Confrontés aux données des patients

L’apparition récente d’objets connectés grand public capables d’enregistrer un ECG miniature sur une dérivation, que l’on peut visualiser sur un smartphone ou une tablette grâce à une application dédiée vient élargir le choix des méthodes d’investigations. Le médecin traitant ou cardiologue va à être confronté à des données enregistrées par son patient… il est donc nécessaire de connaître les avantages et inconvénients de chaque objet, mais également leur sensibilité et spécificité à diagnostiquer un trouble du rythme en raison du risque d’artéfacts lors de l’enregistrement du signal qui limite leur fiabilité. L’objet de cet article n’est pas d’établir une revue exhaustive de tous les dispositifs actuellement disponibles mais de préciser leur place diagnostique respective. Ainsi, de façon schématique, des symptômes quotidiens feront l’objet de la pose d’un holter ECG classique, tous les 2 à 3 jours un holter de 48-72 heures ; pour des symptômes hebdomadaires, on aura recours soit à holter de 7 jours ou à un enregistreur d’événements avec boucle de mémoire. Au-delà (symptômes mensuels), ce seront des enregistreurs d’événements, les holters sous-cutanés n’étant réservés qu’à des symptômes sporadiques ou dans le cadre du diagnostic étiologique des accidents vasculaires cérébraux inexpliqués lorsqu’une fibrillation atriale paroxystique est suspectée.

Face à cette multiplicité des méthodes d’enregistrement ECG non invasifs, force est de constater que notre nomenclature française des actes médicaux n’a pas évolué au regard des avancées technologiques récentes dont se sont pourtant emparées les sociétés savantes internationales ; ce décalage illustre, une fois de plus, l’archaïsme et la lenteur de nos administrations dans leur politique de remboursement des innovations technologiques qui limitent au quotidien leur utilisation au détriment des patients.