Faible service médical rendu pour le remdésivir, tranche la HAS

Medscape – « Encore beaucoup d’incertitudes sur l’efficacité et la tolérance du remdesivir » : telle est la conclusion de l’évaluation de la Haute Autorité de Santé (HAS) concernant l’intérêt de l’antiviral dans la lutte contre la maladie COVID-19 [1].

Alors que l’agence européenne du médicament (EMA) a rapidement octroyé une AMM conditionnelle au remdésivir dans les formes sévères de COVID-19 chez des patients oxygéno-requérants. Les experts mobilisés par la HAS et donc exempts de liens d’intérêt avec le laboratoire Gilead, sont plus partagés sur le rapport-bénéfice risque de la molécule dans cette indication.

« Le service médical rendu est jugé faible compte tenu des données actuelles préliminaires qui montrent une réduction globale de 4 jours du délai de rétablissement clinique du patient (11 jours au lieu de 15) par rapport au placebo, et en complément des soins de support, ce qui est de pertinence clinique discutable. Le remdesivir ne montre pas à ce stade d’effet global sur la mortalité à 14 jours, avec un possible effet suggéré uniquement chez les patients qui nécessitent une oxygénothérapie à faible débit », indique la HAS dans un communiqué.

La commission de la transparence de la HAS estime donc qu’une réévaluation est nécessaire sur la base les données de mortalité à 28 jours de l’étude américaine ACTT dès leur disponibilité et au plus tard en octobre 2020 dans un contexte de stratégies thérapeutiques très rapidement évolutives. Le remdesivir étant un antiviral, la HAS a également regretté l’absence de démonstration de son impact sur la charge virale.

Enfin notons que des effets indésirables rénaux et hépatiques ont été décrits chez les premiers patients COVID traités en France.Encore beaucoup d’incertitudes sur l’efficacité et la tolérance du remdesivir HAS

Remboursement dans une indication restreinte

A l’issue de son évaluation, la HAS considère que l’accès au remboursement est justifié dans une population plus restreinte que celle de l’AMM, soit uniquement chez les patients âgés de 12 ans ou plus et pesant au moins 40 kg, hospitalisés pour la COVID-19 avec une pneumonie nécessitant une oxygénothérapie à faible débit.

Actualités Medscape © 2020 – 18 sept 2020.




Covid : les tests salivaires désormais autorisés en cas de symptômes

Moins intrusifs, les tests salivaires pourront être utilisés pour déterminer si des patients symptomatiques ont été contaminés par le coronavirus, selon un avis de la Haute autorité de Santé publié ce vendredi. Ils permettront notamment de tester plus facilement les enfants, les personnes âgées et les personnes présentant des troubles mentaux.

La stratégie de dépistage du coronavirus évolue. Les tests salivaires pourront désormais être utilisés pour détecter les infections par le nouveau coronavirus, mais uniquement chez les personnes présentant des symptômes, selon un avis de la Haute autorité de Santé (HAS) rendu ce vendredi.

La HAS ne les recommande pas en revanche sur les personnes sans symptômes, chez qui « on raterait plus de 75 % » des infections en raison de performances insuffisantes, a indiqué le Pr Dominique Le Guludec, présidente du Collège de la Haute Autorité de Santé (HAS), au cours d’une conférence de presse en ligne.

Ces tests présentent certains avantages par rapport aux tests par PCR, utilisés jusqu’à présent pour détecter la présence du virus. Ils permettront de « faciliter les prélèvements, de réduire les risques de contamination du personnel soignant et d’être moins désagréables pour les patients », écrit la Haute autorité dans son communiqué. [En savoir plus]




Coronavirus : l’inquiétude gagne de nouveau les services de réanimation

Relativement épargnés par la reprise de l’épidémie de Covid-19 au mois d’août, les hôpitaux français voient la situation se dégrader nettement depuis le début du mois de septembre. La situation est particulièrement critique dans les Bouches-du-Rhône, à Paris et dans le Rhône.

C’est une nouvelle alerte sur le front du Covid-19. Alors que la France est confrontée depuis la mi-juillet à une résurgence de l’épidémie , le ministre de la Santé, Olivier Véran, a déclaré vendredi que « le nombre de personnes admises en soins intensifs est préoccupant ». Vendredi dernier, déjà, le Premier ministre, Jean Castex, avait souligné une « augmentation sensible (du nombre de) de personnes hospitalisées ».

Un changement de ligne dans le discours politique, qui s’explique par une nette dégradation de la situation sur le terrain.

Une accélération des admissions

Au sein des hôpitaux, l’afflux de malades du Covid-19 s’est accéléré en septembre. Du lundi 14 au mercredi 16, la France a enregistré trois jours consécutifs au-delà de 100 admissions dans les services de réanimation. Une première depuis la fin avril.

En rythme hebdomadaire, les niveaux constatés au début du déconfinement ont déjà été atteints, avec 427 admissions en réanimation ou en soins intensifs au cours de la semaine du 7 au 13 septembre, contre 429 au cours de la semaine du 11 au 17 mai. Ils devraient être dépassés à partir de cette semaine. [En savoir plus]




Les syndicats de médecins libéraux entrent en négociation avec la Cnam

Medscape – Pour les syndicats de médecins libéraux, la date de la rentrée ce sera jeudi le 17 septembre. En effet, la CSMF, la FMF, le SML, MG France et le Bloc ont rendez-vous avec Thomas Fatome, le nouveau directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), pour une réunion qui apparait comme le pendant libéral du « Ségur de la santé ». Cette réunion inaugurale d’un nouveau cycle de négociations portera sur l’exercice coordonné, la télémédecine et le service d’accès aux soins (SAS), dont l’aboutissement sera un neuvième avenant à la convention médicale.

Pas de fausses notes entre le gouvernement et l’Assurance maladie

Thomas Fatome connait bien la maison puisqu’il a été, entre 2005 et 2008, le bras droit du directeur général de la Cnam de l’époque, Frédéric van Roekeghem. Il sait également précisément ce que le gouvernement attend de cette négociation après avoir été directeur adjoint de cabinet d’Edouard Philippe, jusqu’au départ de celui-ci de Matignon en juin, et il remplace Nicolas Revel qui dirige aujourd’hui le cabinet de Jean Castex. Il ne devrait donc pas y avoir de fausses notes entre le gouvernement et l’Assurance maladie dans les prochains mois.

Deux jours après sa prise de poste le 17 août, Thomas Fatome recevait sa lettre de cadrage de la part du ministre de la santé pour ouvrir des négociations avec les médecins et les priorités restent les mêmes qu’avant la pandémie : « une meilleure organisation territoriale de la santé », « la réponse aux demandes de soins non programmés » et « l’essor de la télésanté » dans la logique du plan « Ma santé 2022 » qui tient lieu de feuille de route du gouvernement depuis septembre 2018.

Un ministre de la santé fermé à toute hausse du C

En revanche, aucune enveloppe budgétaire n’a encore été mise sur la table et c’est bien ce qui inquiète les syndicats qui craignent qu’aucune revalorisation tarifaire ne soit à l’ordre du jour. « Nous devons revoir les tarifs des actes médicaux au plus vite, a martelé, devant Thomas Fatome, le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF (Confédération des syndicats médicaux français) en clôture de l’université d’été du syndicat à Antibes le 6 septembreCommençons par les actes cliniques, c’est urgent au risque de voir disparaître des spécialités entières en ville ! La négociation qui va s’ouvrir doit aborder largement la valeur des actes au-delà de cette lettre de cadrage du ministre étroite et loin des nécessités. Les médecins libéraux attendent beaucoup plus après cette grave crise sanitaire ». Or le ministre de la santé semble aujourd’hui fermé à toute hausse du C, la lettre-clé du médecin généraliste, comme il l’a fait savoir dans une interview au Le Quotidien du médecin. En revanche, dans sa lettre de cadrage, il a entrouvert la voie à des revalorisations pour quelques spécialités qui font peu d’actes techniques comme les gynécologues-médicaux, les psychiatres et les pédiatres. La rémunération à la « qualité et la performance des soins » pourrait être également approfondie.

Le SML a également réclamé du « grain à moudre ». « La revalorisation de la consultation médicale de base est non seulement une question de justice et de reconnaissance envers les médecins libéraux, mais c’est aussi un signal fort adressé aux jeunes qui hésitent à s’installer » plaide le syndicat qui réclame un tarif minimum de 46 euros. La FMF, pour sa part, estime que la convention de 2016 « n’a pas tenu ses promesses » en termes de revalorisations. Elle rappelle que « le Ségur de la santé a mis sur la table 7 milliards d’euros pour l’hôpital, dont le rôle est certes fondamental, mais qui ne prend en charge que neuf pour mille des pathologies et même un pour mille pour les CHU » et en réclame logiquement autant pour la médecine de ville.

MG France mise sur la revalorisation de la visite

MG France estime également que « l’investissement durable et indispensable sur la médecine générale et les soins primaires se chiffre nécessairement en milliards d’euros » mais opte pour une stratégie un peu différente. En haut de ses revendications, ce syndicat de généralistes a choisi de placer la revalorisation de la visite du médecin. « C’est une visite très importante pour nos patients dépendants qui leur permet d’éviter d’aller à l’Ehpad, souligne le Dr Jacques Battistoni, président de MG France. Or c’est une consultation qui prend du temps et qui nécessite parfois qu’on contacte également l’infirmière libérale ou l’équipe médico-sociale ». Mais le syndicat est également intéressé par les « éléments d’organisation des soins qui figurent dans cette négociation» en particulier le service d’accès aux soins et l’exercice coordonné. « La crise épidémique a montré qu’il faut donner un vrai coup d’accélérateur à la coordination des soins » estime Jacques Battistoni.

« La crise a été un accélérateur pour fédérer les équipes»

Pour le coup, c’est un avis partagé par l’Assurance maladie qui, dans ses orientations de négociation, note que « les formes d’exercice coordonné, même embryonnaires, ont participé efficacement à la gestion de crise » et estime que « les professionnels de santé ont montré un vif intérêt à l’égard de l’exercice coordonné » et que « la crise a été un accélérateur pour fédérer les équipes». Même si le mouvement a été naturellement ralenti par la crise épidémique, en juin dernier, 19 communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) avaient signé un accord avec leur CPAM leur permettant de bénéficier de financements, un an après la signature de l’accord cadre interprofessionnel (ACI). Un peu plus de 500 structures sont actuellement en projet. C’est justement sur elles que va s’appuyer la mise en place du service d’accès aux soins (SAS) qui a pour objectif « d’assurer au patient, lors de l’absence de son médecin traitant, un contact unique dans sa demande de conseils, d’avis et de gestion de ses problèmes de santé que ce soit en urgence, en soins non programmés, de jour comme de nuit ». La négociation conventionnelle devra ainsi permettre de valoriser la participation des médecins libéraux à ces dispositifs.

Enfin, le dernier point de la négociation concerne la téléconsultation qui a montré toute sa pertinence pendant la crise épidémique.  Deux pistes sont pour l’instant sur la table : faire évoluer certaines dispositions conventionnelles fixées dans l’avenant 6 – comme la règle d’une consultation présentielle dans les 12 mois précédents ou le recours à des praticiens en dehors du territoire pour des besoins de soins légitimes – ou encore élargir la population éligible à la télé-expertise afin d’améliorer la prise en charge des patients nécessitant un avis spécialisé.

Aucune date-butoir n’a été fixe pour la fin des négociations des médecins qui devra s’inscrire en parallèle d’une négociation interprofessionnnelle sur le sujet plus spécifique des CPTS.

Actualités Medscape © 2020 WebMD, LLC – 17 septembre




Médico-social : la délégation du numérique en santé présente ses priorités pour le numérique en santé

(TICsanté) – La délégation du numérique en santé (DNS) a présenté ses priorités pour le développement du numérique en santé dans le secteur médico-social, lors d’une conférence en ligne organisée par l’Agence du numérique en santé (ANS).

Le virage numérique du médico-social fait partie de la feuille de route du numérique en santé et des priorités de 2020 pour la DNS.

Au sein du médico-social, deux secteurs sont prioritaires: le handicap et la perte d’autonomie, a exposé Hela Ghariani, directrice de projets à la DNS.

La stratégie numérique de la DNS dans le médico-social obéit à 6 « principes-clés », a-t-elle expliqué.

Les deux premiers sont la « gouvernance inversée » et « l’accompagnement des acteurs ».

La DNS souhaite s’appuyer sur « les acteurs locaux », notamment à travers un groupe de travail du Conseil du numérique en santé (CNS) consacré au médico-socia.

Un référent « numérique et médico-social » doit être nommé dans chaque agence régionale de santé (ARS) afin « d’appuyer le déploiement des projets et de faire remonter les besoins locaux au niveau national », a-t-elle ajouté.

La DNS souhaite également favoriser l’émergence de collectifs autour des systèmes d’information.

Le troisième principe est le développement d’une « trajectoire numérique adaptée au secteur », qui décline les actions de la feuille de route du numérique en santé pour le médico-social.

Cette trajectoire est soumise à concertation jusqu’au vendredi 25 septembre.

Le quatrième principe est le déploiement de « projets emblématiques », notamment le dossier médical partagé (DMP) et les messageries sécurisées de santé (MSsanté). [En savoir plus]




Que sait-on des mutations du SARS-CoV-2 et de leurs effets ?

The Conversation – On ignore encore la provenance précise du coronavirus SARS-CoV-2 à l’origine de la pandémie de Covid-19 qui perturbe nos sociétés depuis le début de l’année. Les experts s’accordent cependant sur le fait qu’il a probablement été transmis à l’être humain par des animaux : des virus proches ont en effet été identifiés chez certaines chauves-souris, ainsi que chez le pangolin.

Le passage d’une espèce animale à une autre n’est pas simple : il implique des changements dans certaines parties du virus, telles que celles qui lui permettent d’entrer dans les cellules pour les infecter. Ces transformations résultent de modifications de son génome, les mutations. Celles-ci permettent aussi aux virus qui ont changé d’hôte de s’adapter progressivement à leur nouvel « habitat », l’organisme humain dans le cas du SARS-CoV-2.

Que sait-on des mutations qui ont affecté ce nouveau coronavirus, depuis le début de la pandémie ? Ont-elles, comme certains n’hésitent pas à l’affirmer, rendu le virus moins virulent ? Différents isolats du SARS-CoV-2 sont-ils en circulation ? Que sait-on de ces diverses souches de coronavirus ?

Muter et s’adapter

Après avoir réussi à pénétrer dans nos cellules, les virus piratent leur machinerie normalement destinée à fabriquer les composants cellulaires et l’utilisent pour réaliser de multiples répliques d’eux-mêmes. Ces copies ne sont pas toujours parfaites : leur matériel génétique présente parfois des différences avec le matériel génétique du virus de départ. Ces mutations plus ou moins importantes ont des conséquences diverses. Si certaines peuvent être sans effet, d’autres peuvent modifier la virulence du virus, ou sa capacité d’infection.

Les mutations jouent aussi un rôle dans l’adaptation des virus à leur nouvel hôte, lorsqu’ils infectent une nouvelle espèce. Le coronavirus OC43 est un exemple de ce mécanisme d’adaptation. Ce virus qui infectait initialement les bovins est passé dans la population humaine à la fin du XIXe siècle. Il s’y est adapté, et continue depuis à y circuler, provoquant des rhumes chez les adultes et les enfants

Jusqu’ici, nous n’avons jamais pu étudier les mécanismes d’atténuation qui résulteraient de l’adaptation d’un coronavirus à un nouvel hôte. En effet, jusqu’à la survenue du SARS-CoV-2, il n’existait aucun exemple suffisamment récent d’émergence suivie d’une circulation massive dans la population. La situation actuelle change évidemment les choses : nous allons étudier avec attention ce qui se passe au niveau de ce coronavirus, mais pour l’instant nous n’avons pas assez de recul pour tirer des conclusions.

Les mutations, une question d’enzymes

Les enzymes chargées de répliquer le matériel génétique des virus sont appelées « réplicases ». Celles-ci sont les principales responsables de la variabilité des virus. Leur précision de copie est en effet plus ou moins grande. Les réplicases des virus à ADN (que l’on appelle aussi « ADN polymérases ») sont hautement fidèles : elles font peu d’erreurs en recopiant le génome, si bien que ces virus ont une séquence génétique très stable. Elle varie peu, ce qui signifie que ces virus changent peu au fil des générations.

Les réplicases des virus à ARN sont en revanche généralement peu fidèles. Elles se trompent souvent lorsqu’elles fabriquent des copies, et leurs erreurs peuvent se traduire par des mutations. Cette mauvaise fidélité des polymérases des virus à ARN est à l’origine de la très grande variabilité du VIH et des virus grippaux, notamment.

Les coronavirus font cependant exception, car leurs génomes sont relativement stables (pour des virus à ARN). Cela s’explique par la présence d’une protéine « accessoire » capable de corriger les erreurs introduites par la réplicase lors de la copie. Toutefois, si cette protéine accessoire améliore les choses, elle n’empêche totalement les erreurs. Dès le début de la pandémie de SARS-CoV-2, les virologues ont donc scruté les séquences des génomes des isolats circulants dans diverses régions du globe, à la recherche de mutations qui modifieraient l’infection (petite mise au point technique : un isolat est un virus obtenu à partir d’un échantillon clinique, c’est-à-dire prélevé sur un patient. On parle de « souche virale » lorsqu’on a ensuite réussi à cultiver ce virus en laboratoire, et qu’on a pu analyser sa séquence génétique pour caractériser ses spécificités).

Traquer les virus mutants

La détection des virus mutants est rendue possible grâce à la base de données GISAID, qui répertorie les séquences du SARS-CoV-2 et les met à disposition de la communauté scientifique, en libre accès.

Au début du mois de mars 2020, les spécialistes ont détecté une mutation touchant à la séquence génétique utilisée par le coronavirus pour produire une de ses protéines, la glycoprotéine Spike (ou S). Celle-ci sert de « clé » au virus pour pénétrer dans les cellules humaines qu’il infecte.

Baptisée D614G, cette mutation augmente la capacité du SARS-CoV-2 à infecter les humains. Elle confère donc aux virus qui la portent un avantage sur les autres. C’est ce qui explique que progressivement, durant le mois de mars 2020, le virus mutant est devenu majoritaire parmi les isolats circulants, prenant la place des virus qui ne portaient pas cette mutation avantageuse. Cependant, à ce jour, aucune étude n’a démontré que cette modification avait un impact sur la sévérité de l’infection.

Plus récemment, d’autres mutations ont été repérées par des équipes asiatiques. L’hiver austral se termine en effet dans les pays de l’hémisphère sud, où le SARS-CoV-2 a beaucoup circulé durant la mauvaise saison. L’analyse d’échantillons a révélé que chez 25 % des patients, certains coronavirus présentent des délétions, notamment une délétion dite « Δ382 » : il « manque » un morceau de matériel génétique à ces virus. Cette délétion semble avoir été présente dès le début de l’épidémie, mais elle n’avait pas été détectée. La région touchée est impliquée dans les interactions avec le système immunitaire des êtres humains et modulerait la réponse antivirale des personnes infectées. Toutefois pour l’instant, aucune étude ne permet de conclure sur l’impact de cette autre mutation majeure.

D’autres mutations sont apparues sur le génome du SARS-CoV-2 : plus d’une centaine ont été décrites. Elles semblent moins répandues pour le moment, puisqu’elles ne sont constatées que sur un faible pourcentage des séquences du matériel viral du SARS-CoV-2 qui ont été publiées jusqu’ici. Leurs conséquences éventuelles sur la réplication virale ou l’infectiosité ne sont pas connues.

Un virus qui évolue

Ces résultats montrent, comme on s’y attendait, qu’en circulant chez l’être humain, le coronavirus SARS-CoV-2 évolue. La surveillance de sa variabilité est un élément primordial de la prise en charge de la pandémie.

Elle permet non seulement de clarifier la façon dont la Covid-19 rend les gens malades, mais aussi de comprendre comment les humains répondent à l’infection. Prendre la mesure de cette variabilité est aussi central dans le contexte de la recherche vaccinale, en particulier concernant les modifications subies par la glycoprotéine S, une des cibles principales des candidats vaccins.

Cette surveillance nécessite de séquencer le génome du SARS-CoV-2 et de disposer d’équipes couplant les compétences de virologues et de bio-informaticiens pour interpréter les données.

Malheureusement, les scientifiques doivent faire face à plusieurs obstacles : les séquenceurs haut débit, qui permettent de « lire » le matériel génétique du virus, sont chers, le séquençage du génome complet des coronavirus nécessite une certaine technicité et des budgets conséquents, l’analyse des données peut être longue pour obtenir des résultats solides et concluants…

L’investissement dans cette surveillance est un choix de politique de santé publique qui mériterait d’être davantage réfléchi dans notre pays.




Hôtels hospitaliers : le bilan à 3 ans est mitigé

Medscape – Depuis 2017, une quarantaine d’établissements de santé teste la mise en place de séjours, pour leurs patients, dans des hôtels hospitaliers, des établissements à mi-chemin entre l’hôpital et l’hôtel. Un récent rapport au Parlement en tire un bilan mitigé de cette première expérimentation de trois ans, qui a débuté en 2017 [1]. Si les établissements hospitaliers non médicalisés ont bien bénéficié aux patients éloignés géographiquement dans le cadre de prise en charge courte /ambulatoire et peu sévère, le modèle économique semble en limiter le développement. Ces séjours doivent aussi être promus pour mieux les faire connaitre.

Expérimentation

C’est à Olivier Véran, alors député PS, que l’on doit l’adoption, dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale 2015, du principe de la mise en place d’hôtels hospitaliers. Ces hôtels ont un rôle de transition entre le séjour hospitalier et le domicile, s’inscrivant notamment dans le contexte du « virage ambulatoire ». Lorsqu’il fit voter l’amendement qui a permis la mise en place de cette expérimentation, des hôtels hospitaliers existaient d’ores et déjà à Paris, mais aussi à Toulouse, et hors de France. Et les essais avaient été concluants. D’où l’idée d’élargir le concept.

Le concept d’hébergement temporaire non médicalisé pour patients

Il a vocation à l’amélioration de la qualité et à la pertinence des prises en charge hospitalières, le tout dans un cadre sécurisé :

  • Réduire le séjour des patients au strict temps utile et nécessaire dans la structure en fonction des besoins en soins des patients ;
  • Permettre aux ressources hospitalières de se concentrer sur les soins par une meilleure différenciation entre soins et hébergement ;
  • Augmenter le confort du patient, éviter des trajets fatigants ou des navettes fréquentes induisant, par là même, une diminution du recours aux transports sanitaires.

Il doit aussi permettre aux établissements de santé de développer des marges de manœuvre capacitaires et d’optimiser les prises en charge :

  • Générer de nouvelles marges de manœuvre pour les établissements permettant de libérer des capacités d’hospitalisation complète et/ou d’optimiser l’organisation ou le dimensionnement des unités de soins ;
  • Réduire les durées moyennes de séjours (DMS) et les coûts associés aux soins.

Au final, « ces hébergements non médicalisés pourraient constituer une nouvelle modalité de prise en charge à l’hospitalisation complète» peut-on lire dans le rapport.

Seuls 28 des 41 établissements retenus ont mené l’expérimentation

Un rapport chargé d’évaluer cette expérimentation vient d’être remis au Parlement. Les auteurs y rappellent que ces hôtels hospitaliers ont pour vocation de « réduire la durée de séjour des patients au strict temps utile, permettre aux ressources hospitalières de se concentrer sur les soins, augmenter le confort du patient ». Le recours aux hôtels hospitaliers devait aussi permettre aux hôpitaux de réduire de manière significative les durées moyennes de séjour (DMS). Au final, 41 établissements ont été retenus pour mener cette expérimentation, mais au final, seulement 28 de ces établissements ont participé à l’évaluation de cette expérimentation, soit un taux de 68%. « Sur les 13 établissements n’ayant pas transmis de rapport, 2 établissements ont indiqué avoir abandonné l’expérimentation, 4 n’ont pas débuté l’expérimentation à la date d’évaluation, et aucune précision n’a été apporté par les 7 autres ».

Le recours aux hôtels hospitaliers devait aussi permettre aux hôpitaux de réduire de manière significative les durées moyennes de séjour.

Patients pris en charge en ambulatoire, premiers concernés

Afin de mesurer l’atteinte des objectifs des hôtels hospitaliers, les établissements expérimentateurs ont retenu plusieurs indicateurs : satisfaction des patients, évolution de la DMS, taux d’ambulatoire, taux de réhospitalisation, taux de recours aux urgences, transports évités…

Quel type de patients ont été visés ? Principalement ceux pris en charge pour des séjours ambulatoires. En termes de nuitées, l’objectif initial restait ambitieux : il était question d’assurer 900 nuitées en moyenne en 2017 et 2000 nuitées en 2018. Pour assurer la prise en charge de ces séjours, 12 sites ont fait appel à des hôtels commerciaux, 10 à des structures de type associatif, et 5 établissements ont développé des hôtels hospitaliers en interne. Pour ce qui est de la sélection des patients expérimentateurs, les établissements de santé se sont appuyés sur les recommandations de la Haute autorité de Santé (HAS) : autonomie complète du patient sur le plan moteur et cognitif, absence de besoin de surveillance continue médicale ou paramédicale. « Les expérimentateurs ont également privilégié les patients résidant à plus de 50 km de l’établissement », ajoute les auteurs du rapport.

Taux de réalisation des objectifs de 30%

En termes de bilan d’activité, les rapporteurs notent que « le nombre de séjours et de nuitées d’hébergements est en deçà des objectifs initialement fixés par les expérimentateurs. Le taux de réalisation des objectifs peut globalement être évalué autour de 30% ». À noter que l’activité, sur les deux premières années, reste tirée par l’institut Gustave Roussy (94), l’hôpital Foch (92), la fondation Idlys (19), le CRLCC Léon Bérard à Lyon (69), et le CHU de Toulouse (31). Ces 5 établissements ont drainé 75% de l’activité. Quels ont été les freins au déploiement de cette expérimentation ? « La faible visibilité du dispositif auprès des professionnels de santé, le modèle économique jugé peu incitatif, la mise en place de l’ensemble des aspects logistiques, l’absence d’interopérabilité des systèmes d’information en interne ». Au total, ce sont 2 367 patients qui ont été pris en charge en 2017, et 55 592 en 2018. « En matière d’indication, l’éloignement géographique est le motif le plus avancé pour justifier le recours à la prestation ». Ces séjours hospitaliers ont été prescrits, pour plus de 80%, dans le cadre de prise en charge ambulatoire en 2017, et pour plus de 60% en 2018. Quoi qu’il en soit, les séjours de 1 à 3 jours, ainsi que ceux de 4 à 7 jours sont montés en puissance entre 2017 et 2018.

Patients très satisfaits

Côté patients, le taux de satisfaction est particulièrement élevé, relèvent les rapporteurs. « Cette satisfaction, de l’ordre de 90 à 95% pour une majorité des expérimentateurs, se retrouve sur l’ensemble des dimensions de l’expérimentation : l’accueil du patient, l’information et l’accompagnement du patient, la prise en charge de la douleur, et de l’anxiété, la qualité et le confort, la qualité des prestations de restauration ». Pour ce qui est de la sécurité des patients, une majorité d’établissements déclarent une absence d’événements indésirables graves, de recours aux services d’urgence de l’établissement pendant les séjours en structure d’hébergement non médicalisé ou de réhospitalisation non programmée dans les 24 heures suivant l’hébergement. Mais les impacts organisationnels restent peu évalués à ce jour. « Rares sont les établissements qui ont pu évaluer les impacts de l’expérimentation en matière de durées moyennes de séjour », par exemple. Seul le CLCC Oscar Lambret a constaté de premiers effets en matière de hausse de l’activité ambulatoire et de planification de l’activité du bloc opératoire. L’impact sur les transports sanitaires est plus palpable : 246 transports évités pour la clinique Pasteur à Toulouse, 1212 transports évités pour le CH de Paimpol, 1484 transports évités pour l’institut Gustave Roussy, sur l’année 2018. Pour le CHU de Tours, la mise en place des hôtels hospitaliers constituent un facteur d’attractivité.

Équilibre financier fragile

Financièrement parlant, 54% des établissements ont pris en charge en totalité le coût de ces hébergements, 32% ont demandé une contribution aux patients, dans la limite du forfait journalier hospitalier, et 14% ont mis en place une tarification hybride, composée principalement d’appui de l’établissement, de subvention de la CPAM, de financements associatifs.

Pour lancer l’expérimentation, les établissements ont pu bénéficier d’une dotation des agences régionales de santé (ARS) de 25 000 euros. Cette dotation n’a néanmoins pas permis de couvrir la totalité des dépenses induites par les séjours dans les hôtels hospitaliers des établissements ayant eu le plus recours aux hôtels hospitaliers, tels le CRLCC Léon Bérard ou encore Gustave Roussy. Aussi, pour développer cette expérimentation, les auteurs du rapport recommandent entre autres choses d’ « identifier un modèle économique à même d’accélérer le développement des hébergements non médicalisés, qui pourrait être testé au cours de l’année 2020 ». Les rapporteurs souhaitent aussi qu’une méthode d’évaluation des impacts organisationnels soit instaurée, que les équipes projets soient outillés pour mener à bien ces séjours dans les hôtels hospitaliers. La sécurité des soins doit aussi faire l’objet d’une attention vigilante, et ses séjours doivent aussi être promus, pour mieux les faire connaitre.

[1] Rapport au Parlement relatif à l’expérimentation des hébergements temporaires non médicalisés pour patients, Juin 2020.

Actualités Medscape © 2020  – 15 septembre 2020




Une intelligence artificielle pour mieux analyser les appels au SAMU

The Conversation – Chaque jour, les SAMU de France reçoivent environ 85 000 appels. Ce chiffre a presque doublé aux pires moments de la crise de la Covid-19. Le contenu de chaque appel fait l’objet d’un compte rendu informatisé au fur et à mesure des informations collectées par les différents intervenants : l’assistant de régulation médical lors de la prise d’appel, le médecin régulateur et l’assistant de régulation médical dédié à l’envoi des moyens et au suivi des bilans.

Se donner les moyens de suivre les évolutions des motifs de tous ces appels, c’est se doter d’un outil puissant et réactif d’observation de la santé de la population.

Mais en pratique, nous disposons de centaines de milliers de comptes rendus qui ressemblent par exemple à ça :

mari : toux depuis 2 semaines aggravée hier avec fièvre , sous doliprane

  • vomissements , médecin traitant absent
    conseil cs med ce matin ou vad , coordonnées tel cabinet garde à partir de midi et rappeler après midi pour mise en lien sur portable remplaçante si échec
    son med ttt ne peut pas se deplacer
    remplacante medecin traitant 05 XX XX XX XX>> remplaçante
    rappel med traitant, cs sans rdv 10 h à midi
    secretariat << associé présent >> ok pour la recevoir à midi …

coupure main dans sa cuisine avec verre niveau pouce/compression inefficace/compression en cours/pas pci/vertiges/2 à 3 cm
plaie pouce avec couteau / bouge / comprime
ne saigne plus
sp partis
bien orientée / pas de pc / plaie sur 3 cm pouce lere phalange avec couteau
pas de section / ne saigne plus / sens+ mot ok
atcd ras / sat 100 / p 90 r et bf / ta 128/94 bg

Pour savoir si l’appel correspondant à ce compte rendu est à classer plutôt dans la catégorie « suspicion de Covid-19 » ou « accident domestique », il suffit de le lire.

Mais lorsqu’il s’agit de classer les 85 000 appels du jour, la relecture est impossible. On pourrait bien sûr demander aux répondants de classer eux-mêmes ces appels, mais cela pose deux problèmes : d’abord, ils ont autre chose à faire, occupés qu’ils sont à prodiguer leurs conseils aux appelants ou à envoyer les secours les plus appropriés. L’autre raison est que, dans le feu de l’action, ils ne disposent pas toujours du recul suffisant pour faire cette classification sans être influencés par divers facteurs : pression de l’urgence, situation épidémique, priorité donnée à d’autres dossiers, sensibilité individuelle à tel ou tel dossier par exemple. C’est pour ces raisons que les tentatives faites jusque-là ont échoué à mettre en place un système de codage satisfaisant.

Un outil récent de l’intelligence artificielle à la rescousse

Nous développons une solution utilisant l’intelligence artificielle pour effectuer ce travail de classification, car elle possède deux qualités bien utiles : elle opère quasi instantanément et de manière totalement indépendante du contexte.

Pour construire un outil permettant de réaliser cette tâche, nous avons fait appel à une technologie issue d’une avancée très récente dans le domaine de l’intelligence artificielle qui porte un nom de blockbuster : le « Transformer ». Cette technologie est construite en deux phases : la première consiste à montrer au Transformer un nombre aussi grand que possible d’exemples de comptes rendus pour lui apprendre à écrire « à la manière » de ces comptes rendus. La deuxième étape consiste à entraîner le Transformer à réaliser la tâche de classification en lui « montrant » des exemples de comptes rendus avec la bonne classification, réalisée pour cette phase d’apprentissage par un humain. Plus on lui montre d’exemples, meilleur sera le Transformer lorsqu’il aura à faire la classification lui-même.

Nous avons appliqué notre Transformer aux données issues du centre 15 du SAMU de la Gironde, avant, pendant et après la période de confinement pour observer les tendances dans le motif des appels.

Ceci nous a appris que le nombre d’appels pour symptômes grippaux a connu un pic très important trois jours avant le début du confinement, deux semaines avant l’arrivée de patients présentant des symptômes évocateurs de Covid-19 aux urgences. On constate aussi des pics d’appels, plus tardifs, pour douleur thoracique et stress et anxiété (non représentés sur la figure), contemporains des admissions aux urgences. Les appels pour douleur thoracique correspondent en fait à des patients qui présentent des difficultés ou des détresses respiratoires, signant pour ceux atteints de la Covid-19 un stade plus grave de la maladie. Le pic des appels pour stress et anxiété témoigne pour sa part de l’inquiétude que génère ce début d’épidémie.

Il ne s’agit là que de résultats préliminaires. Nous travaillons par exemple aujourd’hui à construire des indicateurs qui permettraient de mieux distinguer les signes d’épidémie, de façon par exemple à différencier le plus tôt possible une poussée de Covid-19 de celle de la grippe saisonnière.

Comment les « Transformers » ont révolutionné les outils de lecture de texte automatiques

Le Transformer est le dernier rejeton des techniques d’analyse du langage, qui évoluent très vite.

Les applications les plus connues sont sans doute les outils de traduction automatique, par exemple l’impressionnant DeepL, mais ces techniques sont aussi mises en œuvre pour « comprendre » les textes. C’est ce qui est utilisé par exemple lorsque vous faites une recherche en langage naturel sur un moteur de recherche.

Elles peuvent aussi être utilisées pour des tâches de classification. À partir d’un texte, on peut par exemple demander à la machine de produire un résumé ou de répondre à des questions le concernant.

Pourtant, à la fin des années 80, ça semblait mal parti pour la communauté scientifique de l’apprentissage automatique : les ordinateurs d’alors, dotés des algorithmes d’alors, ne réussissaient pas à assimiler la grammaire et la structure sémantique du langage humain.

Plusieurs stratégies apparaissent dans les années suivantes. Elles sont basées sur des modèles statistiques dont les paramètres s’affinent au fur et à mesure de l’apprentissage et elles ne fournissent pas des résultats, mais seulement des probabilités de résultats : dans notre exemple, le Transformer ne dirait pas qu’un compte rendu doit être classé comme un syndrome grippal. Il dira que la probabilité que ce soit le cas est de 90 %.

Dans les années 2010, l’utilisation d’algorithmes informatiques qui singent de manière grossière le fonctionnement des réseaux de neurones renouvelle le domaine, en permettant enfin de réaliser des « apprentissages profonds », avec de nouvelles performances.

Parmi ces réseaux de neurones dits « artificiels », la famille dont fait partie le Transformer se caractérise par des modèles qui permettent de traiter les données dites « séquentielles », comme les données météo ou les suites de mots qui forment des phrases. Le Transformer apparaît en 2018, et ses performances étonnantes révolutionnent aujourd’hui la discipline.

Pourquoi Transformer est-il aussi puissant ?

Pour faire court, le Transformer est construit pour tirer des leçons des interrelations entre les différents morceaux d’une phrase (par exemple des mots ou des morceaux de mots) à partir de la lecture d’une grande quantité de textes.

Dans une première phase, dite d’« apprentissage non supervisé », le Transformer est rendu capable de produire des textes artificiels indistinguables de textes produits par des humains. On lui montre pour cela le plus grand nombre de textes possible – dans notre cas, environ 300 000 comptes rendus. À la fin de cette phase, le modèle est capable de prédire le mot qui suit une série de mots donnés. Par exemple, si on entre la phase « le petit chat s’approche du chien avec », le système proposera comme mot suivant « précaution », ou encore le mot « son ». On peut ainsi construire de manière itérative un texte artificiel en répétant le processus avec comme nouvelle phrase d’amorce « le petit chat s’approche du chien avec son ».

ATCD asthme – diff respi, diff à parler, gêne ds champs visag main, tremble, DL quand on touche -tousse depuis 10js
ttt seretide
dyspnee aggrvative depuis qq temps/ fievre depuis 4 jours/ dysphagie
parle correctement/ a toussé cette nuit/ toux rauque : siffle
pas fievre / atcd asthme/ 2 hospit hsa
maman parle bien , pas de s de detresse
–>sos med

alcoolisé – vomit, inconsciente, respire fort, en pis/ ami en ligne retrouvé dans sa voiture/ vomissement –> SP
bilan sp
f 22 /alcool++ /vomissement/ consciente/ sat 100 / fc 90 / ta 133/88

Cette deuxième phase d’apprentissage change de nature : on montre cette fois au modèle des couples formés du texte à classer et de la bonne classe, déterminée par un codeur humain. Grâce à la première phase d’apprentissage au cours de laquelle le modèle a appris à construire des phrases intelligibles, dans laquelle des notions sémantiques ont été intégrées, les exemples nécessaires pour apprendre une tâche utile deviennent très peu nombreux. Un peu comme un enfant à qui il n’est pas utile de montrer 10 000 fois comment fonctionne un biberon, un jouet ou un téléphone pour qu’il en maîtrise l’usage.

C’est ce Transformer, entraîné cette fois-ci de manière « supervisée » – c’est-à-dire avec des exemples de résultats attendus, qui nous permet pour chaque appel de déterminer automatiquement quels sont les symptômes évoqués, ou quel est la nature de l’événement concerné, un accident de la route, une chute, une toux inquiétante ou un malaise.


Cet article a été co-écrit par la Dr Catherine Pradeau du service SAMU-SMUR et par le Dr Cédric Gil-Jardine du service des Urgences du Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux.




Le détail des données accessibles via le Health Data Hub (projet de décret)

TICpharma – Un projet de décret d’application de la loi du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé, dite « Ma santé 2022 », qu’APMnews/TICpharma a pu consulter, détaille les données qui seront accessibles via le Health Data Hub.

Ce texte confie au Hub (ou Plateforme des données de santé) et à la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) la mise en oeuvre du système national des données de santé (SNDS).

Il distingue deux éléments formant le SNDS: « une base [de données] principale couvrant l’ensemble de la population et un ensemble de bases de données non exhaustives dénommé ‘catalogue' ».

La base principale réunit les données du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), du système national d’information inter-régimes de l’assurance maladie (Sniiram), du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDC) et du système d’information (SI) des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).

A l’exception de ce dernier, ces données sont déjà présentes dans le SNDS, note-t-on.

La Cnam est responsable du « rassemblement » de ces données, du stockage et de la mise à disposition de la base principale.

Cette dernière est « complétée progressivement » par d’autres données:

  • données de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi social et médico-social
  • données relatives à la perte d’autonomie
  • données de médecine scolaire et du travail
  • données des services de protection maternelle et infantile (PMI)
  • et un échantillon représentatif des données de remboursement par bénéficiaires transmis par les mutuelles. [En savoir plus]




Suspension des essais cliniques du vaccin COVID-19 d’AstraZenaca : que sait-on ?

Medscape – AstraZeneca a annoncé hier l’arrêt temporaire de tous ses essais de vaccin contre le coronavirus pour enquêter sur une «maladie inexpliquée» survenue chez un des participants.

La maladie signalée a déclenché une « procédure standard de vérification » pour l’essai de phase 3 d’AZD1222, a déclaré le laboratoire dans un communiqué de presse[1].

«Dans le cadre des essais mondiaux randomisés et contrôlés en cours sur le vaccin d’Oxford contre le coronavirus AZD1222, notre procédure standard de vérification a été́ déclenchée et nous a conduit à̀ faire une pause volontaire dans la vaccination sur l’ensemble des essais cliniques afin de permettre à̀ un comité́ indépendant d’analyser les données de sécurité́ liées à un évènement unique inexpliqué́ survenu dans l’essai de Phase III au Royaume-Uni », indique le communiqué.

Interrogé par Medscape Medical News sur la maladie en cause, un porte-parole d’AstraZeneca a répondu : « L’événement fait l’objet d’une enquête par un comité indépendant […] et il est trop tôt pour conclure sur le diagnostic spécifique. »

Le New York Times rapporte cependant que le participant a développé une myélite transverse, une affection inflammatoire qui affecte la moelle épinière, selon une source anonyme proche de la situation.

La myélite transverse (MT) est une maladie neuroimmunologique se traduisant par une inflammation de la moelle. Son étiologie est encore mal comprise, mais semble principalement auto-immune car elle survient souvent après une infection virale (herpès, mycoplasme, EBV, CMV, VIH…).

Les symptômes associés à la maladie sont la faiblesse musculaire, la paralysie motrice pouvant aller jusqu’à la paraplégie, des troubles sensoriels, des douleurs neuropathiques, une paralysie spastique, un épuisement, une dépression, des dysfonctionnements du rectum et de la vessie et des troubles sexuels. On ne sait pas quels symptômes présente le patient concerné. 

Revenant sur l’arrêt temporaire de l’essai, le Dr Anthony Fauci, chef de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses, a indiqué dans une interview sur CBS This Morning qu’un tel arrêt n’est « pas rare du tout ». La maladie n’est peut-être pas liée au vaccin et s’est produite au même moment mais « vous ne pouvez pas en présumer».

L’entreprise n’a pas souhaité fournir de calendrier concernant la procédure de vérification.

«Le comité́ nous guidera pour définir quand les essais pourront reprendre, afin que nous puissions poursuivre nos travaux dès que possible pour fournir ce vaccin à grande échelle, de manière équitable et sans profit pendant cette pandémie.», a déclaré Pascal Soriot, PDG d’AstraZeneca dans le communiqué de presse.

Pour rappel, un total de 30 000 participants devraient être recrutés pour l’étude de phase 2/3 – aux États-Unis, au Brésil, en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud. Les participants devraient recevoir soit 2 doses du vaccin, soit 2 doses de solution saline (placebo). L’essai a débuté le 17 août 2020 et devrait se poursuivre jusqu’au 2 décembre 2020. L’évaluation des donnés est prévue d’ici le 5 octobre 2022. Le vaccin d’Oxford, (pour Chimpanzee Adenovirus Oxford 1), est composé d’un adénorivus de chimpanzé modifié génétiquement qui est incapable de se répliquer. Les scientifiques ont introduit dans son génome la partie codante pour la protéine S du SARS-CoV-2 grâce à un plasmide. Le vaccin a été conçu à l’Institut Jenner de l’Université d’Oxford en Angleterre, en partenariat avec le laboratoire AstraZeneca.

Cet article a été publié initialement sur le site Medscape.com. Traduit et complété par Aude Lecrubier.

[1] Communiqué AstraZenaca. Déclaration sur le vaccin AstraZeneca Oxford SARS-CoV-2, AZD1222, et la pause temporaire des essais du vaccin COVID-19. 9 septembre 2020

Actualités Medscape © 2020 – Medscape – 10 sept 2020.




Cour des comptes : une part non négligeable des fraudes et irrégularités attribuées aux médecins

Medscape – Comme chaque année, la Cour des comptes a rendu son rapport sur la fraude sociale, quels que soient les organismes sociaux touchés : la caisse d’allocation familiale, Pôle emploi, la caisse vieillesse ou encore l’assurance maladie.

En 2019, établit la Cour, ces organismes ont détecté quelque 1 milliard d’euros de fraudes avérées ou suspectées, dont 287 millions d’euros pour la seule assurance maladie, 1,8 fois plus qu’en 2010.

« Pour l’assurance maladie, ce sont les professionnels et les établissements de santé et médico-sociaux qui concentrent une part prépondérante des montants de préjudice subis et évités, soit près de 80% du total en 2019 ».

La fraude, ajoute la Cour des comptes, porte sur les facturations d’actes médicaux et paramédicaux, les séjours en établissement de santé, les prestations et biens de santé fictifs ainsi que les surfacturations.

Si le préjudice subi par l’assurance maladie s’élève en 2019 à 287 millions d’euros, en revanche, les pertes estimées semblent être plus importantes, de l’ordre de 1 milliard d’euros.

Qui sont les fraudeurs ?

La question se pose : qui sont les fraudeurs ? Les activités fautives des professionnels de santé et établissements ne représentent que 20 % des cas versus 51 % pour les assurés. En revanche, en termes de préjudice financier, sur les 287 millions d’euros de fraude détectés par l’assurance maladie, les assurés en assument 60 millions soit 21% du total et les professionnels de santé 47,6% soit 136 millions. Les infirmiers libéraux sont à l’origine de l’essentiel des irrégularités des professionnels de santé : 29% soit 39,3 millions d’euros. Mais les médecins arrivent en deuxième position, avec 25% du montant total, soit 34,1 millions d’euros. Parmi les médecins, ce sont les spécialistes qui concentrent le plus de fraude avec 18% soit 6,5 millions, alors que les généralistes ne concentrent que 7%. Les chirurgiens-dentistes sont à l’origine de 15% du montant, et les masseurs kinésithérapeutes de 13%.

Qu’encourent les médecins et professionnels de santé fraudeurs ?

« À partir d’un certain seuil de préjudice, les caisses de sécurité sociale ont l’obligation de saisir le procureur de la République en se constituant partie civile. Depuis 2015, ce seuil est fixé à 8 plafonds mensuels de sécurité sociale, […] soit actuellement 27424 euros ». Mais les caisses de sécurité sociale recourent de moins en moins à l’action pénale. « Dans l’assurance maladie, le nombre de plaintes s’est contracté de près de moitié entre 2014 et 2018 (de 1 040 à 577), avant de remonter ponctuellement en 2019 (1 059 plaintes) », explique la Cour des comptes. En 2018, 148 peines d’emprisonnement ont été prononcées, dont 40 fermes. Le montant moyen des amendes prononcées était de 8081 euros. Mais il faut relativiser : les 733 condamnations prononcées en 2018 correspondent à moins de 1% des fraudes détectées.

L’assurance maladie peut aussi avoir recours aux sanctions ordinales. En 2018, la majorité des peines prononcées par les Ordres concernaient des interdictions provisoires d’exercer. Les interdictions définitives d’exercer touchaient 3% des cas traités, les simples avertissements ou blâmes 4%, et les rejets ou absence de sanctions 3% et 6% respectivement. L’assurance maladie peut aussi sanctionner en déconventionnant. En 2019, « 34 déconventionnements sont intervenus en 2019. La plupart concernaient des transporteurs sanitaires, des taxis conventionnés et des infirmiers ». Mais l’assurance maladie n’est pas le seul organisme à pouvoir déconventionner : entre 2010 et 2016, 317 déconventionnements de médecins ont été prononcés, dont les deux tiers par la justice ou les ordres.

Enfin, les caisses peuvent aussi infliger des sanctions administratives. « Les sanctions administratives consistent en des avertissements et en des pénalités financières, prononcées par les directeurs de caisses à la suite d’une procédure contradictoire, écrite et le cas échéant orale, avec la personne en cause ». « Le nombre d’avertissements (3 710 en 2019) a été multiplié par 2,5 depuis 2010 ; celui des pénalités (3 385 en 2019) par 2,9 », sans préciser si les médecins sont les plus visés parmi les professionnels de santé, par ces sanctions administratives.

Recommandations

Quelles sont les recommandations édictées par la Cour des comptes pour mieux contenir, à l’avenir, ces fraudes et irrégularités ? Pour ce qui concerne les professionnels de santé, en particulier les médecins, la Cour préconise diverses mesures. Elle souhaite que les prescriptions médicales soient obligatoirement dématérialisées y compris en établissement de santé. Elle propose aussi d’automatiser les contrôles des règles de compatibilité et de cumul des actes et prestations facturées et suggère que ces contrôles soient intégrés dans les logiciels de facturation des professionnels de santé. De la même manière, la facturation par professionnel de ville même salarié doit être individualisée, et les données d’horodatage des logiciels de facturation des professionnels de santé pourraient être consultées par les caisses d’assurance maladie. D’autres mesures plus drastiques sont envisagées, comme le déconventionnement d’office.

Actualités Medscape © 2020 WebMD, LLC  – 11 sept 2020.




Cannabis médical : l’expérimentation française prend du retard

En octobre 2019, l’actuel ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, alors député, présentait devant l’Assemblée nationale le texte qui allait devenir l’article 43 de la loi N°2019-1446 de financement de la Sécurité sociale pour 2020. 

Cet article donne notamment la possibilité à l’État d’autoriser, dans le cadre d’une expérimentation de politique publique, l’usage médical du cannabis sous la forme de produits répondant aux standards pharmaceutiques. Il s’agit de l’aboutissement de deux ans de réflexion menées en France sur la pertinence scientifique et les modalités d’accès à des produits pharmaceutiques à base de cannabis, destinés à des malades chroniques dont les souffrances ne peuvent pas – ou peu – être soulagées par d’autres moyens. 

L’expérimentation de cette solution devait débuter en septembre 2020. Malheureusement, l’épidémie de Covid-19, mais aussi de probables arbitrages politiques et administratifs, ont bouleversé son calendrier : en juin dernier, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a annoncé son report « au plus tard en janvier 2021 »

Expérimentation : mode d’emploi

Cette expérimentation concernera a minima 3000 patients souffrant de douleurs chroniques neuropathiques, de contractions musculaires douloureuses (chez des malades atteints de sclérose en plaques ou avec des lésions médullaires), d’épilepsies résistantes, de complications liées aux cancers et aux chimiothérapies, ainsi que des personnes en situation palliative.

Compte tenu des données scientifiques disponibles, la prescription de ces médicaments sera réservée à des patients pas – ou mal – soulagés par les thérapeutiques accessibles. Ce ne seront pas des médicaments de première intention, car ils n’ont pas démontré une efficacité équivalente ou supérieure aux médicaments existants. 

L’accès des patients à l’expérimentation se fera directement par les structures hospitalières spécialisées où ils sont soignés. Ce sont leurs personnels qui assureront les premières prescriptions. Les malades pourront aussi être adressés à ces structures dans certaines indications par leur médecin traitant. La dispensation de ces médicaments se fera soit par les pharmacies hospitalières soit par les pharmacies de ville.

Pour pouvoir que cette expérimentation puisse commencer rapidement, les médicaments utilisés seront fournis par des producteurs étrangers qui en proposent déjà, sous la forme de capsules, d’huiles ou de fleurs séchées en fonction des différentes indications retenues. 

En effet, la production française n’est pas encore possible, car la culture du cannabis à des fins médicales n’est pas autorisée.

Quel est le but de cette expérimentation ?

L’objectif principal de cette expérimentation n’est autre que de valider les circuits de prescription et de dispensation de tels produits. Ce qui n’a rien d’exceptionnel pour des professionnels de santé qui manient déjà d’autres médicaments stupéfiants au quotidien, dont certains plus à risque de dépendance voire de surdose. 

Elle sera aussi l’occasion, si des moyens financiers adaptés lui sont attribués, de former un plus grand nombre de médecins et pharmaciens, dans l’optique d’une généralisation de l’emploi de ces médicaments. Enfin, cette expérimentation permettra d’obtenir une évaluation scientifique complémentaire à grande échelle.

Il faut souligner également que, si la vocation de ce projet d’expérimentation est de permettre une généralisation de l’accès à ces produits aux standards pharmaceutiques, ce processus est totalement indépendant du sujet de la légalisation d’autres finalités d’usage du cannabis. Autrement dit, l’usage médical de cette substance n’a pas vocation à être le cheval de Troie d’une quelconque légalisation du cannabis à usage dit « récréatif », par exemple. 

Cette démarche ne doit pas dépendre non plus des arbitrages relatifs à l’autorisation de la culture du cannabis en France ni de la mise en place de productions françaises dédiées à ces premières prescriptions, au risque de prendre plusieurs années de retard.

Un décret d’application toujours en attente

De très nombreux pays européens expérimentent ces médicaments à base de cannabis, ou ont déjà autorisé leur utilisation. C’est notamment le cas du Luxembourg, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Suisse, de l’Irlande ou de la Grande-Bretagne. 

En France, l’accès aux médicaments contenant du cannabis thérapeutique a été jugé scientifiquement pertinent dès décembre 2018 par le premier comité scientifique de l’ANSM. Pourtant, deux ans plus tard, les produits aux standards pharmaceutiques à base de cannabis ne sont toujours pas accessibles aux patients.

En effet, si la loi a bien été adoptée, le décret d’application correspondant est attendu depuis plusieurs mois. Or, sans ce décret, il est impossible de mettre en œuvre cette expérimentation, car ces produits restent illicites, et l’étape cruciale de la sélection et de l’autorisation des médicaments qui seront prescrits aux patients ne peut être réalisée.

La question du financement de cette expérimentation de politique publique est également cruciale. Elle impliquera en effet des milliers de professionnels de santé qui devront être formés. Il faudra également financer l’achat des produits et dispositifs utilisés dans le cadre de ces essais. Or pour l’instant, aucun financement dédié ne semble prévu. Cette apparente absence de financement met la France en situation de dépendance face à des acteurs privés étrangers. Notre pays dépend de fait de leur bon vouloir de fournir gracieusement leurs produits et dispositifs médicaux.

Un retard qui questionne sur la volonté politique de mettre réellement en place cette expérimentation à grande échelle. Et ce, alors même que de nombreux patients en souffrance sont en attente de pouvoir essayer des solutions complémentaires dans le cadre d’un accompagnement médical, pour enfin soulager leurs maux chroniques et invalidants.

Pour en savoir plus :

– La foire aux questions de l’ANSM sur le cannabis médical.

– La tribune co-signée dans le quotidien Le Parisien par des membres du comité scientifique de l’ANSM travaillant sur l’accès au cannabis médical ainsi que de très nombreux représentants d’associations de patients et de sociétés savantes.




Plan de relance : les annonces à retenir pour le numérique en santé

 (TICsanté) – Le plan de relance de l’économie 2020-2022, baptisé France Relance et présenté le 3 septembre dernier en Conseil des ministres, est doté de 100 milliards d’euros (Md€), dont 6 Md€ dévolus au secteur sanitaire dans le cadre du Ségur de la santé, et, parmi ceux-ci, 3,5 Md€ consacrés au numérique.

Comment seront répartis les financements du numérique en santé ?

Les 6 Md€ issus du Ségur de la santé concernent en premier lieu la « transformation, la rénovation, l’équipement et le rattrapage numériques des établissements médico-sociaux » (2,1 Md€).

Dans un document disponible sur le site du gouvernement consacré au plan de relance, figurent plusieurs « exemples de projets » :

  • « équipements des établissements, en particulier publics, en petits équipements technologiques innovants à très forte valeur ajoutée pour les résidents et les personnels », dont des capteurs de détection de chutes
  • « investissements en matière numérique dans les champs du grand âge et du handicap pour développer des outils permettant de faciliter le quotidien des professionnels, la coopération entre les différents acteurs » dont un « dossier usager [DU, équivalent du DMP pour le secteur médico-social] informatisé et interopérable] », et « le pilotage de ces transformations comme levier d’efficience dans le fonctionnement des établissements sociaux et médico-sociaux (ESMS) ».

Cette enveloppe est « centralisée à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et gérée localement selon une organisation en cours de définition, avec trois sous-ensembles » : 300 millions d’euros (M€) sur 3 ans pour « l’équipement des établissements en petits équipements à haute valeur ajoutée », 600 M€ sur 6 ans pour la « transformation numérique » et 1,2Md€ sur 5 ans « pour l’investissement dans les projets bâtimentaires ».

En deuxième lieu, 1,4 Md€ seront consacrés à la « modernisation des outils numériques en santé et le rattrapage du retard dans l’interopérabilité d’un système informatique entre acteurs de santé pour permettre la transférabilité du dossier médical d’un patient et l’amélioration de son suivi tout au long du parcours de soins ».

Sont notamment cités comme exemples « l’intégration des prérequis techniques pour la modernisation, l’interopérabilité, la réversibilité et la sécurité des systèmes d’information de santé », le « soutien à la circulation des données de santé » et « l’accompagnement des acteurs par les opérateurs ». [En savoir plus]




La crise devrait accélérer la montée en puissance de l’Internet des objets

The Conversation – Premier grand foyer épidémique hors de Chine, la Corée du Sud déplorait fin août au moins 321 morts de la Covid-19 depuis le début de l’épidémie bien loin des dizaines de milliers de victimes comptabilisés dans nos hôpitaux. Même si l’épidémie connaît actuellement une reprise, la continuité de l’activité économique a été assurée pendant toute la crise. Rien d’étonnant donc à ce que ce pays ait été brandi comme modèle.

Le secret de cette redoutable efficacité ? Une approche préventive doublée d’un exploit technologique : un dispositif reposant sur une plate-forme (smart quarantine information system) associée à des systèmes connectés et alimentée par les données de santé des citoyens collectés via une application mobile dédiée. Mais le vrai succès est à attribuer à l’adhésion partagée des pouvoirs publics, des entreprises et du peuple coréen à une approche préventive.

Adhésion grandement facilitée par le traumatisme de la précédente épidémie à coronavirus, celle de MERS, qui avait frappé le pays en 2015. La crise actuelle a donc constitué un accélérateur du passage d’une société curative – subissant et réagissant a posteriori à des événements dont les dommages peuvent être au mieux atténués – vers une société préventive – qui s’organise pour éviter d’être prise au dépourvu. Ce qui, dans le cas coréen, indique que nous aurions tout à gagner à mettre en place une approche proactive.

Produire des bénéfices

Dans cette perspective, l’Internet des objets (Internet of Things, ou IoT) apparaît comme maillon essentiel d’un dispositif à vocation préventive. L’IoT désigne un système d’échange en temps réel d’informations collectées à partir de capteurs dont sont munis les objets (Things) comme les machines, les robots ou les téléphones.

D’où vient la puissance de ce système ? De la quantité massive de données (big data ou mégadonnées), de leur temporalité – elles sont fournies en temps réel – et de leurs croisements avec d’autres sources pour analyse par des algorithmes confèrent à l’IoT un grand pouvoir prédictif. Sans forcément recourir à des algorithmes très sophistiqués ; une simple règle logique (de type « si… alors ») peut suffire pour une action efficace (« Si la température s’élève à 39° et que l’individu a croisé une personne atteinte du virus au cours des 5 derniers jours, alors l’individu est très probablement contaminé, ce qui déclenche l’envoi d’un message »).

Une condition cependant : les solutions (de gestion de pandémie ou autres) fondées sur l’IoT n’ont de sens que si l’ensemble des acteurs – entreprises, individus et société – y trouvent un bénéfice.

Un moteur de la transformation digitale

Pour les entreprises, la crise incite à repenser tant les moyens de production que les business models. C’est l’opportunité d’adopter une nouvelle vision industrielle produisant en quantités limitées, voire à l’unité pour répondre aux besoins de personnalisation des clients, localement, tout en maîtrisant les coûts. Cette mutation s’insère dans une approche préventive via une production plus juste et plus proche des besoins, prévenant ainsi contre le gâchis de marchandises produites en masse.

Comment ? Encore une fois, en s’appuyant sur l’IoT. Ainsi la maintenance préventive, reposant sur l’implantation de capteurs connectés et d’algorithmes prédictifs, diminuerait les coûts de maintenance de 10 à 40 % et réduirait de moitié le nombre de pannes, d’après McKinsey.

La Covid-19 a également accéléré l’appropriation de nouvelles technologies digitales par les particuliers. Confinés, ils ont découvert multiples utilisations du numérique. Par exemple, Withings a proposé d’utiliser ses montres connectées et ses thermomètres connectés pour suivre l’état de santé des patients à distance. À Wuhan, les robots connectés ont permis de distribuer les médicaments des patients infectés.

Encore bien timide avant la crise, l’adoption des objets connectés devrait accélérer et notamment booster le secteur de l’e-santé. La transformation digitale des particuliers devrait permettre un traitement préventif plus efficace des maladies et en particulier des maladies chroniques : diagnostics améliorés, fréquence de suivi augmentée, données additionnelles collectées.

Par exemple, grâce au glucomètre connecté, un diabétique peut savoir en temps réel quand il doit prendre son traitement. Le bénéfice : les patients gagnent en responsabilisation et en autonomie. Les technologies connectées ont également un intérêt pour le maintien des personnes âgées à domicile – ce qui pourrait éviter de nouvelles hécatombes en Ehpad à l’avenir.

Un outil de gestion publique

Enfin, grâce à l’IoT, les pouvoirs publics ont la possibilité de mener leur mission d’intérêt général de manière plus efficiente. Les villes connectées (smart cities), en première ligne dans la gestion de la crise sanitaire, ont aussi à y gagner dans d’autres domaines. Un exemple, celui des transports : le déploiement de capteurs connectés dans la ville permettrait de réduire le temps de trajet en voiture, de réduire les accidents et de rendre plus attractifs les transports en commun.

Nous avons donc toutes les raisons d’être optimistes sur la généralisation de l’IoT dans les espaces publics et privés afin d’accélérer notre passage vers une société de la prévention. Une première condition de réussite est celle de l’adoption massive des objets connectés. Toutefois, la création de valeur produite par l’IoT ne garantit pas à elle seule leur adoption. D’autres mouvements – déjà en cours – doivent s’accélérer pour créer un climat de confiance et en particulier un mouvement éthique et géopolitique.

Une seconde condition réside dans la mise en place de garde-fous. L’IoT ne mène-t-il pas à une société de la surveillance, liberticide, dans laquelle l’individu n’aurait plus de contrôle sur ses données personnelles ? Pour éviter cela, les procédures de collecte et d’utilisation de ces données devront être rigoureuses, transparentes et honnêtes – en Corée du Sud, des questions demeurent même si des lois restrictives proches du règlement général sur la protection des données (RGPD) européen encadrent l’usage des données.

Enfin, plus que jamais, il paraît nécessaire d’instaurer une souveraineté numérique européenne pour ne pas dépendre des fournisseurs de plates-formes.

Cet article est tiré de l’Impact paper publié dans le livre blanc de l’ESCP intitulé « Managing a post-Covid19 Era » (mai 2020).




Covid : AstraZeneca suspend l’essai clinique de son vaccin

Les Echos – Le groupe anglo-suédois a suspendu les essais de phase III de son vaccin contre le Covid-19, après qu’un des participants est tombé malade de façon inexpliquée. Plusieurs pays européens, dont la France, avaient signé un contrat avec AstraZeneca pour se procurer des centaines de millions de doses de ce vaccin.

AstraZeneca s’interrompt dans sa course au vaccin. Le groupe anglo-suédois a annoncé mardi avoir suspendu l’essai clinique de son vaccin contre le Covid-19 après qu’un des participants a contracté une affection inexpliquée.

Le vaccin, parmi les plus avancés, est actuellement en phase III des essais cliniques, qui permet d’en tester les bénéfices et les risques sur un grand nombre de participants. « Notre processus de vérification standard a été déclenché et nous avons volontairement suspendu les vaccinations pour permettre à un comité indépendant de procéder à l’examen des données de sécurité », a déclaré la porte-parole du groupe pharmaceutique britannique, Michele Meixell.

L’essai – qui porte sur un vaccin contre le Covid-19 développé par AstraZeneca en collaboration avec des chercheurs de l’Université d’Oxford – se déroule dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, où l’affection a été signalée. Aucun détail n’a été donné concernant la nature de cette affection, ni le moment où elle s’est déclenchée. [En savoir plus]




Coronavirus : bientôt des tests PCR sur votre lieu de travail en 30 minutes

Les Echos – Installée près de Caen (Calvados), la jeune entreprise propose une solution d’analyse rapide du Covid-19, sans passer par un laboratoire. Elle vient d’obtenir l’autorisation de commercialisation et mène des discussions avec de grands groupes français.

Après des mois de recherches, l’heure est à la commercialisation d’un nouveau kit d’analyse PCR. Conçu en quelques mois dans les laboratoires de Loop Dee Science, start-up normande spécialisée en biotechnologie et experte en ADN, le test de détection rapide en biologie moléculaire du Covid-19 permet l’obtention d’un résultat en 30 minutes environ là où se trouve le patient testé.

Créée en 2017, à Hérouville-Saint-Clair, aux portes de Caen, l’entreprise normande vient de recevoir le marquage CE de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), autorisant une mise sur le marché.

« Le coeur de nos recherches est d’externaliser l’analyse laboratoire vers le terrain directement. Nous étions en train de travailler avec des vétérinaires pour l’automatisation des analyses de coronavirus, sur le chien notamment. Depuis janvier, nous avons réorienté nos travaux », explique Louis-Marie Rocque, cofondateur et président de Loop Dee Science.

Pour d’autres virus aussi

Réalisé avec le concours du laboratoire de virologie du CHU de Caen et la société Eldim , spécialisée dans les équipements de mesure, sous-traitante d’Apple et implantée, elle aussi, à Hérouville, l’appareil se veut un outil de diagnostic facile d’emploi. « Nous ne sommes pas concurrents mais complémentaires des laboratoires. Ces outils déportés vont dans le sens de l’innovation », ajoute le fondateur. [En savoir plus]




Formes sévères de Covid-19 : faut-il renforcer l’anticoagulation ?

Medscape – Une nouvelle étude menée par une équipe du CHRU de Strasbourg montre que, malgré une anticoagulation prophylactique ou thérapeutique, 44 % des patients admis en soins intensifs pour un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) lié au Covid-19 présentent des complications thrombotiques [1]. Faut-il, en conséquence, renforcer l’anticoagulation dans les formes sévères de Covid-19, comme le suggèrent les auteurs? Nous avons demandé l’avis du Pr Jean-Philippe Collet (Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, AP-HP, Paris).

Au cours de l’épidémie de Covid-19, plusieurs études ont montré que les patients atteints par le SARS-CoV-2 sont confrontés à un risque élevé de complications thromboemboliques, en particulier dans les formes les plus graves, généralement liées à la formation de micro-thromboses. Un taux d’embolie pulmonaire de 23 % a ainsi été rapporté par le CHU de Besançon chez des patients hospitalisés avec des difficultés respiratoires liées à l’infection.

Pour atténuer ce risque, qui semble essentiellement lié au développement d’une réponse inflammatoire excessive, des recommandations ont été émises, à un niveau international, mais aussi national, avec des propositions conjointesdu Groupe d’étude sur l’hémostase et la thrombose (GEHT) et du Groupe d’intérêt en hémostase préopératoire (GIHP). Celles-ci décrivent les situations cliniques justifiant la prescription d’un traitement anticoagulant à visée curative ou prophylactique.

D-dimères et fibrinogène élevés

Dans l’étude multicentrique menée par le Dr Julie Helms et ses collègues du CHRU de Strasbourg, l’analyse porte sur les données 150 patients présentant un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA)  en lien avec le CCovid-19. Parmi eux, 44 % (n = 66) ont présenté des complications thrombotiques au cours de leur séjour en soins intensifs, malgré une anticoagulation prophylactique ou thérapeutique.

Parmi les patients ayant bénéficié d’une angiographie pulmonaire suite à une aggravation respiratoire ou à une augmentation des D-dimères, 25 % ont eu une embolie pulmonaire. Par ailleurs, la quasi-totalité des patients mis sous épuration extrarénale ont présenté une thrombose de cathéter, tandis que chez ceux placés sous oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO), des occlusions thrombotiques de la pompe centrifuge ont été observées.

À l’inclusion, 95 % des patients avaient des niveaux de D-dimères et de fibrinogène élevés, alors que les plaquettes, les temps de prothrombine et de céphaline activée (TCA) et l’activité de l’antithrombine, étaient dans la normale pour la grande majorité.

Les auteurs suggèrent, par conséquent, de renforcer l’anticoagulation chez les patients atteints de formes graves de Covid-19. Interrogé par Medscape édition française, le Pr Collet estime que cette perspective n’apparait pas la plus adaptée pour des patients qui présentent déjà un risque hémorragique élevé.

Medscape édition française: Que pensez-vous des résultats de l’équipe strasbourgeoise et de la proposition d’accentuer le traitement par anticoagulant ?

Pr Jean-Philippe Collet : Ces résultats reflètent bien ce que l’on a progressivement observé dans notre service de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. On a eu beaucoup de complications thrombotiques et en particulier des embolies pulmonaires chez nos patients Covid-19. Lorsque l’angioscanner pulmonaire est devenu plus systématique pour rechercher ce type de complications, on a pu constater que parmi les patients hospitalisés pour Covid, un sur cinq présente une embolie pulmonaire asymptomatique. Nous avons donc mis en place une stratégie basée sur un traitement par anticoagulant afin de réduire le risque de thrombose.

Pour autant, il n’est pas sûr qu’augmenter les doses soit la solution, comme le suggère l’équipe de Strasbourg. Le risque hémorragique est déjà élevé chez ces patients traités par héparine. On observe des saignements sur les canules [utilisées pour l’oxygénation par membrane extracorporelle et la trachéotomie] et des hémorragies intra-alvéolaires plus fréquentes. Sans compter qu’ils présentent souvent des atteintes rénales liées à l’infection, ce qui majore le risque hémorragique et rend difficile la surveillance biologique dans un contexte d’inflammation majeure.

Quelles sont alors les pistes thérapeutiques pour réduire ce risque thromboembolique qui reste, malgré tout, encore très élevé?

Pr Collet : Il faut se focaliser sur la réaction inflammatoire excessive à l’origine de la formation de ces micro-thromboses et tenter de la réduire au maximum. Pour contrecarrer l’orage cytokinique, la dexaméthasone a montré un effet, tout comme certains inhibiteurs spécifiques de la réponse inflammatoire, tels que les anti-compléments et les anti-IL1. Une autre option est de réduire les niveaux de cytokines, impliquées dans le processus inflammatoire, en utilisant, par exemple, les colonnes d’hémoperfusion avec charbon actif, dans laquelle le sang est mis en circulation, ce qui permet l’absorption des protéines inflammatoires. Il s’agit d’une approche déjà utilisée pour atténuer la réponse inflammatoire dans le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) lié au choc cardiogénique.

Quel protocole de soins avez-vous mis en place dans votre centre pour réduire ce risque thromboembolique?

Pr Collet : Au plus fort de l’épidémie, la situation était compliquée, avec l’arrivée à l’hôpital de nombreux patients qui présentaient des D-dimères élevés et des concentrations en fibrinogène pouvant atteindre 10 à 12 g/L. Il fallait trouver un moyen d’adapter la prise en charge pour réduire le risque thromboembolique, en fonction de la gravité des formes de COVID-19, tout en gardant une approche pragmatique pour faciliter les soins dans un contexte très tendu.

Les patients présentant une défaillance respiratoire, hospitalisés en unité intermédiaire, ou ceux avec un taux de fibrinogène > 6 g/L et un IMC> 40, recevaient de l’énoxaparine à dose curative (1mg/kg), matin et soir, en sous-cutané. Pour les patients admis en salle avec un état moins préoccupant, nous utilisions un traitement prophylactique classique (énoxaparine 0,4 mg/j). Dans le cas des patients ambulatoires atteints de COVID et confinés, nous préconisions pour les plus à risque, les anticoagulants oraux directs (AOD) à faible dose (apixaban 2,5mg 2x/j) compte tenu de la difficulté d’avoir une infirmière à domicile pour effectuer les injections sous cutanée et assurer une surveillance.

Les recommandations ont-elles été utiles dans la mise en place de cette stratégie? Avez-vous pu évaluer son efficacité?

Pr Collet : Nous n’avons pas encore eu le temps d’évaluer l’efficacité de notre approche. Il fallait faire vite, trouver un moyen de réduire le risque de thrombose, de manière pragmatique.

Nous avons essayé d’appliquer les recommandations du GEHT/GIHP, mais avec difficulté compte tenu de la charge de travail et de l’absence de possibilité de les appliquer en ambulatoire dans le contexte de la prise en charge des patients Covid-19 en pleine épidémie. En ce qui concerne les recommandations internationales, elles incitent à prescrire un traitement préventif contre le risque thrombotique, mais restent trop généralistes.

Chacun a dû composer en urgence, alors qu’il était difficile de savoir comment la situation allait évoluer. Plusieurs essais ont été mis en place pour évaluer les différentes approches pour prévenir et traiter la maladie veineuse thromboembolique (MVTE) chez les patients Covid, mais les résultats ne sont pas encore connus à ce jour.

[1] Helm J, Tacquart C, Severac F, High risk of thrombosis in patients with severe SARS-CoV-2 infection: a multicenter prospective cohort study, Intensive Care Medicine, juin 2020, 46(6):1089-1098.

Actualités Medscape © 2020 – 8 sept 2020.




Vers un consensus international sur la définition de la mort cérébrale

Medscape – Comment faire accepter dans le monde entier la notion de mort cérébrale et ses conséquences ? Un premier pas avec une définition unanimement acceptée peut permettre de faire évoluer les systèmes législatifs.

Avec le soutien de 35 sociétés savantes de réanimation et de neurochirurgie

Alors que le concept de mort cérébrale a vu le jour à la fin des années 1960, formalisant la notion de coma dépassé décrit pour la première fois en 1959, il n’existait pas jusqu’à la publication de l’équipe du Dr Gene Sung (Los Angeles, Etats-Unis) de définition internationalement admise. Il faut dire qu’outre la spécificité clinique et para-clinique de cet état, la mort cérébrale fait l’objet de débats juridique et religieux véhiculant des idées parfois fausses sur l’une des questions les plus controversées eet fondamentales de la médecine.

L’article, publié récemment dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), expose les normes cliniques minimales de mort cérébrale chez les adultes et les enfants, assorties de directives claires répondant à différentes situations cliniques [1]. Fondé sur une analyse documentaire approfondie et la contribution d’experts multidisciplinaires internationaux, ce travail a reçu le soutien de 35 sociétés savantes de réanimation et de neurochirurgie. Cette réflexion peut servir à élaborer des lois qui ne seront jamais identiques selon le pays, puisque les bases législatives, qui ont pour finalité de défendre les citoyens, diffèrent avec la tradition, la jurisprudence, les lois fondamentales, le pouvoir législatif…

Les auteurs insistent avant tout – en raison des conséquences possibles du diagnostic – sur la nécessité de reconnaître un état clinique possible de mort cérébrale. D’une part, il est essentiel d’analyser l’histoire clinique, l’étiologie et d’éliminer des états qui peuvent mimer un état de mort cérébral (hypothermie, hypotension, utilisation de certains médicaments..). Lorsqu’ils sont réalisables (dans les pays qui disposent d’un équipement suffisant, des examens de neuro-imagerie (mettant en évidence une hypertension intracrânienne, un œdème cérébral ou une déviation des structures médianes) ou une mesure de la pression intracrânienne (PIC équivalente ou supérieure à la pression artérielle moyenne PAM) doivent être proposés.

Apprécier les réflexes neurologiques indispensables à la vie

Après un délai variable (d’au moins 24 h en cas d’anoxie cérébrale), il faut réaliser une série de tests cliniques destinés à apprécier les réflexes neurologiques indispensables à la vie et qui démontrent l’existence d’un coma, d’une aréflexie du tronc cérébral et d’une non-réponse à l’apnée :

  • Absence de preuves d’éveil ou de reprise de conscience après application d’une stimulation externe maximale (nociceptive, visuelle ou auditive) ;
  • Pupilles intermédiaires ou en mydriase aréactives à la lumière ;
  • Absence de réflexes cornéens, occulo-céphalogyres et occulo-vestibulaires ;
  • Absence de mouvements à la stimulation douloureuse du nerf facial ;
  • Absence de réflexe de bâillement à la stimulation pharyngée postérieure bilatérale ;
  • Absence de reflexe de toux à l’aspiration trachéale profonde ;
  • Absence de reflexe moteur à la stimulation douloureuse des extrémités des membres ;
  • Pas de reflexe de respiration aux tests d’apnée (pH < 7,30 et PaCO2 > 60 mmHg).

En l’absence de possibilité de tester tous les signes cliniques de mort cérébrale, il est aussi possible de pratiquer des mesures du débit sanguin cérébral (artériographie, angiographie avec utilisation de radio-nucléotides scintigraphie de perfusion, doppler transcrânien, angiographie numérisée, IRM injectée) ou des tests électrophysiologiques (EEG, potentiels évoqués somesthétiques, potentiels évoqués auditifs ou visuels).

Un chapitre détaillant les spécificités de la mort cérébrale des patients sous ECMO complète le travail d’analyse de la littérature.

Identifier un cadre commun minimal

L’existence de critères stricts de la mort cérébrale ne garantissent pas une transposition uniciste dans les différents cadres légaux. La loi, les règlements ne vont pas de soi : ils sont le fruit d’une évolution historique et de conditions sociales particulières. A l’échelle mondiale, on comprend que les variations culturelles, les sources juridiques d’origines différentes, rendent difficile une unification dans la législation. Tout l’enjeu de cette réflexion est donc d’identifier un cadre commun minimal à partir duquel, dans un premier temps, il sera possible de poser des principales applicables sans conflits et, dans un deuxième temps, de proposer un droit commun indiscutable.

[1] Greer D, Shernie S, Lewis A et coll. Determination of Brain Death/Death by Neurologic Criteria The World Brain Death Project. JAMA. doi:10.1001/jama.2020.11586

Actualités Medscape © 2020 – 8 sept 2020.




FA : baisse de 47 % des nouveaux diagnostics pendant le confinement au Danemark

L’incidence de nouveaux cas de fibrillation auriculaire (FA) a diminué de près de moitié au cours des trois premières semaines de confinement dû au Covid-19 au Danemark, selon de nouvelles données publiées dans l’European Heart Journal [1]. Quelles en sont les raisons ? Comment faire en sorte de bien prendre en charge les patients même par temps de pandémie.

Une baisse de 47%

Pendant la quarantaine, il a été demandé aux patients de ne se faire soigner qu’en cas d’urgence et de toujours appeler à l’avance, ce que certains patients souffrant de FA ont peut-être mal interprété en pensant qu’ils devaient faire abstraction des symptômes légers à modérés et ne pas se faire soigner, a déclaré le Dr Anders Holt de l’hôpital universitaire Herlev et Gentofte de Copenhague dans un courriel à Reuters Health.

« Étant donné que la FA non traitée est associée à un risque d’accident vasculaire cérébral en particulier, cela pourrait être associé à des dommages collatéraux en parallèle de la pandémie de Covid-19. À mon avis, les médecins ont la responsabilité de rétablir l’accès facile à une consultation avec un médecin – même lorsque le patient considère que les symptômes sont légers », a déclaré le Dr Holt.

Avec ses collègues, il a analysé les données du registre danois relatives à tous les adultes ayant reçu un diagnostic de FA au cours des premiers mois de 2019 et 2020, et a comparé l’incidence de la FA, les caractéristiques des patients et les résultats durant la période de confinement du 12 mars au 1er avril 2020 et durant la même période de trois semaines en 2019.

Les ratios du taux d’incidence de la FA durant la première, la deuxième et la troisième semaine de confinement par rapport à l’année précédente étaient respectivement de 0,66, 0,53 et 0,41. Le nombre total de diagnostics au cours de la période de trois semaines est passé de 1 053 en 2019 à 562 en 2020, soit une baisse de 47%.

Quelles explications ?

Les auteurs ont constaté que les patients ayant reçu un diagnostic de FA en 2020 étaient plus jeunes, avaient un score CHA2DS2-VASc moyen plus faible et étaient plus susceptibles d’avoir des antécédents de cancer, d’insuffisance cardiaque ou de maladie vasculaire. Trente patients (5,3%) ont eu un accident ischémique cérébral et 15 sont décédés (2,7%), versus 45 (4,3%) et 14 (1,3%) des patients diagnostiqués en 2019. Le rapport de cotes ajusté pour l’accident ischémique cérébral ou le décès toutes causes confondues était de 1,41 pour les patients diagnostiqués pendant le confinement par rapport à ceux diagnostiqués en 2019.

« Il pourrait y avoir d’autres explications à la baisse des nouveaux cas de FA : une baisse « réelle » en raison de l’isolement social, d’une moindre transmission des maladies infectieuses, de moins de stress, etc., et nous n’avons pas tenu compte des patients qui sont diagnostiqués par leur médecin généraliste et traités de manière appropriée », a déclaré le Dr Holt.

« Je pense que la question intéressante est de savoir comment nous nous préparons et comment nous gérons une deuxième vague de Covid-19, et de nouveaux confinements probables – ce qui semble avoir déjà commencé dans certaines grandes villes du monde », a-t-il ajouté.

Fournir les mêmes soins de santé de haute qualité aux patients

« Les patients devraient toujours avoir la possibilité et être encouragés à consulter un médecin s’ils ont l’impression que quelque chose ne va pas, un appel téléphonique ou une vidéo-conférence devrait suffire pendant une pandémie », a déclaré le Dr Holt. « En ce qui concerne spécifiquement la FA, il devrait être possible d’établir une sorte de procédure de dépistage avec un minimum de contacts hospitaliers et personnels pour s’assurer que les patients soient diagnostiqués et traités en conséquence ».

Le Dr Carina Blomstrom-Lundqvist, de l’université d’Uppsala en Suède, a écrit un éditorial publié quelques jours après la mise en ligne de l’étude.

« Je pense que nous avons appris de l’étude danoise et d’autres études que les patients en général et en particulier ceux dont la FA était jusqu’alors non diagnostiquée ne cherchent pas à se faire soigner à moins qu’ils ne présentent d’autres états pathologiques qui entraînent des symptômes plus sévères », a-t-elle déclaré à Reuters Health dans un courriel.

« Nous devons fournir les mêmes soins de santé de haute qualité aux patients qui ne sont pas touchés par une pandémie », a ajouté le Dr Blomstrom-Lundqvist. « Nous devons veiller à ne pas donner le mauvais message à la communauté et aux patients, à savoir qu’ils doivent s’abstenir de recourir à des soins médicaux sauf en cas de nécessité urgente. Ils ne peuvent pas juger eux-mêmes quand il y a urgence. Des symptômes vagues peuvent être les signes d’une maladie qui peut nécessiter un traitement rapide ».

[1] Holt A, Gislason GH, schou M et al. New-onset atrial fibrillation: incidence, characteristics, and related events following a national COVID-19 lockdown of 5.6 million people European Heart Journal 2020, https://doi.org/10.1093/eurheartj/ehaa494

Reuters Health Information © 2020 Reuters Ltd. Medscape – 7 sept 2020.

Cet article a été initialement publié sur MediQuality, membre du réseau Medscape.




Pénurie de médicaments : faut-il s’inquiéter des hypnotiques avec des étiquettes en mandarin ?

Medscape – Des produits d’anesthésie en provenance de Chine avec des étiquettes incompréhensibles pour ceux qui ne lisent pas le mandarin… Angoissante réalité de certains blocs opératoires français.

Un état de fait dénoncé par plusieurs tweets du collectif Inter-Blocs qui s’inquiète pour la sécurité des patients et la responsabilité des soignants à injecter des produits dont ils sont incapables de lire la notice.

Le midazolam, un hypnotique sédatif, et le propofol, un agent anesthésique hypnotique, sont les deux spécialités concernées. Le collectif infirmier fournit des preuves en photo : 25 août, deux photos – une boîte de midazolam et une autre de propofol – avec une notice en chinois. 28 août, une photo d’une boîte de midazolam en turc cette fois.

« Depuis le mois de juin, nous avons des remontées du terrain, notamment des infirmiers de bloc. Cela concerne le secteur public comme le secteur privé, et principalement le Sud de la France, l’Occitanie et le Grand Est. » indique Grégory Chakir. Le porte-parole du collectif Inter-Blocs craint que l’importation de ces produits, moins chers pense-t-il, soit en train d’être pérennisée. Via Twitter, il interpelle le ministre de la Santé pour y voir plus clair. 

Grégory Chakir rappelle qu’il existe toujours des tensions sur les masques, les gants et les surblouses.

Pénurie liée à la première vague de Covid-19 

« On a voulu se réapprovisionner très vite en cas de deuxième vague de Covid-19 et une partie des médicaments avait des étiquettes en chinois non-traduites. Des collègues ont reçu aussi des médicaments turcs » témoigne le Dr Dominique Savary (urgentiste, réanimateur, CHU d’Angers), qui tient un blog sur le site de Medscape édition française.

Lors du pic de la pandémie de Covid-19, les hôpitaux ont en effet dû faire face à des pénuries de médicaments, en premier lieu des anesthésiants et des hypnotiques utilisés dans les services de réanimation qui accueillaient alors les malades atteints de Covid-19. Les fabricants ont été sollicités en même temps par tous les pays européens. Un afflux de demandes auquel ils n’ont pas pu répondre. « Tout ceci a abouti à la nécessité de se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement » rappelle le Pr Eric Maury (réanimateur médical, Hôpital Saint-Antoine, Paris), président de la Société de réanimation de langue française (SRLF). Dans son service, du propofol provenant du Japon avec notice en japonais a été temporairement utilisé.

Pendant la crise sanitaire, et jusqu’à la mi-juillet, la SRLF a participé à des réunions fréquentes, quasi-hebdomadaires, avec la Direction générale de la Santé (DGS). D’après Eric Maury, si lors de ces réunions la décision de procéder à des commandes en Chine avait bien été prise, le problème des étiquettes et des notices avait été ensuite abordé avec l’arrivée des premiers lots et une solution avait été proposée.

« Les lots arrivés de Chine avec des étiquettes et des notices non-traduites auraient dû être ré-étiquettés, comme le ministère de la Santé s’était engagé à le faire au début de l’été quand le problème a été identifié. Peut-être qu’il y a eu des ratés et certains lots non-traduits sont encore en circulation », explique le Pr Maury qui assure qu’aujourd’hui les services de réanimation disposent de stocks pour six semaines. Pour lui, le recours à des sources alternatives d’approvisionnement était lié à l’urgence et n’a pas vocation à durer. « Pour moi, c’est même du passé », ajoute-t-il.

Sécurité et responsabilité

La question de la sécurité et de la responsabilité vis-à-vis de produits à la notice en langue étrangère se pose. Elle a été soulevée par le collectif Inter-Blocs. Grégory Chakir rappelle que l’infirmier ou le médecin qui injecte un produit est responsable de son geste. Une responsabilité difficile à prendre lorsqu’on est incapable de lire les instructions d’utilisation.

« Cela reste les mêmes dosages et les mêmes règles de dilution, le même aspect aussi. Et de mon expérience, il y avait toujours le nom générique en écriture latine sur les produits en cause » rassure Dominique Savary qui souligne toutefois qu’il faut rester très concentré et précautionneux lors de leur utilisation.

Actualités Medscape © 2020 WebMD, LLC




Prolongation des certifications délivrées par la HAS aux logiciels d’aide à la prescription

Un décret publié le 27 août au Journal officiel (JO) prolonge la validité des certifications délivrées par la Haute autorité de santé (HAS) aux logiciels d’aide à la prescription (LAP), « jusqu’à l’expiration d’un délai de quatre mois, à compter de la publication des nouveaux référentiels » et « au plus tard, jusqu’au 1er octobre 2021 ».

En attendant la publication au JO des référentiels de la HAS établis en application des dispositions du décret du 20 août 2019, et, « au plus tard, jusqu’au 1er octobre 2021 », les décisions de certification des LAP « sont rendues sur la base d’une procédure de certification établie et rendue publique par la HAS », a souligné l’article 3 du décret publié au JO.

Le référentiel établi par la HAS doit ainsi prévoir:

  • « des exigences minimales de sécurité, portant notamment sur l’absence de toute information étrangère à la prescription et de publicité de toute nature ainsi que sur sa qualité ergonomique
  • des exigences minimales de conformité de la prescription aux dispositions réglementaires et aux règles de bonne pratique de la prescription médicamenteuse
  • des exigences minimales d’efficience assurant la diminution du coût du traitement à qualité égale
  • la prescription en dénomination commune
  • une information sur le médicament issue d’une base de données sur les médicaments agréée par la HAS
  • des informations relatives au concepteur du logiciel et au financement de l’élaboration de ce logiciel ».

Les organismes certificateurs « transmettent la décision de certification, concomitamment à l’éditeur du logiciel, à la HAS et à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.(ANSM) », est-il également indiqué dans le texte.

Cette certification est délivrée pour une durée couvrant uniquement la période de transition, c’est-à-dire jusqu’à la publication de nouveaux référentiels et au plus tard jusqu’au 1er octobre 2021, est-il précisé. La HAS peut demander copie des rapports d’audit ayant servi à la certification rédigée par les organismes certificateurs. « Ces organismes les lui transmettent dans un délai d’un mois suivant sa demande », complète le décret.

L’article 49 de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2019 a supprimé le caractère obligatoire de la procédure de certification des logiciels d’aide à la prescription et à la dispensation (LAP/LAD) qui peut, néanmoins, « être demandée par les éditeurs » pour des logiciels dont au moins une des fonctionnalités propose une aide à la prescription et à la dispensation, rappelle-t-on.

La HAS a, elle, ouvert le 18 août une consultation sur une proposition de référentiel de certification par essai de type des LAP. [En savoir plus]




Sanofi entre à son tour dans la course aux essais cliniques pour son vaccin sur le Covid-19

Les Echos – Le groupe français, associé à GSK, annonce le démarrage d’un premier essai clinique de son vaccin. Les Etats-Unis misent sur une parade efficace au coronavirus dès novembre.

Le coup d’envoi est donné pour Sanofi et GSK qui annoncent le lancement du premier essai clinique avec leur candidat vaccin contre la Covid-19. Il s’agit d’un essai de Phase I/II, contre placebo, dont le but est d’évaluer le profil de sécurité, la tolérance et la capacité à susciter une réponse immunitaire. Cet essai inclura au total 440 adultes en bonne santé, provenant de 11 sites aux Etats-Unis.

Le candidat vaccin, développé par le laboratoire français en partenariat avec le groupe britannique, repose sur une technologie à base de protéine recombinante déjà employée par Sanofi afin de produire un de ces vaccins contre la grippe saisonnière, le FluBlock, à laquelle s’ajoute un adjuvant mis au point par GSK, afin d’en améliorer l’efficacité.

Résultats début décembre

Les premiers résultats sont attendus au début du mois de décembre 2020, et l’essai de phase III pourrait commencer aussitôt après. Si les données sont suffisantes une demande d’homologation devrait être présentée dans le courant du premier semestre de 2021.

Le vaccin de Sanofi est le deuxième vaccin contre le Sars-Cov-2 à base de protéine recombinante à entrer en essai clinique. Celui de J & J a démarré fin juillet, sur plus de 1.000 personnes aux Etats-Unis et en Belgique. Comme pour celui de Sanofi, la technologie de ce vaccin a déjà fait ses preuves avec la mise au point de vaccins contre Zika et Ebola. [En savoir plus]




Covid-19 – Stratégie : Au cœur de votre cabinet

Chère consoeur, Cher confrère,

A l’heure de la reprise, nous avons axé notre première circulaire de rentrée autour de la Covid-19 et ses impacts sur votre activité au quotidien. Aujourd’hui, nous partons au cœur des enjeux stratégiques du cabinet médical et vous proposons les temps forts de notre organisme de formation FormatCoeur .

Stratégie : Optimiser sa pratique au quotidien au cœur de son cabinet

Nombreux sont les cabinets de cardiologie en France qui font état de délais de rendez-vous de plus en plus longs, et l’épidémie de la Covid-19 n’a fait qu’aggraver les choses. Les tensions sont de plus en plus importantes sur les secrétariats face à la demande croissante de rendez-vous pour réussir à conserver un accès aux soins cardiologiques pertinent.

Soucieux de tendre vers une meilleure qualité de vie au travail, en adaptant au mieux certains modes d’organisation tels que la gestion de l’agenda, la tenue du secrétariat ou le recours à la télémédecine, le Syndicat National des Cardiologues vous propose de répondre à ce sondage en quelques minutes, cliquez ici :

Cliquez ici vers le sondage

Ce sondage a pour vocation de mieux comprendre l’exercice de chacun et proposer ainsi des réponses spécifiquement adaptées à votre exercice. Elaboré en collaboration avec la société Stargen c’est l’occasion pour chacun d’entre nous de prendre le recul nécessaire et de réfléchir à notre propre organisation de travail.

Se former et s’informer de chez soi avec FormatCoeur

C’est la rentrée ! Nous vous invitons à parcourir le programme des prochaines formations via le lien suivant :

Tout le programme de FormatCoeur

En attendant, voici deux temps forts de ce programme à retenir dès maintenant :

Mercredi 23 septembre – 20h00
Visioconférence avec Atul Pathak
« Tout ce que vous voulez savoir sur la Covid-19 sans jamais oser le demander »

N’hésitez pas à poser vos questions à ce sujet à contact@sncardiologues.fr

Mercredi 14 octobre – 20h00 
Visioconférence avec Thierry Lardenois, directeur de la CARMF
« Impact du Covid sur votre retraite »

Soutenez-nous, rejoignez-nous en adhérant au Syndicat National des Cardiologues !

Confraternellement.

Docteur Marc Villacèque. Président du Syndicat National des Cardiologues




Les statines associées à une baisse de la mortalité dans l’infection Covid-19 ?

Medscape – Le traitement par statine serait associé à une baisse de 30% des évolutions sévères ou mortelles de la maladie Covid-19, selon une méta-analyse de quatre études qui a colligé les données de près de 9000 patients. Les résultats sont parus dans l’édition en ligne de l’American Journal of Cardiology le 11 août[1].

« Il est peut-être temps que nous nous concentrions sur les statines en tant qu’options thérapeutiques potentielles chez les patients Covid-19 », ont indiqué les auteurs, le Pr Syed Shahzad Hasan (Université de Huddersfield, Royaume-Uni) et Chia Siang Kow (Université de Kuala Lumpur, Malaisie), dans un commentaire envoyé par email à Medscape Medical News.

Des données de moyenne et de bonne qualité

L’analyse a inclus quatre études publiées jusqu’au 27 juillet de cette année. Les études éligibles étaient des études de cohorte ou cas-témoins, les patients recrutés avaient une maladie Covid-19 confirmé et des données disponibles permettant de comparer, après ajustement, le risque de maladie grave et / ou de mortalité parmi les utilisateurs de statines et les non-utilisateurs.

Les quatre études – une de qualité « modérée » et trois de «bonne» qualité – ont inclus un total de 8 990 patients atteints de Covid-19.

Dans l’analyse poolée, le risque de maladie Covid-19 mortelle ou sévère était abaissé de 30 % avec l’utilisation de statines par rapport à la non-utilisation de statines (RR groupé, 0,70; IC à 95%, 0,53 – 0,94).

Ces données contredisent l’idée selon laquelle les statines seraient dangereuses chez les patients atteints de Covid-19, concluent les auteurs.

«Notre méta-analyse a inclus un nombre assez important de patients Covid-19 provenant de quatre études parmi lesquelles trois sont des études à grande échelle qui ont été ajustées pour plusieurs facteurs de confusion potentiels, les résultats peuvent donc être considérés comme fiables », écrivent les Prs Hasan et Kow.

Sur la base de ces résultats, « un traitement par statine d’intensité modérée à élevée est susceptible d’être bénéfique » chez les patients atteints de Covid-19, précisent-ils.

Cependant, ils soulignent que davantage de données issues d’études prospectives seront nécessaires pour étayer  ces résultats et pour déterminer le schéma thérapeutique approprié chez les patients atteints de Covid-19.

Contacté pour un commentaire, le Pr Yibin Wang (David Geffen School of Medicine, Université de Californie, Los Angeles), qui n’a pas participé à l’étude a déclaré: «Il s’agit d’une méta-analyse très simple de quatre études publiées qui rapportaient systématiquement un effet protecteur ou neutre de l’utilisation des statines sur la mortalité ou les complications graves chez les patients Covid-19. »

Bien que la portée de cette méta-analyse soit « assez limitée, la conclusion n’est pas inattendue, car la plupart des analyses cliniques rapportées jusqu’à présent montrent les avantages ou la sécurité de l’utilisation des statines chez les patients Covid-19 », a déclaré le Pr Wang à Medscape Medical News.

Questions en suspens

Bien qu’il n’y ait « presque aucune controverse » sur la sécurité de la poursuite du traitement par statine chez les patients Covid-19, il reste à déterminer si le traitement par statine peut être mis en œuvre comme partie intégrante des soins standards chez les patients Covid-19 quel que soit leur statut lipidique », poursuit le Pr Wang.

«L’utilisation de statines est associée à plusieurs effets bénéfiques comme l’anti-inflammation et la cytoprotection, mais ces effets sont généralement observés avec une utilisation à long terme plutôt qu’une administration à court terme / aiguë. Par conséquent, des études prospectives et des essais randomisés doivent être menés pour tester l’efficacité de l’utilisation des statines pour les patients atteints de Covid-19 présentant des symptômes légers à graves », a-t-il noté.

« Compte tenu de l’excellent profil des statines en termes de coût et de toxicité, il est certainement utile de considérer son utilisation à grande échelle pour la maladie Covid-19 afin de réduire le taux de mortalité global et les complications graves », a conclu le Pr Wang.

Medscape Medical News a joint pour un commentaire le Dr Guillermo Rodriguez-Nava (Département de médecine interne, AMITA Health Saint Francis Hospital, Evanston, Etats-Unis) qui est le premier auteur de l’une des études incluses dans cette méta-analyse. Une étude rétrospective monocentrique qui a montré un ralentissement de la progression de la maladie vers le décès chez les patients âgés atteints de Covid-19 admis en soins intensifs et recevant de l’atorvastatine.

Pour lui, « actuellement, il existe des centaines d’essais cliniques évaluant une grande variété d’agents pharmacologiques pour l’infection Covid-19. Malheureusement, ces essais prennent du temps et nous obtenons des résultats au compte-gouttes ».

«En attendant, les meilleures données disponibles sont observationnelles, et les traitements de l’infection Covid-19 continueront d’évoluer. L’efficacité de l’atorvastatine contre le Covid-19 est toujours à l’étude. Néanmoins, les cliniciens devraient envisager au moins de poursuivre les statines chez les patients atteints de Covid. 19 », a-t-il conseillé.

L’étude n’a pas reçu de financement spécifique. Les Prs Hasan, Kow, Wang et Rodriguez-Nava n’ont révélé aucun lien d’intérêt en rapport avec le sujet.

[1] Chia Siang Kow, Syed Shahzad Hasan, Meta-analysis of Effectiveness of Statins in Patients with Severe COVID-19. Am J Cardiol. Publié en ligne le 11 août 2020.

Actualités Medscape © 2020 WebMD, LLC

Cet article a été initialement publié sur Medscape. com sous l’intitulé Statins Linked to Reduced Mortality in COVID-19. Traduit par Aude Lecrubier

Retrouvez les dernières informations sur le COVID-19 dans le  Centre de ressource Medscape dédié au coronavirus




100 milliards pour la relance, dont 6 pour la santé

Medscape – Le Premier ministre Jean Castex a donné jeudi une conférence de presse, en compagnie des ministres de l’économie, du travail et de l’écologie pour présenter le plan de relance du gouvernement de 100 milliards d’euros dont 6 milliards spécifiquement pour la santé. Relocalisations de produits de santé prioritaires, rénovation de 65 000 places d’EHPAD, modernisation des outils numériques en santé, soutien aux projets de recherche hospitalo-universitaires innovants et multidisciplinaires, nombre d’infirmier.es et d’aide-soignant.es augmenté…Sur le papier, le projet est ambitieux.

6 milliards destinés spécifiquement au sanitaire et au médico-social

Baptisé « France relance », le plan du gouvernement pour relancer l’économie après la crise liée au confinement est d’une « ambition et une ampleur historique » selon les mots du Premier ministre lors de la sa présentation devant la presse, jeudi 3 septembre. « Cent milliards, c’est quatre fois plus que le plan de relance de 2008, a insisté le chef du gouvernement qui était accompagné pour l’occasion des ministres de l’économie, du travail et de l’écologie. C’est, en proportion de la richesse nationale, le plan de relance le plus massif annoncé à ce jour parmi les grands pays européens ». Sur ces 100 milliards, 6 sont destinés spécifiquement au sanitaire et au médico-social, en plus des mesures décidées lors du Ségur de la santé en juillet, et d’autres concernent également la santé. Le plan a trois objectifs : limiter les effets de la crise pour les entreprises, combattre et réduire les « morsures de la crise sur notre pacte social et territorial » et accélérer la transformation de l’économie. « La décision de placer les considérations sanitaires au-dessus des considérations économiques nous a conduit à la paralysie d’un pan entier de notre économie et à une dépression économique, certainement la plus forte depuis 1929 » a rappelé Jean Castex.

Production dans l’hexagone de produits de santé prioritaires

Ainsi les mesures d’aides aux entreprises concernent largement l’industrie du médicament et des dispositifs médicaux. La santé est, en effet, jugée avec l’agroalimentaire et les applications industrielles de la 5G, comme l’une des principales filières stratégiques considérées comme prioritaires pour bénéficier d’aide à la relocalisation, un objectif auquel un milliard d’euros est alloué. Des appels à projets vont donc être lancés dans les prochaines semaines. Il pourra s’agir de « la production de produits de santé prioritaires, matures ou innovants, comme les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur, les principes actifs ou intermédiaires entrant dans leur formation ainsi que les dispositifs médicaux et leurs composants stratégiques, y compris ceux liés à la Covid-19 » précise Matignon. On pense notamment aux masques, aux respirateurs et aux médicaments de réanimation. La santé fait aussi partie du quatrième programme d’investissement d’avenir (PIA4) doté de 2,6 milliards d’euros. L’idée est « d’exploiter le fort potentiel de la recherche publique et privée et d’ancrer la croissance des start-up en Europe, tout en garantissant une indépendance de production industrielle vis-à-vis de l’international » résume Matignon. Les instituts et les projets de recherche hospitalo-universitaires devraient notamment être soutenus. Matignon montre ainsi en exemple l’IHU-Institut de chirurgie guidée par l’image de Strasbourg qui s’est « imposé comme la référence internationale pour la diffusion des thérapies innovantes guidées par l’image » et qui « a démontré la forme d’une organisation multidisciplinaire et agile, capable d’accélérer la recherche et le transfert des innovations en santé ».

Rénovation de 65 000 places d’EHPAD d’ici à 2025

En outre, à la suite du Ségur de la santé, le plan de relance comprend un « plan massif d’investissements en santé » doté de 6 milliards d’euros pour les cinq prochaines années. En premier lieu, 2,1 milliards vont être consacrés à la « transformation, la rénovation, l’équipement et le rattrapage numérique des établissements de médico-sociaux ». Concrètement, cette enveloppe qui sera inscrite dans le prochain budget de la Sécurité sociale doit permettre notamment la rénovation de 65 000 places d’EHPAD d’ici à 2025 et la construction progressive de 30 000 places supplémentaires d’ici à 2030. Ensuite, 2,5 milliards vont être fléchés vers « l’investissement en santé dans les territoires » : projets hospitaliers prioritaires et projets ville-hôpital pour « permettre la modernisation et la restructuration de l’offre de soins ». Enfin, 1,4 milliard sur trois ans vont être consacrés à la « modernisation des outils numériques en santé et le rattrapage du retard dans l’interopérabilité du système informatique entre acteurs de santé ». Dans le cadre du Ségur toujours, une mesure du plan est spécifiquement consacrée à augmenter, sur les deux prochaines années, le nombre de places de formations menant aux diplômes d’infirmières et d’aides-soignants. Les régions étant responsables des formations sanitaires et sociales, des « pactes régionaux d’investissements dans les compétences » vont être négociés avec ces dernières à hauteur de 150 millions d’euros dans le but de créer 6 000 places supplémentaires en institut de formation en soins infirmiers en 2021 et 10 000 en institut de formation en aide-soignants.

Actualités Medscape © 2020 WebMD, LLC – 4 septembre 2020




La mortalité en lien avec le respect des gestes barrières

Medscape – Distanciation sociale, hygiène, port du masque au quotidien : les trois règles principales de protection contre le SARS-CoV-2 jouent un rôle majeur dans la lutte contre la pandémie de Covid-19.

Entre le 1er juin et le 20 août, 13,6 fois plus de personnes sont mortes des suites de l’infection dans les régions où ces trois règles étaient peu respectées en comparaison avec les régions où elles étaient bien respectées, d’après le Pr Jürgen Margraf, qui enseigne à l’université de la Ruhr, à Bochum (Allemagne) [1]. « Ces trois règles constituent nos armes principales dans la lutte contre le Covid-19 » insiste-t-il. « Elles ont contribué à maîtriser la pandémie. Si nous continuons à les suivre, nous sauverons encore d’autres vies, ainsi que la reprise économique ».

Une enquête représentative réalisée dans huit pays

Les trois règles se sont imposées dans de nombreux pays, avec l’espoir de réduire le nombre de nouvelles infections. Diverses stratégies ont été élaborées pour aplatir la courbe pandémique, mais les citoyens n’ont pas tous respecté les exigences légales. En Allemagne, par exemple, un groupe limité de personnes mais très actif sur le plan médiatique, proteste contre les restrictions. Pour Jürgen Margraf et ses collaborateurs il ne s’agirait là que d’une minorité de la population. Dans l’étude qu’ils ont réalisée à ce sujet, ils ont questionné plusieurs milliers de personnes âgées d’au moins 18 ans sur leur comportement au cours de la pandémie. Les interviews ont été réalisées aux alentours du 1er juin en Allemagne, en France, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Russie, en Pologne, aux États-Unis et en Suède. Au final, les chercheurs ont pu évaluer les données portant sur 7 658 participants.

Une stratégie de prévention gagnante

Tous pays confondus, 77% des personnes interrogées considèrent que les réglementations ont du sens – avec un chiffre qui s’élève à 84% en Allemagne. Au total, ils étaient 92 % à affirmer les avoir respectées (94% en Allemagne), tout en se décrivant moins déprimés, anxieux ou inquiets au sujet du SRAS-CoV-2.

Entre le 1er juin et le 20 août, le Covid-19 a entrainé 7 952 décès supplémentaires en moyenne dans les pays où le respect des règles était élevé, contre 86 348 décès dans les pays où il ne l’était pas. Ces chiffres extrêmement différents sont basés sur les rapports publiés par les autorités ou les gouvernements. « La mortalité observée dans les pays où le respect des règles était le plus élevé – Royaume-Uni, Espagne, France et Allemagne – n’a augmenté “que” de 7,8 % en moyenne depuis le 1er juin », précise Jürgen Margraf à Medscape édition allemande « alors qu’elle a grimpé de 105,8% (soit 13,6 fois plus) dans les pays où le respect était moins bon – Russie, Pologne, États-Unis et Suède ».

C’est plus précisément en Russie et en Pologne que l’acceptation des règles d’hygiène est la plus faible ; les habitants de ces deux pays évoquant un manque de soutien de la part de leurs autorités. En ce qui concerne les Etats-Unis, on sait que Donald Trump a fait preuve d’une attitude ambivalente face à la pandémie et qu’il a basé en partie sa communication sur des affirmations scientifiquement erronées. Quant à la Suède, elle s’est appuyée sur une stratégie de dissémination du virus en espérant atteindre rapidement une immunité collective et elle n’a communiqué sur les trois règles qu’à destination des groupes à risque.

[1] Verhaltensmaßnahmen gegen Covid-19 retten Leben, Ruhr-Universität Bochum, 24. August 2020

Cet article a été publié initialement sur Medscape.de sous le titre Lebensrettende AHA-Regel: Wo sie nicht eingehalten wurde, gab es 13,6-mal mehr COVID-19-Tote Traduction-adaptation du Dr Claude Leroy

Actualités Medscape © 2020 WebMD, LLC – 3 septembre




Projections accidentelles de gel hydro-alcoolique dans les yeux des enfants : le ministère de la santé alerte

Medscape – Selon un communiqué du Ministère de la solidarité et de la santé[1] entre le 11 mai et le 24 août 2020, 63 cas de troubles oculaires chez des jeunes enfants ont été signalés aux Centres antipoison en raison de projections accidentelles de solutions hydro-alcooliques par des distributeurs pour le grand public.

Les enfants ont été pris en charge aux urgences pour 20 % d’entre eux.

Les patients, qui étaient âgés en moyenne de 4 ans, souffraient le plus souvent d’une rougeur de l’œil, d’une douleur oculaire, d’une inflammation de l’œil ou de la paupière, d’une brûlure de la paupière ou encore d’une sensibilité accrue à la lumière. Mais, des cas plus graves ont été recensés. Deux cas d’atteinte de la cornée, réversible après traitement symptomatique, ont été enregistrés. Et, au cours de la même période, plus d’une dizaine d’enfants ont dû être pris en charge dans différents services d’ophtalmologie français pour des lésions oculaires sévères avec difficulté de cicatrisation. Au moins 2 d’entre eux ont nécessité une chirurgie sous anesthésie générale.

Ces projections accidentelles de gel hydro-alcoolique sont survenues pour les trois-quarts dans un magasin ou un centre commercial.

Les recommandations de l’Anses 

Pour prévenir les risques de lésions oculaires pouvant être graves, l’Anses, avec l’appui des Centres antipoison et de la Société Française d’Ophtalmologie, recommande aux personnes accompagnées de jeunes enfants :

 – de ne pas laisser les jeunes enfants utiliser ou jouer avec les distributeurs de solutions/ gels hydro-alcooliques ;

– à l’accompagnateur, de prendre lui-même la solution ou le gel hydro-alcoolique dans la paume de sa main et l’appliquer sur les mains de l’enfant ;

– en cas de projection dans l’œil, de rincer immédiatement l’œil pendant une quinzaine de minutes sous un filet : le retard au rinçage est très préjudiciable et en cause dans les lésions sévères ;

– après le rinçage, si l’enfant présente une douleur vive, consulter un ophtalmologue ou appeler un Centre antipoison qui guidera la prise en charge. La solution hydro-alcoolique pouvant avoir un « effet anesthésiant », la douleur peut s’estomper au bout de quelques heures alors même qu’il y a des lésions oculaires importantes.

« Rincer 2 à 3 minutes n’est pas suffisant. Il faut rincer pendant au moins 15 minutes avec de l’eau ou du sérum physiologique et ne pas hésiter à consulter un centre antipoison, un service d’urgence ou un ophtalmologue », a commenté le Pr Alexis d’Escatha, chef du centre antipoison du CGU d’Angers au micro de RCF radio.

[1] Communiqué. Ministère de la solidarité et de la santé. Solutions hydro-alcooliques : attention aux projections accidentelles dans les yeux des jeunes enfants. 31 août 2020

A lire aussi : l’interview du Dr Gilles Martin (ophtalmologue, Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, Paris) Lésions oculaires graves chez des enfants dues aux solutions hydro-alcooliques

Actualités Medscape © 2020




L’hypertension et ses traitements : une source d’inspiration pour contrer la Covid-19

The Conversation – C’est désormais un fait admis : l’hypertension artérielle, comme d’autres affections chroniques, est un facteur prédisposant à l’infection par le virus SARS-CoV-2 et au syndrome respiratoire aigu et sévère qu’il peut induire.

Très fréquente en France (un adulte sur trois), cette maladie se traduit par une pression anormalement élevée du sang dans les vaisseaux sanguins. Si elle n’est pas prise en charge par des mesures hygiénodiététiques et un traitement médicamenteux, elle expose à différentes complications, telles que l’infarctus du myocarde et l’accident vasculaire cérébral.

Or, certains médicaments de l’hypertension ont été suspectés d’interférer avec la Covid-19, et d’augmenter potentiellement le risque d’infection. Faute de bien comprendre la question, des patients ont été tentés d’interrompre leur traitement. Une très mauvaise idée, au vu des risques encourus par le non-contrôle de la pression sanguine…

Quels liens entre l’hypertension et la Covid-19 ?

Les maladies cardiovasculaires, et notamment l’hypertension artérielle, pourraient augmenter le risque d’infection via une protéine appelée ACE2 (pour « angiotensin-converting enzyme 2 »). Cette protéine, présente à la surface des cellules épithéliales du poumon, de l’intestin, du rein et des vaisseaux sanguins, joue un rôle important dans la régulation de la pression sanguine. En cas d’hypertension, son niveau d’expression augmente : les cellules en portent alors davantage à leur surface. Or il y a quinze ans, il a été montré sur des cultures cellulaires que l’ACE2 jouait un rôle crucial vis-à-vis du virus responsable de l’épidémie de SARS de 2002-2003, en assurant le rôle de récepteur.

En s’y fixant par les « spikes » de son enveloppe, le coronavirus serait capable de pénétrer dans les cellules du poumon et de les infecter. D’ailleurs, toujours sur des cultures cellulaires, il fut constaté que plus la protéine est exprimée, plus le risque d’infection augmente. [En savoir plus]




L’Institut du cancer Sainte-Catherine va expérimenter un distributeur de médicaments connecté

L’Institut du cancer Sainte-Catherine d’Avignon a annoncé le 31 août sa participation à l’expérimentation d’un distributeur de médicaments connecté qui « sécurise le conditionnement des médicaments et assure, en temps réel, la juste dispensation de la dose prescrite », a expliqué à TICsanté Roland Sicard, président de l’institut et dirigeant fondateur de la société La Valériane, productrice du dispositif.

« La délivrance des médicaments en boîte, blisters ou piluliers à casiers tue directement ou indirectement des centaines de milliers de personnes tous les ans ! », alerte l’institut dans un communiqué de presse diffusé le 31 août.

« Ils sont sources d’erreurs de dispensation dans 57% des cas. 10% des complications graves qu’ils génèrent conduisent à 10.000 décès par an pour la France. Ils sont facteurs de gaspillage. Un médicament sur deux est non utilisé soit plusieurs centaines de milliards de dollars […], sans compter les contrefaçons de médicaments qui sans conditionnement sécurisé représentent aujourd’hui 200 milliards de dollars », complète l’établissement de santé avignonnais.

Après « cinq années de recherche », les équipes des sociétés françaises La Valériane et SGH Healthcaring, spécialisée dans la fabrication de solutions pour l’administration du médicament, ont mis au point le distributeur de médicaments connecté Thess. [En savoir plus]




e-santé – le site maladiecoronavirus.fr a franchi le cap des 10 millions d’utilisateurs cet été

Lancé le 18 mars par l’Alliance digitale contre le Covid-19, le site d’information grand public maladiecoronavirus.fr a atteint les 10 millions d’utilisateurs et « connaît depuis un mois une augmentation de 200 % du nombre d’utilisateurs suspectés d’être touchés par le Covid-19 », a annoncé début août le consortium.

« Cette fréquentation en fait l’application e-santé la plus utilisée en France », s’est félicitée l’Alliance le 5 août dans un communiqué.

Référencé sur le site du ministère des solidarités et de la santé dans l’onglet « Coronavirus: informations aux professionnels de santé », le site maladiecoronavirus.fr est destiné à aider les personnes craignant une exposition au Covid-19 ou manifestant des symptômes, rappelle-t-on.

Il permet de réaliser gratuitement une auto-évaluation en ligne et de bénéficier de préconisations d’orientation adaptées à son état de santé (appel du médecin traitant, appel au Samu centre 15, etc.).

Le consortium d’acteurs du numérique et d’e-santé à l’origine de cette solution a été lancé par la société Kelindi, la filiale du groupe La Poste Docaposte, l’agence de design web Dernier Cri et le cabinet d’avocats De Gaulle Fleurance & Associés, sous l’impulsion du Dr Fabrice Denis, oncologue-radiothérapeute à l’Institut interrégional de cancérologie Jean-Bernard du Mans et concepteur du logiciel de télésurveillance Moovcare poumon (Sivan).

« Il a aussi contribué à identifier l’anosmie, la perte de goût et d’odorat, comme un signe spécifique de la maladie, et à anticiper les afflux aux urgences de cas sévères de 14 jours en moyenne », a fait savoir le consortium. [En savoir plus]




Service d’accès aux soins : les médecins libéraux posent leurs conditions

(APMnews) – Quatre syndicats de médecins libéraux « représentant les médecins généralistes » attirent, dans un communiqué commun diffusé dimanche, « l’attention des ARS [agences régionales de santé] sur plusieurs points qui conditionnent le succès » des expérimentations dans le cadre de la mise en place du Service d’accès aux soins (SAS).

Ces quatre syndicats sont la branche des médecins généralistes de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), la Fédération des médecins de France (FMF), le Syndicat des médecins libéraux (SML) et MG France.

La concrétisation du SAS, qui fait partie des 33 grandes mesures retenues à l’issue du Ségur de la santé, avait été la mesure phare du pacte de refondation des urgences. La direction générale de l’offre de soins (DGOS) arrêtera le 15 octobre sa sélection des territoires expérimentateurs du SAS, après une présélection effectuée d’ici fin septembre par les ARS.

Les médecins libéraux alertent donc, estimant qu’« expérimenter sur des bases confuses serait le meilleur moyen de faire échouer le dispositif ». Ils détaillent ainsi trois conditions pour la réussite, selon eux, de ces expérimentations.

Pour eux, le SAS doit avoir « pour but d’organiser une réponse aux demandes de soins en journée, de 8h à 20h, s’articulant ainsi avec la permanence des soins ambulatoires (PDSA) qui fonctionne en soirée et le week-end aux heures de fermeture des cabinets ».

Il est selon eux « inutile de remettre en cause à cette occasion les organisations de PDSA en fonctionnement, sauf à vouloir retarder durablement la création du SAS ».

Les syndicats demandent également que le SAS s’appuie « sur une plateforme de régulation des appels », pilotée « par les médecins libéraux, associant des opérateurs de soins non programmés et des médecins généralistes d’astreinte, exerçant en dehors du centre 15 ». Selon eux, cette plateforme pourrait avoir « un numéro d’appel dédié (type 116 117) ».

La généralisation du 116 117 est une demande récurrente des syndicats de médecins libéraux, rappelle-t-on. La question de la régulation des appels d’urgence divise encore les médecins hospitaliers, les médecins libéraux et les sapeurs-pompiers.

« La communication sur le bon usage du système de soins sera primordiale, l’appel au médecin traitant devant rester le premier réflexe en cas de demandes de soins, la régulation des appels le passage obligé pour obtenir un rendez-vous grâce au SAS », estiment les quatre syndicats.

Selon eux, « la gouvernance de l’organisation dédiée aux soins non programmés (back office) » doit relever « exclusivement des professionnels de ville, à l’instar de la gouvernance de la régulation des urgences médicales qui relève des Samu ».

Ils pointent que « la crise sanitaire, marquée par l’engorgement des centres 15, a montré l’intérêt majeur d’une organisation spécifique aux soins non programmés et les risques engendrés par la confusion des rôles ».

Les syndicats annoncent enfin que « le ministre de la santé vient de demander à l’assurance maladie d’ouvrir des négociations avec les médecins libéraux afin de mettre en place sur tout le territoire un [SAS] . Ils rappellent en effet que « sa mise en place effective nécessite des incitations financières qui seront définies par les partenaires conventionnels ».




Le yoga pour gérer les symptômes de la FA

Medscape – Le yoga fait de plus en plus la preuve de son intérêt chez les patients présentant une pathologie cardiovasculaire et le Dr Naresh Sen (HG SMS hospital, Jaipur, Inde) en fait une nouvelle fois la démonstration. Après avoir montré le bénéfice du yoga dans le post-infarctus, il démontre cette année que la pratique du yoga peut aider les patients souffrant de fibrillation atriale à gérer leurs symptômes. L’abstract est présenté cette année au congrès virtuel de l’European Congress of Cardiology (ESC2020)[1].

Asana et pranayama

Les symptômes de la FA qui incluent des palpitations, des irrégularités du rythme, de la fatigue, des douleurs dans la poitrine et des vertiges, sont potentiellement stressants pour les patients. « Ils vont et viennent, rendant les patients anxieux et limitant leur vie quotidienne » considère le Dr Naresh Sen, auteur principal de l’étude.

L’étude a recherché si le yoga pouvait calmer les symptômes chez les patients atteints de FA. Elle a inclus 538 patients entre 2012 et 2017. Les patients étaient leur propre contrôle. Pendant 12 semaines, ils ne pratiquaient pas le yoga, puis pendant 16 semaines, ils suivaient des séances de yoga de 30 minutes tous les 2 jours.

Pendant la période de yoga, les patients étaient encouragés à pratiquer postures (asana) et respiration (pranayama) à un rythme quotidien. Pendant toute la période de l’étude, les symptômes et les épisodes de FA étaient notifiés dans un agenda. Certains patients ont aussi porté un enregistreur cardiaque pour vérifier les épisodes de FA.

Les patients remplissaient également un questionnaire portant sur leurs signes anxieux et dépressifs de façon à évaluer leur capacité à effectuer leurs activités quotidiennes, à interagir avec les autres, leurs niveaux d’énergie et leur humeur.

A proposer en complément des thérapeutiques habituelles 

Le rythme cardiaque et la pression artérielle ont été mesurés. Les chercheurs ont ensuite comparé les résultats entre les périodes yoga versus non yoga et montré que sur les périodes de 16 semaines pendant lesquelles les patients pratiquaient le yoga, les améliorations significatives étaient notées dans tous les domaines évalués par rapport à la période de 12 semaines où ils ne pratiquaient pas.

Par exemple, pendant la période de non-yoga, les patients ont expérimenté une moyenne de 15 épisodes symptomatiques de FA versus 8 en période « yoga » (p<0,005). La pression artérielle, quant à elle, était abaissée de11±3 mmHg pour la PAS et de 6±2 mmHg pour la PADaprès les séances de yoga (p<0,002).

Pour le Dr Sen, « notre étude suggère que le yoga procure un large panel de bénéfices physiques et mentaux aux patients souffrant de FA, et pourrait être proposé en complément des thérapeutiques habituelles ».

Pour rappel. En Europe et aux Etats-Unis, un adulte sur quatre d’âge moyen est susceptible de souffrir de FA, à l’origine de 20 à 30% des accidents vasculaires cérébraux, et qui augmente le risque de décès par 1,5 chez les hommes et multiplie ce risque par 2 chez les femmes. La qualité de vie est souvent altérée et la FA est responsable de l’hospitalisation de 10 à 40 % des patients chaque année.

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