Le succès croissant du DPC

La directrice générale de l’Agence Nationale du Développement Professionnel Continu (ANDPC) vient de rendre public un premier bilan du DPC à un an de la fin de la première période triennale durant laquelle les professionnels de santé doivent participer au dispositif. Rappelons que la réforme de 2016 a substitué à l’ancienne obligation annuelle une obligation de DPC sur trois ans, et que la première période a été fixée du 1er janvier 2017 au 1er janvier 2020. 

Ce premier bilan ne concerne que les dix professions d’exercice libéral. Parmi les plus de 435 000 professionnels éligibles au financement du DPC, quelque 157 000, soit 36 %, « se sont engagés dans une action de DPC » en 2018, ce qui représente une progression de 12 % par rapport à 2017 (presque 140 000 engagements dans une action de DPC). A la fin de l’année dernière, « 48 % de la profession éligible avait été prise en charge sur une ou plusieurs actions ». 

Ce chiffre global cache cependant des disparités : si 58 % des biologistes et 55 % des pharmaciens ont émargé à l’ANDPC, seuls 14 % l’ont fait. Avec un taux d’engagement de 38 %, les médecins se situent devant les kinés (30 %), mais derrière les sages-femmes (39 %) et les infirmiers (40 %).

Michèle Lenoir-Salfati a tenu à souligner « un élément extrêmement positif » : l’année dernière, près de 70 000 professionnels étaient des primo accédants au dispositif, soit 44 % des inscrits. Pour la directrice de l’ANDPC, cela signifie que les professionnels de santé « commencent à entendre parler du DPC et de l’obligation ». 

Concernant le financement du DPC, l’enveloppe allouée par la CNA est passée de 172,7 millions d’euros en 2017 à 179 millions d’euros l’année dernière. Pour cette année, le budget initial dédié au DPC s’élève à 180,7 millions d’euros, dont 87,6 millions pour les médecins. A noter qu’en 2018, l’enveloppe des médecins n’a été épuisée que le 7 novembre, « un tout petit accroc » selon la directrice de l’ANDPC.

L’année dernière  a vu l’agence se doter, grâce à son comité d’éthique, d’une charte de l’éthique en trois partie, dont la dernière a été publiée en septembre. Trois niveaux de contrôles sont désormais en place. L’ANDPC a continué le contrôle qualité et l’évaluation, avec 14 % des 16 647 actions présentées rejetées. Les Commissions Scientifiques Indépendantes (CSI) ont évalué quant à elles environ 2 000 actions. Enfin, l’ANDPC qui s’était dotée l’année dernière d’un dispositif de signalement de la part des professionnels de santé a reçu 369 signalements, dont deux qui ont permis de déceler « de vraies suspicions de fraude » et deux qui ont amené Michèle Lenoir-Salfati à porter plainte auprès du procureur de la République.

Concernant les projets pour cette année, l’agence démarrera en avril prochain « un travail par appels à projets » avec « un vrai travail de sélection sur cahier des charges ». L’ANDPC souhaitant aborder trois thématiques : les « actions interprofessionnelles en appui à la coordination des soins du territoire, l’autisme et la maladie d’Alzheimer », en ciblant notamment les médecins généralistes. 

Enfin, l’ANDPC a commencé à travailler sur les orientations nationales 2020-2022, avec pour objectif de publier l’arrêté fin juin. Michèle Lenoir-
Salfati indique que ces nouvelles orientations incluront « toute la sphère médico-sociale et sociale », pour se démarquer d’un DPC jusque là « très médical » et que la télémédecine, les télésoins, les outils numériques, l’Intelligence Artificielle, les data, etc., y seront présents. « Il faut que les professionnels s’y forment, parce que cela va impacter très fortement leurs pratiques », estime Michèle Lenoir-Salfati.

© Dmitry Vereshchagin 

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