Ils croient que la nature est bonne

« Il n’y a pas d’autre domaine que l’écologie où les préoccupations les plus justifiées voisinent avec les plus évidentes bêtises…Cette bouillie de faux concepts, de grands sentiments et d’intérêts camouflés conduit les hommes les plus respectables à proférer doctement les plus évidentes contrevérités, à prendre la plaine de la Beauce pour le Sahel, à considérer que le débit du Rhône est celui du Jourdain, que la dégustation d’un steak est aussi dangereuse que la traversée à la nage du détroit de Magellan… »  

C’est avec ces phrases incisives que débute ce nouvel opus de Jean de Kervasdoué dirigé, une fois de plus, contre les contempteurs de la pensée unique et du politiquement correct en matière de la soi-disant protection de l’environnement ; reprenant sa croisade, initiée voici une dizaine d’années avec « Les prêcheurs de l’apocalypse », poursuivie avec « La peur est au-dessus de nos moyens », « Pour en finir avec les histoires d’eau », ou encore, plus récemment « Ils ont perdu la raison » (dont Le Cardiologue s’était fait l’écho), sa condamnation de la pseudo-écologie est ici sans appel.

Il devait en avoir gros sur le cœur, en tout cas il annonce la couleur dès le sous-titre de l’ouvrage ; en effet, avec : Ecologie, agriculture, alimentation : pour arrêter de dire n’importe quoi et de croire n’importe qui, le ton est donné !

En préambule, Jean de Kervasdoué nous rappelle la distinction qu’il fait entre écologues et écologistes : les premiers étant des « scientifiques de l’écologie qui publient généralement en anglais des articles austères, ayant en horreur la généralisation hâtive et les vérités approximatives » alors que les écologistes sont le plus souvent des « politiques aux nombreux relais médiatiques (qui) font flèche de tout bois pour couvrir l’espace public où ils déversent leurs interprétations des choses de la nature comme de la nature des choses » !

En fait, le vrai combat qu’il mène est avant tout dirigé contre les faux prophètes (au premier rang desquels le très médiatique Nicolas Hulot), les pseudo-scientifiques qui cherchent à culpabiliser les consommateurs que nous sommes en nous faisant presque regretter toute notion de progrès ; il rêve également d’abattre le sacro saint principe de précaution !

Pour Jean de Kervasdoué, ce ne sont pas les disciplines environnementales qu’il faut supprimer, c’est simplement la généralisation et l’exagération qu’elles suscitent de la part de certains qui s’en servent pour compliquer atrocement notre vie quotidienne.

Non, assène-t-il, l’apocalypse planétaire n’est pas pour demain : la famine recule, de même que la grande pauvreté, l’espérance de vie continue à croître, le réchauffement climatique n’aura sans doute pas les conséquences si théâtralement annoncées et notre alimentation ne nous amène pas tout droit vers la mort !

Cet ouvrage, on s’en doute va susciter des polémiques, mais l’auteur ne s’en laisse pas conter : ingénieur agronome, ingénieur en chef des Eaux et Forêts, membre de l’académie des technologies, premier conseiller agricole de Pierre Mauroy, Jean de Kervasdoué sait de quoi il parle ; les médecins, qui le connaissent surtout comme économiste de la santé et ancien directeur des hôpitaux, ont pu apprécier ses nombreux ouvrages en la matière dont par exemple la qualité des soins en France, la santé mentale des Français ou l’hôpital vu du lit.

Quoiqu’il en soit, cet ouvrage n’a rien d’un pamphlet ; l’auteur qui cite systématiquement ses sources prend le soin de démontrer tout ce qu’il avance et oppose toujours à ses adversaires les données actuelles de la science.

Ce faisant, il démystifie enfin cet écologisme donneur de leçons, il est fort probable que la grande majorité de ses lecteurs, dont nous faisons partie, lui en saura gré.

Auteur : Jean de Kervasdoué

Editeur : Robert Laffont

Pagination : 180 pages

Prix public : 17,00 €

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