Les bêtabloquants exposeraient les femmes souffrant d’un SCA de novo à un sur-risque d’insuffisance cardiaque

Le traitement de l’hypertension artérielle par bêtabloquants doit-il être remis en question chez les femmes ? C’est ce que pensent le Dr Rafaele Bugiardini (Université de Bologne Italie) et coll. Les bêtabloquants exposeraient les femmes à des complications plus sévères quand survient un syndrome coronarien aigu (SCA), suggère leur analyse de registres.

Plus précisément, dans cette analyse portant sur 13 000 patients atteints d’un SCA, sans antécédent vasculaire, les femmes qui prenaient des bêtabloquants, avaient un risque de survenue d’insuffisance cardiaque (IC) au cours d’un SCA de novo majoré de 33%, selon un article paru le 13 juillet dans Hypertension[1].

Cette différence femmes/hommes était plus patente chez les patients ayant un SCA avec sus-décalage de ST (STEMI) comparé aux patient(e)s ayant un SCA avec sous décalage de ST (NSTEMI).

Cette association sexe féminin, risque de survenue d’IC au cours d’un SCA, n’a pas été observée dans la cohorte majoritaire [81%] des patients qui n’étaient pas traités par bêtabloquant avant le SCA.

Par ailleurs, la mortalité à 30 jours était beaucoup plus importante chez les patients souffrant d’un SCA compliqué d’IC, comparés à ceux sans défaillance cardiaque à l’arrivé : 7 fois plus de décès chez les femmes et 9 fois plus de décès chez les hommes.

Sexe féminin et traitement bêtabloquant : une association à risque

« Notre étude met en évidence une forte interaction entre le sexe et le traitement bêtabloquant et suggère un risque plus important d’IC chez les femmes qui souffriraient d’un infarctus du myocarde ultérieurement », précise le Dr Bugiardini pour theheart.org/Medscape Cardiology.

« Nos résultats posent la question du rôle et de l’intérêt des bêtabloquants au cours du traitement de l’HTA chez les femmes n’ayant pas d’antécédent vasculaire. Les bêtabloquants pourraient être responsables de l’IC chez les femmes ayant un SCA, comme première manifestation de leur affection coronaire », suggèrent Bugiardini et coll.

« En pratique clinique, c’est une importante donnée: cesser les bêtabloquants chez une patiente hypertendue, par ailleurs en bonne santé et n’ayant pas d’antécédent vasculaire. Cette décision n’est pas risquée et peut même s’avérer être prudente » répète le chercheur lors d’une interview « Le maintien de la pression artérielle chez la femme peut être obtenu d’une façon plus sûre, en utilisant d’autres médicaments et bien évidemment par le régime et l’activité physique ».

« Le risque, les causes et le pronostic de l’IC ne sont pas les mêmes chez les femmes et les hommes », constatent les auteurs. Or les recommandations actuelles « ne différencient pas la prescription des bêtabloquants chez la femme et chez l’homme »

 Aussi, ils remarquent « parce que les précédentes études et méta analyses incluaient environ 5 hommes pour 1 femme, cette disparité des effets des bêtabloquants chez la femme a été masquée par les résultats observés chez l’homme ».

Données recueillies au sein de 3 registres tenus dans 12 pays européens

Cette étude a colligé les données, entre octobre 2010 et juillet 2018, des registres de 12 nations européennes, ISACS ARCHIVES, ISACS-TC et EMMACE-X3, incluant 13 764 hypertendus qui ont souffert d’un SCA confirmé.

En combinant les données de ces registres les auteurs ont répertorié 2 590 patients (19%) qui recevaient un traitement bêtabloquant avant la survenue du SCA. Ces patients n’étaient pas significativement différents de ceux qui n’avaient pas de traitement bêtabloquant selon une analyse ajustée pour les données initiales et les autres médications.

Risque majoré d’un tiers 

Dans le groupe « bêtabloquants », 21,3% des femmes et 16,7% des hommes avaient une IC avec un stade Killip >=2, soit une différence absolue de 4,6% témoignant d’un rapport de Risque Relatif (RR) de 1,35 (Intervalle de confiance de 95% [IC 95%] : 1,10-1,65).

Parmi les patients qui ne prenait pas de bêtabloquant les pourcentages femmes et hommes souffrant d’une IC étaient respectivement de 17,2% et 16,1% soit une différence absolue de seulement 1,1% et un rapport de RR de 1,09% (IC 95% : 0,97-1,21).

L’interaction sexe/bêtabloquant est significative dans la survenue d’une IC ((P<0,034). L’analyse excluant les patients ayant un choc cardiogénique aboutit aux mêmes conclusions.

S’intéressant spécifiquement au STEMI [60% des SCA], le rapport RR pour la survenue d’une IC chez les femmes vs les hommes est de 1,44 (IC 95% ; 1,12-1,84) avec un traitement bêtabloquant antérieur. En revanche, chez les femmes n’ayant pas le traitement, le rapport RR (vs hommes) est de 1,11 (IC 95% 0,98-1,26) L’interaction sexe/traitement bêtabloquant est significative en cas de STEMI (P=0,033)

Cette interaction n’a pas été notée dans le sous-groupe NSTEMI (P=0,14).

Risque majoré de mortalité en cas d’IC

L’insuffisance cardiaque au cours de ces SCA s’est avérée être le marqueur principal du risque de mortalité à 30 jours dans les deux sexes dans l’analyse multivariée : les risques relatifs étaient de 7,54 (IC 95%, 5,78-9,83) chez les femmes et 9,62 (IC 95%, 7,67-12,07) chez les hommes.

« Notre étude souligne l’importance qu’il faut accorder au sexe au cours d’une recherche clinique, si l’on veut des actions concrètes », insiste le Dr Bugiardini. « Si l’on n’inclut pas les deux sexes dans les essais thérapeutiques, on manque l’opportunité de découvrir des caractéristiques liées à celui-ci. Les effets néfastes des bêtabloquants dans le traitement de l’hypertension artérielle chez les femmes est une spécificité liée au sexe », dit-il.

Les femmes aussi !

Une partie des conclusions de l’ étude « n’est pas réellement surprenante, nous savons de longue date que les femmes qui souffrent d’un infarctus du myocarde sont plus à même que les hommes de développer une IC et nous savons aussi que l’insuffisance cardiaque au décours d’un infarctus augmente la mortalité » commente pour theheart.org/Medscape Cardiology la Dr Ileana L. Pina (Wayne State University Detroit. USA ).

Mais ce qui m’a surprise, ajoute-t-elle, c’est le fait que les femmes qui prenaient des bêtabloquants ont un risque plus élevé de survenue d’IC. « Cette association mérite d’être prouvée par des études prospectives et confirmée par d’autres recueils de données » précise la Dr Pina, qui n’est pas impliquée dans cette étude.

« Il faut se rappeler que l’IC n’est pas exclusivement une affection masculine, il faut accorder une importance aux symptômes des femmes, sans les reléguer vers une forme d’anxiété ou d’ennuis gastriques : c’est bien là le message le plus important ! » Ajoute-t-elle.

Une étude randomisée spécifiquement féminine sur l’effet des bêtabloquants n’est pas éthique

Autre limite, le Dr Bugiardini note qu’il s’agit d’une étude observationnelle. «Ces résultats peuvent être biaisés et nécessitent une confirmation. Cependant, une étude randomisée contrôlée stratifiée avec le sexe comme prérequis, évaluant les bêtabloquants dans le traitement de l’hypertension artérielle chez les patients sans antécédent coronaire ni IC ne peut pas être entreprise au plan éthique, elle serait conçue pour confirmer un risque… et non pas un bénéfice ».

«  D’autres études observationnelles pourraient apporter une confirmation » ajoute-il « …mais en même temps la Food and Drug Administration se doit d’alerter les professionnels de santé sur les effets délétères des bêtabloquants utilisés dans le traitement de l’hypertension artérielle chez les femmes sans antécédent coronaire ou d’insuffisance cardiaque [car] prescrire un bêtabloquant pour le traitement de l’hypertension peut l’exposer à un risque inutile.»

Traduit de l’américain par le Dr Jean-Pierre Usdin. Prior Beta Blockers Predict Extra Burden of Heart Failure in Women With ACS – Medscape.com – Jul 15, 2020.

[1] Raffaele Bugiardini , Jinsung Yoon , Sasko Kedev et coll.Prior Beta-Blocker Therapy for Hypertension and Sex-Based Differences in Heart Failure Among Patients With Incident Coronary Heart Disease. Hypertension. Published online June 13, 2020. Abstracthttps://doi.org/10.1161/HYPERTENSIONAHA.120.15323

Bugiardini et coll n’ont pas de liens d’intérêt en rapport avec le sujet.

Les bêtabloquants exposeraient les femmes souffrant d’un SCA de novo à un sur-risque d’insuffisance cardiaque – Medscape – 27 juil 2020.




Recommandations pour faire face aux besoins en réanimation et post-réanimation en cas de nouvelle vague Covid-19

Consultez la fiche ARS. Recommandations d’organisation des réanimations en prévision d’une nouvelle vague de Covid-19

(APMnews) – Le ministère des affaires sociales et de la santé a évalué les besoins en lits de réanimation, l’organisation des services, les besoins des ressources humaines, de la logistique, de prise en charge dans les établissements de santé au niveau national, dans des recommandations diffusées dans une fiche destinée aux agences régionales de santé (ARS).

Pour cette fiche, datée de mi-juillet, le ministère a travaillé avec les conseils nationaux professionnels d’anesthésie-réanimation et de médecine péri-opératoire (CNP-Armpo) et de médecine intensive réanimation (CNP-MIR) à partir des données issues de la première vague de l’épidémie de Covid-19, avec notamment 7.027 lits de réanimation occupés au pic de cette première vague, un séjour en réanimation d’une durée médiane de 12 jours (10 pour les patients décédés) suivi par 10 jours d’hospitalisation conventionnelle, un recours à la ventilation mécanique d’au moins deux semaines et un taux de décès en réanimation de 23%.

A la suite de cette première vague épidémique, les services de réanimation ont été réorganisés, avec une augmentation capacitaire pouvant passer à 10.000 lits (contre 5.000 lits environ dénombrés en 2018) et même jusqu’à 12.000 lits, provenant de la transformation de lits de surveillance continue et de l’installation en salles de réveil et blocs opératoires.

Trois hypothèses de travail sont proposées au niveau national :

  • hypothèse basse : besoin de 5.000 lits de réanimation (très faible activité Covid, pas de capacitaire supplémentaire), soit un équivalent de 12.100 admissions en réanimation ;
  • hypothèse intermédiaire : besoin de 8.500 lits de réanimation installés (activité pandémique moyenne, déploiement de réanimations éphémères ponctuellement, déprogrammation partielle de l’activité hors Covid), soit un équivalent de 20.650 admissions en réanimation ;
  • hypothèse haute : besoin de 12.000 lits de réanimation installés (scénario avril 2020 avec déprogrammation quasi totale), soit un équivalent de 29.143 admissions en réanimation.

Dans cette dernière hypothèse, le ministère fait observer qu’il faudrait faire appel à de nombreux effectifs supplémentaires en personnel qui ne sont pas présents directement et ne peuvent pas être disponibles sur tout le territoire national en même temps.

Il rappelle que depuis le déconfinement, chaque région dispose d’une stratégie élaborée par l’ARS avec les acteurs concernés visant à mettre en place un plan d’augmentation du capacitaire en fonction des besoins, de la disponibilité et de la capacité de réanimation et de soins critiques dans la région, y compris en déprogrammant des soins/interventions chirurgicales non urgents.

Cette stratégie tient notamment compte d’une nouvelle vague survenant en même temps que les épidémies habituelles d’automne et d’hiver, avec le maintien d’une activité « non Covid » qui passe de 50% à 20% selon trois paliers allant du « quasi normal » à une situation de crise similaire à celle d’avril.

Le ministère et les deux CN soulignent la nécessité pour chaque ARS et chaque établissement de réfléchir à « la mise en place de dispositifs de ‘réanimations éphémères‘ », c’est-à-dire un plan permettant de structurer la possibilité de créer de nouvelles unités spatiales de réanimation en fonction des scénarios envisagés et dans la continuité des réanimations existantes et d’articuler de façon dynamique l’ouverture de ces unités spatiales avec la déprogrammation progressive.

Concernant les ressources humaines, il faut « éviter des rotations rapides des soignants » d’une unité à l’autre et plutôt encourager une formation préalable, même courte, réfléchir à des configurations de locaux, mélanger les équipes de réanimation pérennes et les personnels en renfort dès le début de la crise, instituer un ratio plus favorable d’infirmiers et d’aides-soignantes et organiser des équipes de suppléance infirmiers en soins critiques venant de divers horizons.

Le ministère a estimé le nombre de personnels supplémentaires selon chaque hypothèse, indépendamment des personnels actuellement en place.

En cas de nouvelle vague épidémique, une « réserve » régionale doit être constituée « au moyen de fichiers de recensement des volontaires, comme c’est déjà le cas dans plusieurs établissements et ARS ». Le dispositif de la réserve sanitaire pourrait aussi évoluer pour comporter un volet spécifique aux « soins critiques ». Au 11 mai, il a été mobilisé en renfort a minima 2.154 professionnels de santé dans le secteur sanitaire.

Chaque établissement doit pouvoir organiser la formation des professionnels mobilisés en renfort. Un module spécifique sera inséré dans la formation aux gestes et soins d’urgence en situation sanitaire exceptionnelle et cette formation sera éligible au développement professionnel continu (DPC).

Constituer des stocks de dispositifs médicaux et de médicaments

Concernant la logistique et la disponibilité des ressources matérielles (respirateurs, médicaments, dispositifs médicaux, matériels et consommables réanimation), les recommandations s’appuient sur un nombre maximal de patients à traiter en réanimation entre 12.000 et 14.000 pour une durée moyenne de séjour de 12 jours.

Ainsi, 12.000 respirateurs de réanimation sont disponibles pour « armer toutes les extensions de lits de réanimation ». Ce parc national ne comprend pas les respirateurs d’urgence, les respirateurs de transport, les respirateurs d’anesthésie (plus de 10.000) et les respirateurs de domicile. Il a été décidé, pour augmenter la capacité nationale, de commander 1.641 respirateurs de réanimation supplémentaires ainsi que 8.500 respirateurs d’urgence. De nombreux établissements ont également effectué leur propre commande et reçu des dons.

En outre, l’Etat a acheté 6.700 pousse-seringues et 2.000 pompes à nutrition et après distribution au cours de la première vague, un stock national de 670 pousse-seringues et 230 pompes est conservé jusqu’à fin septembre. Il sera distribué selon l’évolution épidémiologique.

Concernant les autres dispositifs médicaux (DM) dont les besoins augmentent en réanimation en cas de Covid, une première liste de 12 catégories de DM en tension a été intégrée à la plateforme de suivi des stocks dans les établissements de santé afin d’assurer une régulation régionale et donner aux ARS la possibilité d’assurer une redistribution des DM disponibles si nécessaire. L’Etat a également constitué un stock de certains dispositifs médicaux tels que des filtres patient, des filtres machine, des circuits de ventilation, des système clos d’aspiration.

Pour faire face aux tensions très importantes rencontrées, l’Etat a mis en place une régulation pour 5 médicaments prioritaires: 2 hypnotiques (propofol et midazolam) et 3 curares (atracurium, cisatracurium et rocuronium) depuis le 27 avril et jusqu’au 31 juillet. Depuis mi-juin, le stock de secours a été construit pour permettre de prendre en charge 29.000 patients Covid en réanimation et il sera « atteignable d’ici début août ». Les données hebdomadaires publiées lundi montrent une situation satisfaisante, note-t-on.

S’agissant des transferts, la question est pilotée par les ARS en lien avec les établissements de santé dans le cadre du dispositif Orsan. Quant aux décisions d’admission, un document a été mis à disposition sur le site internet de la Société française d’anesthésie-réanimation (Sfar).

Les principes d’organisation de la filière de prise en charge post-réanimation sont décrits également dans d’autres documents.

Le ministère donne également des précisions sur le suivi épidémiologique, le suivi du capacitaire en réanimation, de la tension hospitalière. Il ajoute qu’en cas de nouvelle vague, le dispositif juridique de sécurisation des sites d’accueil en réanimation est déjà opérationnel.




Confinement : jeunes installés et remplaçants ont été durement touchés financièrement

 On sait que l’activité de la médecine de ville s’est effondrée aux mois de mars/avril, au pic de l’épidémie de SARS-CoV-2, en France.

Lors d’une session virtuelle organisée au Congrès Médecine Générale France (CMGF) début juillet, une enquête portant plus spécifiquement sur les remplaçants et les jeunes installés en médecine générale a montré que la situation était particulièrement préoccupante dans ces populations.

« Cette étude met en exergue le fort impact économique de cette pandémie, surtout sur les remplaçants et les jeunes installés », a expliqué Caroline Monteragioni (Nancy), membre du bureau de l’intersyndical ReAGJIR (Regroupement Autonome des Jeunes généralistes Installés et Remplaçants).

En pratique, un questionnaire diffusé entre le 24 avril et le 9 mai sur les réseaux sociaux et par mailing a permis de recueillir 1364 réponses exploitables (985 remplaçants et 382 jeunes installés). Les résultats ont été analysés par 4 membres du bureau de l’intersyndical ReAGJIR.

Contrats annulés chez 68 % des remplaçants

Chez les remplaçants qui ont répondu à l’enquête, dont 88 % exerçaient en libéral, une baisse de plus de 50 % de leur chiffre d’affaires a été rapportée par 43% d’entre eux en mars et 64 % en avril. Sur les 948 médecins remplaçants concernés, 68 % ont vu au moins un de leurs contrats de remplacement annulé, alors que pour plus de la moitié les contrats étaient déjà signés.

« Dans les verbatims recueillis en fin de questionnaire, les remplaçants ont souligné qu’ils pouvaient comprendre certaines annulations de contrats tout en soulignant qu’elles étaient parfois abusives, sans réelles conséquences ou recours possible contre les médecins installés », a rapporté Caroline Monteragioni.

Concernant les aides disponibles, 15,3 % ont fait appel au Fonds de Solidarité (FDS) mis en place par le gouvernement en mars et 10,5 % en avril. Entre 40 et 50 % ne pensaient pas y avoir droit et 15 % n’en connaissaient pas l’existence. Moins de 4 % des remplaçants thésés (522) ont demandé une aide à la CARMF, près de 70 % ignoraient cette possibilité. Moins de 5 % ont demandé de l’aide auprès de leur banque soit par ignorance, soit parce qu’ils avaient reçu d’autres aides ou parce qu’ils ne souhaitaient pas s’endetter. Moins de 5 % ont sollicité leur Prévoyance, sachant que 15 % (137) n’en avaient pas.

« Les remplaçants se sont plaints de la difficulté d’accès à certaines aides du fait d’un mode de calcul inadapté pour eux », a expliqué l’intervenante qui a souligné que d’autres ont fait part de leur culpabilité de demander une aide par rapport à d’autres professions plus précaires.

Baisse de CA de plus de 50 % en avril pour la moitié des jeunes installés

Parmi les 382 jeunes médecins généralistes qui ont répondu au questionnaire, 158 étaient installés depuis moins d’un an, 92 étaient dans leur deuxième année d’installation et 132 étaient installés depuis 2 à 5 ans. Ils exerçaient majoritairement en libéral et avaient 44 % de charges.

Chez eux aussi, une baisse du chiffre d’affaires de plus de 50 % a été retrouvée: chez 26 % d’entre eux en mars et 50 % en avril. Cette baisse était d’autant plus marquée chez les installés depuis moins d’un an.

Comme pour les médecins remplaçants, peu nombreux sont ceux qui ont demandé des aides. Le Fonds de solidarité de l’Etat a été demandé par 19 % d’entre eux en mars et 9,7 % en avril. Parmi ceux qui n’avaient pas sollicité cette aide, 30 % en mars et 50 % en avril ne pensaient pas y avoir droit, environ 10 % ne connaissaient pas cette aide et 10 % ont déclaré ne pas en avoir besoin. À noter qu’initialement les critères d’obtention du FDS ne permettait pas aux jeunes installés d’y prétendre.

Aussi, les installés ont peu sollicité la CARMF (<4 %) avec encore une fois 60 % qui ignoraient qu’ils pouvaient le faire. Près de 10 % ont sollicité leur banque majoritairement pour des reports d’échéances de prêts professionnels. Peu ont contracté un BPI, prêt garanti par l’Etat. Concernant leur Prévoyance, 5 % l’ont sollicité et certains ont essuyé un refus (3 % n’en avaient pas).

L’analyse des verbatims recueillis a mis en évidence l’apport bienvenu de la ROSP et du forfait médecin traitant pendant cette période. Les jeunes installés ont aussi fait savoir qu’ils auraient préféré une annulation de leurs cotisations plutôt qu’un report, mais au moment du questionnaire, l’aide de la CARMF et l’aide compensatoire de la CNAM n’avaient pas encore été évoquées. Enfin, ils ont souligné l’intérêt de la téléconsultation et de la prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, ce qui a été plus complexe pour les remplaçants qui devaient avoir un contrat pour pratiquer la téléconsultation.

Les activités associées n’ont pas permis de compenser les pertes de CA

En tout, 52,4 % des répondants ont participé à des activités annexes de renfort pendant cette période de mars-avril. Majoritairement, il s’agissait de gardes de permanence de soins ambulatoires (29,6 %), mais aussi de participations à un centre COVID ambulatoire (24,5 %). Onze pour cent des répondants ont cumulé au moins deux activités. Malgré ces activités annexes, 64 % n’ont pas compensé leur perte de CA.

Arrêts de travail 

Concernant les arrêts de travail, 117 répondants (8 %) ont indiqué avoir été en arrêt maladie au mois de mars et 58 en avril, dont 68 pour cas suspect ou avéré de Covid. Six répondants n’ont pas déclaré leur arrêt de travail. Un tiers ignorait que la CARMF pouvait les indemniser.

Quel futur ?

En termes de trésorerie, en moyenne, les participants à l’étude ont indiqué avoir un à deux mois de chiffre d’affaires de trésorerie. Mais, 37,7 % des remplaçants avaient moins d’un mois de CA de trésorerie. 

Concernant leur perception de l’avenir, « 67 % pensaient s’en sortir durant l’année, mais cela signifiait que près d’un tiers des répondants abordait l’avenir à court et moyen termes avec inquiétude », a souligné Caroline Monteragioni qui a indiqué que les plus inquiets étaient les femmes enceintes au premier et deuxième trimestres, les remplaçants qui craignaient que les médecins installés annulent leurs vacances d’été et les plus jeunes installés.

[1] Congrès CMGF 2020 virtuel. Caroline Monteragioni.COVID-19 : Quel impact financier pour les remplaçants et jeunes installés. 2-3 juillet 2020

Actualités Medscape © 2020 – 28 juil 2020.

 




La santé à domicile « grande oubliée » du Ségur de la santé

(APMnews) – La santé à domicile est la « grande oubliée » du Ségur de la santé, ont regretté plusieurs syndicats représentant les prestataires de santé à domicile (Psad) dans un communiqué diffusé lundi.

Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a annoncé mardi 21 juillet 33 grandes mesures du Ségur de la santé, retenues à l’issue de ce cycle de discussions lancé le 25 mai.

Malgré leur « contribution active » à la lutte contre le Covid-19 et les propositions qu’ils avaient faites à l’ouverture du Ségur, la fédération des Psad, le Syndicat national des associations d’assistance à domicile (Sandom), le Syndicat des prestataires de dispositifs médicaux (UNPDM) et l’Union des prestataires de santé à domicile indépendants (Upsadi) ont déploré dans leur communiqué que leur secteur soit « absent des conclusions et des mesures arrêtées par le gouvernement ».

Ils ont regretté que la concertation ait abouti à des mesures essentiellement « hospitalo-centrées » qui « oublient, comme bien souvent, les acteurs de ville ». « En effet, le domicile n’y est finalement évoqué que de manière allusive et sous l’angle unique -et réducteur- de l’hospitalisation à domicile [HAD] », ont-ils poursuivi.

La Fédération des Psad avait notamment porté quatre propositions dans le cadre du Ségur, défendant la fluidification des parcours ville-hôpital, la prolongation des dérogations aux contraintes administratives et réglementaires adoptées pendant la crise épidémique pour faciliter l’accès aux équipements médicaux et aux procédures d’accompagnement à domicile, la révision de la régulation des dépenses et l’accès pour tous les acteurs à l’espace numérique de santé (ENS).

Dans leur communiqué commun diffusé lundi, les syndicats ont pointé « la méconnaissance dont les pouvoirs publics font une fois de plus preuve » au sujet des prestataires du domicile, jugeant que ces derniers ne sont sollicités « que dans le cadre de négociations tarifaires systématiquement à la baisse, niant leur expertise et l’importance de leurs missions répondant à l’aspiration des patients d’être soignés chez eux ».

Ils ont appelé le gouvernement « à l’écoute et au débat » sur leurs propositions, dans la perspective du prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) et du projet de loi grand âge, « texte attendu de longue date » qui doit être présenté dans les prochains mois.




Vaccins contre le Sars-CoV-2 : les discussions s’enlisent entre l’UE et six laboratoires

(APMnews) – L’Union européenne (UE) est en discussion avec six laboratoires développant des vaccins contre le Sars-CoV-2, dont Pfizer, Sanofi, Johnson & Johnson (J&J), Curevac et Moderna, pour des précommandes de doses, mais les négociations s’enlisent, a révélé Reuters lundi, citant trois « responsables de l’UE » impliqués dans le dossier.

Les échanges, qui ont débuté en juillet, visent à garantir un approvisionnement des pays européens en vaccins contre le Sars-CoV-2 lorsque les premiers produits auront démontré leur efficacité et leur sécurité.

La Commission européenne a reçu mi-juin l’aval des ministres de la santé européens pour utiliser le fonds d’urgence Emergency support instrument (ESI), doté de 2,7 milliards d’euros, pour passer ces accords mais les parties impliquées peinent à trouver un accord sur les prix, les méthodes de paiement et le partage de la responsabilité des coûts, a indiqué Reuters.

Les négociations avec J&J seraient les plus avancées mais n’ont pas encore abouti en raison d’un désaccord sur la façon de partager les coûts liés à la responsabilité juridique si le vaccin présentait des effets secondaires inattendus, ont expliqué deux responsables de l’UE à Reuters. J&J n’a pas souhaité commenter ces informations.

Sanofi négocierait de son côté la livraison de 300 millions de doses du candidat vaccin qu’il développe avec le britannique GlaxoSmithKline (GSK) et réclame un paiement initial immédiat pour l’ensemble du stock.

L’UE, qui espère signer trois ou quatre accords d’achat anticipés, souhaite de son côté payer par tranches et conditionner certains paiements à la réalisation de grands essais cliniques. Cette exigence aurait compliqué la discussion, selon l’un des responsables.

Du côté d’AstraZeneca, l’accord passé avec « l’Alliance inclusive pour un vaccin », formée par la France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas devrait être étendu à l’ensemble de l’Union Européenne, ont fait savoir des responsables.

Les discussions les plus complexes semblent se dérouler avec Pfizer et BioNtech, qui développent un vaccin utilisant la technologie de l’ARN messager, qui n’a pas encore été utilisée dans un vaccin homologué. Les deux entreprises exigeraient que l’UE paie 500 millions de doses lorsque le vaccin sera autorisé.

Les Etats-Unis ont accepté de payer le prix fort

Cela éliminerait le risque de ne pas pouvoir se fournir en vaccins pour l’UE mais les Européens craignent que la facture soit beaucoup plus élevée au moment où le candidat vaccin aura prouvé son efficacité. Des négociateurs de l’UE auraient en outre exprimé des doutes sur la technologie de l’ARN messager, également utilisée dans les vaccins potentiels contre le Sars-CoV-2 développés par Moderna et Curevac.

Ces négociations se poursuivent dans un contexte d’urgence. Les Etats-Unis ont déjà conclu plusieurs accords de précommande avec ces laboratoires. Ils ont notamment passé une commande de 1,95 milliard de dollars pour 100 millions de doses du candidat vaccin de Pfizer et BioNtech, ce qui doit permettre de vacciner 50 millions de personnes, avec des paiements conditionnés aux résultats de grands essais cliniques et une option pour en acquérir 500 millions supplémentaires.

Cet accord valorise le traitement à un montant pouvant aller jusqu’à environ 40 dollars, un prix considéré trop élevé par l’Union européenne. A titre de comparaison, l’accord entre AstraZeneca et les quatre pays formant « l’Alliance inclusive » ramène le prix de la dose à 2,50 euros.




La HAS définit quatre scénarios pour anticiper la stratégie de vaccination contre le Covid-19

(APMnews) – Dans la perspective de l’arrivée future d’un ou plusieurs vaccins contre le Covid-19, la Haute autorité de santé (HAS) a formulé des recommandations préliminaires pour anticiper l’élaboration de la stratégie vaccinale et a retenu pour cela 4 scénarios possibles, dans un rapport diffusé mardi.

Le vice-président du comité technique des vaccinations (CTV) de la HAS, Daniel Floret, a souligné lundi soir à APMnews que ce travail de réflexion s’appuyait sur « beaucoup d’incertitudes », et qu’il serait « à revoir » une fois que des vaccins contre le Sars-CoV-2 seraient disponibles.

Il a assuré que l’évolution des recommandations de stratégie vaccinale en fonction de la situation épidémiologique était quelque chose d' »extrêmement important », citant l’exemple de la pandémie de grippe A H1N1 survenue en 2009 et estimant qu’il « aurait fallu revenir sur la stratégie vaccinale et avoir une recommandation beaucoup moins large » dès lors que la faible gravité de l’infection avait été constatée.

« La leçon va être tirée: quand un avis sera donné [quant à la stratégie de vaccination contre le Covid-19], il ne sera pas gravé dans le marbre », a-t-il pointé.

Le rapport daté de jeudi et publié mardi a été produit en réponse à une saisine de la direction générale de la santé (DGS), qui souhaitait « engager une réflexion sur la stratégie vaccinale d’utilisation d’un vaccin contre le Sars-CoV-2 en France et élaborer les différents scénarios de vaccination envisageables sur la base des données actuellement disponibles ».

Pour ce travail, la HAS a notamment pris en compte un récent avis publié conjointement par le Comité analyse recherche expertise (Care), le Comité scientifique vaccins Covid-19 et le Conseil scientifique Covid-19 (cf dépêche du 24/07/2020 à 15:06), ainsi qu’un avis du Haut conseil de la santé publique (HCSP) relatif aux personnes à risque de forme grave de Covid-19 et aux mesures barrières spécifiques à ces publics (cf dépêche du 27/04/2020 à 15:03).

La HAS rappelle que les objectifs de santé publique de la vaccination contre le Covid-19 sont de trois ordres :

  • la prévention individuelle (réduire le risque de contracter la maladie et/ou de limiter ses conséquences, en particulier les formes sévères), ce qui implique de vacciner des groupes de populations spécifiques (personnes à risque de formes graves, entourage) ;
  • la prévention collective, qui vise à freiner la transmission du virus au sein de la population dans un objectif de contrôle de l’épidémie ;
  • le maintien des activités vitales au fonctionnement du pays dans le contexte d’urgence pandémique.

Si elle a retenu quatre scénarios possibles selon le niveau de circulation du virus à l’arrivée des vaccins, la Haute autorité considère que « quelle que soit la situation épidémique », les professionnels de santé et du médico- social de première ligne « apparaissent comme les populations cibles prioritaires et incontournables ». Elles remplissent en effet les trois objectifs de prévention individuelle, collective et de maintien des activités essentielles au pays en période pandémique.

Les scénarios envisageables sont les suivants :

  • forte circulation virale au niveau national
  • forte circulation virale localisée sur certains territoires circulation virale à bas bruit, avec des clusters limités absence d’indicateurs de circulation virale.

Les deux premiers scénarios diffèrent essentiellement par la composante géographique.

Deux moyens sont envisagés pour réduire la morbi-mortalité: cibler les personnes à risque de formes sévères (âge, comorbidités) ou celles de leur entourage. La population de personnes à risque a été estimée à environ 23 millions, ce qui porterait à 46 millions le nombre de doses de vaccin nécessaires -une priorisation serait alors nécessaire en cas de mise à disposition séquentielle et progressive des vaccins. L’entourage des personnes vulnérables doit quant à lui encore être chiffré.

Pour réduire la diffusion de l’épidémie, un des moyens est de cibler l’ensemble de la population susceptible d’être infectée. Il serait dans ce cas « indispensable de déterminer un objectif de couverture vaccinale pour l’atteinte d’une immunité de groupe à partir des modèles épidémiologiques ».

Interrogé par APMnews, Daniel Floret a estimé que le taux nécessaire pour une immunité collective se situerait entre 60% et 70%, mais a souligné que ces données étaient encore préliminaires. Il a par ailleurs pointé qu’il faudrait discuter de la pertinence de vacciner ou non les personnes ayant été exposées au virus et immunisées naturellement, « d’autant qu’en général, les maladies infectieuses font mieux que les vaccins » en matière de réponse immunitaire.

Vaccination en anneau ou en bouclier en cas de cluster

L’autre moyen de réduire la diffusion de l’épidémie est de cibler les populations les plus susceptibles de se contaminer. Actuellement, il s’agit des personnes vivant en collectivité ou dans des conditions favorisant la promiscuité (hôpital, Ehpad, prisons, hébergements collectifs…) et les populations fréquentant des lieux propices aux contacts multiples (entreprises, lieux clos, transports en commun…). Le besoin en vaccins serait alors moins grand mais reste à chiffrer.

Par ailleurs, outre les professionnels des secteurs sanitaire et médico-social (respectivement 1,8 et 1 million, environ), sont considérés comme essentiels au maintien des besoins vitaux au fonctionnement du pays ou du territoire les professionnels de la sécurité, de la défense, de l’énergie, de l’agro-alimentaire, de l’éducation, du secteur bancaire…

Le chiffrage de cette population doit encore être réalisé, et la possibilité que certains puissent télétravailler sera également prise en compte dans le calcul de la quantité de vaccin nécessaire.

Dans le 3e scénario, celui d’une circulation virale à bas bruit sous forme de clusters limités, la stratégie serait alors celle d’une vaccination en anneau (contacts de cas de Covid-19) ou en bouclier (lieux et collectivités dans lesquels surviennent les cas). Le vaccin doit alors être capable « d’induire une protection rapide dès la première dose et préférentiellement d’impacter sur le portage du virus ».

Les besoins vitaux de fonctionnement devront être maintenus spécifiquement au niveau des lieux et collectivités dans lesquels surviennent les foyers épidémiques.

Dans le 4e scénario, qui considère une situation d’absence d’indicateurs de circulation virale lors de la mise à disposition des vaccins, la HAS pointe que la nécessité de recourir à la vaccination dépendra de plusieurs facteurs: les caractéristiques des vaccins, la durée de protection qu’ils confèrent, la protection éventuelle contre d’autres coronavirus ou variants, et les facteurs liés à la prévision de l’épidémie (saisonnalité du virus, capacité de mutation à plus ou moins long terme, état de l’épidémie à l’étranger).

La HAS souligne que dans tous les cas, la stratégie dépendra des caractéristiques des vaccins (immunogénicité, efficacité, sécurité) et de leur rapport bénéfice/risque, ainsi que de l’effet du vaccin sur la contamination et la transmission de l’infection.

Daniel Floret a en outre appelé à l’inclusion dans les essais cliniques des populations à risque de formes graves, notamment les personnes de plus de 65 ans, de plus de 75 ans ou encore celles présentant des facteurs de risque. Déplorant le fait que ces personnes soient la plupart du temps exclues des essais, il a souligné qu’il était important de connaître l’efficacité et la sécurité des vaccins chez ces populations à risque pour pouvoir élaborer des recommandations de vaccination.

Le vice-président n’a par ailleurs pas souhaité prendre position quant à la possibilité qu’un vaccin contre le Covid-19 puisse un jour devenir obligatoire en France, soulignant par ailleurs que si la question émergeait, interviendraient alors dans la réflexion à la fois la situation de la pandémie et la performance des vaccins.




Rejet croissant du concept de vaccination contre le SARS-Cov-2

Medscape – Des laboratoires de nombreux pays tentent de développer un vaccin contre le Covid-19. En témoignent, les résultats préliminaires de plusieurs études de phase I/II. L’un à base d’ARNm serait sûr et a induit une production d’anticorps chez les 45 participants, d’après un article publié par le New England Journal of Medicine . Un autre, le ChAdOx1 nCoV-19 (« vaccin d’Oxford »), composé d’adénovirus de chimpanzé modifié, donne aussi des résultats encourageants. En pratique, on est cependant encore loin de pouvoir disposer d’un vaccin efficace, alors qu’un autre problème s’est fait jour : l’acceptation d’une vaccination contre le Covid-19 a diminué au cours des derniers mois dans la population européenne. Elle est ainsi passée de 70 à 61% en Allemagne, d’après le HCHE (Hamburg Center for Health Economics) rattaché à l’Université de Hambourg [] 1 ].

En avril et en juin dernier, des auteurs ont interrogé en ligne plus de 7.000 personnes résidant en Allemagne, au Danemark, en France, en Italie, aux Pays-Bas, au Portugal et au Royaume-Uni. Résultat : dans l’ensemble de ces pays, l’acceptation d’une éventuelle vaccination contre le SARS-Cov-2 est passée de 74% en avril à 68% deux mois plus tard, tandis que la proportion de personnes la refusant clairement a grimpé de 7 à 13%. L’acceptation ne s’est (légèrement) renforcée qu’au Portugal, avec un taux passant de 75 à 76%.

Les groupes à risque sont plus confiants

C’est en Italie et en Allemagne que la méfiance était la plus forte : le pays dirigé par Giuseppe Conte a vu le taux d’acceptation dégringoler de 12%, passant de 76 à 64%, tandis que la République fédérale menée par Angela Merkel a vu ce chiffre chuter de 9% (70% en avril et 61% en juin). Comparativement au nord et à l’est de l’Allemagne (respectivement 16 et 14%), c’est dans le sud et l’ouest que le taux de rejet est le plus élevé (22 et 20%).

En juin, c’est la France qui affiche le rejet le plus marqué, avec un taux s’établissant à 20%. Celui des personnes indécises y était également le plus élevé : 24%, à comparer avec le chiffre – stable – de 19% pour l’ensemble de l’Europe.

Un taux supérieur d’acceptation a été observé chez les personnes à risque et leurs cohabitants. Il est le plus élevé chez les hommes à partir de 55 ans et chez les personnes qui vivent avec des malades chroniques, quel que soit le pays étudié. A l’inverse (et c’est particulièrement vrai en Allemagne), les familles comprenant un handicapé mental ou physique sont les moins enclines à accepter la vaccination, d’après le Pr Jonas Schreyögg, le directeur scientifique du HCHE. « Il est par ailleurs à noter que non seulement les opposants à ce vaccin sont de plus en plus nombreux, mais aussi que leur proportion est nettement plus importante que celle des vaccinosceptiques en général. » Les chiffres européens montrent en effet que 83,6% des Européens estiment que les vaccins sont sûrs dans l’ensemble, d’après le Vaccine Confidence Project.

Les personnes qui expriment un rejet de la vaccination contre le Covid-19 l’expliquent avant tout par la crainte d’effets indésirables et d’une perte relativement rapide de son efficacité. Il s’agit là de la principale inquiétude évoquée par 45% des personnes qui refusent d’emblée le vaccin et par 61% de celles qui hésitent. Par ailleurs, un opposant sur sept pense que le virus n’est pas réellement dangereux pour sa propre santé.

Le taux d’acceptation n’est pas le seul déterminant du taux de vaccination

A la question de savoir si les doses du (futur et espéré) vaccin devraient être avant tout réparties par les hôpitaux et les médecins, les répondants sont 61% en Europe et 54% en Allemagne à s’y déclarer favorables.  Les chiffres s’établissent respectivement à 55 et 47% dans l’hypothèse où cette tâche reviendrait aux ministères nationaux de la santé, et celle attribuant la répartition à un panel national d’experts recueille 54 et 46% des suffrages.

Dans chaque pays inclus dans l’enquête, les citoyens interrogés rejettent l’idée de voir cette répartition opérée par les sociétés pharmaceutiques (55% dans l’ensemble de l’Europe, 61% en Allemagne), au travers d’un référendum (56 et 54%), ou encore par l’une ou l’autre forme de loterie (67 et 71%).

Il est clair que l’acceptation n’est pas le seul critère pouvant déterminer le taux de vaccination. Ce dernier « doit atteindre au moins 71 à 74% pour obtenir une immunité collective en Europe », affirme Sebastian Neumann-Böhme, du HCHE. D’autres éléments sont en jeu, comme « par exemple la question de savoir dans quelle mesure la vaccination sera facilement accessible. Et l’acceptation pourrait également baisser dans l’hypothèse où deux doses seraient nécessaires. »

Enfin, l’étude montre que les personnes qui font confiance aux informations délivrées par les gouvernants, l’Union Européenne ou l’OMS sont plus ouvertes à la vaccination contre le Covid-19. Pour Jonas Schreyögg, « les politiciens et les scientifiques doivent communiquer avec une transparence maximale sur l’efficacité et les éventuels effets indésirables des vaccins, et ils doivent viser à gagner la confiance des citoyens. »

[1] Hamburg Center for Health Economics : Corona-Forschung am HCHE

Rejet croissant du concept de vaccination contre le SARS-Cov-2 – Medscape – 28 juil 2020.




Lénograstim : le risque d’accident thromboembolique artériel et veineux ajouté aux RCP

Saint Denis, France — Des mises en garde sur le risque d’accident thromboembolique artériel et veineux associé à l’administration de Lénograstim (Granocyte) seront ajoutées aux RCP et à la notice du produit. Une surveillance étroite est donc recommandée chez les patients et les donneurs ayant des facteurs de risque connus de thrombose.

Pour rappel, ce facteur de croissance hématopoïétique qui stimule les progéniteurs des polynucléaires neutrophiles est indiqué dans la réduction de la durée des neutropénies chez certains patients (thérapie myélosuppressive, chimiothérapies) ainsi que chez les patients et les donneurs sains pour la mobilisation des cellules souches hématopoïétiques dans le sang périphérique.

La décision d’ajouter les mentions de risque d’accident thromboembolique artériel et veineux a été prise au niveau européen lors de la réunion mensuelle du Comité pour l’Evaluation des Risques en matière de Pharmacovigilance (PRAC) de l’Agence européenne des médicaments (EMA) de juin dernier, indique l’ANSM[1].

Elle fait suite au signalement de cas de thromboembolie veineuse (notamment thrombose veineuse profond et embolisme pulmonaire) et de thromboembolie artérielle (notamment infarctus du myocarde et accident cérébrovasculaire).

[1] ANSM. Lénograstim (GRANOCYTE) – ajout de mises en garde sur le risque d’accident thromboembolique artériel et veineux : retour d’information sur le PRAC de juin 2020 – Point d’information. 21/07/2020

Medscape – 27 juil 2020.




Ségur de la santé: « indispensable » mais « insuffisant », selon les présidents de CME de CH

(APMnews) – Le Ségur de la santé a débouché sur un résultat « indispensable mais malheureusement insuffisant », a réagi la conférence des présidents de commission médicale d’établisement (CME) de centres hospitaliers (CH) dans un communiqué vendredi.

Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a annoncé mardi les 33 mesures du Ségur de la santé, retenues à l’issue de ce cycle de discussions qui avait débuté le 25 mai. Des accords sur les carrières et les rémunérations pour le personnel non médical et le personnel médical ont été signés mi-juillet.

« Cette concertation éclair de l’ensemble des acteurs du système de santé était nécessaire pour compléter les mesures du plan ‘Investir pour l’hôpital’ et accélérer la trajectoire de Ma Santé 2022 », commente la conférence des présidents de CME de CH, présidée par le Dr Thierry Godeau.

Ses conclusions « étaient très attendues par des hospitaliers en quête de reconnaissance après plus de dix ans d’abandon mais aussi pour changer de paradigme ».

Elle estime néanmoins qu' »une grande partie des difficultés de l’hôpital ne trouveront des réponses qu’en révisant le système dans sa globalité que ce soit en ville, à l’hôpital ou au niveau des administrations de santé régionales et nationales ».

Si « les arbitrages financiers traduisent un effort conséquent de la nation », ils « ne compensent que partiellement le défaut d’investissement dans l’hôpital public, tant social que financier de cette dernière décennie. Ils ne peuvent ainsi que corriger en partie les effets d’une doctrine nationale mortifère que l’on espère révolue », considère la conférence.

Revalorisation du personnel médical: des mesures en deçà des attentes

Elle constate « des avancées notables sur l’attractivité des carrières hospitalières » pour le personnel non médical et les étudiants. Elle juge cependant qu’un déploiement massif d’infirmiers de pratique avancée mériterait de « s’appuyer sur une validation des acquis de l’expérience ». Elle s’interroge sur « la pertinence de créer une profession médicale intermédiaire uniquement hospitalière ».

Pour le personnel médical, « les engagements complètent utilement ceux arbitrés précédemment mais toujours en attente de mise en oeuvre (revalorisation de la prime d’exercice territorial, de la prime d’engagement de la carrière hospitalière, création et revalorisation d’indemnités managériales, valences) », pointe-t-elle.

Si les mesures « sont de nature à redonner quelques perspectives aux praticiens hospitaliers, elles restent très en deçà de ce qu’ils étaient en droit d’attendre pour répondre à l’accentuation de l’asymétrie des contraintes et des rémunérations vis-à-vis des carrières libérales ».

La conférence espère de « nouvelles négociations autour de la nécessaire accélération de carrière pour tous les praticiens hospitaliers, de l’harmonisation de la rémunération de la permanence des soins avec les praticiens libéraux quand ils y participent, et de la reconnaissance d’une 3e demi-journée pour une garde de nuit ».

La réforme des retraites « devra par ailleurs prendre en compte impérativement cette pénibilité qui pèse sur la santé des praticiens et sur leur investissement sur la durée ».

Pour un « projet politique de santé »

Les mesures annoncées sur l’investissement doivent « désormais pouvoir se traduire rapidement sur le terrain auprès des équipes en prenant appui sur des délégations de gestion affirmées, notamment sur les investissements courants, et ne pas ralentir les dynamiques engagées », souhaite la conférence.

« L’inflexion marquée avec la transformation du Copermo [Comité interministériel de la performance et de la modernisation de l’offre de soins hospitaliers] doit permettre de se projeter dans une nouvelle ère où la réponse aux besoins de la population et des professionnels dans une logique territorialisée et décloisonnée devient le critère
principal de décision », espère-t-elle.

La refonte de l’objectif national des dépenses de l’assurance maladie (Ondam) et l’adaptation de la T2A « seront des outils nécessaires mais insuffisants s’ils ne répondent pas à des objectifs définis par un projet politique de santé, notamment dans le domaine de la santé publique », ajoute également la conférence des présidents de CME de CH.

Elle attend que le « Ségur de la santé publique » annoncé pour la rentrée apporte « des réponses concrètes aux inégalités d’accès aux soins qui se creusent ainsi qu’au retard permanent des politiques de prévention ».

La conférence regrette « l’absence de perspective sur une révision dynamique de la CCAM [classification commune des actes médicaux] », afin de « prendre en compte les enjeux de pertinence, en repositionnant l’humain au centre du soin ».

Concernant la médicalisation de la gouvernance hospitalière, elle rappelle que la mise en oeuvre des préconisations de la mission coordonnée par le Pr Olivier Claris était très attendue. Elles doivent « se traduire très rapidement sur le plan réglementaire, et de manière concrète au sein des établissements », demande-t-elle.

L’ambition d’une simplification administrative « reste à concrétiser avec un pilotage resserré », tandis que « la réforme voire l’unification de la gouvernance nationale est le grand absent de ce Ségur ». Cette évolution aurait pourtant été « un signal majeur, y compris en termes de décloisonnement des acteurs ». Ce sujet « mériterait d’être porté dans le cadre d’une réforme ambitieuse de l’Etat », juge la conférence.

Elle regrette par ailleurs « l’absence de mesures fortes concernant la coordination ville-hôpital et notamment l’absence de mesures en faveur du projet territorial de santé ». Elle appelle à « une mission sur les coopérations entre la ville et l’hôpital, confiée à des praticiens des deux secteurs afin de mieux définir les articulations ».

« Une vigilance accrue sera portée pour éviter que l’astreinte sanitaire pour les Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes] ne repose que sur les gériatres hospitaliers dont le nombre est déjà très insuffisant », souligne-t-elle notamment.

Déterminer les besoins en lits

Elle s’inquiète qu' »aucune mesure ne concerne la gradation des soins et la réorganisation territoriale de l’offre de soins, inéluctable compte-tenu de la démographie médicale, des déserts médicaux et des progrès de la médecine ».

« Il convient de mener une véritable enquête sur les besoins en lits au quotidien de chaque établissement », plaide-t-elle par ailleurs, jugeant insuffisante l’ouverture de lits « à la demande » pour répondre aux carences actuelles.

La conférence « appelle dès à présent à un calendrier de mise en oeuvre très resserré » des conclusions du Ségur, « au regard des espoirs suscités et partiellement déçus ».




Ségur de la santé : 15 organisations demandent des revalorisations pour tout le personnel médico-social

(APMnews) – Quinze organisations demandent, dans un courrier adressé lundi au premier ministre, Jean Castex, que les mesures de revalorisation salariale et d’attractivité des métiers décidées dans le cadre du Ségur de la santé concernent l’ensemble des professionnels du secteur social et médico-social.

Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a annoncé mardi les 33 mesures du Ségur de la santé, retenues à l’issue de ce cycle de discussions lancé le 25 mai. Des accords sur les carrières et les rémunérations ont été signés mi-juille.

« Nous nous félicitons des résultats bâtis sur l’équité entre les acteurs contribuant au service public », écrivent 15 organisations au premier ministre, évoquant « la signature d’accords assurant une valorisation et reconnaissance des professionnels soignants à l’hôpital et en Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes] ».

Le courrier est signé par les présidents de fédérations de l’aide à domicile (ADMR, UNA), d’associations du secteur du handicap (Apajh, APF France Handicap, ASEI, Fnath, Ladapt, Unapei) et d’organisations du secteur social et médico-social (Cnape, Croix-Rouge, Fédération des acteurs de la solidarité, Fehap, GNDA, Nexem et Uniopss).

« Toutefois, les enjeux de revalorisation et les mesures d’attractivité des métiers de la santé doivent être réfléchis dans une approche globale de la santé », soulignent-ils.

Ils mettent en garde contre les « difficultés attendues dans le secteur médico-social et social où les accompagnements sont réalisés par des professionnels de la filière du soin mais aussi ceux de la filière éducative et sociale, notamment dans le secteur du handicap, dans celui du domicile et dans celui des publics confrontés à des difficultés spécifiques ».

« Dans ce contexte, la gratification des seuls professionnels du soin posera des problèmes de management dans les établissements et services médico-sociaux et sociaux en créant des situations d’injustice entre salariés. »

Les signataires citent l’exemple « des aides-soignants (AS) et des accompagnants éducatifs et sociaux (AES) qui accomplissent les mêmes fonctions dans le champ des établissements pour adultes en situation de handicap (MAS/FAM) ou les services de soins infirmiers à domicile (Ssiad) ».

« Aussi, il semble indispensable de considérer que les mécanismes de revalorisation salariale et plus globalement d’attractivité des métiers concernent l’ensemble des professionnels du soin et de l’accompagnement exerçant leurs fonctions dans l’ensemble des établissements et services sociaux et médico-sociaux, sans considération de statut public ou privé et de nature de financement (assurance maladie/Etat/départements) ».

Les organisations signataires entendent « prévenir l’apparition d’un secteur santé à deux vitesses ». La santé doit « pouvoir être envisagée globalement, sans créer de nouveaux cloisonnements entre les professionnels des établissements, du domicile ou entre secteurs, entre les professionnels soignants et ceux de l’accompagnement », plaident-elles.

Elles demandent par ailleurs de « lever les obstacles à la généralisation et à la valorisation de la fonction de médiateur de santé pair, tant la médiation en santé est importante pour les personnes en situation de précarité ».

Elles demandent qu’ »un travail collectif, s’inscrivant dans un dialogue social rénové, soit engagé sans délai sur l’attractivité des métiers non pris dans en compte dans le Ségur de la santé et que ses conclusions puissent être prises en compte dans le cadre de la prochaine loi ‘grand âge autonomie' ».




Coronavirus : « nette augmentation » de la circulation du virus en France, le contrôle aux frontières renforcé

Dans son point quotidien de la situation sanitaire, diffusé vendredi soir, le ministère de la santé estime que « nous sommes revenus à des niveaux comparables à ceux de la fin de la période du confinement ».

e ministère de la santé rappelle les Français à l’ordre. Dans son point quotidien du vendredi 24 juillet, il écrit que la circulation du coronavirus est « en nette augmentation » dans le pays. « Avec un nombre de cas journaliers supérieur à 1 000, nous sommes revenus à des niveaux comparables à ceux de la fin de la période du confinement. Nous avons ainsi effacé une bonne partie des progrès que nous avions accomplis dans les premières semaines du déconfinement », déplore le ministère, qui appelle à plus de « discipline collective ».

La Direction générale de la santé insiste notamment sur l’importance de l’isolement des personnes qui ont été testées positives, pour « protéger les plus âgés et les plus vulnérables d’entre nous ». [En savoir plus]




Les généralistes libéraux réalisent 82,6 % des téléconsultations

(APMnews) – Les médecins généralistes libéraux ont réalisé 82,6% des téléconsultations facturées à l’assurance maladie entre septembre 2019 et avril 2020, a fait savoir la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) dans une publication sur son site internet mardi.

Ils sont suivis par les psychiatres (6,4 %), les pédiatres (2 %), les gynécologues (1,3 %), les dermatologues (1,1 %) et les endocrinologues (1,1%).

« La moitié des médecins téléconsultants ont moins de 50 ans alors que cette classe d’âge ne constitue que 37% de l’ensemble de l’effectif de généralistes libéraux », a constaté la Cnam.

« A l’opposé, les médecins de plus de 60 ans facturent moins de téléconsultations que leurs confrères, alors que plus d’un médecin libéral sur trois a plus de 60 ans. »

La crise sanitaire a provoqué une « croissance spectaculaire » des téléconsultations.

Un pic a été observé en avril, avec 56.000 médecins pratiquant des téléconsultations, qui ont représenté alors « jusqu’à 27% en moyenne de l’ensemble des consultations. »

Entre mars et avril, 5,5 millions de téléconsultations ont été remboursées.
« Le profil des patients ayant recours à la téléconsultation a changé pendant le confinement », a ajouté la Cnam.

« Les moins de 50 ans, en particulier les 30-40 ans, étaient proportionnellement plus nombreux à recourir à la téléconsultation. Après 50 ans, le recours à ce dispositif diminuait fortement et régulièrement avec l’âge. »

Cette tendance s’est inversée pendant le confinement, les moins de 30 ans représentant 19% des patients téléconsultants, contre 32% auparavant.

La proportion de plus 70 ans est passée de 8% des actes facturés à 20%.

« Depuis mai dernier, cette tendance semble s’installer puisque les patients les plus âgés, même s’ils sont toujours proportionnellement moins nombreux que les plus jeunes, constituent 19% des patients qui utilisent la téléconsultation », est-il indiqué.

La Cnam constate également d’importantes différences entre régions.

« De septembre 2019 à avril 2020, l’Ile-de-France totalise un cinquième des facturations, dont plus de 320.000 pour la seule ville de Paris. À titre de comparaison, les régions Centre-Val de Loire et Bourgogne-Franche-Comté totalisent respectivement 121.000 et 229.000 facturations durant la même période. »

Ces disparités « existent depuis la prise en charge des actes de télémédecine par l’assurance maladie en 2018 », est-il précisé.

Dans son rapport annuel « charges et produits » pour 2021, la direction de la Cnam a formulé trois propositions pour « poursuivre le déploiement de la télémédecine dans un cadre respectueux de la qualité de la prise en charge.

Une ordonnance publiée en juin au Journal officiel a prolongé la prise en charge intégrale des actes de télémédecine par l’assurance maladie « jusqu’à une date précisée par décret, et au plus tard jusqu’au 31 décembre 2020 », rappelle-t-on.




Médecins libéraux : l’URPS Paca dénonce l’« hospitalo-centrisme » dans un livre blanc sur le Covid-19

(APMnews) – L’union régionale des professionnels de santé médecins libéraux (URPS- ML) de Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) a publié jeudi un Livre blanc sur la crise du Covid-19 dans lequel elle dénonce un « hospitalo-centrisme » de l’organisation des soins.

Le document (16 pages) contient 11 propositions pour améliorer la gestion d’une future crise sanitaire, notamment en facilitant les échanges entre libéraux et médecins hospitaliers, en confiant le pilotage des parcours de soins aux médecins traitants, ou encore en décentralisant les agences régionales de santé (ARS).

« On entend dans les médias nombre de satisfecit, qui tendent à laisser penser que la crise est derrière nous, que nous sommes dans la bonne voie, que ‘l’Etat a tenu’ ainsi que l’a fièrement annoncé le président [de la République] », écrit l’URPS.

« Toutes les leçons ne peuvent déjà en être tirées, mais dès à présent certains constats s’imposent. » L’objectif du livre blanc est de « porter la voix des médecins libéraux », rappeler « leur rôle et restitue[r] la réalité de ce que nous, soignants de terrain en ville, avons vécu et ce que nous ne voulons plus vivre ».

Il a été rédigé d’après des « expériences des médecins de terrain et des élus de l’URPS-ML Paca durant la crise sanitaire ». « Nous l’avons voulue critique, sans retenue, car nous estimons devoir tirer les conséquences de cet épisode. »

Manque de masques de protection

Les médecins libéraux « se sont trouvés démunis », « sans équipements de protection individuelle (EPI) » et « sans possibilité de s’approvisionner, l’Etat ayant réquisitionné les stocks, centralisé l’approvisionnement et fléché les équipements disponibles vers les hôpitaux », déplorent-ils en premier lieu.

« Les professionnels se sont démenés pour trouver ces équipements, faisant appel aux dons, à la solidarité, à l’innovation, aux collectivités territoriales, parcourant des dizaines de kilomètres pour aller les chercher », rapportent-ils.

« Ce n’est que bien plus tard que l’ARS a été en mesure d’approvisionner, avec parcimonie (et souvent avec du matériel de récupération, testé mais périmé) les professionnels de ville » en EPI.

L’URPS pointe des « dysfonctionnements dans la distribution », avec « des disparités majeures dans les territoires ». Par exemple, « certains n’ont jamais eu de dotation en [masques] FFP2, d’autres n’en ont jamais manqué ».

Jusqu’à « 90 % » de perte d’activité

La gestion de la crise est alors « apparue très clairement hospitalo-centrée », déclare l’union, affirmant notamment que les établissements privés et leurs praticiens ont été mis à l’écart.

« Dès le 17 mars, l’activité non urgente a été déprogrammée, les lits désarmés, établissements et praticiens [du privé] ont perdu jusqu’à 90% de leurs activités », poursuit-elle.

La « doctrine nationale a placé les établissements privés en 3e ligne, leur demandant de garder des lits armés à disposition des établissements publics, soit pour y déplacer des pathologies non Covid, soit pour y accueillir des patients Covid moins graves ».

« Ce n’est que plusieurs semaines après l’arrêt des activités que le privé a été sollicité », continue l’URPS. La région Paca « n’a heureusement pas connu la même situation qu’en Ile-de-France ou Grand Est, où l’ostracisme à l’égard du privé a fait choisir de transporter des patients lourds […] d’une région à l’autre, voire dans d’autres pays européens, plutôt que de solliciter les cliniques voisines ».

Avec les établissements publics, l’URPS évoque des difficultés de coordination. « Les situations sur le terrain ont été très disparates » selon les établissements, « mais souvent difficiles ».

« On relève une autonomisation parfois complète de certains hôpitaux », notamment de l’Assistance publique- hôpitaux de Marseille (AP-HM) et de l’institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille, « malgré des prises de position publiques contradictoires ».

« Les retours d’information vers les médecins traitants, déjà difficiles en temps normal, ont souvent été totalement négligés », affirment les libéraux.

« La plupart des hôpitaux de la région », et « surtout les deux CHU [avec celui de Nice] », « ont préféré utiliser leurs propre outils » informatiques de coordination. Ils ont ainsi intégré « de nombreux patients dont ils pouvaient ainsi assurer le suivi à distance, se dispensant du médecin traitant », déplorent-ils.

L’IHU de Marseille a agi « au mépris » des mesures de confinement et des professionnels

Dans le cas particulier de l’IHU (dirigé par le Pr Didier Raoult, note-t-on), « sa pratique de tests massifs » s’est faite « hors recommandations ». Pourtant, il « n’a jamais été inquiété » notamment « par l’ARS ».

« Les patients se rendaient spontanément à l’IHU, parfois au mépris des mesures de confinement (files d’attente sur le boulevard Jean-Moulin de plusieurs centaines de mètres), et bien sûr sans aucun retour de prise en charge vers le médecin traitant », déclarent les libéraux.

L’URPS-ML, « qui a sollicité l’IHU dans ce sens, n’a jamais eu de retour ». Celui-ci « a par la suite étendu son influence en testant ‘hors les murs’ dans des Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes], des foyers logements, etc. Tout cela « au mépris des professionnels de terrain qui étaient impliqués. »

Il n’y a pas eu « de concertation avec les laboratoires locaux, pas de retour au médecin traitant des résultats ni de la prise en charge, et évidemment, pas de lettre de liaison », dénonce l’union des médecins libéraux.

Pour une refonte du fonctionnement des ARS

L’URPS met également en cause la gestion des ARS. Elles « ne sont pas l’instance d’organisation et de régulation de la santé qu’elles devraient être, manquant de l’agilité nécessaire pour répondre à une crise sanitaire ».

« L’hospitalo-centrisme atavique de l’administration française a conduit les ARS à gérer [la crise] à travers un prisme principalement hospitalier: les malades étaient à l’hôpital, la ville devait prendre le relais après la sortie et assurer le suivi des ‘autres pathologies' », affirment les médecins libéraux.

L’application « d’une ‘doctrine nationale’, et la culture sanitaire des médecins inspecteurs de la santé publique, ont fait une impasse totale sur la médecine de ville », avancent-ils.

Même si l’ARS Paca « a probablement fait remonter régulièrement les demandes d’équipements », même si « elle ne peut être tenue responsable de la pénurie », il est « évident que la problématique a été largement sous- évaluée, et interroge finalement sur la pertinence de son fonctionnement en cas de crise ».

Ses « agents (tous niveaux confondus) ont probablement dépensé beaucoup d’énergie et de temps à décrypter des consignes nationales, récurrentes, variables pour tenter de les adapter localement ».

L’URPS dénonce « une inadéquation structurelle majeure de l’institution à un événement inattendu », et cela « doit appeler à une refonte sérieuse des chaînes décisionnaires, de la formation des agents, du champ d’action des ARS ».

Livre blanc des médecins libéraux de Paca face à la Covid-19




Air conditionné et Covid : attention aux risques de transmission aérienne

En été, le recours à l’air conditionné est habituel aux Etats-Unis, de plus en plus dans les usages en France. Mais l’air conditionné peut-il jouer un rôle dans la dissémination du virus SARS-CoV-2 dans les lieux clos ? Une question qui se pose au moment où l’OMS vient de reconnaître que de nouvelles preuves confirment le potentiel de transmission aérienne du nouveau coronavirus.

Des preuves émergentes de la transmission aérienne

Dans une lettre ouverte publiée le 6 juillet dans le journal Clinical Infectious Diseases[1], plus de 230 scientifiques du monde entier demandent instamment aux autorités nationales et internationales, et notamment à l’OMS, de reconnaître cette transmission aérienne.

« Nous bousculons [les autorités] car nous avons besoins de donner un message très clair et cohérent au monde », explique la Pr Shelly Miller (University of Colorado, Boulder, Etats-Unis), une des initiatrices de cette publication. « Ce virus est présent dans l’atmosphère, vous pouvez l’attraper en l’inhalant », dit-elle.

La chercheuse, qui travaille sur la qualité de l’air intérieur, et d’autres aérobiologistes spécialisés dans la dissémination des maladies par l’air, considèrent que l’OMS et les autres agences de santé publique n’ont pas réalisé l’étendue du problème de la transmission aérienne. [En savoir plus]




Robots, drones et applications de surveillance : l’avenir inattendu de la médecine

e secteur de la santé a souvent été laissé de côté lorsqu’il s’agit d’innovations numériques. Cela s’explique en partie par le fait que ces services sont souvent sous-financés et que les ressources dont ils disposent sont affectées autant que possible aux soins de première ligne. Mais il est de plus en plus évident que la technologie peut aider les médecins à faire face à la pression croissante qui s’exerce sur eux pour qu’ils fournissent davantage de services. Pendant la pandémie mondiale, l’adoption à grande échelle de toutes les techniques, de la vidéoconférence à l’IA, n’est pas prête de s’arrêter.

Les robots pourraient offrir un moyen de fournir des soins hospitaliers tout en réduisant les risques de transmission. Avant la crise sanitaire, les robots étaient principalement utilisés dans les salles d’opération, sous le contrôle des chirurgiens. Aujourd’hui, les robots assument de nouveaux rôles dans les hôpitaux, remplaçant les travailleurs cliniques et autres travailleurs hospitaliers pour aider aux soins médicaux et à la logistique de la gestion des hôpitaux.

L’entreprise danoise UVD Robots a déployé ses robots automoteurs dans plusieurs hôpitaux cette année ; les machines peuvent désinfecter les salles de bactéries et de virus en utilisant la lumière UV. A Wuhan, l’épicentre de l’épidémie, des robots ont également été utilisés pour livrer de la nourriture et des médicaments aux patients dans les services de traitement des coronavirus. D’autres robots ont été mis en service pour surveiller les symptômes du coronavirus chez les patients, notamment en vérifiant leurs signes vitaux, tandis que des robots de téléprésence ont permis aux médecins et aux patients de parler sans avoir à être physiquement ensemble. [En savoir plus]




Ségur de la santé : les médecins libéraux déçus et dans l’attente

(APMnews) – Plusieurs syndicats de médecins libéraux ont exprimé leur déception et leurs attentes pour les soins de ville, après l’annonce mardi des 33 mesures issues du Ségur de la santé.

Lancé le 25 mai, le Ségur de la santé a donné lieu, sur 50 jours, à plus de 100 réunions, 200 contributions écrites, 118.000 réponses écrites à la grande consultation nationale, plus de 200 réunions dans les régions et plus de 40 heures de négociations avec les organisations syndicales.

Les 33 mesures retenues concernent en majeure partie l’hôpital et l’organisation territoriale des soins (cf dépêche du 21/07/2020 à 15:10).

Dans un communiqué diffusé mardi, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a appellé le gouvernement « à ouvrir de toute urgence un Ségur de la médecine libérale ».

Pour la CSMF, le Ségur de la santé « restera le Ségur de l’hôpital », avec un investissement de plus de 27 milliards d’euros qui « devrait permettre à l’hôpital et aux soignants qui y exercent de sortir de la crise hospitalière et d’avoir un fonctionnement plus adéquat aux besoins de la population ».

A la recherche des mesures concernant la médecine de ville, la CSMF « note quelques idées ou perspectives qui répondent à ses demandes », comme « le soutien aux équipes de soins primaires et aux équipes de soins spécialisés, et plus largement à l’exercice coordonné sous toutes ses formes, la valorisation de la médecine spécialisée dans le cadre des démarches de qualité et de pertinence, le développement de la télémédecine en particulier de la téléexpertise et de la télésurveillance, la mise en place d’une plateforme numérique pour le service d’accès aux soins avec des expérimentations, l’ancrage des hôpitaux de proximité sur les territoires ».

« Au-delà de ces perspectives, rien de concret, contrairement pour l’hôpital public, si ce n’est l’ouverture de négociations conventionnelles devant aboutir d’ici fin 2020 », déplore le syndicat, pointant l’absence d’orientation « sur les moyens qui permettraient d’accompagner sa réorganisation et favoriser la coordination au plus près des patients ».

Dans un communiqué diffusé mardi soir, MG France souligne que le « Ségur de la santé a vu l’hôpital public obtenir des moyens très significatifs pour son développement ».

« Les médecins généralistes ne comprendraient pas que le secteur ambulatoire ne bénéficie pas d’un investissement du même ordre, signal d’une volonté de transformation profonde du système de santé », écrit le syndicat.

Il « prend acte de l’engagement du gouvernement à mettre en chantier dès le début du mois de septembre, deux négociations conventionnelles avec l’assurance maladie », sur les moyens alloués à la mise en place des équipes de soins primaires (ESP) et à la création du service d’accès aux soins (SAS).

« Ces deux négociations n’auront de pertinence et d’efficacité que si elles sont dotées de moyens à la hauteur des enjeux sanitaires majeurs auxquels elles doivent répondre », prévient le syndicat.

Le Syndicat des médecins libéraux (SML) a réagi mercredi matin en saluant l’orientation générale du Ségur consistant à « remédicaliser la gouvernance des établissements hospitaliers » ainsi que plusieurs mesures figurant à son agenda.

Il s’est ainsi réjoui du développement des carrières mixtes hôpital/ville, de la création de postes d’enseignants universitaires ouverts aux praticiens libéraux, du soutien aux différentes formes d’exercice collaboratif entre professionnels de santé libéraux, et de la mise en oeuvre du SAS après une phase expérimentale.

Il se déclare prêt à la négociation conventionnelle dès l’arrivée d’un nouveau directeur à la tête de l’assurance maladie mais regrette « de ne pas voir explicitement exprimé par le ministre le montant de l’investissement fléché sur la médecine de ville », soulignant que « les chiffres sont des repères nécessaires pour accompagner les gestes et attester de la réalité de la volonté politique ».

Il salue l’extension de la rémunération à la performance (rémunération sur objectifs de santé publique, Rosp) à toutes les spécialités mais « rappelle ses réserves concernant les rémunérations partagées entre la ville et l’hôpital, fussent-elles populationnelles et à la qualité ». Il juge nécessaire l’accélération des téléconsultations et réclame à cet égard d’y réintégrer les consultations par téléphone, mises en oeuvre de manière dérogatoire pendant l’état d’urgence sanitaire.

La Fédération des médecins de France (FMF) a déploré sur son site internet que le Ségur était « devenu le Ségur de l’hôpital ». « Pour les professionnels de santé de ville, celles et ceux qui ont assuré en silence pendant toutes ces semaines, des mots et rien de concret », ajoute-t-elle.

Sa branche généraliste a mis en ligne mercredi un site internet spécifique pour recueillir les doléances et réflexions des professionnels de santé, libéraux comme hospitaliers, ainsi que des usagers.

L’UFML ulcérée

Le syndicat Union française pour une médecine libre (UFML-S) a vigoureusement critiqué les mesures issues du Ségur, les qualifiant de « tentative d’homicide contre la médecine libérale ».

« Celles-ci forment une vision de la médecine hospitalo-centrée, et organisent la mise sous tutelle de l’hôpital et des ARS. Il nous propose une médecine affaiblie et dépouillée de nombre de ses actes par les plateformes commerciales de téléconsultation et les infirmières en pratiques avancées (IPA) ‘généralistes' », déplore le syndicat, qui compte peser lors des prochaines élections professionnelles au printemps 2021 et devenir représentatif.

Le syndicat critique la mise en oeuvre des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), au sein desquelles « les médecins libéraux devront s’engager à répondre au premier recours, mais surtout accepter le développement des nouveaux modes de rémunérations: à l’épisode ou au parcours de soin », ce qu’il traduit par une « rémunération proportionnelle à l’obéissance ».

« Le médecin ‘anciennement libéral’ sera sous tutelle du groupement hospitalier de territoire [GHT] qui disposera de l’enveloppe pour le rétribuer en bout de ligne. Il devra se plier à un exercice de « bouche-trou » à l’hôpital et à des astreintes en Ehpad publics (sous contractualisation?) », s’inquiète le syndicat.

L’UFML-S « se place en première opposante d’une réforme qui veut annihiler le mode d’exercice libéral » et « appelle les médecins libéraux de France à défendre chaque pan de liberté de leur exercice et à rester maîtres de leur avenir ».




Covid-19 : contre le coronavirus, quelles thérapies sont encore dans la course ?

Dominique Costagliola est directrice adjointe de l’Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique (Sorbonne Université, Inserm). Membre de l’Académie des sciences, elle participe au conseil scientifique du consortium REACTing.


The Conversation : En matière de médicaments, quelles sont les pistes les plus prometteuses ?

Dominique Costagliola : Les résultats des études qui ont été conduites en Europe et dans le monde commencent à être publiés.

Au Royaume-Uni, l’essai Recovery a mis en évidence un effet positif de la corticothérapie faible dose par dexaméthasone, en particulier chez les gens qui étaient en réanimation. Ce type de traitement est connu pour être efficace : on l’administrait déjà aux patients qui développaient un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SRDA) dans d’autres contextes, avant l’infection par le coronavirus SARS-CoV-2.

Il ne s’agit pas d’en donner à tous les patients, mais à ceux qui sont déjà dans un stade avancé : cela a un effet important, puisque la mortalité est réduite après administration. [En savoir plus]




Le prasugrel est à oublier dans l’ICP primaire

Le tirofiban est de loin supérieur au cangrélor pour inhiber rapidement et efficacement l’agrégation plaquettaire, mesurée par ADP in vitro, chez les patients subissant une intervention coronarienne percutanée primaire dans le cadre d’un STEMI (infarctus du myocarde avec élévation du segment ST), selon l’étude randomisée FABOLUS FASTER.

En revanche, l’étude a montré que le cangrélor est supérieur au prasugrel per os, explique Marco Valgimigli, qui s’exprimait ce 27 juin lors d’un PCR e-course organisé par EuroPCR (Association Européenne des Interventions Cardiovasculaires Percutanées). « Et contrairement à ce qu’on imaginerait a priori, le prasugrel à mâcher ne s’est pas montré plus efficace que le comprimé pelliculé pour inhiber les plaquettes », ajoute le cardiologue interventionnel de l’Université de Berne.

Selon l’essai, l’administration standard des nouveaux inhibiteurs oraux du P2Y12, que sont le prasugrel et le ticagrélor, chez les patients subissant une ICP pour cause de STEMI, ne permet pas d’obtenir une inhibition précoce optimale de l’agrégation plaquettaire. [En savoir plus]




Maladie cardiovasculaire et cancer du sein

Des données du CH de Saint Etienne montrent qu’entre 2010 et 2011 l’incidence des événements cardiovasculaires était de 5,8% chez leurs patient(e)s atteint(e)s de cancer du sein.

À retenir

L’étude publiée dans BMC Cancer montre que :

  • La moitié des individus diagnostiqués pour cancer du sein au stade III (UICC) présentaient un risque cardiovasculaire au moment du diagnostic du cancer.
  • Le risque d’évènement cardiovasculaire serait complexe car multi-factoriel, impliquant à la fois les antécédents cardiovasculaires du sujet, son profil (âge, IMC, tabagisme…), et les traitements du cancer du sein eux-mêmes.

Ces données mettent en évidence l’importance de stratifier le risque cardiovasculaire au moment du diagnostic de cancer du sein, afin de mettre en place des stratégies prophylactiques chez les sujets les plus à risque. Elles mettent également en lumière la nécessité de mener de plus amples études afin de pouvoir établir des recommandations pratiques qui à ce jour manquent aux cliniciens. [En savoir plus]




Une histoire de chiffre à plusieurs milliards…

En 2018, le budget de la Sécurité sociale était de 470 milliards d’euros (soit 25 % du PIB français), bien supérieur aux 329 milliards d’euros du budget de l’état français réparti entre ses différents ministères. 

A l’intérieur de la Sécurité sociale, le budget de l’Assurance-maladie était de 198 milliards donc bien supérieur au budget de 99,3 milliards du ministère de l’Éducation et de la Recherche ou des 8,7 milliards du ministère de la Justice. 

Bien que la Santé soit le premier poste de dépenses en France et l’un des plus importants au monde, notre système de Santé est à bout de souffle : personnel en souffrance, non reconnu ni valorisé, patients avec un accès difficile aux soins et des délais d’attente de plus en plus incompatibles avec une bonne prise en charge. 

Comment faire mieux, sachant que le budget Santé ne peut être extensible à l’infini ?

Selon l’OCDE, en France : 33,7 % des emplois hospitaliers ne sont ni médicaux, ni paramédicaux contre 25 % en Allemagne, 24 % en Espagne ou 20 % au Danemark. De plus, il existe un mille-feuille de structures de santé sans soins, par exemple la seule ARS Occitanie est composée de 800 personnes. Alors que l’on exige de la pertinence du médecin, existe-t’il des indicateurs d’efficience de nos administrations ? Un numerus clausus a été imposé aux médecins, à quand un numerus clausus pour le personnel administratif ? 

Les dépenses de l’Assurance-maladie augmentent chaque année de 2 points, mais jamais au bénéfice des soignants ! Est-ce qu’octroyer 6 milliards (soit 3 % du budget de l’Assurance-maladie) aux soignants des établissements de soins (hors médecins) sauvera notre système ? La prise en charge des patients sera-t-elle meilleure ? La qualité de travail des soignants sera-t-elle améliorée ? Ne faudrait-il pas au contraire réformer en profondeur l’institution, mieux répartir les ressources humaines et financières vers les soignants ?

Le Ségur de la santé aidera l’hôpital public qui en a bien besoin, mais est-ce suffisant ? Durant le confinement, la baisse de l’activité des soins de ville a engendré une économie de 4 milliards à l’Assurance-maladie, ce ne serait  pas une erreur, mais une faute de nos politiques que de ne pas aider, soutenir et valoriser la médecine de ville. 

La mission des médecins et des soignants est de soigner et accompagner, non de remplir des papiers !

Les épidémies sont source de surmortalité, mais l’endémie bureaucratique et administrative nous étouffe et nous tue à petit feu…

Nous ne réclamons pas des milliards, nous voulons être écoutés et entendus afin d’obtenir une amélioration de notre qualité d’exercice au service des patients.

Marc Villacèque. Président du Syndicat des Cardiologues (SNC)




Ce que la crise sanitaire dit de nos organisations…

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Entretien Jean de Kervasdoué : « La crise a souligné une centralisation regrettable »

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Vers un déficit historique de la Sécurité Sociale en 2020

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Nouvelles dispositions « anti-cadeaux »

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Covid-19 : la radiographie des victimes

« Entre 25.000 et 30.000 ». C’est, entre le 2 mars et le 31 mai, le nombre de décès liés au Covid-19 d’après la dernière étude de Santé Publique France , publiée ce mercredi. L’Agence nationale de santé publique précise qu’au pic de l’épidémie, le taux de mortalité caracolait à 60 % au-dessus du chiffre habituel.

Près de 29.200 décès directement associés au coronavirus ont été enregistrés à travers les données d’hospitalisations et les Ehpad, soit 16.6 % de la mortalité toutes causes confondues. Cependant, Santé Publique France rappelle que le chiffre est susceptible de bouger à la baisse, mentionnant une possible « surestimation » du nombre de victimes en Ehpad. Selon l’état civil, il n’y aurait eu sur cette période que 25.030 décès excédentaires par rapport à la normale, toutes causes confondues. Un nombre qui traduit « une surmortalité qui a dépassé celle atteinte lors des cinq hivers précédents. »

Une inégale répartition

La répartition des décès sur le territoire, « reflet de la dynamique de l’épidémie » a été très disparate ; tous les départements franciliens, la Moselle, le Bas et le Haut-Rhin, et le Rhône ont fait face à « un excès exceptionnel de mortalité tous âges confondus et chez les personnes de plus de 65 ans ». En Ile-de-France, région la plus touchée, un excès de 12.050 décès (+63,7 %) tous âges confondus a été enregistré, avec une plus forte proportion de 15-64 ans touchés que dans le reste du pays. [En savoir plus]




Ségur de la santé : 33 mesures retenues

(APMnews) – Trente-trois grandes mesures ont été retenues à l’issue du Ségur de la santé, a annoncé mardi le ministre des solidarités et de la santé, lors de la séquence de conclusions de ce cycle de discussions et négociations.

Lancé le 25 mai, le Ségur de la santé a donné lieu, sur 50 jours, à plus de 100 réunions, 200 contributions écrites, 118.000 réponses écrites à la grande consultation nationale, plus de 200 réunions dans les régions et plus de 40 heures de négociations avec les organisations syndicales, a souligné Olivier Véran. Il s’exprimait en présence de trois autres ministres (Brigitte Bourguignon, Jacqueline Gourault et Frédérique Vidal) et de l’« animatrice » du Ségur, Nicole Notat.

Il a annoncé que les 33 mesures avaient été retenues. Elles se répartissent entre les 4 « piliers » déterminés au départ.

Pilier 1 : transformer les métiers et revaloriser ceux qui soignent

Le premier pilier comprend 8 mesures :

  • Une enveloppe de 8,2 milliards d’euros pour revaloriser les salaires des professionnels de santé et renforcer l’attractivité de l’hôpital public.
  • Permettre aux établissements publics de santé de négocier et aménager à leur niveau le temps de travail. Il s’agit de donner davantage de marge de manœuvre aux établissements et de permettre la négociation d’accords locaux sur le temps de travail.
  • Mettre fin au mercenariat de l’intérim médical.
  • Augmenter le nombre de professionnels paramédicaux formés par an
  • Renforcer les réseaux d’enseignement et de recherche dans les territoires en partenariat avec le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.
  • Accélérer le déploiement des infirmiers en pratique avancée (IPA) avec pour objectif 3.000 infirmiers supplémentaires en 2022, puis 5.000 en 2024.
  • Lancer une réflexion sur la création d’une profession médicale intermédiaire, en milieu hospitalier Favoriser l’exercice mixte des médecins entre ville et hôpital.

Pilier 2 : définir une nouvelle politique d’investissement et de financement au service de la qualité des soins

Le deuxième pilier comprend 9 mesures :

  • 19 milliards d’euros d’investissements nouveaux dans la santé (ville, hôpital, médico-social).
  • Donner le pouvoir aux territoires en matière d’investissement en santé.
  • Accélérer la réduction de la part de tarification à l’activité (T2A).
  • Financer l’ouverture et/ou la réouverture de 4.000 lits « à la demande ». Une enveloppe de 50 M€ sera débloquée dans le Fonds d’intervention régional (FIR) à partir de l’hiver 2020-2021.
  • Rénover l’Ondam pour l’adapter à une politique de santé de long terme.
  • Accélérer la transition écologique à l’hôpital et dans les établissements médico-sociaux.
  • Renforcer la qualité et la pertinence des soins, avec le développement d’une rémunération des médecins spécialistes sur la qualité de leurs pratiques
  • Soutenir et dynamiser la recherche en santé en renforçant l’effort financier sur les missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation (Merri) à hauteur de 50 millions d’euros par an (400 M€ sur 2021-2028).page2image2840594624page2image2840594912page2image2840595264
  • Développer les hôtels hospitaliers.

Pilier 3 : simplifier les organisations et le quotidien des équipes de santé pour qu’ils se consacrent à leurs patients

Ce pilier contient 6 mesures :

  • Réhabiliter le rôle et la place du service au sein de l’hôpital pour mettre fin aux excès de la loi HPST (hôpital, patients, santé et territoires) de 2009.
  • Donner la capacité aux établissements et aux territoires d’adapter les règles du code de la santé publique.
  • Simplifier les procédures et libérer du temps pour les professionnels (assouplissement du régime des autorisations d’activités, simplifier les processus administratifs, les processus de certification qualité et les outils de contractualisation avec les tutelles en automatisant le recueil des données et en réduisant le nombre d’outils de reporting).
  • Adapter les principes de la commande publique aux besoins particuliers des établissements dans les territoires. Un groupe de travail va être lancé sur la clarification et la simplification de la commande publique pour tenir compte des spécificités de l’activité hospitalière.
  • Mieux associer les soignants et les usagers à la vie de l’hôpital.
  • Mieux prévenir les conflits à l’hôpital (prévention, généralisation des dispositifs de conciliation et confirmation de la mise en place des médiations régionales et d’une médiation nationale).

Pilier 4 : fédérer les acteurs de la santé dans les territoires au service des usagers

Ce pilier comprend 10 mesures :
Assurer le développement de la télésanté dans tous les territoires

  • Améliorer l’accès aux soins non programmés par le développement de l’exercice coordonné Concrétiser le Service d’accès aux soins (SAS).
  • Lutter contre les inégalités de santé en dotant chaque région d’une gouvernance stratégique de réduction des inégalités associant l’ensemble des acteurs et garantir une prise en charge globale, notamment en renforçant les permanences d’accès aux soins de santé (Pass)
  • Mettre en place une offre de prise en charge intégrée ville-hôpital-médico-social pour les personnes âgées.
  • Améliorer l’accès au soin des personnes en situation de handicap. Faire des hôpitaux de proximité des laboratoires en matière de coopération territoriale.
  • Renforcer l’offre de soutien psychiatrique et psychologique de la population.
  • Renforcer les missions et l’indépendance des conférences régionales de la santé et de l’autonomie (CRSA) afin d’en faire des véritables « parlements de santé ».
  • Evolution des ARS : renforcer le niveau départemental et l’association des élus.

A la fin de son discours, Olivier Véran a aussi souhaité qu’à « l’automne », un autre travail collectif soit mené « dans ce qui pourrait être un « Ségur de la santé publique ».




Industries de santé : le plan gouvernemental de relocalisation

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Covid Tracker, l’application irlandaise séduit bien plus que StopCovid

À l’heure actuelle, un irlandais sur cinq a téléchargé l’application Covid Tracker. Cela représente 20 % de la population, contre 3 % en France en comparaison. Cette popularité semble s’expliquer grâce à plusieurs facteurs. D’une part, Covid Tracker est simple à utiliser. La personne installe l’application et a ensuite le choix entre communiquer son numéro de téléphone ou le comté où elle réside et le tour est joué. Ensuite, tout repose sur le Bluetooth. Chaque personne peut indiquer si elle présente des symptômes du coronavirus, si elle est malade et comme en France, au moindre contact d’au moins 15 minutes d’autres personnes, celles-ci sont alors informées qu’elles ont été en contact avec une personne testée positive au coronavirus.

La popularité de Covid Tracker semble par ailleurs reposer sur la communication faite par le gouvernement irlandais et la confiance gagnée par ce dernier. En effet, pour Sean L’Estange, chercheur en sciences sociales à l’University College de Dublin, le taux de téléchargements montre « la crédibilité de l’application, la confiance dans l’initiative et l’enthousiasme pour participer au projet collectif de lutte contre le virus ». [En savoir plus]




Publication de la liste des lieux publics clos où le masque devient obligatoire lundi

(APMnews) – Le ministère des solidarités et de la santé a précisé, notamment dans un décret paru samedi, la liste des lieux publics clos où le port du masque devient obligatoire à compter de lundi, afin de lutter contre l’épidémie de Covid-19.

Le masque était déjà obligatoire dans certains lieux publics, en particulier les transports en commun. Mais de nombreux médecins plaidaient depuis des semaines, notamment dans des tribunes publiées par la presse et sur les réseaux sociaux, pour qu’il soit étendu à tous les lieux clos, compte tenu du fort soupçon de transmission du coronavirus Sars-CoV-2 par aérosolisation, reconnu le 8 juillet par l’Organisation mondiale de la santé (OMS)).

Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé le 14 juillet que le port du masque deviendrait « totalement obligatoire » dans les lieux publics clos, « par exemple à partir du 1er août ». Puis le premier ministre, Jean Castex, a précipité le calendrier, annonçant jeudi que cette mesure serait effective dès la semaine du 20 juillet.

Le décret le permettant est paru au Journal officiel samedi. Il modifie le décret du 10 juillet prolongeant une partie des mesures relevant de l’état d’urgence sanitaire, en complétant la liste des établissements recevant du public (ERP) dans lesquels le port du masque est imposé.

Depuis le 11 juillet, le masque était obligatoire dans les transports publics et collectifs et les infrastructures associées (gares, gares routières, aérogares) et les ERP suivants :

  • type L (salles d’audition, de conférence, réunion)
  • type X (établissements sportifs couverts)
  • type PA (établissements de plein air)
  • type CTS (chapiteaux et tentes)
  • type V (établissements de culte)
  • type Y (musées)
  • type S (bibliothèques)
  • type O (hôtels et pensions) pour les espaces permettant un regroupement
  • type N, EF et OA (restaurants et débits de boisson)
  • type V (lieux de culte)
  • établissements d’accueil du jeune enfant/accueil périscolaire
  • certains espaces de circulation des établissements d’enseignement scolaire (école, collège, lycée).

Le décret précisait que dans les autres types d’ERP, le port du masque « peut être rendu obligatoire par l’exploitant ».

Le décret publié samedi a ajouté, à compter de lundi, les ERP de type M (magasin de vente et centre commercial) et de type W (administration, banque) « à l’exception des bureaux », ainsi que les marchés couverts.

L’obligation de port du masque n’est donc pas applicable en « tous les lieux clos », mais dans une liste de lieux spécifiques, avec des particularités et exceptions, note-t-on.

Une amende possible

La direction générale de la santé (DGS) a explicité les dispositions de ce texte réglementaire dans un message adressé dimanche à la presse, notamment à APMnews.

Elle précise que les entreprises relevant des catégories énumérées par le décret, comme les administrations, « sont concernées mais seulement pour l’accueil du public en leur sein (clientèle/usagers essentiellement) ».

« Leur fonctionnement interne relève quant à lui du droit du travail et plus particulièrement des règles en matière de santé au travail », ajoute-t-elle.

« De nombreuses normes sanitaires et mesures de restrictions, mises en place conjointement par le ministère du travail et le ministère des solidarités et de la santé, régissent déjà la vie dans les entreprises depuis la sortie du confinement. Elles visent notamment à encourager le télétravail et imposent un respect strict des mesures d’hygiène et de la distanciation physique. Lorsque celle-ci ne peut être respectée, le port du masque grand public est d’ores et déjà obligatoire », précise la DGS.

Elle rappelle que l’ensemble de ces mesures sont répertoriées dans le protocole national de déconfinement pour les entreprises. « En cas de rebond effectif de l’épidémie, le gouvernement n’exclut pas de les renforcer pour garantir la santé et la sécurité des salariés », précise la DGS.

Elle précise qu’il reviendra à chaque responsable de ces établissements de s’assurer de la mise en oeuvre de cette obligation, notamment en apposant un écriteau « port du masque grand public obligatoire » (téléchargeable sur le site du gouvernement) sur sa devanture.

« Dès l’entrée en vigueur du décret, ce dernier conditionnera l’accès à son établissement au port du masque. Le non-respect de cette mesure pourrait être susceptible, comme c’est le cas dans les autres lieux ou le port du masque est obligatoire, notamment les transports, d’une contravention de 4e classe », soit 135 euros.

Distribution de masques pour les personnes en situation de précarité

La DGS annonce qu’une « distribution de masques grand public sera mise en place dès [cette semaine] à destination des publics précaires. Les publics ciblés sont ceux qui bénéficient de l’aide médicale d’Etat [AME] et de la complémentaire santé solidaire et les contacts habituels des associations d’aide aux plus vulnérables ».

Le gouvernement précise que des échanges ont lieu avec les autorités locales afin que les lieux touristiques « puissent assurer une disponibilité des masques grand public » cet été.

Interrogé à ce sujet lundi matin sur France Info, le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a indiqué disposer de « plus de 400 millions de masques chirurgicaux en stock national, plus de 60 millions de masques FFP2 », et « acheté plus de 4 milliards de masques », sans compter les masques grand public.

A la question de savoir si cela était suffisant, il a répondu rester « extrêmement vigilant face à toute situation qui pourrait dépasser tout ce qu’on a connu ». « Je me pose toutes les questions que vous me posez et je tache d’y trouver des réponses. […] Nous devons nous préparer, expliquer. Des masques, nous en avons en quantité, nous en produisons en quantité, je fais attention que sur les lieux de vacances, il y ait autant de masques disponibles que ce qu’il y a en Ile-de-France ».

La décision d’imposer le port du masque dans un grand nombre de lieux publics clos « se fonde sur les indicateurs de suivi de l’épidémie que sont le R effectif, le taux d’incidence hebdomadaire, le nombre et le taux de tests positifs effectués et l’état des capacités d’accueil de malades graves en réanimation », explique la DGS dans son message. « Ces outils traduisent aujourd’hui d’une détérioration légère, mais encore incertaine de la situation sanitaire », ajoute-t-elle.

« Par ailleurs, des incertitudes demeurent sur la transmission du virus dans l’air, qui a fait l’objet le 6 juillet d’une lettre à l’OMS signée par 239 scientifiques issus de 32 pays, qui ont notamment fait part de leurs observations sur la fréquence des contaminations et des clusters en milieu clos, particulièrement en cas de brassage d’air, et même en l’absence de projection directe », ajoute-t-elle, précisant que le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a été saisi sur le sujet à la suite de cette lettre ouverte.

« S’il semble que cette voie de transmission existe et qu’elle n’est pas anecdotique, il est encore impossible de parler de voie de transmission dominante par rapport aux gouttelettes ou aux mains souillées. C’est pourquoi, de manière préventive, des recommandations ont été émises sur le port du masque grand public en intérieur, sur l’aération des pièces et sur les climatiseurs », explique la DGS, qui justifie par ailleurs l’évolution de sa doctrine sur le port du masque depuis le début de l’épidémie.

« Le ministère des solidarités et de la santé a toujours fondé ses recommandations sur les avis des autorités de santé à l’échelle nationale et internationale », relève-t-elle, notant que l’OMS n’a recommandé le port du masque grand public qu’au début du mois de juin.

« Par ailleurs, il a toujours été clair que le masque seul n’offrait pas de protection suffisante si l’on abandonnait la distance, la stricte hygiène des mains ainsi que d’autres mesures de lutte anti-infectieuse et de bons sens pour réduire la transmission interhumaine. C’est évidemment toujours le cas aujourd’hui puisque l’ensemble des gestes barrières restent plus que jamais de mise. Dans les lieux clos, la promiscuité et la densité de population empêchent le respect de la distanciation et l’absence de ventilation efficace peut favoriser la création d’aérosol », indique la DGS.




Les formes sévères de COVID-19 caractérisées par une faible production d’INF-1

Quel patient va développer une forme grave de Covid-19 ? Une équipe française a mis en évidence une mauvaise réponse du système immunitaire « inné », avec une faible production des interférons de type I chez les patients les plus sévères. Cette piste qui permettrait d’améliorer la prise en charge individuelle et le pronostic de ces patients est publiée dans Science

En prévention d’une forme sévère 

Environ 5 % des personnes atteintes de Covid-19 évoluent vers une forme grave ou critique et développent notamment une pneumonie sévère se transformant en syndrome de détresse respiratoire aiguë. Cette évolution soudaine suggère une dérégulation de la réponse inflammatoire de l’hôte qui, dans de nombreuses situations, s’accompagne d’un « orage cytokinique ». Cet emballement de la réponse inflammatoire est corrélé à une infiltration massive dans les poumons de cellules immunitaires innées, à savoir des neutrophiles et des monocytes, créant des lésions pulmonaires et un syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA).

Par analogie avec une maladie génétique conduisant à une pathologie pulmonaire semblable, l’équipe de Frédéric Rieux-Laucat (INSERM) a fait l’hypothèse d’une surproduction d’interféron de type 1, un marqueur de la réponse aux infections. Or chez les patients gravement malades, des chercheurs issus de différents instituts (Inserm, Université de Paris, Institut Imagine , APHP et Institut Pasteur) montrent, à l’inverse, que la production et l’activité des IFN de type I sont fortement diminuées dans les formes les plus sévères du Covid-19. [En savoir plus]




Covid-19 : deux projets de vaccin produisent une « réponse immunitaire »

La course au vaccin contre le Covid-19 avance, avec les résultats d’essais cliniques encore préliminaires mais encourageants sur deux projets – l’un britannique, l’autre chinois. Publiés lundi 20 juillet dans la revue médicale britannique The Lancet, ces projets de vaccin génèrent « une forte réponse immunitaire » et sont bien tolérés par les patients.

  • Le premier, développé par l’université d’Oxford en partenariat avec le groupe pharmaceutique AstraZeneca, a généré la production d’anticorps et de lymphocytes T, deux types de réponses immunitaires, dans un essai clinique sur plus de 1 000 patients.
  • Le second projet, mené à Wuhan (Chine) par des chercheurs de plusieurs organismes, dont l’Ecole militaire des sciences médicales, et financé par le groupe de biotechnologie coté à Hongkong CanSino Biologics, a également entraîné cette double réponse immunitaire contre le coronavirus chez la plupart des participants, selon un essai distinct portant sur environ 500 personnes.

Ces essais cliniques sont encore dans une phase préliminaire (phase 1/2 et phase 2), qui teste la tolérance et l’apparition d’une réponse immunitaire après l’injection du vaccin, comparé à un placebo. Leur efficacité devra encore être établie dans un essai de phase 3, sur un nombre de participants plus important, avant d’envisager leur commercialisation à grande échelle. [En savoir plus]




Covid-19 : un été placé sous le signe de la vigilance et de la responsabilité

Chère consœur, Cher confrère,

La date du 10 juillet dernier signait la fin de l’état d’urgence sanitaire. Celle d’aujourd’hui rend obligatoire le port du masque « grand public » dans tous les lieux clos (décret). Cette décision du président de la République révèle l’évidence : le virus circule toujours et le nombre de clusters augmente en France et dans le monde, impliquant le retour du confinement dans certains endroits (Catalogne).

Dans le même temps, et de façon incompréhensible, la téléconsultation par téléphone n’est plus rémunérée. A l’image de la téléconsultation vidéo, cet outil a visiblement permis : au patient suspect d’être consulté à distance depuis son domicile, au médecin d’établir un premier diagnostic pour analyser la nécessité d’un déplacement du patient vers le cabinet : la fracture numérique n’est pas prête de disparaitre !

La France n’est donc plus à un paradoxe près : il n’y a jamais eu autant de masques et aussi peu de personnes qui le portent.

En tant que médecin, plus que jamais continuons d’être responsables. Nous devons probablement montrer l’exemple, rester vigilants et ne pas baisser la garde même si le virus ne circule que modérément dans certains territoires. Cet été, même si c’est difficile, continuez d’adopter les bons réflexes au cabinet : maintenez les gestes barrières, la distanciation sociale et le port du masque.

Voici un exemple de document unique (obligatoire dans les cabinets médicaux) à adapter en fonction de la circulation du virus dans votre région :

Continuez de nous soutenir, suivez-nous et adhérez ICI !

Je vous souhaite un bel été.

Docteur Marc Villacèque. Président du Syndicat National des Cardiologues




Ségur de la santé : les médecins libéraux dans l’attente

« Finalement, c’était un Ségur de l’hôpital », a indiqué le président du Syndicat des Médecins Libéraux (SML), le DrPhilippe Vermesch, dans un communiqué. Il attend maintenant des mesures pour la médecine de ville. 

« Aucune proposition n’a ainsi été faite à destination des syndicats des médecins libéraux, qu’il s’agisse de revalorisations ou d’organisation des soins. On a parlé que de l’hôpital pendant ce Ségur », souligne-t-il sur twitter.

Il y a clairement deux poids, deux mesures : « À force de dire qu’à l’hôpital, les médecins seront mieux payés, il va y avoir des appels d’air et les jeunes ne s’installeront plus en ville », s’inquiète-t-il. [En savoir plus]




Covid-19 : des signaux de reprise de l’épidémie dans plusieurs régions

(APMnews) – Des indicateurs sur l’évolution de l’épidémie de Covid-19 sont en hausse dans plusieurs régions, dont l’Ile-de-France, la Nouvelle-Aquitaine, les Hauts-de-France et les Pays de la Loire, selon les éléments communiqués par les agences régionales de santé (ARS) et Santé publique France (SPF). 

« Reprise modérée en Ile-de-France » 

En Ile-de-France, le nombre d’appels au Samu pour suspicion de Covid est à la hausse sur une semaine, avec 224 appels vendredi, contre 185 vendredi 10 juillet, selon les données de l’ARS. Le taux d’incidence était vendredi de 8,1 cas pour 100.000 habitants, contre 6,9 il y a une semaine. 

Les indicateurs sanitaires de la région « montrent de façon concordante des signaux faibles en faveur d’une reprise épidémique modérée », a commenté vendredi l’ARS auprès d’APMnews.

Jeudi, 7 nouveaux patients ont été admis en réanimation mais « le nombre de patients hospitalisés en Ile-de- France poursuit sa décroissance progressive » (3.377 vendredi). « Pour autant, le nombre de patients hospitalisés en réanimation se stabilise depuis vendredi 10 juillet autour de 240″. 

« Le nombre de consultations SOS Médecins et le nombre d’appels au Samu pour suspicion d’infection Covid-19 sont en augmentation sur les derniers jours. Cette augmentation touche surtout le Val-de-Marne et la Seine- Saint-Denis, où les augmentations sont les plus fortes de la région.» 

L’ARS précise observer « une activité virale plus forte du virus car il y a plus de cas contacts », ce qui « rend les enquêtes d’investigation plus lourdes ». « Nous allons renforcer nos équipes de tracing durant l’été », ajoute-t-elle. 

Cependant, le taux de positivité des tests PCR reste stable à 1,2% sur la région, tempère l’agence. 

Interrogée sur un cluster identifié à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), l’ARS a précisé avoir « reçu un premier signalement d’un cas Covid+ chez une enseignante exerçant à l’école Anatole-France à Saint-Ouen le lundi 6 juillet ». 

Après les opérations de dépistage organisées par l’agence et la mairie, « au total, 22 enfants [de l’école] se sont révélés positifs ». Deux opérations de dépistage ont été organisées dans la commune et un arrêté préfectoral a ordonné lundi 13 juillet le port du masque obligatoire dans les lieux clos recevant du public. 

En Ile-de-France, 31 clusters étaient actifs vendredi (incluant les établissements de santé et les établissements médico-sociaux) : 10 à Paris, 1 en Seine-et-Marne, 4 dans les Yvelines, 2 dans l’Essonne, 1 dans les Hauts-de- Seine, 2 en Seine-Saint-Denis, 5 dans le Val-de-Marne et 6 dans le Val-d’Oise. 

« Nous suivons ces indicateurs avec la plus grande attention afin de prendre les mesures nécessaires si cette situation venait à se confirmer », indique l’ARS. « Les Franciliens doivent rester particulièrement vigilants et actifs contre le virus en respectant les gestes barrières ». 

Renforcement des actions de prévention et de dépistage en Mayenne 

« Au regard de la situation épidémiologique, la préfecture de Mayenne, l’agence régionale de santé Pays de la Loire et l’assurance maladie renforcent et amplifient les mesures de prévention, d’accompagnement et de dépistage sur le département de la Mayenne », a annoncé l’ARS dans un communiqué de jeudi. 

Elle précise que « Santé publique France annonce que le département passe en situation de vulnérabilité élevée au regard des indicateurs de suivi épidémiologique », soit un taux d’incidence de 50,1 pour 100.000 habitants et un taux de positivité de 5,65%. 

« Une tendance de reprise de la circulation du virus est observée partout en France et est clairement avérée sur le territoire de la Mayenne », pointe l’ARS. 

Elle rappelle que l’envoi de « bons de dépistage » est organisé depuis vendredi 10 juillet avec l’assurance maladie, pour inviter les assurés à réaliser des tests virologiques. Le préfet de la Mayenne a pris un arrêté mercredi 15 juillet afin de rendre obligatoire le port du masque dans les établissements clos recevant du public dans plusieurs communes. L’exécutif a annoncé la généralisation de cette mesure sur le territoire national. 

Intensification de la circulation du virus en Nouvelle-Aquitaine 

« Depuis plusieurs semaines, une cinquantaine de nouveaux cas de Covid-19 étaient identifiés par semaine en Nouvelle-Aquitaine. Ces deux dernières semaines, le nombre de cas positifs est en augmentation avec 104 cas recensés la semaine du 6 au 12 juillet », informe dans un communiqué de vendredi l’ARS Nouvelle-Aquitaine. 

« Cette augmentation est également traduite par une augmentation de l’activité de SOS Médecins pour suspicion de Covid-19 ». Vendredi, 11 patients Covid étaient hospitalisés en réanimation dans la région. 

Par ailleurs, « de plus en plus de cas groupés (clusters) sont identifiés dans la région, confirmant une circulation active du virus ». L’ARS fait ainsi état de 11 clusters dans la région (dont dans les Ehpad). 

« Cette évolution de la situation appelle à une vigilance maximale de la part de tous. Les mesures barrières doivent continuer à être appliquées avec rigueur », prévient-elle. 

Bourgogne-France-Comté : des indicateurs « mal orientés » 

L’ARS Bourgogne-Franche-Comté, dans un communiqué de vendredi après-midi, invite à « réactiver les réflexes de prévention de chacun » face à « des indicateurs épidémiques mal orientés », qui « restent » néanmoins « à un niveau faible ». 

En date de vendredi, les établissements de santé de la région « prennent en charge 80 patients atteints de formes graves du coronavirus, dont 7 personnes en réanimation ». 

« Pour la première fois depuis le 11 mai et même à des niveaux très faibles, ces chiffres montrent une stabilisation des hospitalisations pour Covid-19 (86 la semaine dernière) », commente l’agence. Néanmoins, 1 patient de plus que la semaine dernière est en réanimation. 

Le dépistage « reste activement mis en oeuvre dans tous les départements de la région où plus de 100.000 tests ont été réalisés depuis la levée du confinement ». Sur les 7 derniers jours, 14.428 résultats ont été enregistrés, dont 85 positifs. Ce chiffre « est orienté à la hausse » (68 cas positifs au cours de la précédente période de 7 jours). 

L’ARS signale que 25 regroupements de cas sont « en cours d’investigation et de traitement » dans la région (340 ont été signalés depuis le début du confinement). 

Hauts-de-France: 31 clusters, hors Ehpad, dans le Nord

« Depuis le début du déconfinement, les hospitalisations en réanimation pour les cas détectés de Covid-19 sont en baisse aux échelles nationale et départementale », soulignent dans un communiqué vendredi l’ARS Hauts-de France et la préfecture du Nord. 

« Néanmoins, de nouveaux clusters apparaissent de part et d’autre du territoire national et les indicateurs du département du Nord tendent à présager d’une recrudescence de cas de coronavirus si la vigilance de tous n’est pas maintenue ». 

Le taux de positivité aux tests de dépistage Covid-19 s’établit à 1,37% dans le Nord contre 1,1% à l’échelle nationale et celui de la reproductivité (nombre moyen de personnes infectées pour 1 cas) est de 1,06, précise-t- elle. 

« Bien que le nombre de personnes en réanimation reste stabilisé, le Nord est le département qui compte le plus de clusters en France. Entre le 11 mai et le 15 juillet, 31 clusters (hors Ehpad) ont été recensés à l’échelle du département ». 

Auvergne-Rhône-Alpes : les indicateurs se stabilisent ou progressent 

En Auvergne-Rhône-Alpes, au cours de la même semaine, « les principaux indicateurs épidémiologiques du Covid-19 se stabilisent ou progressent légèrement et restent en deçà des seuils d’alerte », constate SPF. 

Les taux de positivité des tests (0,7% contre 0,6% la semaine précédente) et d’incidence (3,5/100.000, contre 2,5/100.000) ont augmenté « tout en restant en deçà des seuils d’attention à l’échelle régionale et des départements ». 

Les hospitalisations pour Covid-19 « continuent à baisser ou se stabilisent ». Les nombres de signalement de suspicion de Covid-19 en établissements médico-sociaux et de clusters en cours d’investigation dans la région « progressent également, même si ces variations restent faibles ». Au 15 juillet, 17 clusters étaient en cours d’investigation. 

Stabilité dans le Grand Est 

Dans le Grand Est, sur la semaine du 6 au 12 juillet, SPF observe un taux d’incidence de 2,8 nouveaux cas pour 100.000 habitants, stable (2,7 la semaine précédente). Le nombre de nouveaux cas confirmés a peu augmenté (154 contre 149). L’agence indique que 32.913 tests RT-PCR ont été réalisés. 

Tous les départements de la région présentent un taux hebdomadaire d’incidence inférieur au seuil de vigilance de 10 nouveaux cas pour 100.000 habitants, écrit SPF. 

Occitanie: peu de tests positifs 

L’ARS Occitanie ne recense que 12 cas positifs en moyenne par jour et 0,5% de tests positifs en moyenne. Vendredi, 42 hospitalisations Covid-19 étaient en cours (-5 en une semaine) dont 7 en réanimation (-1). Le nombre de décès à l’hôpital est stable (513). 

Plus de 800 cas supplémentaires en Guyane en une semaine 

Pour l’outre-mer, l’ARS Guyane recensait en date de vendredi 6.509 cas confirmés (+805 depuis le 10 juillet), 34 décès au total (+11), 125 patients hospitalisés hors réanimation (-6), 25 patients en réanimation (-1) et 12 évacuations au total hors de Guyane (stable). 

En Guadeloupe et Martinique, les indicateurs, dont le taux d’incidence, restent faibles. 




La tendance à la hausse de la circulation du Sars-CoV-2 est confirmée

(APMnews) – Les indicateurs de la circulation du Sars-CoV-2 sont bien repartis à la hausse au cours de la semaine dernière et ces derniers jours, indiquent Santé publique France et la Direction générale de la santé (DGS), dans leurs points épidémiologiques respectifs publiés vendredi soir. 

La DGS annonce dans son point quotidien vendredi que « la circulation du virus responsable de la Covid-19 est en augmentation ». Elle fait état de 3 800 cas par semaine, d’une hausse des recours à SOS médecins, des passages aux urgences, du nombre de clusters, de 600 hospitalisations par semaine dont plus de 70 en réanimation. 

En outre, « les R (nombre de reproduction) effectifs sont au-dessus de 1 dans la plupart des régions », souligne la DGS. Elle estime qu’une proportion « très insuffisante » de patients présentant des symptômes réalisent un test virologique. 

Santé publique France annonce dans son point épidémiologique hebdomadaire qu’en semaine 28, du 6 au 12 juillet, « le nombre de cas confirmés (et donc le taux d’incidence), le nombre d’actes SOS médecins, le nombre de passages aux urgences pour suspicion de COVID-19 ainsi que le nombre de clusters sont en augmentation en comparaison à la semaine précédente ». 

En France métropolitaine, les nombres de reproduction effectifs (R effectif) calculés sur la base des données virologiques (SI-DEP) et à partir des données de passages aux urgences (OSCOUR) sont, pour la première fois, tous les deux significativement supérieurs à 1, ajoute l’agence. 

Hausse de 19 % de l’incidence des cas en une semaine 

Entre la semaine 27 et la semaine 28, l’incidence des cas a augmenté de 19%, davantage qu’entre les semaines 26 et 27 (+13%). Le dépistage a lui aussi augmenté de 13%. « L’augmentation du nombre de cas s’accentue (…) et elle est désormais supérieure à l’augmentation des dépistages », constate l’agence. 

Santé publique France note toutefois qu’« à l’exception de la Mayenne », la circulation virale se maintient « à un niveau bas ». Des signaux de reprise de l’épidémie ont été observés dans plusieurs régions. 

Les personnes asymptomatiques représentaient en semaine 28, 64% des personnes testées et 55% des cas positifs. Mais l’augmentation des personnes testées est plus importante chez les personnes symptomatiques que chez les asymptomatiques, tout comme l’augmentation du nombre de résultats positifs. Les taux de positivité restent stables chez les asymptomatiques. 

Une réelle augmentation des cas symptomatiques 

Selon l’agence, ces résultats confortent une réelle augmentation du nombre de cas symptomatiques, et ne sont pas uniquement liés à l’intensification des actions de dépistage de personnes asymptomatiques dans le cadre d’investigations. 

« Ces différents résultats signent une augmentation réelle de la dynamique de transmission de l’infection à Sars- CoV-2 en France métropolitaine», insiste-t-elle. 

Les nouvelles admissions en hospitalisation et réanimation restent à des niveaux bas, mais ces indicateurs sont plus tardifs en cas de reprise de l’activité. A ce jour moins de 600 patients sont hospitalisés en réanimation pour Covid-19. 

Seules 22% des personnes ayant présenté des symptômes évocateurs de Covid-19 ont eu une prescription de test diagnostique depuis la semaine 27, et seules 14% ont rapporté avoir été testées en RT-PCR. 

Santé publique France évoque un « défaut de recours aux soins » sur ce point, qui pourrait entraîner une sous- estimation importante du nombre de cas confirmés. 

L’agence signale aussi une augmentation du nombre de clusters (hors épisodes familiaux en milieux restreints) en cours d’investigation en France métropolitaine (97 clusters au 15 juillet vs 68 au 8 juillet), ainsi que deux épisodes présentant une diffusion communautaire, en Seine-Maritime et Mayenne. 

« Les clusters survenus dans les établissements médico-sociaux (incluant les Ehpad) ont été suivis tout au long de l’épidémie et le nombre de nouveaux épisodes signalés par ces établissements est désormais très faible », note-t- elle. 

« Une attention particulière mérite d’être portée sur les clusters survenant dans les milieux familiaux élargis (plusieurs foyers familiaux concernés) ainsi que les événements et rassemblements temporaires de personnes. Ces clusters qui représentent respectivement 15% et 12% des clusters investigués sont susceptibles d’augmenter au cours de la période estivale », avertit l’agence. 

Seize nouveaux clusters en 24h 

La DGS fait part vendredi de 16 nouveaux clusters depuis la veille (jeudi), portant à 512 le nombre de ces groupements de cas, y compris ceux en Ehpad, depuis le 9 mai. Parmi ces clusters, 324 sont clôturés. 

SOS médecins a réalisé 386 interventions pour suspicion de Covid-19, soit 5% de l’activité totale. Les services d’urgence ont noté 215 passages pour ce même motif, soit 0,6 % de l’activité totale, précise la DGS. 

Au total, 6.688 personnes sont hospitalisées pour une infection Covid-19 et 119 nouvelles admissions ont été enregistrées en 24 heures. 477 malades atteints d’une forme sévère sont hospitalisés en réanimation, avec 17 nouveaux cas admis. « Le solde reste négatif en réanimation, avec 4 malades de Covid-19 en moins par rapport à la veille ». 

Quatre régions (Ile-de-France, Grand-Est, Hauts-de-France et Guyane) regroupent 71% des patients hospitalisés en réanimation. En Outre-Mer, on relève 204 hospitalisations, dont 39 en réanimation. 

Depuis le début de l’épidémie, 105.975 personnes ont été hospitalisées, dont 18.535 en réanimation. 79.244 personnes sont rentrées à domicile. Le nombre de décès atteint les 30.152, dont 19.611 au sein des établissements hospitaliers. 

La DGS précise que les chiffres dans les établissements sociaux et médico-sociaux seront actualisés par Santé publique France mardi 21 juillet. 




Covid-19 : la course au vaccin

La fabrication d’un nouveau vaccin est un processus long et complexe qui nécessite plusieurs phases de recherche et de tests afin de garantir son efficacité et son innocuité. En temps normal, il faut compter de nombreuses années, de 10 à 15 ans, entre le début des études et la commercialisation d’un vaccin. Mais face à une situation d’urgence, telle que le contexte actuel de pandémie, les différentes phases de développement sont menées en parallèle afin d’accélérer au maximum la mise à disposition du vaccin.

La première phase de développement correspond aux essais précliniques, étape à laquelle le vaccin est d’abord étudié en laboratoire puis généralement testé chez l’animal. Cette étape permet d’évaluer la capacité de l’antigène à produire des anticorps dans un organisme vivant, mais ne préjuge pas des résultats chez l’homme. Viennent ensuite les essais cliniques, c’est à dire les tests sur l’homme, organisés en trois phases successives. La phase I a principalement pour objectif de déterminer l’innocuité du vaccin et d’observer la réponse immunitaire induite, tandis que la phase II cherche à établir le dosage optimal et à prouver la durabilité de la protection. Lors de la phase III, les essais portent sur des groupes de centaines voire milliers de personnes et ont pour but de définir le rapport bénéfices/risques du vaccin afin d’obtenir son autorisation de mise sur le marché.

Comme le montre notre infographie basée sur le recensement de Covidvax.news, une soixantaine de vaccins contre le SARS-CoV-2 sont actuellement en cours de développement. Mi-juillet, dix laboratoires menaient la deuxième phase de tests des essais cliniques et deux projets avaient même démarré avec la troisième phase, c’est à dire les essais à grande échelle. Il s’agit de la société américaine Novavax et du groupe britannico-suédois AstraZeneca en coopération avec l’université d’Oxford.

Infographie: COVID-19 : la course au vaccin | Statista 




Comment le CHU de Bordeaux utilise son entrepôt de données de santé pour surveiller l’épidémie de Covid-19

Le CHU de Bordeaux utilise son entrepôt de données de santé (EDS) pour construire des indicateurs de suivi de l’épidémie de Covid-19, a expliqué son chef du service d’information médicale, le Pr Rodolphe Thiébaut, à TICsanté début juillet.

« L’objectif est de repérer une deuxième vague ou une reprise de l’épidémie à partir des données du CHU, mais aussi de surveiller la charge hospitalière voire de l’anticiper. L’intérêt de l’EDS est de regrouper des données qui ne sont pas toujours concordantes » et de les analyser, a-t-il ajouté.

Sont surveillés le nombre de patients suspectés ou diagnostiqués Covid+, les résultats de tests PCR, mais aussi les syndromes grippaux ou encore les appels pour dyspnée, a-t-il détaillé.

Une équipe de chercheurs de l’université de Bordeaux, l’Inserm et l’Inria apporte son concours pour la construction de modélisations et d’indicateurs complexes, comme le taux de reproduction R0 du coronavirus. [En savoir plus]




L’intelligence artificielle

L’Intelligence Artificielle (IA) fait aujourd’hui l’objet de bien des fantasmes, futur inquiétant pour certains, fascinant pour d’autres, cette discipline encore jeune est loin d’égaler l’intelligence humaine et sa complexité dans son ensemble, mais se montre particulièrement efficace pour des réalisations spécifiques. Son impact sur le monde de demain sera considérable et indispensable dans quasiment tous les domaines.

La Santé est l’un des secteurs où les investissements sont les plus conséquents, à voir avec l’intérêt porté par les Gafam et Batx. (1)

Pascal Wolff – Le Cardiologue n° 433 – Juin 2020

La naissance de l’intelligence artificielle

 

C’est à partir des années 1940 et 1950 qu’une poignée de scientifiques d’une large gamme de domaines (mathématiques, psychologie, ingénierie, économie et sciences politiques) ont commencé à discuter de la possibilité de créer un cerveau artificiel. 

Et c’est durant l’été 1956 que l’intelligence artificielle « moderne » a réellement pris son envol suite à une conférence qui s’était tenue sur le campus de Dartmouth College (Hanover – New Hampshire – Etats-Unis). Ce congrès – auquel six chercheurs se sont succédés devant un auditoire de… vingt personnes qui assistèrent à l’intégralité des débats – a marqué la naissance de cette « science nouvelle », fondée en tant que discipline académique.

Ces vingt participants représentaient des domaines en pleine ébullition qui n’avaient aucune structure ni lien : la cybernétique (2), le traitement complexe de l’information, les réseaux neuronaux formels (3), la théorie des automates, les modèles de prise de décision…

 

Le moment fondateur de l’IA

 

À la suite de cette réunion, certains participants ont pronostiqué qu’une machine aussi intelligente qu’un être humain existerait en moins d’une génération, donnant des ailes aux investisseurs. Des millions de dollars ont ainsi été investis pour réifier cette prédiction.

Cette conférence est largement considérée, dans le monde occidental, comme le moment fondateur de l’intelligence artificielle en tant que discipline théorique indépendante (de l’informatique).

Suite à cet engouement et dans les années qui ont suivi, l’optimisme et les prévisions allèrent bon train : « d’ici dix ans un ordinateur sera le champion du monde des échecs [1958] » ; «  des machines seront capables, d’ici vingt ans, de faire tout le travail que l’homme peut faire [1965] » ; « Dans trois à huit ans, nous aurons une machine avec l’intelligence générale d’un être humain ordinaire [1970] »…

Mais cet engouement a été, durant ces années, confronté à des problèmes majeurs tels les puissances de calcul mathématique, les capacités des programmes et mémorielles des machines plutôt limités dans ces années post-2000.

 

Deep Blue

 

Mais ces piètres performances des années 1970 n’ont malgré tout pas altéré les efforts et l’engouement des chercheurs. On se souvient de Deep Blue, le « superordinateur » de 1,4 tonne développé par IBM au début des années 1990. Spécialisé dans le jeu d’échecs, ce calculateur a réussi par battre le champion du monde en titre, Garry Kasparov en 1997.

Cette approche de l’intelligence artificielle est intéressante car elle commence à comparer l’homme et la machine. Deep Blue énumère et analyse systématiquement des millions de coups possibles en passant en revue les positions qu’on lui a mises en mémoire et en éliminant celles jugées mauvaises.

A l’opposé, l’homme sait d’abord « sentir », « voir » les coups, avant de les calculer et c’est justement ici que la différence est profonde entre le jeu de l’homme et celui de la machine.

Les concepteurs de Deep Blue ont dopé la machine d’un logiciel d’ajustement qui lui aurait permis par la suite de corriger ses erreurs.

Cette évolution, « minime » soit-elle avant l’an 2000, est en quelque sorte le symbole de la porte d’entrée de l’intelligence artifcielle du XXIe siècle.

Si dans les années 1950, l’IA avait pour objectif  de reproduire les tâches primaires de l’homme, elle a réussi par la suite à se structurer avec une technologie logicielle qui peut aujourd’hui prendre des décisions grâce aux algorithmes, aux méthodes d’apprentissage et aux méthodes scientifiques que sont le machine learning, le deep learning et le data science (voir encadré ci-contre). Ainsi a pu se développer l’IA telle qu’on la connaît aujourd’hui de par l’adaptation de son mécanisme de diagnostic et de pronostic.

C’est grâce à l’apprentissage machine et, plus particulièrement, l’apprentissage profond que l’intelligence artificielle connaît depuis 2010 un intérêt sans précédent.

 

Les préoccupations liées à l’Intelligence artificielle

 

Mais cet intérêt exponentiel a également ses contradicteurs, ses détracteurs et ses lanceurs d’alerte. Si personne ne réfute les progrès apportés par l’intelligence artificielle, les risques que pourraient encourir les humains sont bien réels, et particulièrement dans les trois domaines cibles que sont :

le monde du numérique où les chercheurs évoquent des phishings très élaborés et parfaitement ciblés ;

le monde physique, l’étude met en avant le cas d’un robot ménager détourné de ses fonctions ;

Le monde politique où les « fakes news » et autres bots sur les réseaux sociaux pourraient prendre une tout autre ampleur avec l’intelligence artificielle.

 

Les interventions de personnalités publiques

 

Plusieurs personnalités, parmi lesquelles Bill Gates (fondateur de Microsoft), Stephen Hawking (astrophysicien théoricien et cosmologiste britannique décédé en 2018), Elon Musk (Pdg de Tesla), avaient exprimé leurs préoccupations par rapport aux progrès de l’intelligence artificielle, qu’ils jugent potentiellement dangereuse. (2015)

« Il ne faut pas être naïf face aux risques qu’encourent les humains face à la puissance de l’intelligence artificielle. Les machines vont finir par considérer les humains comme des êtres “lents et stupides” », avait avancé Elon Musk.

Avec son célèbre « On a eu les armes atomiques et l’énergie nucléaire, et jusqu’ici tout va bien », Bill Gates accentue le risque que « l’intelligence artificielle nous échappe des mains en nous menant tout simplement à l’extinction de l’espèce humaine, si l’on ne la manipule pas avec extrême précaution. »

« Les formes primitives d’intelligence artificielle que nous avons déjà se sont montrées très utiles. Mais je pense que le développement d’une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à l’humanité », avait affirmé Stephen Hawking lors d’un entretien à la BBC en 2014. 

 

(1) A l’opposé américain des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) se situe le chinois BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi).

(2) Cybernétique : étude des « communications et de leurs régulations dans les systèmes naturels et artificiels ».

(3) Réseaux neuronaux formels : machines cherchant à imiter le fonctionnement du cerveau.

L’IA et ses technologies

L’Intelligence Artificielle, technologie principalement logicielle,  peut prendre des jugements et des décisions – dans une certaine mesure – similaires aux  humains grâce à ses différentes composantes.

 

Le machine learning (apprentissage automatique) est un sous-domaine de l’IA. Le principe est un système capable d’apprendre, à partir d’exemples, à résoudre un problème (contrairement à la programmation qui ne fait qu’exécuter). En d’autres termes, il est auto-apprenant en créant des algorithmes à partir de ses données et porter ainsi des jugements et prendre ses propres décisions. C’est grâce à cette technologie que l’IA étend ses capacités et accroit ses performances.

 

Le deep learning (apprentissage en profondeur) est un sous-domaine du machine learning. Il s’appuie sur un réseau de dizaines voire de centaines de « couches » de neurones artificiels s’inspirant du cerveau humain. 

Chaque couche reçoit et interprète les informations de la couche précédente. Plus on augmente le nombre de couches, plus les réseaux de neurones apprennent des choses compliquées, abstraites. Mais à l’heure actuelle, la mise au point de ces mécanismes d’apprentissage pour être efficace pour chacune des couches intermédiaires est extrêmement complexe. Selon certains  scientifiques, le deep learning va se généraliser dans la prochaine décennie dans toute l’électronique de décision, comme les voitures (autonomes) ou les avions.

 

La data science (science des données) est une méthode de tri et d’analyse de données de masse et de sources plus ou moins complexes ou disjointes de données, afin d’en extraire des informations utiles ou potentiellement utiles.

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La Peste : de l’ire divine au céleste courroux ou la colère de Dieu (1ère partie)

Octobre 1347 : des navires génois en provenance de la mer noire mouillent à Messine ; à leur bord les marins sont morts ou agonisent. A l’instar du film Nosferatu, le fantôme de la nuit (1979) de Werner Herzog où Dracula se rend en bateau dans la ville hanséatique de Wismar avec des rats cachés dans des cercueils pour y transmettre la peste, les soutes des navires génois sont infestées de rats noirs (rattus) couverts de puces dont on sait maintenant qu’elles fourmillaient de bactéries dénommées Yersinia pestis identifiées en 1894 par Alexandre Yersin (1863-1943) suivie de la mise en évidence en 1898, non sans risques, du rôle des rats vecteurs de puces dans la propagation de la maladie par Paul-Louis Simond (1858-1947).[1]

Mais, au Moyen-âge nous n’en sommes pas là et loin s’en faut puisque la peste est alors considérée comme une punition divine pour punir les péchés des hommes. [2-4] La cause première est bel et bien la colère de Dieu avec des flèches empoisonnées tombant sur les fautifs au sein d’une atmosphère imprégnée de miasmes délétères. Il faut en effet craindre « le fouet divin » (Luther) par lequel Dieu appelle à la repentance, et la colère de Dieu comme au Jour (Dies irae) du Jugement dernier : « Jour de colère, que ce jour-là /Où le monde sera réduit en cendres ». La peste noire de 1347 fut le paroxysme de ces épidémies qui, avec la guerre, constitueront les plus grands fléaux du monde médiéval. [3] 

Cette épidémie va tuer en cinq ans (1347-1352) le tiers de la population européenne fragilisée par la famine et les guerres, puis va revenir de façon plus ou moins localisée et virulente. [4] Nul ne pouvait alors douter du châtiment divin qui impose à l’humanité « Un mal qui répand la terreur/Mal que le ciel en sa fureur/Inventa pour punir les crimes de la terre » et ce mal est « La peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)/capable d’enrichir en un jour l’Achéron » (a) comme le dit si bien La Fontaine (1624-1695) dans Les Animaux malades de la peste. 

Des signes annonciateurs de la colère de Dieu peuvent exister comme avant la peste de Londres de 1665 [5] où apparut une comète « d’une couleur pâle, languissante prédictive d’un lourd châtiment, lent et sévère, terrible et effrayant », la « mort noire » (black death) n’épargnant personne sans distinction de sexe ou d’âge. Une autre comète brillante annonça « un coup soudain, rapide et impétueux » comme le fut le grand incendie qui ravagea cette même ville de Londres en septembre 1666 car « Dieu n’avait pas encore suffisamment châtié la cité ». [5] En outre, la peste favorise l’émergence d’ « une race perverse de prétendus magiciens » [5] charlatans et autres astrologues ou prédicateurs de mauvais augure à l’image de Philippulus le prophète de L’Étoile Mystérieuse (Hergé) qui proclame en incitant à faire pénitence « Je vous annonce que des jours de terreur vont venir ! La fin du monde est proche, tout le monde va périr et les survivants mourront de faim et de froid et ils auront la peste, la rougeole et le choléra ! »

C’est dans une chapelle au toit de lauzes, dédiée à Saint-Sébastien à Lanslevillard, l’une des dernières communes de la vallée de la Maurienne, et construite de 1446 à 1518, qu’on peut admirer de remarquables peintures murales commandées par un donateur rescapé de la peste. [6] Un ange impassible aux ailes couleur de sang ordonne à un diable hideux et noir aux ailes de chauve-souris de cribler l’humanité de ses flèches mortifères qui n’épargnent personne comme en témoigne la représentation d’un nourrisson au visage cadavérique. 

Cette vision emblématique de la colère divine fait partie d’une remarquable série de peintures murales, à fresque, datant des années 1490-1500, dans le cadre d’une nef unique recouverte d’un plafond à caissons rouges, bleu et or. On y voit la vie et la passion du Christ et Saint-Sébastien martyrisé au IIIème siècle et dont le corps criblé de flèches par les archers de Dioclétien en fait l’un des deux saints protecteurs de la peste, d’autant qu’il a survécu aux dites flèches plus tard emblématiques de la peste (il est mort lapidé). 

L’autre protecteur éminent est Saint-Roch (1295-1327) qui, en tant que pèlerin, consacra sa vie aux malades et contracta, sans en mourir, la peste bubonique puisque « Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés » (La Fontaine) contrairement à la peste pulmonaire constamment mortelle. Pour échapper à la peste, on peut se réfugier sous le manteau de la Vierge de Miséricorde [7] sur lequel pleuvent des flèches et qui protège aussi les âmes comme le veut une croyance qui se développe au XVe siècle. Considérer que Saint-Sébastien protège de la peste est à rapprocher d’une ancienne métaphore biblique où Dieu punit de ses flèches le peuple juif qui a fauté au même titre que dans l’Iliade, Apollon crible les Achéens de ses flèches. 

La fresque dédiée à la peste s’inspire de la Légende dorée de Jacques de Voragine. (b) On y voit un médecin grisonnant déterminé à inciser un bubon, avec une lancette, comme devait le faire Saint-Roch présumé avoir fait des études à l’école de médecine (1220) de Montpellier dont il était originaire. 

 Fresque (fin du XVe siècle) de la chapelle Saint-Sébastien de Lanslevillard-Val Cenis Lanslebourg (Haute-Maurienne)

Le médecin applique les principes thérapeutiques préconisés dans un important traité d’hygiène antipestilentielle rédigé par le médecin italien Gentile da Foligno (v.1280–1348), mort lui-même de la peste, et qui recommandait de « scarifier ou inciser profondément puis d’appliquer des substances purifiantes » sur les apostèmes définis comme étant des « enflures extérieures avec putréfaction » (Nouveau vocabulaire de la langue française. Martial Ardant frères éditeurs 1847). 

Dans le cas présent, le bubon est situé sur la face latérale du cou d’une jeune femme amorçant un mouvement de recul et grimaçant sous les effets conjugués de la douleur et de l’effroi. Ce bubon cervical est une forme clinique moins fréquente que le bubon axillaire [8] que nous montre un jeune homme en arrière-plan ou que la localisation inguinale de Saint-Roch qui survécut, comme ce fut le cas en d’autres temps, du médecin militaire Desgenettes qui s’inocula la peste afin de soutenir le moral des troupes (c)

Dans la fresque du XVe siècle, le praticien exerce à visage découvert et à mains nues contrairement aux docteurs de la peste dont on peut voir un exemple dans une chapelle voisine dédiée à Saint-Roch ; le médecin est alors vêtu d’une tunique en lin ciré recouvrant tout le corps, portant des bésicles empêchant la contamination par le regard…, [4] des gants, des bottines en maroquin attachées à des culottes de peau, un chapeau en cuir et un masque en forme de bec de corbin (d) rempli de plantes aromatiques pour se protéger des miasmes qu’on écarte avec une baguette enduite d’encens, le courrier étant saisi avec une pince à perforer et fumé pour le désinfecter et les pestiférés sont examinés à distance, sans les toucher, avec des baguettes en bois. Compte tenu de ce que nous savons maintenant sur le mode de transmission de la maladie, on peut comprendre que ce genre de protection se soit finalement avéré relativement efficace, ce costume étant celui du medico della peste dans la Commedia dell’arte.

Lanslevillard : fresque (détail)


Dans La Peste (1947) [13] Albert Camus fait allusion aux « cent millions de cadavres semés à travers l’histoire » :  de « la peste de Constantinople qui avait fait dix mille victimes en un jour » en 541 avec les « bagnards de Marseille empilant dans des trous les corps dégoulinants » en 1720, en passant par « Jaffa et ses hideux mendiants » en 1798, « le carnaval des médecins masqués pendant la peste noire » de 1348 et « les charrettes de morts dans Londres épouvanté » en 1665, mais, pour le médecin au cœur du roman, le docteur Rieux, « l’essentiel était de bien faire son métier ».
C’est ce qu’a fait un médecin de la fin du Moyen-âge comme le montre une fresque dans une chapelle de la vallée de la Maurienne qui ne fut pas épargnée par cette effroyable calamité longtemps considérée comme une punition divine. Cette fresque nous rappelle que, même si tous « ces cadavres semés à travers l’histoire ne sont qu’une fumée dans l’imagination », ils n’en étaient pas moins une infinie multitude de souffrances individuelles qui imprègne notre mémoire collective.
Ceci doit nous faire considérer que notre planète connectée, interdépendante et fortement urbanisée s’expose à des pandémies qui pourraient être catastrophiques, à l’instar de la grippe « espagnole » de 1918 due à un virus de type H1N1 probablement d’origine aviaire avec des dizaines de millions de morts. [14]
Plus récemment les grippes aviaires de type H5N1 (2006) ou H1N1 (2009) et le Covid-19 (2020) doivent nous préparer au pire, c’est-à-dire à une situation où virulence et contagiosité (e) élevées aboutiraient à une importante mortalité pouvant laisser présager l’arrivée du quatrième cavalier de l’Apocalypse au cheval blafard, mais le questionnement vis-à-vis de l’opinion publique reste pertinent : « faut-il agiter le spectre d’une hécatombe mondiale ou tempérer les peurs » ? [15]

a) Achéron = séjour des morts.

b) La Légende dorée est un ouvrage rédigé en latin entre 1261 et 1266 par Jacques de Voragine, dominicain et archevêque de Gênes, qui raconte la vie d’environ 150 saints et explicite le sens des grandes fêtes chrétiennes. La Légende dorée fut l’ouvrage le plus lu et le plus diffusé au Moyen Âge, juste après la Bible. L’ouvrage doit son titre au fait que les tranches dorées était réservées aux livres les plus importants de l’époque.

c) En tant que médecin-chef de l’armée d’Orient, René-Nicolas Dufriche, baron Desgenettes (1762-1837) dut faire face à une épidémie de peste. Il s’opposa à Napoléon lorsque ce dernier, avant de lever le siège de Saint-Jean-D’acre le 28 avril 1798, demanda au Service de Santé d’abréger la vie des pestiférés par de fortes doses d’opium.

d) C’est Charles Delorme (1584-1678) qui fut médecin de trois rois de France et qui, lors de la peste à Paris en 1619, imagina ce dispositif qui se généralisera dans toute l’Europe.

e) R0 (zéro) = indice de contagiosité correspondant au nombre moyen de personnes infectées par un individu contagieux, symptomatique ou non, selon la formule : Transmissibilité (lavage des mains, masques) X Contacts sociaux (distanciation, fermeture des lieux publics, quarantaine) X Durée de la période contagieuse (propre à l’agent pathogène et au patient). Exemples en termes de mortalité/R0 : peste bubonique non traitée : 60 %/3,5 peste pulmonaire non traitée : 100 %/3,5 tuberculose non traitée : 60%/2,3 grippe espagnole 1918 : 2,5 %/2,2 grippe aviaire H5N1 : 60 %/1 SRAS : 9,6 %/2,8 grippe H1N1 : 0,2 %/1,5 COVID19 : 3 %/2 et gastroentérite à rotavirus : 0 %/17,6 – source Institut Pasteur.




Prenez rendez-vous… Avec vous !

Une fois n’est pas coutume, commençons par  parler de l’auteur, certes bien connu de la plupart d’entre nous, mais pas forcément sous toutes ses facettes.

Alain Ducardonnet est médecin ! C’est primordial, à n’en pas douter, car « seul un vrai médecin pouvait écrire ces pages » ; c’est en tout cas ce qu’affirme Jean-Christophe Rufin, de l’Académie française et médecin lui aussi, qui a joliment préfacé ce livre. Mais Alain Ducardonnet, c’est bien d’autres choses : d’abord il ressemble à Harrison Ford et ce doit être important, car le même Dr Rufin s’empresse de le souligner au début de sa préface, tout comme l’auteur, qui l’évoque dès son premier chapitre !

Plus sérieusement, Alain Ducardonnet a beaucoup de cordes à son arc : cardiologue, il s’est spécialisé dans la cardiologie du sport, il a d’ailleurs, avec d’autres, fondé le Club des cardiologues du sport, dont il fut le premier président et a été médecin du tour de France pendant onze années ; il fut également Président du Collège National des Cardiologues Français dont il reste administrateur. 

Mais c’est pour d’autres raisons qu’il est connu du grand public : Alain Ducardonnet s’est assez vite orienté vers le journalisme médical, à la radio d’abord, à Europe 1, puis à la télévision, LCI, TF1 et maintenant BFM-TV dont il est le consultant-santé. Joli palmarès à n’en pas douter, complété par la page santé du Parisien Week-end qu’il tient depuis cinq ans, et par le prix Escoffier-Lambiotte, reçu en 2019.

Après un riche préambule qui nous éclaire de façon sympathique sur son propre parcours, l’auteur nous entraine vers dix rendez-vous qui proposent au lecteur de faire le point sur lui-même et l’incite à « repenser son mode de vie pour devenir l’acteur principal de sa santé ».

Notons au passage qu’il n’aime pas le terme de « médecines alternatives », ambigu et contre-productif selon lui, car semblant s’opposer à la médecine conventionnelle, lui préférant de beaucoup la notion de médecine intégrative…

Celle-ci, apparue dans les années 1990 aux Etats-Unis, peut également s’appeler « médecine de santé », qui cherche, en gros, à rassembler médecine conventionnelle, médecine des modes de vie et médecines complémentaires validées.

Prendre rendez-vous avec soi, c’est se garder du temps dans son agenda ; pour en faire quoi ? C’est ce qu’Alain Ducardonnet nous propose de découvrir avec ces dix rendez-vous qu’il veut incontournables, qui nous invitent à faire le point sur nous-mêmes en repensant notre mode de vie.

De tous ces rendez-vous, le stress, le sommeil, le tabac, j’en passe évidemment, j’en retiens plus particulièrement deux, sans doute un peu plus « ludiques » que les autres tout aussi primordiaux : la nutrition et l’activité physique.

La nutrition est probablement « la » préoccupation principale de tout individu qui s’intéresse à sa santé ; l’auteur s’attache à développer ce thème avec beaucoup de précision et de sérieux, colligeant toutes les données validées, les types de comportements, démontant au passage ces régimes amaigrissants qui…font grossir, pour préciser les sept points de repère à garder en tête pour équilibrer son alimentation sans se prendre la tête ni perdre sa joie de vivre. 

L’activité physique et sportive est, on le sait, le domaine de prédilection de l’auteur, particulièrement enthousiaste sur ces pratiques dont les bienfaits n’en finissent pas d’être démontrés par d’innombrables études. Au passage, il prend le soin de bien expliquer la différence entre sport et activité physique, cette dernière ayant largement prouvé son bénéfice, alors que le sport est salutaire… si sa pratique est adaptée.

Tout au long de l’ouvrage, à l’aide de quiz-santé, de conseils et de pratiques simples, Alain Ducardonnet invite le lecteur à gommer ses mauvaises habitudes pour en adopter d’autres, bénéfiques pour sa santé.

Ce livre, clair, didactique et très complet, est à recommander largement à tous les sujets  qui s’intéressent à leur santé, patients ou (j’allais dire surtout) bien portants, comme aux professionnels de santé désireux d’apporter à leur patientèle des préceptes qui vont au-delà de la médecine dite conventionnelle.




Sangue d’Oro 2008 – Passito Pantelleria

Un des rares avantages du confinement fut qu’il a (re)donné aux français le temps et le goût de cuisiner, incités, il faut le dire, par les multiples émissions de télévision et articles de journaux consacrés à la gastronomie. C’était également un excellent prétexte, pour chercher le vin idéal à marier avec les plats réalisés.

C’est ainsi que mon épouse m’a régalé avec un délicieux tiramisu selon une recette du chef Massimo Mori (Mori Venice Bar) parue dans le Figaro. Mais pour accompagner ce dessert composé d’œuf, sucre, mascarpone, liqueur, génoise, biscuit, café froid, crème, cacao riche en matières grasses, opulent à force de sucre et de saveurs, le choix d’un vin, à l’évidence moelleux, à la fois sucré et un peu acide, s’avérait ardu. Heureusement, le chef indiquait 2 pistes, soit un marsala, vin sicilien doux, soit un passito de Pantelleria. J’ai déniché, au fond de ma cave, une petite merveille qui allait permettre un accord somptueux : ma dernière bouteille de vin de Pantelleria de Carole Bouquet.

Produire un grand vin

Et oui ! La vedette de cinéma, ex James Bond girl, héroïne de Bunuel, est devenue une vigneronne presque à temps complet après être tombée amoureuse de la petite île  italienne de Pantelleria, au large de la Sicile, à 70 km des côtes tunisiennes, aux sombres pentes escarpées, fouettées par les vents, sous un soleil de plomb qui semble immuable. Venue en villégiature, elle décide de s’y installer en 2002 dans un mas délabré, sans eau, ni électricité, et de ressusciter ses terres laissées à l’abandon : oliviers, câpriers, et surtout vignoble pour produire un nectar liquoreux appelé là-bas passito. D’un ha, elle passera à 10 en rachetant progressivement les parcelles de 70 paysans. Après avoir vinifié chez un voisin, elle fera construire un chai doté de toute la technologie moderne. Il lui en faudra de l’opiniâtreté et des efforts physiques, pour arriver à son but : produire un grand vin.

Le sol du vignoble à 500 m d’altitude est composé de 70 % de terres volcaniques pierreuses avec d’énormes rochers parmi les ceps, et de 30 % d’argiles et de limons. Les vignes, plantées du seul cépage de l’île le Zibibbo (en fait, du muscat d’Alexandrie), sont entourées de murets en pierres sèches disposées en terrasses, pour les protéger des vents tempétueux. Il est impossible d’y faire passer un animal de trait, et encore moins un engin mécanique, si bien que tout le travail doit être manuel. 

Les raisins, récoltés à maturité optimale, soigneusement triés, sont ensuite posés sur des claies à même le sol, pour être séchés naturellement par le soleil pendant 3 semaines selon la technique du passerillage et s’imprégner de tous les parfums environnants : figues, fenouil, câpres… 

Le but est de faire perdre au raisin son volume en eau, pour le concentrer en sucre, ce qui nécessite 3 fois plus de raisin pour produire un passito qu’un vin classique. Après fermentation alcoolique, le vin est élevé en fût pendant 24 mois, puis 1 an supplémentaire en bouteille. 

A l’évidence, ce vignoble n’est pas un caprice de star, et Carole Bouquet, bien aidée par le vigneron Nunzio et l’oenologue Lanati, s’investit pleinement veillant à y séjourner le plus souvent possible et assurant la commercialisation de son vin (12 à 15 000 bouteilles seulement) aux 4 coins du monde.

Une formidable complexité aromatique

Habillé d’une robe orangée foncée tirant sur le cognac et l’acajou, ce passito de Pantelleria 2008 déploie une formidable complexité aromatique : bergamote, cédrat confit, abricot sec, miel de fleur d’oranger, cire d’abeille, fruits secs : datte, figue, amande, safran ! Le palais est littéralement nappé par la douceur et la suavité de ce vin. Un savoureux équilibre entre sucre, acidité et alcool, si important dans l’harmonie des vins liquoreux, préserve beaucoup de fraîcheur et une bonne digestibilité, sans tomber dans la lourdeur. La parfaite gestion de la matière et de l’onctuosité, l’ampleur en bouche lui procurent une persistance incroyable. Le sangue d’oro de Carole Bouquet, comme son nom l’indique, est sanguinaire, puissant, voluptueux, il représente le fruit, le sang de la terre, sa lumière dorée, les couleurs rouge et jaune de la Sicile.

Ce passito 2008 est un dessert à lui tout seul et, en fait, un vin de méditation que l’on peut déguster, grâce à la concordance des arômes, avec quelques fruits : dattes, figues.

Outre le mariage magnifique réalisé avec le tiramisu, les accords avec de nombreux desserts s’avèrent onctueux, sensuels : logiquement, les savoureuses pâtisseries siciliennes : gâteau à la pâte d’amande, cannoli, cassata siciliana, pignolata au miel, frutta martorana, ou des préparations plus élaborées : financier aux amandes, panacotta au safran et biscuits à la cannelle. 

Si on veut terminer le repas sur une note plus légère, la fraîcheur du vin accompagnera une soupe de pêches au moscato d’Asti ou une tarte aux fraises. La rencontre d’un millésime plus jeune que le 2008 avec un pigeon ou un canard aux épices et foie gras pourrait s’avérer surprenante, voire sublime.

Carole Bouquet aime boire son vin avec des fromages à pâte persillée : roquefort, bleu de termignon, stilton, gorgonzola,voire un simple morceau de parmesan.

Laissons conclure l’actrice devenue vigneronne : « ce vin, c’est ma manière d’être italienne. A travers ce terroir, j’ai l’impression de transmettre la luxuriance et la beauté du sud, cette lumière retrouvée dans la robe ensoleillée du vin, l’expression liquide d’une culture, d’un pays, d’une terre ».

Carole Bouquet. Ile de Pantelleria – Italie




LeS 20 propositions phares de la mission Claris

Missionné fin 2019 par l’ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn, Olivier Claris, président de la CME des Hospices Civils de Lyon (HCL), a piloté une mission sur la gouvernance et la simplification hospitalière. Sur les 56 recommandations de son rapport, 20 « principales peuvent être extraites ». 

Le service, qui apparaît comme le niveau de référence, « a vu sa place progressivement dévalorisée et s’est trouvé écarté de la gouvernance ». Aussi « la reconnaissance réglementaire de la fonction de chef de service et de ses responsabilités en matière de qualité et de sécurité des soins, la qualité de vie au travail des équipes, et d’encadrement des internes et des étudiants en santé (reco 14), ainsi que la valorisation de sa responsabilité par une rémunération spécifique (reco 18) concrétiseraient l’importance du service dans la gouvernance ». 

De même, « le développement de l’intéressement collectif des équipes (reco 20) et le renforcement du binôme chef de service-cadre de santé (reco 17) seraient des leviers forts pour réinvestir et revaloriser cet échelon capital ». En conséquence, via les pôles, « les chefs de service s’impliqueraient réellement dans la définition de la stratégie médicale et seraient force de propositions auprès des instances de gouvernance ». 

Si « le maillon capital de la gouvernance » est le binôme directeur/Président de CME (PCME), la consultation a cependant fait apparaître des difficultés. La mission recommande de « conforter le rôle des PCME en généralisant les bonnes pratiques qui leur permettraient de disposer des compétences et des moyens nécessaires pour assumer leurs responsabilités » (reco 31), sans compter qu’une « rémunération spécifique valoriserait la responsabilité capitale des PCME » (reco 11). Pour « renforcer la lisibilité du co-pilotage médical et administratif auprès de la communauté hospitalière », il est proposé de « consolider la pratique des co-signatures par le directeur et le PCME sur les décisions conjointes » (reco 3).

Une nette coupure entre le management et le terrain

La mission a également constaté le sentiment d’une « nette coupure entre le “top-management” médico-administratif de l’établissement et les acteurs de terrain », les soignants s’estimant peu associés aux décisions prises jugées par ailleurs « souvent peu en phase avec la réalité de leur quotidien ». Pour la mission Claris, « une clarification de la procédure de sélection des responsables médicaux » (reco 21) améliorerait les choses. « Un projet de management et de gouvernance obligatoirement intégré au projet d’établissement » (reco 1) rendrait plus clairs les circuits de décision et d’information jugés par trop opaques. Enfin, « la mise en place d’une cellule de gestion du projet » associant les services porteurs « permettrait de remobiliser les professionnels porteurs d’initiatives et de réduire les délais d’instruction et de décision » (reco 13)

Les instances gouvernantes, en particulier la CME, attirent peu les professionnels de terrain. Il est suggéré de « renforcer son rôle dans l’élaboration du projet médical » (reco 7), d’étendre les sujets relevant d’un simple avis de la CME, notamment aux nominations de praticiens et aux désignations des chefs de service et de pôle et de leurs adjoints (reco 10). Quant au directoire, méconnu des professionnels de terrain, il conviendrait de « conforter son rôle de concertation médico-administrative » ainsi que son ancrage avec le terrain « en favorisant la possibilité pour les pôles et les services de proposer des sujets, et en leur communiquant systématiquement un relevé de décisions » (reco 6). Quand ils ont des responsabilités managériales, les praticiens s’estiment insuffisamment formés pour leurs missions. Le rapport Claris propose d’établir « un parcours managérial assurant leur formation, leur valorisation, leur suivi et leur montée en compétences » (reco 33). De même « un engagement fort dans la démarche de délégation aux pôles et aux services » (reco 19) est nécessaire, puisqu’elle est jugée insuffisante, notamment concernant les ressources humaines et les dépenses courantes. 

Sans surprise, la mission a enregistré le retentissement des dysfonctionnements hospitaliers, du poids des procédures et de l’absentéisme, de la recherche de lits et de structures d’aval sur le quotidien des soignants, qui serait facilité par « la simplification des règles de la commande publique » (reco 54) et le « recentrage du temps médical sur le cœur de métier clinique via l’allègement des tâches administratives ». 

La mission Claris juge indispensable « de redonner un pouvoir d’initiative aux territoires » qui doit se traduire par « une autonomie accrue des ARS pour la déclinaison régionale des orientations nationales » et par « la simplification des autorisations de soins » (reco 47). La mission recommande également de « recentrer les GHT sur leurs missions d’organisation territoriale de soins en simplifiant leur mode de gouvernance » (reco 37). Enfin, elle propose de « simplifier et d’harmoniser les procédures de certification », notamment en laissant le choix de l’organisme certificateur et des thèmes évalués à chaque établissement (reco 50), et de « décentraliser les autorisations de protocoles de coopération au niveau régional » (reco 51).

Le compte n’y est pas 

Pour la conférence des présidents de CME de CHU, malgré « l’avancée des propositions », « le compte n’y est pas » au sujet des codécisions dans la priorisation des choix d’investissement. De son côté, la Collectif Inter Hôpitaux (CIH) estime que « malgré le constat d’une coupure entre la gouvernance et les soignants du terrain » et les « constats faits pendant la crise du Covid » sur l’efficacité « des circuits courts et médicalisés », le rapport Claris « ne propose aucune solution concrète satisfaisante ». Quant à France Assos santé, elle juge que « confier à des cabinets externes et privés la certification des établissements de santé, qui plus est sur une base volontaire, est une régression ».




Le Covid suscite plaintes, signalements et saisines

Entre le 24 mars et le 9 juin, le parquet de Paris avait été destinataire de 62 plaintes ou signalements liés à l’épidémie de coronavirus et « établis le plus souvent contre des personnes non dénommées (plaintes contre X), émanant de particuliers ou de collectifs professionnels (syndicats ou associations) », selon le procureur de la République, Rémy Heitz. « Elles mettent en cause, pour la plupart, différentes instances, structures ou départements ministériels ainsi que des responsables administratifs, décideurs publics ». Ces plaintes concernent la « mise en danger de la vie d’autrui », la « non-assistance à personne en péril », l’ « abstention volontaire de combattre un sinistre dangereux » et des « homicides et blessures involontaires ». Pour sa part, entre le 16 mars et le 1er juin, le Défenseur des droits avait reçu au total 1 424 saisines en lien avec la crise sanitaire qui, avec l’état d’urgence qui en découle « ont révélé des inégalités, encore plus criant concernant des personnes déjà vulnérables », selon l’autorité indépendante.




Les hackers profitent de l’épidémie

L’Association Pour la Sécurité des Systèmes d’Information de Santé (APSSIS) a publié un « panorama des arnaques et attaques » informatiques utilisant le Covid-19 « pour tenter de soutirer de l’argent ou des données aux victimes potentielles ». Parmi les techniques recensées, celle du phishing aurait augmenté de 600 % ! Et « plusieurs arnaques aux Fovi (faux ordres de virements bancaires internationaux) ont été observées dans les établissements de santé français », souligne l’APSSIS, qui met en garde, notamment, contre « les e-boutiques de vente de masques et gel hydro-alcoolique, plus ou moins légitimes » qui « fleurissent, avec souvent des tarifs exorbitants ».




StopCovid coûte cher et… rapporte peu !

Selon le secrétaire d’Etat chargé du Numérique, Cédric O, l’application de traçage des cas contacts StopCovid coûte au minimum 100 000 euros hors taxes par mois. Un coût qui « pourrait augmenter en cas de deuxième vague », a-t-il précisé. Mais pour l’instant, les Français ne se sont pas rués sur ce dispositif qui, au 23 juin, n’avait identifié que 14 cas contacts Covid + en 21 jours. Un piètre résultat que Cédric O explique par « la baisse rapide de la prévalence de l’épidémie dans la population », d’une part, et par « la faible diffusion de StopCovid », d’autre part. A cette même date, l’application avait été téléchargée 1,9 million de fois et activée 1,816 million de fois. A l’inverse, 460 000 désinstallations étaient à dénombrer.




Brèves d’été 2020


CIRCULAIRE SYNDICALE. Jeudi 16 juillet 2020

Chère consœur, Cher confrère,

L’été est là et c’est le moment pour nous de vous rappeler l’essentiel de l’actualité qui vous concerne.

Télédéclarez ! Indemnité CNAM (période du 1er au 30 juin 2020)

Jusqu’au 31 juillet 2020, vous avez la possibilité de faire une demande d’indemnisation de perte d’activité pour la période du 1er au 30 juin 2020 sur Ameli pro selon les mêmes modalités que pour la période précédente.

Attention, pour pouvoir bénéficier de l’indemnisation, il est nécessaire de faire une déclaration via ce téléservice.

Pour en savoir plus… téléservice Ameli pro

Indemnité CARMF

Nous allons enfin voir cette aide.

Effectivement, le conseil d’administration de la CARMF avait décidé d’octroyer une aide aux cotisants, nette d’impôt et de charges, dont le montant peut atteindre plus de 2 000 euros.

Cette mesure viendra en diminution des sommes restant dues au titre des cotisations 2020, sans réduction des droits à retraite pour les cotisants actifs non retraités. Il n’y a aucune démarche à réaliser pour en bénéficier. Elle figurera sur l’appel du solde des cotisations 2020 qui sera adressé fin août à l’ensemble des cotisants.

Télésurveillez !

Nos efforts ont porté leurs fruits ; suite au travail du Syndicat National des Cardiologues, vous pouvez continuer d’inclure vos patients insuffisants cardiaques (en ALD pour ce motif) et ce jusqu’au 30 octobre 2020 grâce à la prolongation des critères d’éligibilité (supprimant la nécessité d’une hospitalisation pour poussée d’insuffisance cardiaque, soit au cours des 30 derniers jours, soit au moins une fois au cours des 12 derniers mois).

Nous vous invitons donc à poursuivre les inclusions de vos patients en télésurveillance (NewcardSatelia) ; votre rémunération s’élève à 220 euros par an et par patient télésuivi.

Pour en savoir plus… la télésurveillance, comment ça marche ? (dr Marc Villacèque)

Ségur de la Santé

Dans le cadre du Ségur de la santé, un accord historique de plus de 8 milliards d’euros a été signé, portant sur la revalorisation des salaires dans les hôpitaux. Cette somme correspond à environ 4% du budget total de la Sécurité Sociale.

Le Syndicat National des Cardiologues salue cet accord salarial, qui était nécessaire pour l’hôpital. Il lui est cependant difficile de comprendre et d’accepter qu’il existe d’un côté une hausse salariale sans contrepartie pour le secteur public et de l’autre, pour le secteur privé, des économies à faire avec, entre autres, des demandes de pertinence sous peine de décote.

Un nouvel avenant à la convention médicale de 2016 est en cours de préparation et verra probablement le jour dès septembre, pour assurer une contrepartie aux médecins libéraux. Nous y défendrons sans relâche la cardiologie.

Continuez de nous soutenir, suivez-nous et adhérez ICI !

A année exceptionnelle, été exceptionnel durant lequel nous assurerons une veille sur l’actualité pour vous tenir informés sur les mesures à prendre en cas d’évolution de la pandémie. 

Continuons à nous protéger.

Chaleureusement.

Docteur Marc Villacèque. Président du Syndicat National des Cardiologues




Généralisez le 116-117 !

Dans un communiqué commun, la CSMF, la FMF, le SML, MG France et la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France (FNSPF), réitèrent leur demande de généralisation du numéro d’appel 116-117 pour les soins non programmés relevant de la médecine de ville, à côté d’un numéro réservé à la prise en charge des secours urgents, contrairement à la préconisation d’un numéro unique faite dans le cadre de l’élaboration du futur Service d’Accès aux Soins (SAS), qui devait initialement être mis en place avant l’été.

Pour argumenter, ces organisations s’appuient sur l’expérience récente de la crise sanitaire qui a vu augmenter la sollicitation des Samu-Centres 15 et leurs délais d’accessibilité.

« Cette crise a démontré par les faits l’engorgement auquel  conduirait la mise en place du 113 comme numéro unique de santé préconisé » et « la nécessité d’un dispositif spécifique pour la régulation libérale et des demandes de soins confiés aux médecins de ville ». 




Conserver les données de traçage du Covid est « essentiel »

Le Conseil scientifique qui conseille l’exécutif sur l’épidémie de Covid-19 estime « essentiel » de conserver les données de traçage issues des dispositifs Sidep et Contact Covid, car elles « constituent une source d’information unique pour les modélisateurs afin de comprendre la dynamique du virus, et d’apprécier l’impact des différentes mesures de contrôle de la circulation du virus ». Et ce d’autant plus que les données actuelles « suggèrent qu’une intensification de la circulation du Sars-CoV-2 dans l’hémisphère Nord à une échéance plus ou moins lointaine (quelques mois, et notamment à l’approche de l’hiver) est extrêmement probable ». 




La prime Covid versée aux soignants du privé en juillet

Conformément aux engagements du ministre de la Santé, Olivier Véran, fin mai, les personnels des établissements privés toucheront une prime exceptionnelle de 500 ou 1 500 euros. Selon la FHP, pour financer cette prime, « les établissements  bénéficieront d’une première dotation de 70 % en juillet, puis de 30 % à la rentrée ». Mais la totalité de cette prime pourra être versée en juillet dans les établissements ayant décidé d’anticiper son versement ».




Le grand boum de la téléconsultation

Pour le seul mois d’avril, la CNAM a enregistré 4,4 millions de téléconsultations, contre environ 25 000 en décembre dernier. Entre février et mars, le nombre des téléconsultations a été multiplié par 30, constate la CNAM qui a comptabilisé près de 5,8 millions de téléconsultations cumulées depuis septembre 2018, dont 5,5 millions effectuées entre les seuls mois de mars et avril 2020. Le nombre de médecins téléconsultants a atteint 36 000 en mars dernier, avant de passer à 56 000 en avril. 

C’est la région Ile-de-France qui concentre le plus grand nombre de téléconsultations (1,09 million dont 300 000 à Paris). Selon l’URPS d’Ile-de-France, la téléconsultation a concerné 80 % des médecins libéraux pendant le confinement, dont 86 % des généralistes et 71 % de spécialistes.