Les Orientales 2014 – Côtes du Roussillon Villages Lesquerde

Comme le rock qui inspire leur friande et juteuse cuvée roc’n Rousselin, l’aventure de Pascal et Laurence Rousselin a débuté dans un garage, où ils ont commencé à vinifier, en très petite quantité, leur production.

Ce petit domaine qui atteint actuellement 8 ha, a été créé en 1995 sur le plateau de Lesquerde, minuscule appellation des Côtes du Roussillon Villages, perché à 350 m d’altitude sur les rives de l’Agly, au terroir granitique venté et ensoleillé. Sis sur la route des châteaux cathares entre Maury et St-Paul de Fenouillet, proche de la Méditerranée lui procurant ces arômes sudistes caractéristiques, la propriété bénéficie d’une vue magnifique sur le mont Canigou. C’est en 2005 que Pascal, venu à la vigne par passion et Laurence, professionnelle de la communication convertie à l’aventure vinicole, se détachent de la coopérative, pour commencer à produire leurs propres vins optant d’emblée pour des microcuvées typées. La volonté de travailler en agriculture biologique s’impose à la suite d’une intoxication aux désherbants de Pascal, où ils prirent conscience de la dangerosité de ces produits, dont la vigne n’a pas besoin.

Ils se lancent alors dans un parcours initiatique, pour travailler leur terre, sans aucun intrant chimique, la traitant uniquement par des doses très faibles de soufre et bouillie bordelaise, des piégeages d’insectes, des labours, des engrais naturels, pour obtenir de beaux et sains raisins.

Les vins sont élaborés par microcuvées entièrement à la main : cueillette des raisins en cagettes de 10 kg, égrappage, remplissage des cuves au seau, pressurage par pressoir vertical à cage bois. Le garage a fait place à un chai neuf climatisé. Les vinifications sont les plus traditionnelles possibles, sans aucun intrant autre que des doses de soufre très inférieures au cahier des charges bio, pour être au plus près d’un vin naturel : macérations raccourcies à 2 semaines, levurage endogène, pigeage, décuvage sans pompage, élevage en cuves béton sur 15 mois, sans aucune utilisation de bois pour les Orientales, 2 ou 3 soutirages avant la mise en bouteille sans collage ni filtration.

Parées d’une robe rouge sombre, aux reflets prune, limpide et brillante, ces Orientales 2014, assemblant 60 % de syrah, 30 % de grenache et 10 % de très vieux carignan, font exploser en nez des arômes de fruits noirs compotés : cassis, mûre, myrtille, des senteurs de fleur blanche, iris, jasmin. Rapidement des parfums de garrigue : thym, ciste, laurier, romarin, olive noire viennent caractériser l’ancrage méditerranéen. En bouche, les tanins fins caressent le palais par des notes épicées, où les poivres noirs, roses, les baies de genièvre se dévoilent en extrême délicatesse. Ce vin complexe, alliant le soyeux des tanins et la richesse des fruits et des épices, est doué d’une longue finale sensuelle. Cette cuvée d’une rare justesse, d’un équilibre raffiné, forte de ses senteurs méditerranéennes de garrigue et de ses arômes épicés illustre parfaitement son nom : « les Orientales ». Ce vin qui n’a pas encore été « repéré » par les grands guides commerciaux, peut ainsi bénéficier d’un prix inférieur à 18 euros, très raisonnable pour cette qualité.

A signaler que Pascal Rousselin propose, entre autres, un très intéressant muscat sec d’Alexandrie, Rendez-Vous, idéal pour l’apéritif.

Ces Orientales aux arômes sudistes épouseront avec plaisir toutes les recettes traditionnelles du midi : lapin au thym, porc à la sauge, agneau au romarin, daube provençale. Un bel accord simple et rustique s’obtiendra avec un jambon de montagne à la couenne épaisse et grasse accompagné d’une salade de tomates à l’huile d’olive. Mais, comme l’indique leur nom, elles s’épanouiront plus encore avec les plats exotiques épicés : évidemment un couscous royal, un tajine d’agneau aux pruneaux, mais aussi un colombo de porc au curry, un poulet tandoori. La proximité du vignoble avec l’Espagne leur permet d’être un interlocuteur privilégié pour la paëlla, surtout si elle est riche en viande : chorizo, lapin ou poulet. Après quelques années de vieillissement, ce vin participera avec brio à des préparations hivernales à base de gibier, tel un sanglier nappé de miel de bruyère ou un civet de lièvre au thym et épices douces. En fin de repas, on peut le servir avec certains fromages : tommette de brebis, cantal ou salers en évitant ceux à pâte lavée.

Quelle belle réussite pour ces jeunes et dynamiques viticulteurs ! Quel plaisir de déguster un vin du Roussillon qui, grâce à sa fraîcheur, sa finesse, vous réconcilie avec les vins rouges de cette région qui souffrent souvent d’un excès de puissance, d’alcool donc de lourdeur.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération

Les Orientales 2014 – Côtes du Roussillon Villages Lesquerde

Domaine Rousselin 66220 Lesquerde

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