personnel ») à la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS),

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Le DMP (enfin) sur les rails

La loi de santé votée en fin d’année prévoit la réforme du Dossier Médical Partagé (DMP), qui sera désormais piloté par la Caisse Nationale  d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS). Un avant-projet de décret d’application précise son contenu et les modalités de son fonctionnement. 

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Contrat d’Accès aux Soins : un bilan mitigé

Deux ans et demi après la mise en œuvre du Contrat d’Accès aux Soins (CAS), l’Assurance Maladie parle d’un bilan « modeste » mais souligne « une inversion de tendance fondamentalement vertueuse ». 

« Le cas n’est pas une réussite comme veut bien le prétendre la caisse ». C’est la conclusion que tire l’Union Des MEdecins SPEcialistes (UMESPE-CSMF) des éléments de bilan du Contrat d’Accès aux Soins communiqués par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS). A vrai dire, l’Assurance Maladie ne crie pas victoire et parle même d’un succès « modeste » du Contrat d’Accès aux Soins (CAS) mais veut cependant voir dans son bilan une « dynamique durablement enclenchée ». Au cours des neuf premiers mois de l’année dernière, 700 nouveaux CAS ont été signés portant à 11 441 le nombre de contrats en vigueur à la fin septembre 2015, dont 8 034 signés par des médecins secteur 2 et 3 407 par des médecins secteur 1 dont les titres leur permettent d’opter pour ce dispositif.

Un « succès » très variable d’une spécialité à l’autre

Quel panorama peut-on dresser des spécialistes ? La part de ceux qui exercent en secteur 2 reste stable : 40 % en 2014 contre 41 % en 2011. En revanche, la part des spécialistes de secteur 2 qui n’ont pas adhéré au CAS a baissé, passant de 59 % à 43 % entre 2011 et 2014. Pour la plus grande satisfaction de la CNAMTS qui souligne que « l’arrivée du CAS a fait reculer les installations sur le secteur 2 hors CAS, ce qui était bien l’objectif recherché ».

Le « succès » du CAS est très variable d’une spécialité à l’autre. Concernant les chirurgiens – principalement ciblés par le CAS – la CNAMTS parle d’ « évolution significative », considérant qu’entre 2011 et 2014, la proportion  d’installés en secteur 2 hors CAS est passé de 83 % à 68 %. Mais les résultats sont nettement moins satisfaisants pour les ophtalmologistes, par exemple, qui n’a enregistré que 4 % d’adhésion au CAS pour les nouveaux installés durant le même période. A l’inverse, les radiologues ont enregistré 27 % de nouvelles installations en CAS. Quant aux cardiologues, ils font partie des spécialités les plus « preneuses » du CAS : à mi-décembre, sur 933 cardiologues de secteur 2 identifiés dans les bases de l’Assurance Maladie, 427 avaient signé le Contrat d’Accès aux Soins, soit 49 % des cardiologues de secteur 2 éligibles au dispositif.

Une inversion de tendance vertueuse, selon la CNAMTS…

Reste à savoir si l’objectif visé avec la création du CAS est atteint : les dépassements d’honoraires baissent-ils ? En 2011, le taux de dépassement moyen était de 56 % pour les spécialistes et de 43 % pour les généralistes. Le taux de dépassement des médecins secteur 2 s’est stabilisé en 2012, pour amorcer une baisse depuis 2013, baisse qui s’est accentué en 2014, et ce « après  plus de vingt ans de hausse ininterrompue » souligne la CNAMTS. Sur les neuf premiers mois de 2015, on a enregistré une nouvelle baisse de 0,9 point par rapport à la même période de 2014. La baisse est de 2,5 points pour les spécialistes ayant adhéré au CAS. La part d’actes en tarifs opposables pour l’ensemble des médecins du secteur 2 a augmenté de 2,8 points pour atteindre 36,2 % en septembre dernier. Et à la même date, ce taux atteint 55,7 % pour les médecins secteur en CAS (+ 7,8 points) et 60,2 % pour les seuls spécialistes.

… d’abord une conjoncture défavorable, selon l’UMESPE

La CNAMTS voit « une inversion de tendance fondamentalement vertueuse », car les médecins se montrent plus circonspects. Ainsi, pour l’UMESPE, ces diminutions de compléments d’honoraires et de l’installation des plus jeunes en secteur 2 avec CAS illustrent surtout « une conjoncture économique très défavorable dans notre pays. Les difficultés financières de la population ont induit, de la part des médecins, des modérations de compléments pour permettre une accessibilité aux soins pour tous et de meilleurs remboursements espérés au travers de ce contrat ».

Pour autant, l’UMESPE ne rejette pas le CAS et déplore même qu’il soit « sous-utilisé » en raison de « l’absence d’implication de l’UNOCAM pour rembourser les compléments dans le cadre de ce contrat » qu’elle a pourtant signé, du « manque d’attractivité de ce contrat en fonction des régions et des spécialités » et de « la complexité des suivis des indicateurs du contrat ». Le syndicat présidé par Patrick Gasser exige donc « la mise en place d’un contrat complètement revisité pour répondre à la réalité de terrain ».




295 euros pour un 2e avis en ligne : ça passe mal chez les médecins !

Le nouveau site www.deuxiemeavis.fr déchaîne l’ire des médecins libéraux. Lancé par la société Carians et autorisé par la CNIL, ce site permet à un patient de solliciter à distance un avis spécialisé de « téléconseil (ou de téléexpertise) personnalisé » à partir de documents médicaux numérisés et transmis sur la plate-forme.

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DPC : le forfait médecin reste inchangé

Le forfait annuel par médecin sera le même cette année (3 700 euros). En revanche, les modalités de paiement des organismes de DPC changent, au détriment des associations proposant des programmes courts.

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La colère en préambule des négociations conventionnelles

La colère des médecins libéraux non seulement ne faiblit pas mais s’exaspère. Les mots d’ordre de désobéissance tarifaire et de désobéissance civile sont lancés, qui n’augurent pas d’un climat serein pour les négociations conventionnelles qui vont s’ouvrir.

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Crémant du Jura

J’espère que vous avez, malgré les menaces présentes et les incertitudes futures, passé de bonnes fêtes de fin d’année, pour lesquelles le champagne, boisson de la joie, de l’amitié et de la gaité, a pris toute sa place. Pour ma part, crise et retraite obligent, j’ai dégusté (outre, tout de même, quelques verres de champagne) plusieurs vins effervescents qui m’ont confirmé la qualité et les progrès constants de cette production. Parmi ceux-ci, le Crémant du Jura, élaboré par le domaine Labet, m’a, tout particulièrement, séduit.

J’avais déjà vanté sur notre revue en ligne la qualité du chardonnay ouillé La Bardette du même producteur, et force est de reconnaître qu’il excelle également avec ce crémant.

Le domaine Labet est situé à Rotalier dans le Révermont, à la pointe sud du vignoble jurassien réputée pour ses chardonnays. Depuis 2013, les Labet parents et enfants, après une courte dissidence du fils Julien, ne forment plus qu’un seul domaine conduit par la fratrie formée de Julien, Romain, Charline, mais le crémant reste vinifié par le père Alain.

Parti de 9 ha en 1974, le vignoble ne s’est que modestement étendu à 13,5 ha, mais s’est tourné, sous l’impulsion de Julien, farouche militant, vers une culture bio, puis biodynamique. Actuellement, 3 ha de vignes sont certifiées Ecocert depuis 2013, les autres sont en cours.

Les sols sont bêchés au printemps, les ceps butés de janvier à avril, des griffages de mai à juillet maîtrisent l’herbe. Les traitements excluent tout produit chimique et engrais, utilisent le soufre, et le cuivre à faibles doses, le petit lait, les tisanes d’orties, de prêles, d’osiers.

La spécificité du domaine est l’approche parcellaire : une cuvée, issue d’une seule vigne, laisse ainsi s’exprimer la personnalité d’un cépage, d’un lieu, d’un sol, d’un terroir. Tous les vins sont produits par une fermentation spontanée grâce aux levures indigènes présentes naturellement, mais différentes d’une parcelle ou d’un millésime à l’autre influençant donc la personnalité et l’expression de chaque cuvée.

 

Un vin non millésimé

L’AOC Crémant du Jura, obtenue en 1995, impose des vendanges manuelles, un transport en caisses percées, un pressurage par grappe entière. Ce vin effervescent est obtenu, comme le champagne, par une double fermentation, dénommée « méthode traditionnelle ». La première fermentation, essentiellement en cuve inox, suivie d’un élevage, sur lie, en foudre pour 79 % et fûts anciens pour 21 % pendant 8 à 10 mois, permet d’obtenir un vin sec et tranquille très peu brassé, non soutiré. Les raisins proviennent de vignes de 28 à 50 ans, de 6 parcelles assemblées sur des terroirs argileux du Lias et calcaires Bajocien. L’assemblage final comporte 95 % de chardonnay et 5 % de pinot noir.

Après l’élevage, est opérée la « prise de mousse ». Le vin de base est mis en bouteille hermétiquement close après ajout de levures et sucre. Le gaz carbonique ne peut s’échapper pendant cette deuxième fermentation et forme des bulles. Les bouteilles sont stockées sur lattes pendant 12 mois, puis dégorgées en remplaçant le dépôt de levures constitué dans le goulot par une liqueur d’expédition composée de vin, sans rajout de sucre donnant, pour ce crémant, la qualification d’un brut nature non dosé. Même si les bouteilles ne sont pas millésimées, le vin de base est issu d’une seule année.

Ce crémant du Jura de Labet comble, à l’instar du champagne, toutes les sensorialités !

Plaisir de l’ouïe : le murmure des bulles harmonise une musique apaisante.

Plaisir de l’œil : la belle robe jaune d’or pâle fait miroiter les fines colonnes de bulles pétillantes, légères, et intenses.

Plaisir du nez : les arômes très riches de raisin muscaté, de fleurs blanches aubépine, chèvrefeuille, de fruits exotiques, ananas, mangue sont magnifiés par de légères notes oxydatives de fruits secs : noix de cajou, noisettes, de champignons, de curry typiques des vins du Jura.

Plaisir de la bouche : l’arrivée des bulles contre la langue est vive, fraîche, désaltérante.

Ce vin effervescent, expressif, puissant et très sec ne copie pas un champagne, mais exprime parfaitement ses origines terriennes jurassiennes.

 

Une merveille pour les poissons fumés

Ce crémant est un merveilleux vin d’apéritif, vin de soif ouvrant les papilles gustatives, sans les charger en sucre avec juste sa petite pointe d’acidité. Ses bulles, sa discrète oxydation accompagnent à merveille poissons fumés, en particulier le saumon, surtout s’il est tranché dans le gras du dos. Il est recommandé par le chef local Marc Tupin pour sa préparation de tartare de truite rose du Jura sur caviar d’aubergines et perles du Japon. Il séduira en compagnie de grosses langoustines croustillantes au pistou. En raison de son acidité, ce vin s’avère difficile sur un dessert en dehors de ceux peu sucrés à base de fruits : granité de cerises au sabayon de macvin, soupe de fraise à la crème fouettée.

Cet élégant effervescent, servi frappé autour de 8°, fait pétiller tous les instants de convivialité. Laissez-vous entraîner par la danse délicate de ses bulles chatoyantes qui caressent le palais, d’autant que son prix, inférieur à 9,00 euros, est tout aussi doux.

Crémant du Jura – Domaine Labet 39190 Rotalier




La bataille de lépante en stuc par giacomo serpotta (1656-1732) ou la mansuétude du baroque

La bataille de Lépante du 7 octobre 1571 est l’une des plus grandes batailles navales de tous les temps et « le plus retentissant des événements militaires du XVIe siècle, en Méditerranée. C’est une énorme flamme et nous la voyons encore brillante malgré quatre siècles de recul » (Braudel). 

salle_600L’endroit, situé dans le golfe de Patras, sur la côte nord-ouest du Péloponnèse, fait référence à l’ancienne base navale athénienne (Ve siècle av. J-C) de Naupacte, devenue Lépante depuis le Moyen-âge, et située en regard du détroit occidental de l’isthme de Corinthe. Un événement aussi considérable ne pouvait pas échapper à de nombreuses représentations picturales dont celle de Véronèse (1528-1588) à Venise et de Vasari (1411-1574) au Vatican, représentant les galères rangées comme à la parade avant l’engagement ou au contraire dans un chaos infernal et meurtrier.

L’une des figurations les plus originales est celle faite en stuc, à Palerme, par le sculpteur sicilien Giacomo Serpotta (1656-1732) dans la décoration de style baroque de l’Oratoire du Rosaire (*) de Santa Zita (ou Cita) construit en action de grâce pour la protection accordée par la Vierge.

 

La bataille de Lépante : de la réalité au stuc

bateau_600La bataille de Lépante s’inscrit dans un conflit entre les Ottomans et les Chrétiens et plus particulièrement la République de Venise, avec comme enjeu le contrôle de la méditerranée, lieu de razzias et de piraterie incessantes ; le facteur déclenchant est la prise de Chypre (1570) par les Ottomans avec le massacre de la population de Nicosie et le martyre de son gouverneur Marco Antonio Bragadin (1523-1571) dont la résistance héroïque donnera le temps à la Sainte Ligue, imposée par le pape Pie V, d’organiser la flotte chrétienne mais sans la France qui était alors l’alliée de la Sublime Porte. C’est le 7 octobre 1571 que vont s’affronter 100 000 hommes, l’équivalent d’une énorme ville de l’époque.

D’un côté l’armada turque, venant de Lépante, avec des galères, des fustes à voiles et à rames et des galiotes rapides mais faibles en artillerie, sous le commandement relatif d’Ali Pacha, gendre du sultan Selim de Constantinople et, de l’autre, la flotte chrétienne venant de Messine puis de Corfou, sous le commandement plus homogène de Don Juan d’Autriche (1545 ou 1547 -1578), fils naturel de Charles Quint et demi-frère du roi d’Espagne Philippe II qui l’a désigné comme chef de la Sainte Ligue comportant plus de 200 galères espagnoles, génoises, pontificales mais aussi maltaises, savoyardes et de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, avec des navires de soutien et, surtout, six galéasses vénitiennes, Galeazza Grossa, grosses galères munies de canons fixés aux navires, qui foudroyèrent les galères turques pourtant plus nombreuses et plus maniables.

Avant la fin de cette journée fatidique, la victoire revint aux Chrétiens avec la libération de 15 000 galériens chrétiens mais fit de l’ordre de 60 000 morts et blessés de telle sorte que « la mer paraissait rouge aux yeux des combattants » parmi lesquels un simple arquebusier dénommé Miguel de Cervantes (1547-1616) qui y laissera la fonction de sa main gauche et y gagna le surnom de « manchot de Lépante ».

 

L’oratoire du Rosaire de Santa Zita

fenetre_900L’oratoire du Rosaire est un petit édifice accolée à l’église éponyme dans le quartier de la Loggia de Palerme ; il s’agit d’une salle rectangulaire aux parois entièrement recouvertes de stuc avec des encadrements entourés d’angelots et de figures allégoriques représentant les mystères du Rosaire dont la Résurrection, l’Ascension et le Couronnement de la Vierge entourant la représentation de la bataille de Lépante.

Le stuc utilisé par Serpotta, dont la technique remonte à l’antiquité, est un mélange de chaux éteinte obtenue par action de l’eau sur la chaux vive issue de la cuisson de pierres calcaires, de sable fin en y incorporant des liants d’origine animale ou végétale sur un treillis de fils de métal et de bois. Il s’associe une innovation fondamentale, dénommée « allustratura » sous forme d’une dernière couche à base de chaux et de poudre de marbre, conçue pour donner plus d’éclat et de blancheur aux sculptures dont le réalisme laisse le spectateur littéralement pétrifié selon l’expression italienne particulièrement adaptée en l’occurrence « restare di stucco ».

Serpotta a représenté une version simplifiée de la bataille navale sous des nuées orageuses où siège une Vierge entourée d’anges, avec un Enfant Jésus turbulent, et dont l’intercession est implorée par un moine ; des fortins dorés sur des promontoires rocheux suggèrent la proximité de la côte incluant l’île d’Oxia qu’avait longée la flotte chrétienne avant de se dévoiler progressivement à la flotte turque. Sur une mer formée, s’affrontent des galères dont « les longues rames pendent, parallèles et inertes, dans la mer », avec du côté droit trois galères ottomanes et une galiote ; du côté gauche trois galères chrétiennes avec un navire de soutien et, entre les deux, se situent deux galéasses vénitiennes reconnaissables à leurs trois mâts et à leur puissant gaillard d’arrière doré.

Des oriflammes flottent aux sommets des fortins et des mâts des navires avec une orientation vers la droite suggérant que la flotte chrétienne évolue vent arrière avec quelques petits personnages à la manœuvre dans les gréements, soulignant la minutie de la composition qui apparaît conforme au fait que les Chrétiens étaient à l’ouest alors que les Ottomans étaient rangés à l’est.

En-dessous de la scène, sont assis deux jeunes garçons habillés en paysans, de part et d’autres de trois arquebuses à mèche ; à droite un jeune Turc blessé et affligé s’appuyant sur un turban, « la Défaite musulmane » et à gauche un jeune chrétien s’appuyant sur un heaume, « la Victoire chrétienne », fier et songeur mais qui ne se réjouit pas : la Chrétienté a vaincu mais l’humanité est en deuil et cette bataille navale effrayante par son ampleur n’empêchera pas la perte de Chypre, pourtant casus belli, par les Vénitiens.

Même si les conséquences historiques de cette bataille navale hors normes ont fait l’objet de controverses, il n’en reste pas moins qu’elle a porté un coup d’arrêt indéniable à l’expansionnisme ottoman et qu’elle préfigure la fin des flottes de galères au profit des vaisseaux de ligne et des galions armés de canons. La représentation de la bataille de Lépante est un détail émouvant parmi les intérieurs stuqués des oratoires palermitains par Giacomo Serpotta que l’historien d’art Rudolf Wittkower (1901-1971) a comparé à « un météore dans le ciel sicilien » ayant contribué au fait que « le sentiment du merveilleux est rarement absent du Baroque ».

(*) Rosaire, de rosarium : guirlande de fleurs, en référence au grand chapelet de prières.

 

Bibliographie

  • Arrabal F. Un esclave nommé Cervantès. Plon 1996
  • Boucher B. La Sculpture baroque italienne. Thames & Hudson 1999
  • Braudel F. Autour de la Méditerranée. Ed. de Fallois 1996
  • Bucaro G. Palazzoto P. Il Serpotta di scena. Regione Siciliana 2013
  • Fernandez D. Le Radeau de la Gorgone. Promenades en Sicile. Photos de Ferrante Ferranti. Le Livre de Poche 1989
  • Heers J. Les Barbaresques. Tempus 2008
  • Lebédel C. Histoire et splendeurs du Baroque en France. Histoire Ouest-France 2003
  • Morel Ph et al. L’Art italien de la Renaissance à 1905. Citadelles & Mazenod 1998
  • Remerciements au Dr Philippe Rouesnel pour sa visite guidée de Palerme

 

Giacomo Serpotta (1656-1732) est considéré, bien qu’il soit injustement méconnu, comme l’un des plus grands sculpteurs européens du XVIIIe siècle ; il fait partie d’une famille de sculpteurs et de stucateurs puisqu’il naît à Palerme d’un père ouvrier en marbre qui, condamné pour rixe, mourra aux galères en 1670 ; Giacomo n’a alors que 14 ans et ce traumatisme a pu avoir une influence sur son œuvre ultérieure ; son frère et son fils unique, Procopio (1679-1755), seront aussi sculpteurs mais de moindre importance. Une grande incertitude persiste quant à sa formation artistique ; peut-être a-t’il rencontré Le Bernin âgé (1598-1680) à Rome lors d’un voyage d’étude ? encore qu’il est plus probable qu’il ne connaissait le Baroque que par l’intermédiaire de gravures ou d’artistes formés sur le continent et il semble même qu’il n’ait jamais quitté la Sicile où il a travaillé toute sa vie à la tête d’un atelier familial prospère, d’où la « réputation d’un artisan local plutôt que d’un artiste européen » peu propice à la postérité. Contrairement à ses prédécesseurs locaux dont la facture apparaît assez médiocre, Giacomo Serpotta a donné ses lettres de noblesse au relief en stuc avec une délicatesse et une qualité du niveau de la grande sculpture monumentale.

 

Les sculptures de Giacomo Serpotta. Ce n’est pas dans les musées qu’on peut admirer les sculptures de Giacomo Serpotta mais dans les plus importantes églises et oratoires de Palerme où il travaille à partir de 1686 jusqu’aux années 1710 avec plusieurs interruptions. On y voit une  profusion de personnages incluant des putti espiègles qui sont véritablement les acteurs de la représentation sacrée et qui « jouent même à dormir et à mourir » avec des guirlandes, des mouvements tumultueux et des drapés si caractéristiques du Baroque, de telle sorte que les parois semblent animées d’un véritable « bouillonnement de formes blanches » au sein duquel peut se glisser un petit reptile en guise de signature symbolique.