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Marche, vélo : les gains sanitaires et économiques du développement des transports actifs en France

(The Conversation – Kevin Jean, Philippe Quirion) À la faveur de la crise énergétique que nous traversons depuis le printemps 2022, le débat sur les transports actifs (marche et vélo) a été ravivé. Un débat très souvent abordé sous l’angle climat-énergie… Pour autant, ce cadrage du débat occulte un argument fort en faveur des transports actifs : leurs bénéfices pour la santé… [Lire la suite]




La Normandie a expérimenté la « téléconsultation accompagnée » cet été

(TIC Santé – Muriel Publicani) L’ARS et le conseil régional de Normandie ont mis en place jusqu’au 31 août trois points d’accès à la téléconsultation à Cabourg, Valognes et Avranches (Manche) tout au long de l’été… [Lire la suite]




Variole du singe : l’évolution est favorable mais l’effort de vaccination doit continuer

(Medscape – Stéphanie LAvaud) Avec 70 000 injections à ce jour et un nombre de cas en baisse, l’épidémie de variole du singe connait une évolution favorable, a indiqué en substance le Pr Jérôme Salomon dans un point d’étape du ministère de la santé. Pas question pour autant de relâcher l’effort individuel et collectif consenti par les acteurs de terrain et les professionnels de santé. « L’offre de vaccination va être poursuivie encore plusieurs mois » a-t-il affirmé… [Lire la suite]




Hausse du coût des études de médecine : quelles solutions ?

(Medscape – Jacques Cofard) Pour la sixième année consécutive, l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) publie son indicateur du coût de la rentrée 2022, qui fait apparaitre une explosion des charges des études de médecine : +17,28% pour les Pass avec tutorat, +27,70% pour les Pass avec organisme privé, +13,66% pour les Las avec tutorat, +14,21% pour les Las avec tutorat et organisme privée. Yael Thomas, président de l’Anemf, propose des solutions pour pallier cette hausse dramatique du coût des études de médecine… [Lire la suite]




Insuffisance cardiaque : l’inhibiteur de la néprilysine, sacubitril, pas associé à une altération cognitive dans PERSPECTIVE

(Medscape – Mitchel L. Zoler) Une des nouveautés des recommandations européennes publiées l’année dernière était que l’association sacubitril/valsartan pouvait être considérée en première intention à la place des IEC et des ARAII dans l’IC avec FEVG réduite. Quid du risque de l’utilisation de sacubitril sur les fonctions cognitives ? Selon les résultats de l’étude PERSPECTIVE qui ont été présentés lors d’une session hot line du Congrès ESC 2022 , il n’a pas lieu de s’inquiéter. Plus précisément, cet essai a montré que les patients traités avec l’association sacubitril/valsartan pendant trois ans ne présentaient pas plus d’effets indésirables cognitifs que ceux du groupe traité avec du valsartan seul… [Lire la suite]




Pas de classement des établissements hospitaliers cette année

Vous l’avez peut-être remarqué. Peut-être pas. Mais, cet été, l’hebdomadaire Le Point n’a pas sorti son numéro dévolu à présenter « un » classement des établissements hospitaliers français établi selon leur compétence supposée à prendre en charge une maladie ou à effectuer un geste thérapeutique donné.


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On pourrait penser que l’hebdomadaire a enfin admis que tant les indicateurs utilisés que leur mode de recueil n’avaient pas de pertinence. On pourrait aussi penser qu’ils ont enfin compris que cela ne servait pas à grand-chose sauf pour les directeurs d’hôpitaux ou de groupes de cliniques qui n’hésitent pas à se mettre en avant lorsque, par un effet où le hasard a son mot à dire, un établissement qu’ils dirigent de près ou de loin est dans les x premiers. Et peut-être à faire râler les agences de santé ou les actionnaires quand un établissement ne figure pas au tableau alors qu’il coûte des millions d’euros…

Partie remise
Détrompez-vous, pour Le Point, ce n’est que partie remise. L’édition 2022 qui devait concerner l’année 2021 a été annulée car il a été jugé que la pandémie de Covid-19 avait trop perturbé le fonctionnement des établissements pour permettre de disposer de données comparatives et fiables. Le processus reprendra donc concernant cette fois l’année 2022.

Des carences sur le processus de classement ?
On peut toutefois s’étonner : si le processus est pertinent, si les indicateurs sont fiables, pourquoi donc ne pas avoir fait de classement pour l’année 2021 ? N’est-ce pas le rôle d’un établissement de santé de savoir au mieux fonctionner en période de crise ? A moins que le fait de ne pas vouloir ou pouvoir établir de classement concernant l’année 2021 ne rende compte plus ou moins explicitement des carences du processus de classement ?

François Diévart

© S. Decoret/depositphotos




Doctolib – l’éthique à l’épreuve de la finance

La financiarisation du secteur de la santé n’est plus à démontrer. Dernier secteur à être touché, celui de la prise des rendez-vous en ligne, son leader Doctolib étant sous le feu des critiques depuis la semaine dernière pour avoir référencé des pseudo-médecins et des personnes pratiquant des thérapies alternatives c’est-à-dire non validées scientifiquement.


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Doctolib se défend après l’annonce du référencement de 2 personnes se faisant passer pour des psychiatres ainsi que celui de naturopathes, de magnétiseurs et d’hypnothérapeutes. La plateforme a ainsi supprimé 17 profils se réclamant de formations douteuses mais a toutefois maintenu le référencement des autres professionnels concernés.

Une demande des patients
L’entreprise souligne que des associations de patients font la promotion de ces thérapies alternatives et qu’en tant qu’acteur privé, elle n’a pas à trancher sur la place des thérapies complémentaires dans le parcours de santé des patients. Elle ajoute que le référencement des praticiens répond à une demande des patients, certains praticiens exerçant en établissement de santé. Tous les professionnels concernés exercent une activité légale et sont inscrits au registre du commerce.

Réunion de travail avec les autorités
A la suite des réactions du CNOM et de la CSMF, le préfet Christian Gravel, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), a invité Doctolib à une réunion de travail commune. Il s’agira de tirer les enseignements de la situation et de définir le cadre des inscriptions sur la plateforme. La CSMF va plus loin en demandant une réglementation de l’accès aux médecines alternatives, l’interdiction de leur publicité et la clarification de pratiques relevant parfois du charlatanisme.

Faire du chiffre oui, mais à quel prix ?
Au-delà de Doctolib, toutes les plateformes de prise de rendez-vous en ligne peuvent être concernées par cette problématique qui illustre la mercantilisation du secteur de la santé. Rappelons que Doctolib avait levé 500 millions d’euros en mars dernier auprès de ses partenaires historiques (notamment Bpifrance et le fonds Eurazeo), sa valorisation atteignant 5,8 milliards de dollars. L’entreprise n’est pas cotée en Bourse et prévoit de doubler ses effectifs en France, en Allemagne et en Italie.

Nathalie Zenou


© Doctolib




L’exposition à certains produits chimiques pendant la grossesse perturbe le développement du cerveau

(The Convesrsation – Jean-Baptiste Fini, Barbara Demeneix) Chaque année, rien qu’aux États-Unis, des milliers de nouveaux composés chimiquessont produits. Ils s’ajoutent aux dizaines de milliers déjà commercialement accessibles. Ces substances entrent dans la composition d’une vaste gamme de produits, notamment, mais pas uniquement, des dérivés du plastique, dont on sait aujourd’hui qu’ils pénètrent dans les organismes vivants via plusieurs voies… [Lire la suite]




Big data en santé : la nouvelle feuille de route européenne met l’accent sur la qualité des données

 (TICpharma – Wassinia Zirar, Muriel Pulicani) – Dans leur feuille de route pour 2022-2025 sur les mégadonnées de santé publiée fin juillet, le réseau des directeurs d’agences du médicament nationales (Heads of Medicines Agencies, HMA) et l’Agence européenne du médicament (EMA) mettent en relief la nécessaire amélioration de la qualité des données à laquelle ils consacrent plusieurs actions… [Lire la suite]




Une première européenne pour le transport médical par drone a eu lieu en Belgique

(L’Usine Digitale – Raphaële Karayan) Un drone a relié deux centres hospitaliers à Anvers pour transporter des tissus humains à analyser. Le vol expérimental a été réalisé par la société belge Helicus, qui est la seule en Europe à détenir les autorisations pour ce type de vol… [Lire la suite]




Cardiomyopathie ischémique : l’angioplastie ne fait pas mieux qu’un traitement médical optimal dans REVIVED-BCIS2

(Medscape – Patrice Wendling, Aude Lecrubier) L’intervention coronarienne percutanée (ICP) associée à un traitement médical optimal (TMO) ne prolonge pas la survie et n’améliore pas la fonction ventriculaire par rapport au TMO seul chez les patients atteints de cardiomyopathie ischémique sévère, selon les résultats de l’essai REVIVED-BCIS2 présentés lors du Congrès 2022 de la Société européenne de cardiologie (ESC)… [Lire la suite]




DANCAVAS et intérêt du dépistage CV de masse : des résultats controversés

(Medscape – Stéphanie Lavaud) Alors que les investigateurs espéraient qu’un dépistage cardiovasculaire proposé à large échelle réduise la mortalité toute cause chez les hommes de plus de 65 ans, l’étude danoise DANCANVAS n’a pas atteint son critère primaire. En effet, la comparaison entre le groupe des hommes âgés de 65 à 74 ans invités à réaliser un dépistage CV complet et ceux qui n’ont pas été invités à réaliser un tel examen n’a pas montré de différence significative en termes de décès toutes causes confondues sur une période médiane de 5,6 ans… [Lire la suite]




Zoom sur le bilan de la délégation ministérielle au numérique en santé (DNS)

>>> A lire également : Numérique en santé : les 3 ans qui ont tout changé


RENFORCEMENT DE LA SÉCURITÉ ET DE L’INTEROPÉRABILITÉ


Le deuxième axe de la feuille de route du numérique en santé était consacré à l’intensification de la sécurité et de l’interopérabilité des systèmes d’information (SI) de santé. Il comprenait sept actions.


L’éthique, un prérequis

L’éthique est le prérequis de cet axe. Ce sujet est porté par Brigitte Seroussi, responsable de la cellule éthique du numérique en santé à la DNS et professeure des universités-praticienne hospitalière (PU-PH). Le Dr Seroussi pilote également la cellule éthique du CNS et, en collaboration avec la direction générale de l’offre de soins (DGOS), le « pilier éthique et développement durable » du futur référentiel Maturin-H (Maturité numérique des établissements hospitaliers) qui permettra de certifier les Systèmes d’information hospitaliers (SIH). Ce référentiel sera généralisé à partir de 2024.

Au total, ce ne sont pas moins de 46 critères éthiques qui ont été édictés pour les logiciels de santé.

La cybersécurité

Dans le cadre de l’action relative à la cybersécurité mise en œuvre depuis 2019, la cellule d’Accompagnement cybersécurité des structures de santé (ACSS) est devenue le CERT santé en avril 2021. 

Un plan de renforcement cyber des établissements de santé a été annoncé en juin 2021, 142 établissements ayant été désignés Opérateurs de services essentiels (OSE). Des exigences ont par ailleurs été formulées concernant la part du budget consacré à la sécurité dans l’enveloppe pour le numérique.

Enfin, des mesures ont été mises en place visant à renforcer la sécurité des connexions des patients, des professionnels et des structures, par exemple l’authentification systématique à deux facteurs et des services partagés d’identification électronique (FranceConnect, ApCV, Pro Santé Connect).

Des applications et des services pour les professionnels et les patients

La future application mobile carte Vitale permettra bientôt aux usagers d’assurer le remboursement de leurs frais de santé via leur téléphone au lieu de la carte physique. Elle est en cours d’expérimentation depuis 2019 dans quelques départements et sera généralisée à partir de 2023.

Le Répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) est désormais ouvert aux infirmiers et sera élargi aux autres professionnels. Plus d’un million de professionnels y sont inscrits. Il permettra notamment d’avoir accès à la Déclaration sociale nominative (DSN), de manière à simplifier l’enregistrement du professionnel de santé par les employeurs.

Le fichier national des établissements sanitaires et sociaux (Finess) est en cours de refonte. Celle-ci devrait aboutir d’ici fin 2023. En parallèle, le répertoire de l’offre et des ressources (ROR) en santé et dans le domaine de l’accompagnement médico-social devrait être disponible début 2023. Il recensera l’ensemble des offres des structures sanitaires et médico-sociales et intègrera un suivi dynamique de la disponibilité des lits hospitaliers.

Enfin, l’e-CPS (carte professionnelle de santé) et Pro Santé Connect sont désormais opérationnels. Nécessaires à l’identification sécurisée des professionnels de santé, ils leur permettent désormais de se connecter à 130 services numériques, contre moins de 50 début 2021.

L’ACCÉLÉRATION DU DÉPLOIEMENT DE SERVICES SOCLES

Les services socles comprenaient le dossier médical partagé (DMP), les messageries sécurisées de santé (MSSanté) pour les professionnels et les citoyens et la mise en place de l’agenda. Ils sont intégrés dans l’espace numérique de santé « Mon espace santé », généralisé en février dernier. Si plusieurs phases de développement sont encore prévues d’ici fin 2023, les services existants permettent déjà aux usagers de disposer d’un carnet de santé numérique qui peine pour l’instant à convaincre les patients et les professionnels. L’application mobile « Mon espace santé » est, par ailleurs, disponible depuis mai dernier. 

E-prescription 

Ce téléservice doit être généralisé au plus tard le 31 décembre 2024. Une expérimentation de prescription dématérialisée est en cours depuis juillet 2019 dans le Maine-et-Loire, la Saône-et-Loire et le Val-de-Marne. Près de 400 000 e-prescriptions ont été réalisées en 2021, contre 200 000 en 2020. 

e-Parcours, la coordination numérique des soins

Quant au programme d’appui à la coordination des soins e-Parcours, il a permis de financer 279 projets territoriaux représentant environ 85 millions d’euros en phase d’amorçage et un volume global de 144 M e lorsque les cibles d’usage seront atteintes. Ce sont près de 45 000 professionnels uniques qui ont eu recours aux outils de coordination courant 2021. 

LE DÉPLOIEMENT DE PLATEFORMES

Au-delà de « Mon espace santé », déployé et expérimenté par 150 établissements, la DNS prévoit le lancement d’un bouquet de services devant permettre aux professionnels de choisir des services numériques conformes à la doctrine du numérique en santé. Ce sont ainsi 500 000 professionnels inscrits à Ameli Pro qui vont passer au bouquet de services.

Autre plateforme majeure pour le système de santé, le Health data hub (HDH) dont l’hébergement chez Microsoft a suscité plusieurs polémiques. Le HDH est aujourd’hui à la tête d’un consortium candidat à la conception de l’espace européen des données de santé. 

LE SOUTIEN À L’INNOVATION, L’ÉVALUATION DES DISPOSITIFS MÉDICAUX INNOVANTS ET L’ENGAGEMENT DES ACTEURS DE L’ÉCOSYSTÈME 

Cet axe du chantier « Numérique en santé » regroupait 12 actions de la feuille de route. 

La doctrine du numérique suppose que l’ensemble des acteurs respecte son contenu. Pour éviter les fuites de données, l’incompatibilité des systèmes et les difficultés des patients à utiliser les outils numériques en santé, la DNS s’est attachée à moderniser et à imposer les règles régissant ces domaines. 

Les autres actions concernent entre autres :

  • l’évaluation de la maturité des SIH avec le référentiel Maturin-H qui sera généralisé en 2024 
  • la transformation numérique des essais cliniques et des dispositifs médicaux connectés, avec la création de lieux dédiés à la co-conception regroupant l’ensemble des parties prenantes notamment patients et professionnels de santé.
  • la création d’un guichet unique et consolidé, G_NIUS (Guichet national innovation et usage e-santé), pour faciliter la vie des porteurs de projets innovants. Ce « Guichet national de l’innovation et des usages en e-santé » est accessible en ligne via gnius.esante.gouv.fr. Il permet aux « innovateurs » (start-up, entreprises, chercheurs, professionnels de santé…) de passer par le même guichet dont le rôle serait d’identifier, de faire émerger et de diffuser de nouveaux concepts, technologies, solutions et usages en matière d’e-santé, et d’aiguiller les acteurs du marché dans l’ensemble des dispositifs existants. Depuis son lancement, G_NIUS comptabilise 55 000 visiteurs (64 % de visiteurs récurrents). 58 acteurs du numérique en santé y sont référencés 
  • l’installation des « comités citoyens » qui visent à donner la parole aux usagers du système de santé. La DNS avait publié en janvier dernier un rapport contenant 64 propositions émanant de ces comités dont le déploiement d’ambassadeurs du numérique qui accompagneront les Français les plus éloignés du numérique dans l’adoption des technologies en santé.


Acronymes

ACSS. Accompagnement cybersécurité des structures de santé – devenue CERT Santé.
CERT Santé. Système de sécurité et de veille numérique contre les cyberattaques
DGOS. Direction générale de l’offre de soins
Maturin-H. Maturité numérique des établissements hospitaliers
DMP. Dossier médical partagé
DNS. Délégation ministérielle au numérique en santé
DSN. Déclaration sociale nominative
e-CPS. Carte professionnelle de santé)
FIness. Fichier national des établissements sanitaires et sociaux
HDH. Health Data Hub
G_NIUS. Guichet national innovation et usage e-santé
MSSanté. Messageries sécurisées de santé
OSE. Opérateurs de services essentiels
RPPS. Répertoire partagé des professionnels de santé
ROR. Répertoire de l’offre et des ressources
SI. Systèmes d’information

© Everything possible/depositphotos




Numérique en santé : les 3 ans qui ont tout changé


En avril 2019, la ministre de la santé Agnès Buzyn lançait la feuille de route du numérique en santé et en confiait la mise en œuvre à Domique Pon et Laura Létourneau. Le binôme a présenté son bilan le 23 juin dernier.

>>> A lire également : Zoom sur le bilan de la délégation ministérielle au numérique en santé


UN CONSTAT SÉVÈRE


En février 2018, le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, annonçait le lancement de la stratégie de transformation du système de santé. Celle-ci comprenait un chantier « Numérique en santé ».

Constatant le retard de la France dans ce domaine, le gouvernement avait défini un enjeu majeur, l’accélération du virage numérique, et trois objectifs stratégiques : l’accessibilité en ligne, pour chaque patient, de l’ensemble de ses données médicales, la dématérialisation de l’intégralité des prescriptions et la simplification effective du partage de l’information entre tous les professionnels de santé.

Les premiers travaux ont donné lieu à la publication du rapport Pon / Coury en septembre 2018. Celui-ci dressait un constat sévère sur la e-santé : faible coordination des professionnels notamment en raison de l’absence d’interopérabilité entre les services numériques, absence de participation des patients qui n’avaient pas la main sur leurs données de santé, retard d’informatisation du secteur médico-social, peu d’innovation dans le numérique en santé et non prise en compte du cadre européen par les différents acteurs.


LA FEUILLE DE ROUTE DU NUMÉRIQUE EN SANTÉ


Quelques mois après la publication de ce rapport peu engageant, Agnès Buzyn présente la feuille de route du numérique en santé et en confie la mise en œuvre au binôme Dominique Pon – directeur général de la clinique Pasteur de Toulouse – et Laura Létourneau – haut-fonctionnaire diplômée du corps des Mines. Nommés respectivement responsable et déléguée ministériels de la Délégation ministérielle du numérique en santé (DNS), Dominique Pon et Laura Létourneau définissent leur plan d’action et fixent en premier lieu le « pourquoi », le « quoi » et le « comment » de leur mission :

  • le « pourquoi » : le numérique en santé n’est pas une fin en soi, mais un moyen indispensable à la transformation du système de santé. Sa mise en œuvre doit reposer sur des valeurs et un sens, il doit être éthique, humaniste et citoyen ;
  • le « quoi » : le binôme propose le concept d’un « Etat-plateforme » concentré sur des référentiels et des services socles et illustré par l’image d’une maison ;
  • le « comment » : une méthode comprenant un changement de gouvernance avec la DNS comme chef d’orchestre garant de la vision et la mise en œuvre de la feuille de route suivant le principe des « petits pas rapides ». Le « comment » impliquait également la coordination des acteurs publics (ANS, Assurance-maladie, ARS, GRADeS…), la co-construction permanente avec les acteurs externes, y compris les citoyens, et enfin des leviers de déploiement inédits pour pouvoir agir rapidement.

Le concept d’« Etat-plateforme » pour le numérique en santé est salué par l’écosystème, ainsi que la volonté de faire travailler ensemble tous les organismes publics impliqués dans ce projet. Néanmoins, les échecs passés et les délais très contraints définis dans la feuille de route génèrent un certain scepticisme puisque les équipes ont trois ans pour réaliser les trente actions réparties dans cinq grandes orientations :

  1.  renforcer la gouvernance du numérique en santé ;
  2. intensifier la sécurité et l’interopérabilité des systèmes d’information en santé ;
  3. accélérer le déploiement des services numériques socles ;
  4. déployer au niveau national des plateformes numériques de santé ;
  5. soutenir l’innovation et favoriser l’engagement des acteurs.

Fin 2019 puis tous les six mois, des états d’avancement sont publiés montrant que les délais sont tenus. En parallèle, des actions de coconstruction sont lancées : un tour de France des régions, le Conseil du numérique en santé, des ateliers citoyens, des comités rassemblant des associations de patients, des professionnels, des établissements, des industriels…

C’est cette mobilisation de tous les acteurs internes et externes qui ont permis de rendre réels des projets lancés parfois depuis 20 ans et qui étaient devenus de véritables « serpents de mer » : l’identité nationale de santé, l’extension du RPPS aux infirmiers, l’évolution du DMP, la revalorisation salariale des ingénieurs hospitaliers ou encore le lancement d’un programme de formation des professionnels de santé au numérique.

De nouveaux projets ont également été réalisés parmi lesquels le déploiement de la carte dématérialisée des professionnels de santé (e-CPS) ou Mon espace santé, véritable incarnation de « l’Etat-plateforme ».


LA CRISE SANITAIRE, UN ACCÉLÉRATEUR

La crise sanitaire a joué un indéniable rôle d’accélérateur pour le numérique en santé. Une vingtaine de projets Covid ont été mis en place en des temps record : SI-DEP, l’application Covid, le passe sanitaire…, mais aussi le développement de la e-santé et plus particulièrement de la téléconsultation.

Ces projets ont nécessité la collaboration de tous les acteurs impliqués malgré le contexte de pandémie et ils ont largement contribué à lutter contre la propagation du virus et à maintenir autant que possible l’accès aux soins des patients.


Le bilan en image


Source : « Fait(s) – Bilan de la feuille de route du numérique en santé – 2019-2022 » – ministère de la santé et de la prévention – Juin 2022.

UN FINANCEMENT INÉDIT

Le gouvernement a débloqué des budgets importants pour répondre aux enjeux du numérique en santé.

Dans le cadre du Ségur numérique, 2 Mds d’euros ont été débloqués pour permettre le partage fluide et sécurisé des données de santé. Les éditeurs de logiciels ont notamment bénéficié de financements directs importants, ainsi que les professionnels de santé.

Dans le cadre de la stratégie d’accélération santé numérique, un programme de 670 M d’euros a été défini pour soutenir l’innovation.

AU-DELÀ DES FRONTIÈRES

En 2019, la France apparaissait comme le mauvais élève de l’Europe en matière de numérique en santé. Les réalisations de la DNS en ont fait un modèle. Le travail accompli dans le cadre du Covid, notamment le déploiement du passe-sanitaire européen a également contribué à ce résultat, notamment en raison des règles encadrant le passe. Celui-ci fut d’ailleurs adopté en quelques semaines par tous les Etats membres et même au-delà.

De plus, au cours du 1er semestre 2022 et dans le cadre de la présidence française du conseil de l’Union européenne, la France a proposé à l’Europe de définir des principes éthiques régissant le numérique en santé. Les 27 ont accepté ces propositions qui permettaient de créer une troisième voie entre la vision ultra-libérale américaine et celle ultra-sécuritaire et liberticide de la Chine.

Au-delà des exigences d’interopérabilité et de sécurité, les seize principes européens pour l’éthique du numérique en santé se veulent ainsi la base de la confiance des citoyens européens dans le numérique en santé. Ils reposent sur quatre dimensions éthiques :

1. l’inscription du numérique en santé dans un cadre de valeurs humanistes ;

2. l’accès des personnes au numérique et à leurs données de santé, sur lesquelles elles doivent avoir la main ;

3. le développement d’un numérique en santé inclusif ;

4. la mise en œuvre d’un numérique en santé écoresponsable.

Ces principes sont destinés à faciliter les futures discussions relatives au règlement européen sur l’Espace européen de données de santé.

ET MAINTENANT ?

Dominique Pon et Laura Létourneau ayant quitté leurs fonctions, Hela Ghariani et Raphaël Beaufret, tous deux directeurs de projets à la DNS, ont été nommés pour assurer la transition et poursuivre le travail engagé en 2019.

En effet, de nombreux projets restent à mener, par exemple sur la gouvernance, l’innovation ou les données. De plus, à la demande de l’ex-ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a lancé une mission dont l’objectif est de mener une réflexion sur la place du numérique au sein du ministère de la santé et de la prévention. En effet, le sujet est porté à différents niveaux par une multitude d’acteurs, ce qui génère des dysfonctionnements sur le terrain.

L’Igas doit donc travailler en particulier sur la coordination en interne et la co-construction avec l’externe et « proposer les modalités d’un positionnement renforcé de la DNS dans l’organisation structurelle du ministère », afin d’aboutir à « une grande mutualisation […] et les modalités d’interactions avec les organismes publics nationaux et régionaux impliqués dans le numérique en santé, d’ici septembre 2022 ».

Acronymes

ACSS. Accompagnement cybersécurité des structures de santé – devenue CERT Santé.
CERT Santé. Système de sécurité et de veille numérique contre les cyberattaques
DGOS. Direction générale de l’offre de soins
Maturin-H. Maturité numérique des établissements hospitaliers
DMP. Dossier médical partagé
DNS. Délégation ministérielle au numérique en santé
DSN. Déclaration sociale nominative
e-CPS. Carte professionnelle de santé)
FIness. Fichier national des établissements sanitaires et sociaux
HDH. Health Data Hub
G_NIUS. Guichet national innovation et usage e-santé
MSSanté. Messageries sécurisées de santé
OSE. Opérateurs de services essentiels
RPPS. Répertoire partagé des professionnels de santé
ROR. Répertoire de l’offre et des ressources
SI. Systèmes d’information

© Bianco Blue/depositphotos




Cyberattaque : 20 millions d’euros débloqués pour renforcer la sécurité des hôpitaux

(Le Monde – AFP) Pour lutter contre les cyberattaques contre les établissements de santé, l’Etat avait annoncé une enveloppe de 25 millions d’euros pour 2021 et 2022. Ce plan sera renforcé, a annoncé le ministre de la santé, François Braun… [Lire la suite]




Un patient contracte simultanément le monkeypox, la Covid-19 et la syphilis, tandis qu’un autre présente une co-infection par monkeypox, SARS-CoV-2 et VIH

(Le Monde – Réalités Biomédicale – Marc Gozlan) Deux études indépendantes, espagnole et italienne, rapportent, chez un homme ayant des relations avec des hommes, une co-infection par le virus monkeypox (improprement dénommée « variole du singe ») et d’autres agents infectieux. L’équipe espagnole a publié le 23 août 2022, sous forme de preprint sur le site Research Square, le cas d’un individu de 56 ans ayant des relations avec des hommes. Cet homme, VIH négatif, est sous PrEP (prophylaxie pré-exposition). Utilisée avant un rapport sexuel à risque, la PrEP permet d’empêcher la contamination par le virus du sida (VIH).… [Lire la suite]




Prendre les antihypertenseurs le soir ou le matin? TIME clos le débat

(Medscape – Aude Lecrubier) Est-il préférable de recommander la prise d’antihypertenseurs le soir ou le matin ? L’étude TIME présentée par le Pr Thomas MacDonald (Université de Dundee, Royaume-Uni) lors de la première session hotline du Congrès ESC 2022[1,2] devrait clore le débat… [Lire la suite]




Infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 50 ans : caractéristiques et enseignements

(Medscape – Stéphanie Lavaud) Les jeunes femmes (moins de 50 ans) sont de plus en plus nombreuses à faire des infarctus du myocarde sans que l’on sache réellement pourquoi. D’où l’intérêt de l’étude française WAMIF dont les résultats ont été présentés sous forme de e-poster au congrès de l’ESC par la principale investigatrice, la Dr Stéphane Manzo-Silberman (service de cardiologie à l’hôpital Lariboisière, Paris) [1]. Ses résultats (à paraitre) font tomber de nombreux préjugés, a commenté la cardiologue pour Medscape édition française… [Lire la suite]




Les AINS associés à un risque accru d’insuffisance cardiaque chez les diabétiques de type 2

(Medscape – Aude Lecrubier) La prise sporadique et de courte durée d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) est associée à la survenue d’ une première hospitalisation pour insuffisance cardiaque chez les patients atteints de diabète de type 2, selon une étude danoise présentée au Congrès ESC 2022[Lire la suite]




Faux médecins, naturopathes : le parquet ouvre une enquête judiciaire contre Doctolib

(Medscape – Jacques Cofard) Alors que 17 naturopathes ont été suspendus de Doctolib, le parquet de Montpellier a décidé d’ouvrir une enquête judiciaire au sujet de deux faux psychiatres qui proposaient des consultations médicales via la plateforme de prise de rendez-vous en ligne [Lire la suite]




Doctolib annonce le renforcement de ses procédures de vérification des professionnels référencés

(Le Monde) Des professionnels de santé et des patients ont reproché au groupe de permettre à ses utilisateurs de prendre rendez-vous chez des naturopathes, dont certains ayant des pratiques dangereuses. Face à la polémique, le groupe avait déjà déclaré, lundi, suspendre dix-sept profils de praticiens… [Lire la suite]




Variole du singe : le nombre de cas baisse en Europe

(Le Monde) Malgré une diminution de 21 % dans le monde, l’OMS a constaté une « transmission intense » de l’épidémie sur le continent américain, tandis qu’elle ralentit en Europe… [Lire la suite]




Une pièce de monnaie coincée dans l’œsophage pendant plus de quatre ans

(Le Monde – Marc Gozlan) C’est l’histoire d’une petite fille saoudienne de 11 ans amenée aux urgences par son père. Le médecin traitant vient de découvrir fortuitement ce qui ressemble fort à un corps étranger dans la partie haute de l’œsophage en examinant une radiographie du thorax prise trois semaines avant, lors d’un contrôle de routine. La fillette souffre en effet d’une maladie héréditaire sanguine, précisent les médecins saoudiens qui ont rapporté ce cas clinique le 7 juin 2022 dans le Ear, Nose & Throat Journal, une revue d’oto-rhino-laryngologie… [Lire la suite]




Températures élevées : un impact à court terme sur toutes les causes de décès, y compris le suicide

(Medscape – Stéphanie Lavaud) Une étude française sur 49 ans, confirme la relation en U observée entre la température et la plupart des causes de décès, à l’exception de la mortalité par suicide qui croit régulièrement en fonction de la température. Par ailleurs, l’effet des températures extrêmes sur la mortalité toutes causes semble s’être légèrement atténué au cours de cette période… [Lire la suite]




Covid-19 dans le monde : Bientôt des vaccins bivalents ? Vague de variant BA.2.75 en Inde ; Rappels recommandés…

(Medscape – Rédaction) L’Agence européenne des médicaments tiendra une réunion extraordinaire le 1er septembre pour examiner les demandes de commercialisation des nouveaux vaccins bivalents de Moderna et de Pfizer… [Lire la suite]




Variole du singe : des injections intradermiques à faibles doses pour vacciner davantage

(Medscape – Aude Lecrubier) Sur les 160 000 doses de vaccin contre la variole du singe Imavex/Jynneos (Bavarian Nordic) commandées par l’Europe, près de la moitié sont parvenues à plusieurs Etats membres*. Suffisant pour protéger 450 millions d’Européens ? Probablement pas. Le problème : un seul vaccin disponible sur la marché et produit par une seule entreprise, avec une capacité de fabrication limitée et des obligations contractuelles préexistantes… [Lire la suite]




Temps de travail des internes : un arrêté apporte des précisions

(Medscape – Jacques Cofard) Du mieux dans le contrôle du temps de travail des internes : un arrêté du 4 août dernier précise et renforce les dispositions d’élaboration et de présentation des tableaux de service dédiés, tandis que des syndicats étudiants ont mis en demeure 400 établissements qui ne respectent toujours pas la durée légale du temps de travail des étudiants en médecine… [Lire la suite]




Par imagerie, on voit l’effet de la méditation sur la douleur

(Medscape- Liam Davenport) Des nouveaux travaux de recherche démontrent comment la pleine conscience modifie l’activité cérébrale liée à la douleur, ce qui ouvre la voie à une prise en charge plus ciblée de la douleur. A l’occasion d’un essai randomisé, plus de 100 personnes en bonne santé ont été assignées soit à un programme de huit semaines de réduction du stress fondé sur la pleine conscience (MBSR), soit à un programme global d’amélioration de la santé de la même durée, soit elles étaient inscrites sur liste d’attente… [Lire la suite]




Atouts et faiblesses du système français de santé

(Medscape- Serge Cannasse) La pandémie de Covid-19 a été un formidable révélateur des forces et faiblesses des systèmes de santé dans le monde. Pour évaluer celles du système français, l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (IRDES) s’est associé au projet Partnership for Health System Sustainability and Resilience développé dans sept autres pays (Allemagne, Angleterre, Espagne, Italie, Pologne, Russie et Vietnam), qui apprécie la soutenabilité et la résilience de leurs systèmes selon une méthodologie commune… [Lire la suite]




L’ESC c’est déjà la rentrée !

Dès vendredi 26 août, la cardiologie mondiale se retrouve à Barcelone pour le congrès européen, qui renoue avec le « présentiel ». La cardiologie libérale française se mobilise pour vous rapporter toute l’actualité avec dès dimanche une émission quotidienne, lien dans votre boite mail chaque jour et sur le site du CNCF.

Sont attendus de nombreux résultats d’études lors des hotlines dans le domaine de l’insuffisance cardiaque (un traitement pour l’IC à FE préservée), de l’anticoagulation (une nouvelle classe les anti-XI), la revascularisation coronarienne en cas de dysfonctionnement ventriculaire gauche, une monothérapie antiagrégant plaquettaire P2Y12 plutôt que l’aspirine, prendre ses traitements plutôt le matin que le soir, le dépistage numérique de la FA, et bien d’autres…

Comme chaque année, la publication de nouvelles recommandations sera le temps fort du congrès. Elles seront particulièrement importantes pour notre pratique et feront l’objet d’une table ronde dans chaque émission. 

Notre sélection :

Ventricular arrhythmias and sudden cardiac death : les indications 2022 du DAI et quel DAI choisir ? 

– Cardiovascular assessment and management of patients undergoing non-cardiac surgery : la reco qui va codifier la consultation préopératoire que nous réalisons au quotidien, quel bilan préopératoire, quelles mesures de protection ?  

Cardio-oncology : les nouvelles chimiothérapies, l’immunothérapie, quel suivi, quelles interactions, comment prévenir les complications ?

Rendez-vous à l’ESC et bon congrès !

Maxime Guenoun

© Murphy/depositphotos




Prescrira, prescrira pas : alirocumab désormais disponible en monothérapie

Le 26 juillet, alors que l’attention de tous se porte sur la canicule et les incendies qui ravagent la Gironde, un arrêté a été pris modifiant la liste des spécialités remboursables aux assurés. Publié le 29 juillet au Journal Officiel, cet arrêté concerne notamment l’alirocumab dont le remboursement est étendu dans deux nouvelles indications.


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Jusqu’ici autorisé  chez l’adulte ayant une hypercholestérolémie primaire (hétérozygote familiale et non familiale) ou une dyslipidémie mixte, en complément d’un régime alimentaire, en association avec d’autres hypolipémiants ou non, l’hypocholestérolémiant peut désormais être utilisé en association à un traitement hypolipémiant « optimisé » ou en monothérapie en cas de contre-indication ou d’intolérance avérée à la fois aux statines ou à l’ézétimibe, chez :

  • les adultes ayant une hypercholestérolémie familiale hétérozygote, à très haut risque cardiovasculaire, insuffisamment contrôlée par un traitement optimisé et nécessitant un traitement par LDL-aphérèse
  • les adultes ayant une maladie cardiovasculaire athéroscléreuse établie par un antécédent de SCA récent (prévention secondaire) insuffisamment contrôlée (LDL-c ≥ 0,7 g/L), malgré un traitement hypolipémiant optimisé.

Ces deux indications concernent entre 580 et 2 637 patients.

Le prix public de l’alirocumab a été diminué de 5 % le 15 août (225,63 euros pour le stylo prérempli dosé à 150 mg et 75 mg, et à 449,43 euros pour les deux stylos préremplis aux mêmes doses et pour le stylo dosé à 300 mg).

Outre les cardiologues, les spécialistes en endocrinologe-diabétologie-nutrition/maladies métaboliques et les spécialistes en médecine interne, les spécialistes de médecine vasculaire et les neurologues peuvent également débuter et prescrire un traitement par l’alirocumab depuis le 29 avril.

En résumé, après un syndrome coronarien aigu, l’alirocumab peut être donnée seul s’il existe une intolérance aux statines où à l’ezetrol.

Nathalie Zenou

© RogerPhoto/depositphotos




Variole du singe : quelque 14 000 personnes vaccinées en France

(Le Monde – Delphine Roucaute) La campagne de vaccination contre la variole du singe s’accélère en France. Plus de 14 000 personnes ont reçu au moins une injection du vaccin Imvanex, produit par le laboratoire danois Bavarian Nordic, a fait savoir le ministre de la santé, François Braun, mardi 2 août. Ce chiffre a doublé en une semaine, notamment grâce à l’ouverture d’un centre de vaccination dédié dans le 13e arrondissement de Paris, avec un objectif de 2 000 injections par semaine. Un centre similaire devrait ouvrir très prochainement à Marseille, selon le ministre… [Lire la suite]




Des chercheurs italiens isolent le virus monkeypox dans le sperme d’un patient présentant une excrétion virale prolongée

(Le Monde – Réalités Biomédicales – Marc Gozlan) Des chercheurs italiens rapportent, dans un article publié le 2 août 2022 sur le site web de la revue Lancet Infectious Diseases, avoir isolé le virus monkeypox dans le sperme d’un patient et avoir observé, pendant une durée prolongée, la présence de ce virus infectieux capable de se répliquer… [Lire la suite]




Fin de l’urgence sanitaire : pas de réintégration des personnels de santé suspendus et autres mesures

(Medscape – Jacques Cofard) Le Parlement a adopté ce 30 juillet une loi mettant fin à l’état d’urgence sanitaire. Mais certaines dispositions sont prorogées, et les personnels de santé suspendues pour absence de vaccination ne sont pas pour l’heure réintégrés… [Lire la suite]




Covid-19 : le virus détourne des nanotubes pour infecter les neurones

(Medscape – Anne-Gaëlle Moulun) Dans une étude publiée le 22 juillet dans Science Advances[1], des chercheurs et des chercheuses de l’Institut Pasteur et du CNRS ont montré que pour pénétrer dans les neurones, le virus SARS-CoV-2 détourne des nanotubes, c’est-à-dire des ponts reliant les cellules infectées et les neurones. La Pr Chiara Zurzolo, cheffe de l’unité Trafic membranaire et pathogénèse de l’Institut Pasteur, explique cette découverte à Medscape… [Lire la suite]




Hôpital : « pas une problématique de moyens, mais de management »

(Medscape – Jacques Cofard) Alors qu’un nouveau suicide est intervenu au CHRU de Tours, le Dr Emanuel Loeb, président du syndicat Jeunes médecins, interpelle sur les problèmes managériaux majeurs à l’hôpital, demande une refonte totale de son organisation. Selon lui, « les ordonnances Debré qui ont permis l’émergence d’un système de caste ne sont plus adaptés au monde moderne »… [Lire la suite]




Vaccin anti-Covid : un risque de myocardite moindre après la 3e dose qu’après la 2e

(Medscape – Aude Lecrubier) Le risque de myocardite est augmenté après la première dose de rappel (troisième dose) de vaccin anti-Covid-19, quoique de façon moins marquée qu’après la deuxième dose. D’autre part, il diminue avec l’allongement de la durée entre les doses. Telles sont les conclusions d’une nouvelle étude de pharmaco-épidémiologie sur le risque de myocardite après une vaccination par un vaccin à ARNm (Comirnaty ou Spikevax) réalisée dans le cadre du dispositif de surveillance renforcée des vaccins contre le Covid-19, EPI-PHARE (groupement d’intérêt scientifique ANSM-Cnam)… [Lire la suite]




Covid-19 : combien de patients ont des séquelles pulmonaires à 6 mois post-hospitalisation ?

(Medscape – Nathalie Barrès) SISCOVID est une étude française qui apporte de nouvelles données concernant les complications pulmonaires post-Covid-19 [1]. Six mois après une hospitalisation pour le Covid-19, les atteintes pulmonaires seraient conséquentes : 40 % auraient des opacités de type fibrotique, 20 % auraient une réduction de leurs capacités ventilatoires et de diffusion des gaz et 35 % auraient une désaturation au test de marche de 6 minutes. Ces données soulignent la nécessité d’un suivi à long terme de ces patients… [Lire la suite]




« La grande démission » en santé

Par Marc Villacèque.
Président du Syndicat national des cardiologues

La crise de notre système de santé s’est accélérée depuis la pandémie de Covid. Elle s’étend aujourd’hui massivement aux professionnels de santé. Entre 2019 et 2021, et malgré l’augmentation de 3 % des effectifs non médicaux des établissements de santé, la proportion de postes vacants chez les infirmiers et les aides-soignants n’a cessé d’augmenter. Ces professionnels désertent le secteur de la santé aggravant la fatigue des équipes restantes, entraînant une hausse des heures supplémentaires, une augmentation du recours à l’intérim, et in fine des fermetures de lits. 

La FHF (Fédération hospitalière française) annonce que 57 % des centres hospitaliers et 85 % des CHU ont recours à des fermetures temporaires de lits en raison de postes vacants, notamment ceux de nuit et de week-end. D’après l’association des médecins urgentistes de France, 120 services d’urgence ont dû fermer par manque de personnel. Les établissements privés ne sont pas épargnés.

Cette désaffection touche également de plus en plus de médecins qui diminuent ou arrêtent leurs activités. Une étude sur l’attractivité de la médecine hospitalière montre que les critères les plus importants sont la qualité de l’exercice professionnel, l’accès à l’innovation et la rémunération. On retrouve ce critère de qualité de travail en libéral dans une étude de la DREES sur les médecins généralistes, étude qui révèle que les médecins souhaitent travailler moins d’heures par semaine, prendre plus de vacances et avoir du temps pour d’autres activités et ainsi avoir un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Cette étude est à relativiser puisque le nombre d’heures passe de 55 heures à 53 heures voir 50 heures par semaine pour à peu près une semaine de vacances en plus par an.

Ce besoin de « qualité de vie au travail » se retrouve dans de nombreuses professions, dans de nombreux pays et rejoint le courant de la « grande démission » (great resignation) qui a commencé en juillet 2020 aux États-Unis avec des millions d’Américains insatisfaits de leurs conditions de travail ou de leurs salaires, qui quittent leurs emplois malgré un taux de chômage élevé. 

Il est très difficile de savoir quelles en sont les raisons, mais la conséquence est que les chefs d’entreprise et les managers commencent maintenant à s’adapter aux salariés et non plus l’inverse. Notre système de santé qui doit se moderniser et se restructurer, doit lui aussi s’adapter à ces changements sociaux qui commence à concerner toutes les générations.

Aujourd’hui, les patients et les décideurs souhaitent une continuité de soins voire une permanence de soins dans tous les territoires, cependant les médecins ne sont pas multipliables à l’infini et malgré une intensification de leur exercice médical ont aujourd’hui une présence au travail moindre. Pour répondre aux exigences des usagers tout en respectant les aspirations des soignants, nous devrons en outre inventer des systèmes de délégation gagnant-gagnant pour tout le monde. Mais ceci ne sera possible qu’en rémunérant les acteurs à leurs justes prix, pour ainsi éviter l’épidémie démissionnaire.




3e cycle : l’accueil du médecin en formation


Les praticiens spécialistes libéraux et les étudiants en médecine le savent peu : depuis la loi Hôpital, Patient, Santé, Territoire (HPST) du 21 juillet 2009, les étudiants de 3e cycle peuvent effectuer un stage validant au sein d’un établissement privé non lucratif ou auprès d’un spécialiste libéral. La réforme du 3e cycle de 2017 leur permet d’effectuer ces stages notamment pendant la phase III de leurs études dite de consolidation.
L’objectif est ainsi de proposer une offre de formation en-dehors de l’hôpital, de qualité et propre à susciter des vocations libérales chez les médecins en formation en les initiant à un mode d’exercice qu’ils ne connaissent pas. Pour les praticiens installés, ces stages constituent une opportunité de participer à la formation de leurs futurs confrères tout en partageant leur expérience.

3e CYCLE : L’ACCUEIL DU MÉDECIN EN FORMATION

Coordination : Nathalie Zenou

Sommaire

I. UN 3e CYCLE EN 3 PHASES

II. LES STAGES DES FUTURS CARDIOLOGUES

III.LES DIFFÉRENTS ACTEURS

IV. LE STAGE EN ÉTABLISSEMENT PRIVÉ NON LUCRATIF OU EN CABINET DE VILLE

V. LES MODALITÉS D’ACCUEIL

VI. LES TEXTES

VII. TÉMOIGNAGE :
L’HÔPITAL PRIVÉ LE BOIS DE LILLE

I. Un 3e cycle en 3 phases

Depuis la réforme de 2016, entrée en application en 2017, le 3e cycle se déroule en trois phases. Ce découpage permet d’amener progressivement l’étudiant à une mise en responsabilité à la fin du diplôme d’études spécialisés (DES). Chaque spécialité fait l’objet d’une maquette de formation.

• La phase I « socle » dure un an. Elle vise à inculquer à l’étudiant la culture et les bases de la spécialité ;

• La phase II « approfondissement » dure deux à trois ans. Le futur médecin étudie l’ensemble des champs de la spécialité.

• La phase III « consolidation » dure un an. Elle a pour objectif de permettre à l’étudiant de perfectionner les connaissances et les compétences acquises lors des phases I et II. 

Pendant les phases I (socle) et II (approfondissement), l’étudiant en médecine a le statut d’interne. 

En phase III, l’étudiant obtient le statut de « docteur junior » et exerce sous la responsabilité juridique du responsable de terrain de stage et de l’établissement (ou de la structure) d’accueil.

Les connaissances et compétences de l’étudiant sont évaluées de manière individuelle à l’issue de chaque phase en s’appuyant sur le contrat de formation et le portfolio de l’étudiant :

Le contrat de formation détermine les connaissances et compétences que l’étudiant doit acquérir. Ce contrat est évolutif et individualisé : il intègre les souhaits d’option ou de formation spécialisée transversale (FST). 

Le portfolio regroupe en un dossier unique l’ensemble des documents relatifs au parcours de l’étudiant : CV, évaluations de stage, enseignements suivis, traces d’apprentissage, travaux écrits, comptes-rendus des rencontres avec le tuteur et prescriptions pédagogiques de celui-ci. 

La validation de chaque phase est indispensable pour accéder à la phase suivante. D’autres évaluations sont possibles au cours de chaque phase. L’entrée en phase III (consolidation) nécessite ainsi la validation de la phase II et l’obtention du diplôme de Docteur en médecine, après soutenance de la thèse.

II. Les stages des futurs cardiologues

Le troisième cycle vise à l’acquisition des compétences listées par le Collège national des enseignants en cardiologie (CNEC), en lien avec les référentiels de métier propres au DES de médecine cardiovasculaire et à l’exercice des trois surspécialités (rythmologie interventionnelle et stimulation cardiaque, cardiologie interventionnelle de l’adulte, imagerie cardiovasculaire d’expertise). Dans ce contexte, les stages proposés aux futurs cardiologues constituent le cœur de leur formation. Lors des stages, l’étudiant de troisième cycle est placé sous l’autorité du responsable médical du lieu de stage agréé dans lequel il est affecté ou du praticien agréé-maître de stage des universités.

a) Les stages de 3e cycle

Au cours des quatre années des phases socle et d’approfondissement, les internes en médecine cardiovasculaire effectuent huit stages de six mois chacun. 

Pendant la phase III, le docteur junior en cardiologie effectue un stage d’un an de niveau 3 (ou deux stages d’un semestre si l’acquisition des compétences le justifie). 

Au moins cinq semestres doivent être effectués en CHU, dont au moins trois semestres en médecine cardiovasculaire.

Les stages peuvent être accomplis :

• dans des CHU ;

• dans d’autres établissements de santé, publics ou privés, ou des hôpitaux des armées ;

• auprès de praticiens agréés-maîtres de stage des universités exerçants en centre de santé, en cabinet libéral, en maison de santé ou au sein d’un centre médical du service de santé des armées ;

• au sein notamment d’organismes extrahospitaliers, de laboratoires de recherche, de structures de soins alternatives à l’hospitalisation, de centres de protection maternelle et infantile, d’associations, d’administrations, d’établissements publics, d’entreprises.

Ils peuvent prendre plusieurs formes :

• un stage hospitalier ;

• un stage mixte dans un lieu hospitalier et/ou auprès d’un praticien-maître de stage des universités (au maximum 30 demi-journées) agréés à titre principal en médecine cardiovasculaire ;

• un stage couplé dans deux lieux hospitaliers agréés à titre principal en médecine cardiovasculaire.

b) Choix des stages

Les affectations des internes en stage sont coordonnées par les ARS qui délivrent les agréments de terrains de stage, détermine les ouvertures de postes en lien avec les coordinations de DES et gèrent les affectations des internes.

Toutefois, lors de la phase de consolidation, une procédure d’appariement permet de faire coïncider au mieux les vœux d’affectation d’un interne sur des terrains de stage, en qualité de « Docteur junior », tenant compte de son parcours et de son projet professionnel et, d’autre part, le désir d’un responsable de terrain de stage d’accompagner le jeune professionnel dans la dernière étape de son parcours. 

Les deux parties s’engagent mutuellement, ce qui permet de renforcer la dimension contractuelle de l’affectation. 

Un algorithme gère les vœux des internes du DES cardiovasculaire ainsi que les classements effectués par les responsables de terrains de stage pour rechercher le meilleur appariement possible pour les parties et le meilleur taux de satisfaction moyen possible pour l’ensemble de la promotion. 

L’interne doit préparer la procédure au cours de l’année qui précède l’entrée en phase III avec ses responsables pédagogique (coordonnateur local du DES ou enseignant référent).

c) Validation des stages

La validation des stage est indispensable à la validation de chaque phase du 3e cycle. Celle du stage de la phase III est nécessaire à l’octroi du DES. Elle doit permettre d’attester que l’étudiant de 3e cycle a acquis les compétences de la spécialité de médecine cardiovasculaire. 

La non-validation d’un stage conduit à la réalisation d’un nouveau stage par l’étudiant.

Les étudiants doivent également évaluer leurs stages, dans des conditions préservant l’anonymat afin de préparer les procédures d’agrément des lieux de stage ou des maîtres de stage des universités (MSU) et de contribuer à l’amélioration de la qualité pédagogique des stages.

III. Les différents acteurs

a) Les commissions de la subdivision

La zone d’influence d’un Centre hospitalo-universitaire (CHU) constitue une subdivision. Dans chacune d’entre elle est instituée une commission locale de coordination de spécialité chargée du suivi pédagogique de l’étudiant. Elle gère notamment son contrat de formation, son évaluation, la validation des différentes phases et le droit au remord. Elle peut aussi imposer une réorientation de l’étudiant vers un autre DES. Présidée par le coordonnateur local de la spécialité, elle comprend également :

• deux autres personnels enseignants titulaires dont un d’une autre spécialité ;

• un représentant de l’Ordre dans la spécialité (uniquement pour le suivi des étudiants en phase 3) ;

• de deux représentants des étudiants dont au moins un inscrit dans la spécialité. 

Trois autres commissions existent au niveau des subdivisions.  Un représentant du Conseil régional de l’Ordre des Médecins y siège avec voix consultative :

• La commission d’évaluation des besoins de formation s’assure que le nombre de lieux de stage, de praticiens agréés MSU ainsi que la nature des lieux de stage sont en adéquation avec le nombre d’étudiants inscrits et au regard des maquettes de formation. Elles donnent également un avis au directeur général de l’ARS sur le nombre minimum de postes à ouvrir, chaque semestre, pour chacune des phases par spécialité pour les étudiants. On peut noter que cette commission ne comprend pas de représentant du secteur privé.

• La commission d’agrément donne un avis au directeur général de l’ARS sur l’agrément des lieux de stage et des praticiens agréés MSU. Cette commission organise notamment les visites des sites avant d’émettre son avis.

• La commission de répartition propose la répartition des postes au directeur général de l’ARS, au sein des lieux de stage agréés et auprès des praticiens agréés MSU. Elle tient compte pour cela de l’avis de la commission d’évaluation. Un représentant des établissements privés, président de CME, siège dans cette commission.

b) Les URPS 

En parallèle de ces commissions, les URPS peuvent intervenir auprès des universités et des ARS afin de défendre les demandes d’agrément déposées par les médecins libéraux pour accueillir des docteurs juniors en stage. Elles communiquent également auprès des médecins libéraux pour faire connaître la fonction de MSU et les encourager à le devenir en proposant des formations à la maîtrise de stage.

c) Le maître de stage universitaire

La nouvelle maquette impose une formation de maître de stage universitaire reconnue par le CNEC. Il faut normalement avoir exercé cinq ans en cardiologie libérale pour pouvoir suivre cette formation.

L’Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC) valide des formations au sein du DPC pour devenir maître de stage. Ces formations sont hors quota, c’est-à-dire qu’elles s’effectuent en plus de l’enveloppe annuelle des 20 heures de DPC. Elles permettent de découvrir la réforme du 3e cycle et les aspects administratifs de la maîtrise de stage. Elles proposent également des méthodes pédagogiques à utiliser avec le docteur junior ainsi que des conseils pour gérer la relation à trois patient-praticien-docteur junior. 

A noter que l’UFCV/FormatCœur a déposé un dossier pour faire valider une formation MSU auprès de l’ANDPC qui devrait être disponible dès 2023.

IV. Le stage en établissement privé non lucratif ou en cabinet de ville

a. Futurs cardiologues

Pourquoi faire un stage dans un établissement privé non lucratif ou au sein d’un cabinet de ville ?

Effectuer un ou plusieurs stages dans un établissement privé non lucratif (PNL) permet de découvrir l’offre que proposent ces structures et qui couvre toutes les étapes du parcours de soins et de vie des usagers (sanitaire, médico-social, social). Par ailleurs, le PNL permet de s’inscrire dans un programme de recherche.

Les stages en cabinet de cardiologie libérale constituent quant à eux une réelle opportunité de découvrir et d’aborder les principes de l’activité libérale.

b. EtablissementS privés

Pourquoi accueillir un stagiaire ?

Accueillir un futur cardiologue permet aux établissements privés de faire découvrir ce secteur, souvent méconnu des étudiants, et ainsi d’en renforcer l’attractivité pour les futurs médecins.

c. Cardiologues libéraux

Pourquoi accueillir un Docteur Junior ?

Développer l’accueil des Docteurs juniors dans le cadre de stages en cabinet est essentiel pour leur faire découvrir l’exercice de la cardiologie libérale et renforcer ainsi sa place au sein du système de santé.

Par ailleurs, accueillir un Docteur junior contribue à pallier le manque de cardiologues, notamment dans les zones sous-dotées. Cela facilite également les remplacements et les associations, voire les successions. 

De plus, partager son expérience et transmettre ses connaissances et son savoir est très enrichissant et valorisant pour le maître de stage.

A noter que la fonction de MSU est rémunérée : le montant forfaitaire des honoraires est fixé à 600 Ä brut par mois de stage. Si l’étudiant ou l’interne effectue son stage auprès de plusieurs praticiens, cette indemnité est partagée entre les praticiens concernés.

V. Les modalités d’accueil

a. Trois types d’agrément

Les agréments garantissent la qualité de la formation pratique en reconnaissant les activités qui sont conduites et la présence d’un encadrement adapté. Ils sont délivrés par l’université qui doit valider la conformité du terrain de stage aux exigences de la maquette du DES. La délivrance d’un agrément nécessite la réalisation d’une procédure d’évaluation comprenant l’étude du dossier de demande d’agrément, une visite sur site et un échange entre les responsables du DES et les représentants étudiants.

Agrément principal au titre de la médecine cardiovasculaire :  le responsable médical du lieu de stage ou le praticien-maître de stage des universités (MSU) est qualifié en médecine cardiovasculaire, est titulaire d’un Diplôme d’études spécialisées complémentaire (DESC) en médecine correspondant ou justifie d’une expérience suffisante dans son exercice et dans l’encadrement d’étudiants.

Agrément complémentaire au titre de la médecine cardiovasculaire : le lieu de stage ou le praticien-maître de stage des universités est reconnu formateur. Cet agrément complète normalement l’agrément principal.

Agrément fonctionnel au titre d’une option ou d’une FST pour lesquelles le lieu de stage ou le praticien-maître de stage est reconnu formateur. Cet agrément peut être délivré en sus d’un agrément principal ou complémentaire, ou indépendamment d’eux.

b. Caractéristiques des agréments

• L’agrément est donné pour une ou plusieurs phases au titre de la médecine cardiovasculaire, d’une FST ou d’une option.

• Il est attribué au lieu de stage ou au praticien maître de stage (il est en général donné aux deux).

• Le maître de stage peut exercer au sein du milieu hospitalier, en cabinet libéral, en centre de santé, en maison de santé ou au sein d’un centre médical du service de santé des armées. 

• L’agrément est donné pour un an (avec recommandations) ou pour cinq ans (sans réserve). En général, le premier agrément est donné pour un an. 

• L’agrément est renouvelé après examen à l’issue de la période de un an ou cinq ans, ou en cas de départ du maître de stage, ou encore à la demande d’une organisation représentative des étudiants ou des coordonnateurs locaux.

• Un agrément peut être refusé, suspendu ou retiré.

c. L’attribution des stages

La commission de répartition des postes se réunit une fois par semestre. Les postes sont répartis pour un an par le directeur général de l’Agence régionale de santé sur avis de la commission de subdivision. Le nombre de stages proposés est souvent supérieur au nombre de postes d’internes à pourvoir et certains lieux de stage ne trouvent donc pas preneurs.

Il convient de contacter :

• Les représentants des étudiants du 3e cycle pour les informer de l’ouverture de poste ;
• le président de Commission médicale d’établissement (CME) représentant le secteur privé non lucratif au sein de la commission de répartition afin qu’il puisse défendre la candidature.

VI. Les textes

Réforme du 3e cycle des études médicales

• Décret n° 2016-675 du 25 mai 2016 relatif à la prise en compte de la situation particulière de certains étudiants inscrits en 3e cycle ;

• décret n° 2016-1597 du 25 novembre 2016 relatif à l’organisation du 3e cycle des études médicales ;

• décret n° 2017-535 du 12 avril 2017 relatif aux conditions d’accès des médecins en exercice au 3e cycle des études de médecine ;

• arrêté du 12 avril 2017 portant organisation du 3e cycle des études médicales ;

• arrêté du 21 avril 2017 relatif aux maquettes de formation des DES et fixant la liste des diplômes, options et formations spécialisées transversales ;

• arrêté du 7 août 2017 fixant le nombre d’internes à former par spécialité et par subdivision territoriale ;

• arrêté du 18 septembre 2017 portant détermination des régions et subdivisions du 3e cycle des études de médecine et du DES de biologie ;

• arrêté du 27 novembre 2017 modifiant l’arrêté du 12 avril 2017 et l’arrêté du 21 avril 2017.

Rémunérations

• Arrêté du 12 juillet 2010 relatif aux émoluments des personnels médicaux en établissements hospitaliers ;

• arrêté du 4 mars 2014 relatif au montant de l’indemnité forfaitaire de transport ;

• arrêté du 6 août 2015 relatif aux astreintes des internes ;

• arrêté du 20 mai 2016 relatif à l’indemnisation des gardes effectuées par les internes et les faisant-fonction d’internes (FFI) ;

• arrêté du 15 juin 2016 relatif aux émoluments, rémunérations ou indemnités des personnels médicaux, pharmaceutiques et odontologiques exerçant en établissements de santé ;

• circulaire 2017/164 du 9 mai 2017 relative à la campagne tarifaire et budgétaire 2017 des établissements de santé ;

• arrêté du 29 mai 2017 modifiant l’arrêté du 15 juin 2016 relatif à l’indemnisation de la permanence et de la continuité des soins ;

• circulaire du 10 juillet 2017 spécifique à la campagne budgétaire des établissements de soins de suite et de réadaptation ;

• circulaire du 4 mai 2018 relative à la campagne tarifaire et budgétaire 2018 des établissements de santé.

Conventions permettant l’accueil d’internes 

• Arrêté du 24 mai 2011

VII. Témoignage : l’hôpital privé Le Bois de Lille

Pour l’établissement et ses cardiologues 

 
1. Pourquoi avoir ouvert ce poste de stage de 3e cycle ?

L’ouverture du poste correspondait à l’époque à une demande spécifique du coordonnateur local de l’enseignement de cardiologie. Peu de postes étaient alors disponibles au CHRU et il souhaitait proposer un poste d’exploration non invasive (échocardiographies essentiellement). C’était il y a 7 ou 8 ans et le cadre réglementaire était assez innovant. Jusqu’à ce jour, douze internes sont passé dans notre service.

2. Cela nécessite-t-il une organisation particulière ?

Cela nécessite une bonne organisation pour les deux cardiologues de l’établissement qui supervisent à tour de rôle l’enseignement pratique au lit du malade. Ils doivent également rédiger un rapport de stage qui est envoyé à la faculté à l’issue du stage.

3. Quel est le cahier des charges ? 

Notre établissement accueille un nouvel interne tous les six mois. Le cahier des charges prévoit :

• la mise à disposition des outils informatiques et du plateau technique ;
• la restauration de l’interne ;
• la validation du cursus de formation en échographie cardiaque transthoracique et transoesophagienne

En revanche l’apprentissage de la cardiologie interventionnelle reste l’apanage du CHRU.

4. Quelles sont les formalités nécessaires ?

Le choix du terrain de stage sa fait tous les six mois lorsque les internes doivent changer de service. Notre stage apparaît sur la liste des stages (CHRU, hôpitaux périphériques) ; il est en général retenu par les internes en milieu ou fin de formation.

En termes de formalités, il s’agit de la signature d’une convention tripartite entre la faculté, l’ARS et l’établissement.

5. Quel apport pour l’établissement ?

Accueillir un interne est une opportunité pour faire connaître l’établissement. Par ailleurs, c’est une manière de renforcer l’attractivité du secteur privé pour les futurs jeunes cardiologues. En effet, le deuxième interne qui est passé est devenu un de nos associés…

6. Quels sont les points de vigilance ?

L’assiduité de l’interne est un élément à surveiller : nous avons ainsi été dans l’obligation de ne pas valider un stage il y a quelques années en raison d’un absentéisme marqué.

7. Quel message aux établissements qui hésiteraient ?

Accueillir un interne constitue une réelle opportunité pour l’établissement, pour les cardiologues et pour la prise en charge des patients. Cela nécessite de bien s’entendre avec le coordonnateur local du DES de cardiologie. Dans le cas contraire, mieux vaut s’abstenir. C’est la première étape à valider avant de mettre dans la boucle l’établissement et son directeur. 

Pour le stagiaire

 
1. Pourquoi avoir choisi de faire votre stage dans un établissement privé ?

Un stage dans un établissement privé permet de découvrir une autre facette de la cardiologie, plus pratique, moins théorique, sans la pesanteur hiérarchique que l’on retrouve dans le public.

2. Comment cela se passe-t-il concrètement / au quotidien ?

Arrivée le matin et réalisation des échographies des patients admis la veille.

Contrôle par le cardiologue formateur puis réalisation des échographies avec le cardiologue formateur (aussi bien sur des patients hospitalisés que sur des patients externes).

Accompagnement au bloc opératoire de chirurgie cardiaque pour certaines procédures qui nécessitent un contrôle écho-cardiographique per opératoire (par échographie transœsophagienne).

3. Qu’est-ce que ce stage vous apporte ?

Ce stage permet d’acquérir un bon bagage pratique dans la formation, avec notamment la maîtrise de l’outil échocardiographique qui est nécessaire pour les futurs stages qui composent la maquette du DES. Il permet de se sentir plus autonome.

4. Ce stage a-t-il modifié votre perception du secteur privé et de la pratique en libéral ?

Oui, il y a moins de pesanteur hiérarchique, moins de papiers ou de dossiers à remplir et pas de garde.

5. Quels sont les éventuels points de vigilance ?

La formation qui doit être de qualité, comme l’encadrement.

6. Quel message pour les étudiants de 3e cycle qui hésitent à se lancer dans un stage dans le privé ?

Faire un stage dans un établissement privé est un bonne manière de comprendre une partie du fonctionnement de la cardiologie libérale dans son cadre « hospitalier », même si cela ne se substitue pas au remplacement en cabinet de ville.

De plus, cela permet de nouer des contacts et peut déboucher sur une possible association. L’autre aspect positif est que cela peut aussi faciliter les relations entre cardiologues de ville et cardiologues hospitaliers.

Vous pouvez nous contacter au SNC – Tél : +33 1 45 43 70 76 ou mail


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Le Cardiologue n° 447 – juillet-août 2022





Majorations et urgences : quoi de neuf ?

La période estivale s’accompagne souvent d’une modification de nos activités : un peu moins de consultations ou d’actes programmés et un peu plus d’urgences…

Par Frédéric Fossati. La Madeleine, Lille

Notre spécialité n’échappe pas à la règle et il nous est apparu utile de faire un point sur les cotations autorisées, à l’aune de la mission « flash » sur les urgences, mandatée début juin par le président de la République, et dont les conclusions, issues du rapport du Dr François Braun (1) (avant sa nomination au ministère de la santé et de la prévention), ont fait l’objet à la fois d’un arrêté ministériel (Arrêté du 11 juillet 2022 modifiant celui du 1er juin 2021 [2]) et d’une instruction de la DGOS, sous la forme « d’une déclinaison opérationnelle urgente » (3), transmise au ARS pour une mise en œuvre, du 1er juillet jusqu’au 30 septembre.

RAPPEL SUR LES MAJORATIONS D’URGENCES EN NGAP

Depuis le 1er janvier 2018, il est possible pour le cardiologue correspondant, qui réalise une consultation dans les 48 heures pour un patient orienté par son médecin traitant, d’appliquer la majoration « MCU » (Majoration Correspondant Urgence) valorisé à 15 €.

Cette majoration ne concerne QUE les actes cliniques (Cs, CsC, APC ou TC) et non les actes techniques de la CCAM malgré une demande fréquente des organisations syndicales.

Cette majoration est autorisée pour tout médecin quel que soit son secteur d’honoraires (I, II, OPTAM) mais à condition d’appliquer les tarifs opposables (donc, sans complément d’honoraires) ; elle implique pour le cardiologue sollicité de faire un retour d’information au médecin traitant. Lors de la saisie de l’acte (FSE ou papier), il faut entrer le code « MCU » et ne pas cocher la case « urgence ».

RAPPEL SUR LES MODIFICATEURS D’URGENCE EN CCAM

L’utilisation de ces modificateurs est conditionnée par le caractère urgent de l’acte et sa réalisation dans la période indiquée. En effet, l’urgence est définie comme un acte non prévu 8h auparavant, réalisé entre 20h00 et 8h00, ainsi que le dimanche et les jours fériés, ou dans un délai maximum de 6h après l’admission du patient dans un établissement (mentionné au paragraphe d de l’art. L. 162-22-6 du code de la sécurité sociale) pour « une affection ou la suspicion d’une affection mettant en danger la vie du patient ou l’intégrité de son organisme et entrainant la mobilisation rapide de ressources humaines et matérielles ».

Le modificateur « F » s’applique pour la journée du dimanche ou les jours fériés de 8h00 à 20h00 (valorisé à 19,06 €) tandis que le modificateur « U » s’applique la nuit de 20h00 à 8h00 (valorisé à 25,15 €) ; attention, ces 2 actes ne se cumulent pas (une urgence arrivant un dimanche soir après 20h reste cotée U et non pas F + U) et en cas d’association d’actes, ils ne s’appliquent que sur un seul acte. Enfin, il existe un autre modificateur « S », qui ne concerne que les actes thérapeutiques réalisés entre 24h00 et 8h00 sous anesthésie générale ou locorégionale, valorisé à 40 € (ex.: choc électrique).

En cas de doute, il vous est toujours possible de vous référer sur le site ameli.fr/accueil-de-la-ccam/index.php qui précise pour chaque acte CCAM la possibilité ou non d’utiliser ces modificateurs ; à titre d’exemple, l’épreuve d’effort (DKRP004), le Holter ECG (DEQP005) ou les échographies de stress (DAQM003, DZQM002, DBQM001) n’acceptent pas les modificateurs d’urgence (ceux-ci apparaissent entre parenthèses sous le code CCAM, dans la colonne « Code »).

MISSION FLASH SUR LES URGENCES ET LES SOINS NON PROGRAMMÉS ET SA DÉCLINAISON SUR LE TERRAIN

Autant le dire d’emblée, les médecins spécialistes libéraux ne sont concernés qu’à la marge de ce catalogue de mesures qui consiste essentiellement à :

  • Renforcer les services d’accès aux soins (SAS) et les SAMU,
  • Favoriser la participation des professions paramédicales à la prise en charge des soins non programmés,
  • Revaloriser la permanence des soins en établissement de santé pour l’ensemble de la fonction publique hospitalière,
  • Encourager la mise en place d’organisations ville/hôpital permettant aux professionnels libéraux (médecins généralistes ou spécialistes, infirmiers) de joindre directement leurs confrères hospitaliers pour un avis ou une admission directe,
  • Initier la création de cellules de gestion territoriale des lits.

On retiendra essentiellement pour les médecins :

  • le supplément de 15 € pour les consultations non programmées réalisées par les médecins généralistes au profit d’un patient, dont ils ne sont pas le médecin traitant, dans les 48h après régulation par le SAS ou le SAMU, en dehors de la permanence des soins ambulatoire, à tarif opposable, plafonné à 20 cotations hebdomadaires/médecin (indicateur « U » hors parcours de soins)
  • l’augmentation de la rémunération forfaitaire à 100 €/heure pour la participation à la régulation médicale dans les SAS ou SAMU (majorée de 20 % dans les DROM)
  • le supplément de 15 € pour tout acte de soin non programmé, effectué sur demande du SAS ou du SAMU, par un médecin généraliste libéral au sein d’une maison médicale de garde le samedi de 8h00 à 12h00 au profit d’un patient dont il n’est pas le médecin traitant
  • la prolongation de la prise en charge à 100 % des téléconsultations.

Toutes ces mesures prendront fin le 30 septembre 2022 et seront analysées par un « comité de suivi et d’évaluation » avant d’envisager leur pérennisation, le cas échéant, par voie réglementaire ou conventionnelle.

QUE RETENIR ?

Rien de neuf sous le soleil estival !

On aurait aimé la possibilité dérogatoire d’associer la MCU aux actes CCAM pour les médecins spécialistes durant cette période mais il faut admettre que la mission flash avait pour objectif de répondre à un enjeu de taille : comment concilier une augmentation de la demande de soins non programmés et la crise des urgences (qui n’est pas récente) et plus généralement celle du monde hospitalier alors que la médecine libérale, maillon essentiel dans la prise en charge, attire de moins en moins nos jeunes ou futurs confrères…

Réponse(s) dans les mois qui viennent…

1) Mission flash sur les urgences et soins non programmés.
2) Arrêté du 11 juillet 2022 modifiant l’arrêté du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire (voir legifrance.gouv.fr).
3) Instruction n° DGOS/DGCS/DSS/2022 du 10 juillet 2022 relative à la mise en œuvre opérationnelle des mesures de la mission flash pour les soins urgents et non programmés pour l’été 2022.

© DedMazey – Pascal Wolff




L’Ordre des médecins

L’Ordre des Médecins rassemble et fédère tous les praticiens.  Son rôle est à la fois moral, administratif, consultatif, juridictionnel et de conciliation. Il garantit ainsi la relation médecin-patient.

Cinq missions

La mission initiale de l’Ordre était de veiller au respect de l’éthique médicale. Il publia le premier code de déontologie en 1947. Depuis 2002, il est également chargé de veiller au maintien de la compétence des médecins. Outre ces deux missions, l’Ordre accompagne et aide les médecins, veille à la qualité des soins et conseille les pouvoirs publics.

Une présence locale et nationale 

L’Ordre des médecins est représenté aux niveaux départemental, régional et national. Les conseillers régionaux et nationaux sont élus par les conseillers départementaux. Chaque médecin est électeur et éligible. Depuis 2016, les élections sont paritaires et les candidats doivent avoir 71 ans au plus.

Des services pour les professionnels de santé

Les 1 824 conseillers départementaux sont élus pour 6 ans et renouvelés par moitié tous les 3 ans. Leurs missions sont administratives et juridiques : inscription des médecins et mise à jour du tableau, délivrance des autorisations de remplacement, organisation de la permanence des soins, examen et contrôle des contrats conclus par les médecins…

Les CDOM reçoivent les plaintes déposées contre les médecins. En cas d’échec de la conciliation, ils les transmettent aux chambres disciplinaires de première instance qui siègent de manière indépendante auprès des conseils régionaux de l’ordre (la commission nationale d’appel siègeant au niveau du CNOM).

Les CDOM sont également la porte d’entrée du service d’entraide pour les médecins en difficulté. Enfin, les conseillers départementaux jouent un rôle de représentation et d’information auprès des acteurs politiques et publics locaux.

Les conseils régionaux

Les 320 conseillers régionaux de l’Ordre sont les interlocuteurs des instances régionales du système de santé, notamment les Agences régionales de santé (ARS).

Le Conseil National

Interlocuteur des instances ministérielles et des acteurs de santé nationaux, le Conseil national émet des avis sur les textes réglementaires concernant la profession et défend les principes de la déontologie médicale dans les débats qui les engagent. Pleinement paritaire, le CNOM est organisé en 4 sections et comprend 60 membres dont 58 élus, les deux autres étant nommés par le Garde des Sceaux et le président de l’Académie de médecine.

Sa composition a été renouvelée lors des élections de juin 2022 : 27 des 58 conseillers élus l’ont été pour la première fois.

Président : Dr François Arnault

Secrétaire général : Dr Pierre Maurice

Trésorier : Dr Pierre Jouan

Vice-présidents : Dr Marie-Pierre Glaviano-Ceccaldi, Dr Jacqueline Rossant-Lumbroso, Dr Jean-Marcel Mourgues, Dr Gilles Munier

Présidents de section :

– Section « Ethique et déontologie » : Dr  Anne-Marie Trarieux

Cette section actualise les articles du code de déontologie médicale et ses commentaires. Elle informe les médecins et le grand public sur les questions éthiques et déontologiques.

–  Section « Exercice professionnel » : Dr René-Pierre Labarrière.

Cette section rend des avis de nature juridique et déontologique et conseille les médecins sur l’évolution de leur exercice professionnel.

– Section « Formation et compétences médicales » : Dr Henri Foulques.

Cette section gère les commissions de qualification et examine les questions liées à la formation initiale et continue, à l’évolution des carrières des médecins et au DPC.

– Section « Santé publique » :  Dr Claire Siret

Cette section travaille avec les pouvoirs publics sur les dossiers relevant de la veille sanitaire, de l’éducation à la santé et de la prévention.

– Délégué général aux relations internes : Dr Pascal Jallon

– Délégué général aux affaires européennes et internationales :  Dr Philippe Cathala

– Délégué général aux données de santé et au numérique : Pr Stéphane Oustric

– Secrétaires généraux adjoints : Dr Leïla Ouraci, Dr Patrick Théron, Dr Frédéric Joly.

© Rawpixel/depositphotos




Savoir analyser la littérature médicale [5]

Dans cette rubrique, lors des numéros précédents de la revue Le Cardiologue, il a été montré que, alors qu’ils fournissent des niveaux de preuve, des textes de recommandations, les textes de consensus et les prises de positions ne constituent pas des articles médicaux de haut niveau de preuve. Dans cet article sera donc abordé plus précisément la notion de niveau de preuve.

Par François Diévart. Elsan clinique Villette, Dunkerque

5e PARTIE : LES NIVEAUX DE PREUVE

 

Méli-mélo

Dans notre numéro 443 figurait un schéma de la pyramide des preuves en médecine. Ce schéma est régulièrement rapporté dans des articles médicaux ou des présentations sur le sujet. Dans cette pyramide particulière, le plus haut niveau de preuve est censée provenir des métaanalyses, puis juste en-dessous, des recommandations reposant sur des preuves. Et ce, avant les textes de synthèse et avant les essais thérapeutiques contrôlés (ETC) et les études de cas ou de cohortes, qui d’ailleurs, dans cette pyramide, figurent au même niveau.

Les niveaux les plus bas sont, par ordre décroissant, les analyses critiques, les revues de la littérature, puis un groupe comportant les rapports de cas, les séries de cas, les recommandations de pratique puis, en bas de liste, les textes de référence clinique. Cette pyramide contient de nombreuses erreurs notamment le fait d’inclure les textes de recommandations parmi les articles de plus haut niveau de preuve et le fait de conférer un même niveau de preuve aux ETC et aux études de cas ou de cohortes. Pourquoi ?

La notion de niveau de preuve

Par niveau de preuve, on entend la fiabilité, c’est-à-dire, la concordance avec la réalité, d’un résultat issu d’une évaluation. Ce n’est donc pas un résultat que l’on évalue mais la méthode avec laquelle il a été obtenu. On dit ainsi, ce résultat a été obtenu avec un fort niveau de preuve lui conférant des garanties d’être conforme à la réalité objective et les gradations des niveaux de preuve (comme A, B ou C) se réfèrent aux méthodes ayant permis d’aboutir au résultat qui est discuté.

On peut dire que le niveau de preuve provient de la méthode adoptée dans une étude pour répondre à une question posée. La capacité d’une étude à répondre à la question posée est jugée sur la correspondance de l’étude au cadre du travail (question qui peut être en rapport avec l’évaluation d’une méthode diagnostique ou thérapeutique, population, critères de jugement…) et sur les caractéristiques suivantes :

  • l’adéquation du protocole d’étude à la question posée ;
  • l’existence ou non de biais importants dans la réalisation de l’étude ;
  • l’adaptation de l’analyse statistique aux objectifs de l’étude ;
  • la puissance de l’étude et en particulier la taille de l’échantillon.

Prenons une question classique : « Est-ce que le fait de prendre le traitement X diminue les symptômes de l’insuffisance cardiaque ? » et envisageons divers moyens pour obtenir une réponse. Il est possible d’interroger des patients qui prennent ce traitement et alors de compter les « Docteur, depuis que vous m’avez donné ce traitement, je vais mieux… ou pareil… ou pire ». Il est possible d’analyser une cohorte de patients dont une partie prend le traitement et l’autre non. Il est aussi possible de prendre une cohorte de patients ayant la maladie et de donner au hasard le traitement à la moitié et à l’autre moitié, un placebo en suivant certaines règles, etc. Toutes ces méthodes fournissent des réponses à la question posée. Seule la dernière fournit une réponse la plus proche de la réalité de l’effet du traitement car elle permet de s’affranchir de plusieurs biais ou de plusieurs facteurs confondants comme l’effet placebo, l’effet patient, l’effet médecin, l’effet temps, la non comparabilité des patients…

Les niveaux de preuves

L’ETC, qui correspond à la troisième méthode envisagée, est donc la méthode aujourd’hui jugée comme la plus fiable, sinon la moins mauvaise pour répondre à la question posée. Et encore faut-il qu’il évite plusieurs biais et qu’il ait une puissance suffisante. La fiabilité supérieure attribuée à une métaanalyse provient essentiellement de l’augmentation de puissance qu’elle permet, mais aussi, pour partie, du fait qu’elle inclut des patients de type différent, les essais ayant pu enrôler des patients différents.

Ainsi, schématiquement, les niveaux de preuves, du plus haut au plus bas sont les suivants, tout en sachant que, tout en reposant sur les mêmes principes, plusieurs gradations sont possibles (comme celles de la Haute autorité de santé qui y couple en grade de recommandations A, B ou C) :

  • niveau 1 ou de plus haute fiabilité : revue systématique ou méta-analyse d’ETC de haute qualité ;
  • niveau 2 : ETC de forte puissance ou plusieurs ETC ;
  • niveau 3 : essai thérapeutique controlé ;
  • niveau 4 : études de cohortes correctement conçues (appariement, puissance…) ;
  • niveau 5 : études cas-contrôles ;
  • niveau 6 : études de cas, et études de cohortes de faible qualité ;
  • niveau 7 ou de plus faible qualité : opinion d’expert reposant sur un raisonnement physiopathologique, des données expérimentales ou des raisonnements théoriques. 

 

1ère PARTIE : SAVOIR ANALYSER LA LITTÉRATURE MÉDICALE
 
2e PARTIE : COMMENT EST RÉALISÉ UN TEXTE DE RECOMMANDATION ?
 
3e PARTIE : PRINCIPES DES TEXTES DE CONSENSUS ET DES PRISES DE POSITION
 
4e PARTIE : DES COMPLÉMENTS DE RECOMMANDATIONS QUI NE SONT PAS DES RECOMMANDATIONS




Prise en charge de l’insuffisance tricuspide isolée


L’insuffisance tricuspide (IT), qui a été longtemps négligée, est actuellement considérée comme un problème de santé publique du fait du vieillissement de la population puisqu’une IT moyenne à sévère affecterait 4 % des personnes âgées de plus de 75 ans, et du fait de sa gravité puisqu’elle est associée à une morbidité (diminution des capacités fonctionnelles, insuffisance cardiaque) et une mortalité qui augmentent avec le degré de sévérité de la fuite valvulaire.

Prise en charge de l’insuffisance tricuspide isolée

Julien Dreyfus. Centre cardiologique du Nord, Saint-Denis

RECOMMANDATIONS

Les dernières recommandations internationales suggèrent de réaliser une chirurgie valvulaire tricuspide isolée chez les patients ayant une IT sévère qui sont symptomatiques ou qui ont une dilatation du ventricule droit (VD), en l’absence de dysfonction ventriculaire gauche ou VD sévère ni d’hypertension artérielle pulmonaire sévère (indication de classe IIa). (1)

ETAT DES LIEUX

Malgré la prévalence de l’IT et sa gravité, la grande majorité des patients est traitée uniquement médicalement par diurétiques pour diminuer les symptômes et un traitement curatif chirurgical n’est que rarement proposé (une centaine de patients par an en France [2]).
Ainsi, seuls 10 % des patients hospitalisés en France pour insuffisance cardiaque avec IT significative sont adressés pour un traitement curatif (3). Ceci est expliqué par l’absence d’étude prouvant le bénéfice d’un traitement curatif chirurgical de l’IT isolée et surtout par la mortalité post-opératoire élevée associée à cette intervention, estimée à environ 10 % dans les différents registres publiés. (4)

EVALUATION DU RISQUE OPÉRATOIRE

A partir d’un registre multicentrique Français (12 centres tertiaires sur une période de 11 ans), nous avons développé le TRI-SCORE, premier score de risque spécifiquement dédié à la prédiction du risque de mortalité postopératoire après chirurgie valvulaire tricuspide isolée à l’échelon individuel. Ce score, simple et fiable, est basé sur 8 paramètres cliniques, biologiques et échocardiographiques simples à recueillir et qui permettent d’évaluer le retentissement de l’IT sur la fonction du VD, du foie et des reins (figure 1). (5)

Afin d’en faciliter l’utilisation en routine, un calculateur en ligne est disponible (tri-score.com). Ce score, allant de 0 à 12 points, valable quel que soit le mécanisme de l’IT, doit nous inciter à prendre en charge plus précocement les patients ayant une IT, avant les atteintes irréversibles d’organes. Ainsi, le calcul systématique du TRI-SCORE dans cette population permettrait de définir des patients à faible risque opératoire qui pourraient bénéficier d’un traitement chirurgical.

Figure 1. TRI-SCORE : score spécifiquement développé pour prédire le risque de mortalité hospitalière après chirurgie valvulaire tricuspide isolée.(5)

TRAITEMENT PERCUTANÉ

A l’inverse, le TRI-SCORE permet de définir des patients à haut risque opératoire pour lesquels une alternative percutanée serait souhaitable. Moins invasif que le traitement chirurgical, le traitement percutané de l’IT est en plein développement et pourrait permettre d’augmenter le nombre de patients traités.

Les techniques de réparations valvulaires, notamment bord-à-bord, semblent montrer des résultats prometteurs dans les premiers registres sur des patients à haut risque opératoire. Pour les patients non éligibles à une réparation, un remplacement valvulaire tricuspide percutané pourrait être une option intéressante. Les premiers résultats semblent très encourageants.

De nombreuses études sont en cours pour évaluer le bénéfice des traitements percutanés de l’IT en comparaison au traitement médical et permettront d’aider à mieux définir le meilleur moment et le type de procédure le plus adapté à chaque patient.

Notamment, l’étude Française TRI-FR, coordonnée par le CHU de Rennes, randomise des patients ayant une IT fonctionnelle sévère entre poursuite du traitement médical optimal (diurétiques) et traitement percutané par Triclip®. (6)
A noter que les dernières recommandations Européennes suggèrent de réaliser un traitement percutané de l’IT dans des centres experts chez les patients ayant une IT secondaire sévère symptomatique chez des patients inopérables (indication de classe IIb). (1)

CONCLUSION

La prise en charge de l’insuffisance tricuspide est en pleine (r)évolution. Il ne faut plus hésiter à adresser les patients ayant une IT sévère symptomatique dans les centres qui peuvent proposer un traitement curatif en vue d’une évaluation qui pourrait aboutir à une réparation ou un remplacement, chirurgical ou percutané. Le TRI-SCORE permet d’évaluer le risque opératoire et d’orienter la stratégie thérapeutique (figure 2).

Figure 2. Proposition d’algorithme décisionnel dans la prise en charge des patients
ayant une insuffisance tricuspide fonctionnelle sévère.

1. Vahanian A, Beyersdorf F, Praz F et al. 2021 ESC/EACTS Guidelines for the management of valvular heart disease. Eur Heart J 2021.

2. Dreyfus J, Ghalem N, Garbarz E et al. Timing of Referral of Patients With Severe Isolated Tricuspid Valve Regurgitation to Surgeons (from a French Nationwide Database). Am J Cardiol 2018;122:323-6.

3. Messika-Zeitoun D, Candolfi P, Dreyfus J et al. Management and Outcome of Patients Admitted with Tricuspid Regurgitation in France. Can J Cardiol 2020.

4. Dreyfus J, Flagiello M, Bazire B et al. Isolated tricuspid valve surgery: impact of aetiology and clinical presentation on outcomes. Eur Heart J 2020;41:4304-17.

5. Dreyfus J, Audureau E, Bohbot Y et al. TRI-SCORE: a new risk score for in-hospital mortality prediction after isolated tricuspid valve surgery. Eur Heart J 2021.

6. Donal E, Leurent G, Ganivet A et al. Multicentric randomized evaluation of a tricuspid valve percutaneous repair system (clip for the tricuspid valve) in the treatment of severe secondary tricuspid regurgitation Tri.Fr Design paper. Eur Heart J Cardiovasc Imaging 2021.


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Le Cardiologue n° 447 – juillet-août 2022





Des études montrent que la pandémie de Covid-19 a commencé sur un marché de Wuhan et que deux lignées virales ont été transmises à l’homme

(Le Monde – Réalités biomédicales – Marc Gozlan) Deux études, publiées en ligne le 26 juillet 2022 dans la revue Science, rapportent que le marché aux animaux vivants Huanan à Wuhan, en Chine, a été l’épicentre de l’émergence de la pandémie de Covid-19 et que celle-ci s’est manifestée par la transmission de l’animal à l’homme d’au moins deux lignages viraux distincts… [Lire la suite]




Cardiovasculaire : le régime méditerranéen prouve sa supériorité face au régime pauvre en graisses

(Medscape – Nathalie Barrès) Une étude a comparé les effets du régime méditerranéen et pauvre en graisses en prévention cardiovasculaire secondaire. Elle montrela supériorité du premier sur le deuxième. Le régime méditerranéen diminuerait le risque d’événement cardiovasculaire majeur de 26% chez les patients ayant une coronaropathie. Ces bénéfices iraient même jusqu’à 33% de réduction d’événement cardiovasculaire majeur chez les hommes dans ce même contexte de prévention secondaire… [Lire la suite]




Suspension du Pr Zegdi, chirurgien cardiaque à l’hôpital Henri Mondor

(Medscape – Jacques Cofard, Aude Lecrubier) Que se passe-t-il au service de chirurgie cardiaque de l’hôpital Henri-Mondor ? Suspendu à titre conservatoire par l’ex-DG de l’APHP Martin Hirsch juste avant son départ, le Pr Rachid Zegdi, chirurgien cardiaque du service, dénonce un acharnement contre sa personne. Selon lui, il serait sanctionné pour avoir signalé des morts suspectes de patients, des décès qu’il attribue aux mauvaises pratiques professionnelles du Pr Thierry Folliguet, chef du service. Une version des faits qui n’est pas celle relatée par l’AP-HP et qui est contestée par plusieurs collègues et anciens-collègues. Certains parlant même de « harcèlement » de la part du chirurgien mis à l’écart… [Lire la suite]




Hackers ou comment s’en protéger

Le piratage est devenu une industrie à part entière. Pour ce prémunir devant ces « professionnels » et éviter le pire, il faut avant tout travailler sur l’anticipation, car la sécurité se passe tout d’abord en amont afin de garder une marche d’avance sur les hackers… C’est ce que nous allons voir dans ce deuxième chapitre consacré au piratage informatique.


Voir également : Hackers, les maîtres du monde

Pascal Wolff – Le Cardiologue n° 447 – juillet-août 2022

La numérisation des données s’est considérablement développée ces dernières années, et les interconnexions entre  les différentes parties (professionnels, patients, téléconsultations, entreprises de données, etc.) ont bondi de manière exponentielle. Les attaques virtuelles ont bien évidemment suivis cette évolution qui n’en est qu’à ses débuts.

Jusqu’à présent, et sans en prendre une réelle conscience, les hackers faisaient le buzz dans le vol des données. Et ce n’est pas les grandes entreprises, mondialement connues, qui étaient les plus protégées. Facebook par exemple, s’est fait subtiliser une base de données de 533 millions d’utilisateurs en 2019. À l’époque, l’entreprise avait affirmé avoir résolu le problème. Seulement, nouvelle fuite en 2021… Les utilisateurs n’ont jamais été prévenus (voir encadré ci-dessous et visitez le site havebeenpwned.com). Les vols massifs ont également eu lieu dans de nombreux hôpitaux. Cependant, aucune attaque n’a, à ce jour, visé à la désorganiser le système de soins français, même si la moitié des incidents déclarés ont bel est bien… désorganisé les structures.

Que cherchent ces voleurs de données ? C’est tout d’abord le business avec ses profits qui ont développés cette guerilla informatique, même si l’on n’oublie pas que des équipes gouvernementales (de tout pays) ont des spécialistes très aiguisés en la matière.

Les angles d’attaque des hackers sont orientés vers les entrées que nous leurs « offrons », à savoir les failles organisationnelles, physiques techniques et humaines.

 

LES ANGLES D’ATTAQUE

 

L’hameçonnage. Le grand classique

 

L’hameçonnage, ou pishing, consiste à envoyer des e-mails dans le but d’obtenir des informations personnelles. Cette technique implique soit une pièce jointe chargeant un logiciel malveillant sur votre ordinateur dès que vous l’ouvrez, soit en utilisant un lien pointant vers un (faux) site web vous incitant à télécharger des logiciels malveillants (voir Le Cardiologue 446) ou à transmettre des renseignements personnels (numéro de carte bleue, mots de passe…).

Vérifiez tout d’abord la connexion du site qui doit être en https. Si le chiffrement des données transmises est une bonne chose grâce à ce « s » de http, cela signifie juste que les informations échangées entre votre navigateur et le site visité ne sont pas accessibles à des tiers, mais ne veut pas dire que le site est sûr, le certificat délivré ne dit rien du site lui-même. Une page d’hameçonnage peut tout à fait avoir ce certificat et chiffrer le trafic qui circule entre vous et lui.

 

L’harponnage. L’usurpateur

 

Le harponnage, ou spear phishing, est un type de hameçonnage utilisant les adresses-mails pour cibler les individus et les entreprises. C’est à partir de messages personnels et pertinents que le harponnage peut être difficile à identifier. L’un des moyens les plus utilisés est l’usurpation d’une adresse électronique d’une personne que vous connaissez. « Hello, regarde la photo jointe et dis-moi ce que tu en penses… » suffit passer du côté obscur, tout comme une soit-disante commande de 352,00 euros dont l’opérateur a perdu votre adresse, ou votre banque qui vous envoie un message pour vérifier la mise à jour de votre profil. Généralement, le courriel usurpe l’identité d’une personne morale (établissement bancaire, service public…) ou d’une personne physique (travail, famille, ami…) dans le but d’ouvrir une pièce jointe ou de cliquer sur un lien qui vous dirige vers un site malveillant. Une fois la « proie » cernée, l’attaquant prend le contrôle du système d’information. On parle ici « d’infiltration ».

Il est facile aujourd’hui de copier un site « officiel » et de le rendre ainsi utilisable à des fins d’escroquerie. Nombreux sont les sites affichant une colonne à droite « Accès client » visant à vous faire remplir vos nom d’utilisateur et mot de passe.
Si vous avez un doute, rendez-vous directement sur le site en question avec votre propre adresse. Vous pouvez également survolez les liens avec votre curseur. Si vous voyez par exemple http//l.mail.hsbc.fr pour un message reçu de la banque hsbc, vous ne pouvez que passer votre chemin et pourtant le mail est envoyé de l’adresse contact@mail.hsbc.fr qui vous paraît pourtant véritable. Il faut faire preuve d’esprit critique en déchiffrant l’URL.

 

L’ANTICIPATION, LA RÈGLE D’OR DE LA PRÉVENTION

 

Si la cybercriminalité a touché essentiellement les grands groupes, les cabinets médicaux, et donc les médecins, ne sont plus épargnés par ce phénomène. Les attaques se sont multipliées dans les petites structures car celles-ci ne sécurisent pas efficacement leurs données sensibles. Le Cnom a confirmé que les médecins sont particulèrement concernés, la protection des données s’articulant avec le secret professionnel. Un guide a d’ailleurs été rédigé entre le Cnom et la Cnil afin de vérifier la mise en conformité avec le RGPD.

La base de la prévention est tout d’abord matérielle avec la sécurisation du système informatique (serveur professionnel externe, wifi sécurisé, sauvegardes interne Raid et externe, mots de passe régulièrement renouvelé, verrouillage en système de veille, antivirus mis à jour, VPN).

Ensuite, toute personne ayant accès aux données du cabinet doit être conscient des risques et leur comportement doit être l’allier d’une extrême vigilance… n’hésitez pas à faire une formation à ce sujet. Insérer une clause dans les contrats sur le respect du secret et de la confidentialité. L’anonymisation des données, les envois sécurisés via messagerie cryptée, suppression des messageries gmail, des réceptions de fichier via Wetransfer, vérification hebdomadaire de vos adresses-mail (voir encadré)… tout ceci doit faire partie du comportement de chacun afin de limiter au maximum les attaques.

Enfin, travaillez en amont en pensant que si vous arrivez un matin et que votre informatique est bloquée à cause d’une attaque, quels sont vos angles de recours (et de secours).

Comment savoir si vos adresses mails n’ont pas été piratées

Le site haveibeenpwned.com (littéralement « je me suis fait avoir ») qui est la référence ou l’Institut Hass-Platner Institut à Berlin (HPI ). Vous pouvez ainsi voir si votre e-mail ou votre numéro de portable ont fuité ou ont été volés dans des bases de données.

 

Que faire en cas de piratage ?

 

Vous devez impérativement et sans délai modifier votre mot de passe, voire de supprimer votre compte si les attaques ont été multiples. Mais de manière générale, tous vos mots de passe doivent être changé régulièrement, et – cela va de soi –chaque compte ne doit pas avoir le même mot de passe.

LES DIX RÈGLES D’OR DE LA PRÉVENTION

LEURS APPLICATIONS SONT ESSENTIELLES !

 

Les usages informatiques à caractère personnel de ceux à caractère professionnel doivent être strictement séparés. Cela concerne les courriels, les comptes d’échange de fichiers, les clés USB ou tout support informatique (disques durs…).
Les mises à jours doivent être faits régulièrement (personnels et professionnels). Faites en sorte d’automatiser les mises à jour sur vos machines. Si elles ne peuvent pas l’être, vérifier les ponctuellement ou acceptez les immédiatement si des messages vous les propose.
Vos accès aux différents services doivent être protégés par des mots de passe complexes. Ils doivent être sans informations personnelles, uniques et bien sûr à ne divulguer en aucune manière. La règle principale : un mot de passe par support.
Si vous pouvez le faire, protégez vos accès par une authentification à double-facteur (ou vérification en deux étapes) lorsque c’est possible. Par exemple, le site sur lequel vous vous connectez vous envoie un code à usage unique sur votre smartphone.
Surveillez vos équipements lors de vos déplacements. Cette surveillance vous protégera des manipulations à votre insu.
Lorsque vous devez vous absenter, protégez votre espace de travail et donc vos données. Mettez un code de sécurité sur vos machines si c’est possible. Placez en lieu sûr tout matériel connecté (disques durs, clés usb…) et si possible coupez votre internet.
Votre identité numérique doit être divulguée avec parcimonie sur internet et les réseaux sociaux. Si vous devez par exemple donner votre adresse mail une seule fois ou si vous n’êtes pas sûr d’un site, créez une adresse fictive et temporaire sur un hébergeur dédié tel YOPmail (Your Own Protection mail) qui est un serveur de messagerie électronique temporaire et gratuite.
➐ Protégez vos messageries professionnelle et personnelle. Avant d’ouvrir une pièce jointe, soyez sûr à 100 % de votre émetteur et ne cliquez pas sur les liens qui vous semblent douteux.
Protégez-vous des réseaux extérieurs non maîtrisés pour connecter vos équipements (réseaux ou bornes de recharge USB publics, prêt d’un ordinateur…).
La visioconférence est devenu une mane pour les hackers. Passez par des sociétés reconnues. La confidentialité des conversations n’est pas assurée sur les réseaux publics.
Évitez de prendre votre smartphone lors de réunions sensibles. Il peut être très facilement utilisé pour enregistrer vos conversations, y compris à votre insu.

© Gorodenkof/depositphotos

 

Vérifiez vos adresses mails !

Il n’y a pas que votre ordinateur qui peut être piraté. Vos adresses mails on pu être subtilisées dans d’autres bases de données (Santé, Gafam, réseaux sociaux…). Pour le savoir et éviter une usurpation de votre identité, de l’hameçonnage ou autre méfait, vérifiez auprès du site  haveibeenpwned s’il y a eu violation de vos adresses. Si tel est le cas, le site vous indique sur quels sites vos données ont été volées… et changez vos mots de passe.

la CNIL et vos données

Le médecin libéral doit donc protéger ses données personnelles et médicales. Pour ce faire, il doit passer par des protocoles précis : hébergement certifié données de Santé avec demande préalable auprès de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL). 

 

La CNIL a récemment sanctionné deux médecins libéraux pour ne pas avoir suffisamment protégé les données de leurs patients, des milliers d’images médicales hébergées sur des serveurs étaient en accès libre. Toutes ces données pouvaient donc être consultées et téléchargées, et étaient, selon les délibérations de la CNIL, « suivies notamment des nom, prénoms, date de naissance et date de consultation des patients ». Le problème venait simplement d’un mauvais paramétrage de leur box internet et du logiciel d’imagerie qui laissait en libre accès les images non chiffrées.

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LES NFT, C’EST QUOI EXACTEMENT ?

Les jetons non fongibles (NFT) sont des certificats de propriété stockés sur une blockchain. Ces jetons numériques permettent de certifier l’authenticité d’un objet qui lui est associé en achetant un code (ou un certificat)

Contrairement à la monnaie telle qu’on la connaît (ou aux cryptomonnaies), chaque NFT est unique ou non fongible, c’est-à-dire qu’il ne peut être échangé contre quelque chose de valeur égale. 

Le marché de l’art est en pleine révolution grâce aux NFT. Mike Winkelmann (Beeple) a vendu une photo numérique pour plus de 69 millions de dollars chez Christie’s. Et pourtant, cette photo est consultable et téléchargeable sur internet, contrairement à un tableau « réel ». Alors, pourquoi acheter une telle œuvre de cette manière ? Et bien tout simplement parce que celle-ci a été vendue avec son NFT qui la rend unique et traçable. Ce certificat signe bien sûr l’œuvre de l’artiste et indique qui l’a vendue, qui l’a achetée et pour quelle somme et à quelle date. Cette œuvre « numérique » peut donc être cédée en enchère… et si la valeur de la cryptomonnaie qui a permis d’acquérir le certificat NFT augmente, la valeur de cette œuvre augmentera  pour le possesseur du NFT.




La grande extension, ou comment la santé mondiale a évolué depuis 1750

« La grande extension » est un livre dont le titre souligne le fait qu’alors que, lors des siècles précédents, l’espérance de vie à la naissance avait stagné, avec une moyenne comprise entre 25 et 30 ans, depuis 1750, elle n’a cessé de croître pour quasiment tripler en 250 ans. Ce livre raconte de façon synthétique l’histoire de cette extension et surtout de ses déterminants.

UNE HISTOIRE

C’est une véritable synthèse de l’évolution mondiale de la santé depuis 270 ans que nous offre en 350 pages de lecture facile et captivante, Jean-David Zeitoun, médecin, diplômé de Sciences-Po et docteur en épidémiologie clinique. Dans ce livre, citoyens, étudiants, médecins, scientifiques ou profanes découvriront tous les grands mouvements qui ont contribué au triplement de l’espérance de vie en moins de 300 ans, et ce, alors que celle-ci n’avait pas évolué lors des 10 000 ans précédents. Vous aurez la confirmation que l’espérance de vie a commencé à progresser bien avant l’ère de la médecine, et ce, proportionnellement à l’accroissement de la fortune des Nations, puis grâce au courant hygiéniste qui raisonnait sur des bases erronées (les miasmes) mais a permis l’adoption de mesures opérationnelles finalement bénéfiques.

Vous disposerez aussi d’une synthèse sur l’histoire de l’immunisation par les vaccins, sur celle des antibiotiques, sur celle de l’époque « magique » des drogues merveilleuses débutant autour de 1950 et révolutionnant la médecine. Si l’accroissement initial de l’espérance de vie a été dû à une chute majeure de la mortalité infantile, ces progrès thérapeutiques ont permis de gagner à l’autre extrémité en diminuant l’incidence des maladies non contagieuses et en prolongeant la vie de ceux qui en sont touchés. Et si ces maladies non contagieuses sont maintenant fréquentes, c’est que l’espérance de vie a augmenté. Mais la baisse d’incidence de ces maladies reste menacée à l’échelle mondiale par quatre risques comportementaux : tabac, alcool, sédentarité et surpoids.

PASSÉ, PRÉSENT, AVENIR

Ce livre ne serait qu’une chronique s’il ne fournissait pas à chaque étape une analyse sur les points forts et apports, c’est-à-dire les trois ou quatre déterminants et implications, de chaque événement décrit. Il ne serait qu’un livre d’histoire s’il ne portait pas un regard sur l’époque actuelle et son devenir. Pour l’auteur, notre époque fait face à trois défis, le coût économique d’un gain en espérance de vie, les inégalités de santé et les maladies chroniques. Pour l’avenir, l’auteur pose la question d’une possible rétrogression, c’est-à-dire, au mieux une stagnation de l’espérance de vie, au pire une diminution, comme cela est amorcé aux Etats-Unis depuis quelques années. A ce sujet, la crise des opioïdes, relativement méconnue en France, y est clairement synthétisée. L’auteur envisage que deux événements majeurs pourraient contribuer à diminuer l’espérance de vie : les changements climatiques et les infections émergentes.

Outre la synthèse proposée, ce livre fourmille de données utiles. Ainsi, le graphique de la progression de l’espérance de vie en France depuis 1750, montre que les guerres napoléoniennes ont provoqué une chute équivalente à celle de chaque guerre mondiale, lorsque cela est rapporté à la population masculine. Ainsi, vous découvrirez les contributions majeures à la santé mondiale de personnalités hélas méconnues, comme Louis René Villermé, Edwin Chadwick, John Snow… mais aussi ce qu’a été l’importance mondiale de l’école de médecine de Paris au début du XIXe siècle et pourquoi, finalement, elle fut dépassée.

Vous découvrirez ce qu’a été la lutte entre la dégradation de la santé liée à l’industrialisation et l’urbanisation dans la deuxième moitié du XIXe siècle et l’apport majeur de l’hygiénisme. A propos de la grippe espagnole à laquelle un chapitre est consacré, vous reconnaîtrez une histoire actuelle : l’effet amplificateur d’une grande parade à Philadelphie (bilan : 10 000 morts) et la question posée, déjà, de l’utilité du confinement. Et, en conclusion, ce qu’est le destin humain « Gagner contre une maladie n’est qu’un soulagement momentané, car cela signifie surtout attendre la prochaine ».

EN SAVOIR PLUS…

La grande extension. Histoire de la santé humaine


    • Auteurs : Jean-David Zeitoun
    • Éditeur : Denoël
    • Parution : mai 2021
    • Pagination : 352 pages
    • Format broché : 21,00 euros
    • Format Kindle : 14,99 euros





Comment prévenir la prochaine pandémie : restons simples

Quand il ne crée pas et ne brevète pas un nouveau virus pour diminuer la population mondiale excédentaire parce que les tatouages quantiques n’ont pas marché, quand il ne met pas des nanoparticules dans les vaccins pour « pucer » la population mondiale et la suivre pas à pas grâce au réseau 5G et aux satellites, quand il n’impose pas le port du masque en manipulant les autorités de santé, quand il n’est pas l’homme de la fausse pandémie mais de la vraie dictature, quand il n’est pas obligé de créer rapidement un nouveau virus, celui de la variole du singe parce que celui de la Covid-19 n’a pas parfaitement réussi, au grand désespoir de l’Etat profond, Bill Gates… tout simplement, écrit des livres. Et ses livres sont nettement moins délirants que les intentions qu’on lui prête.

ECRIRE SIMPLEMENT

Ce qui marque quand on lit un livre de Bill Gates est la simplicité de l’écriture et des propos. Cela peut rebuter les esprits scientifiques ou les connaisseurs du sujet, mais cela permet d’exposer clairement divers aspects de problèmes complexes. Un exemple : « Si 100 personnes sont atteintes d’une maladie infectieuse le premier jour, et si le nombre double chaque jour, toute la population de la planète sera contaminée au… 27e jour ». Et le livre est bien articulé, exposant les contextes et la façon, étape par étape, de prévenir et endiguer les pandémies, c’est-à-dire d’agir dès la survenue d’un foyer épidémique local avant que des vaccins à large spectre ne puissent réellement prévenir les épidémies.

PRÔNER DES MESURES SIMPLES MAIS SOCIALEMENT DIFFICILES

Pour prévenir, il faut des systèmes de veille adaptés, la possibilité de recueillir rapidement des données pertinentes et une coordination mais aussi une autorité supérieure mondiale pour imposer les mesures. Dans le cas d’un virus respiratoire, porter le masque est une mesure indispensable et l’auteur s’interroge sur le fait que la pandémie aura sur ce point changé les mentalités, c’est-à-dire les normes sociales. Plus encore, tout doit être fait pour tester (notamment aux frontières) et isoler aussi rapidement que possible les personnes contaminées.

L’évaluation des traitements potentiels doit être coordonnée à l’échelle supranationale, des réseaux doivent aider à recruter des patients de différentes catégories, les étapes d’évaluation doivent se chevaucher et la production des vaccins mise en route très précocement. Enfin, dernière étape mais non la moindre, assurer la logistique pour que les traitements soient acheminés à qui de droit de façon efficace : comme pour la vente par correspondance, le dernier kilomètre, celui de la satisfaction-client, est parfois crucial. Car comme l’avait dit Bill Foege « Les décisions optimales sont fondées sur les meilleures données, mais les meilleurs résultats découlent d’une gestion optimale ».

ÊTRE PRAGMATIQUE SIMPLEMENT

Le livre est aussi un panégyrique, semble-t-il justifié, pour la fondation Gates et ses apports à la santé mondiale, notamment dans les pays les plus défavorisés. Il ne fait pas de doute que les moyens qu’elle a engagé ont permis de sauver des millions de vies humaines en 20 ans.

Et on peut s’apercevoir que l’esprit qui a présidé à sa création reste présent chez Bill Gates lorsqu’il écrit « Pire encore, des jeunes gens en bonne santé dans les pays riches, qui ne risquaient pas d’être très malades ou de décéder du Covid, ont été vaccinés avant les personnes âgées ou les travailleurs essentiels dans les pays pauvres, autant d’habitants qui étaient les plus vulnérables » et qu’il ajoute « Combien de responsables politiques oseront dire aux jeunes électeurs qu’ils ne peuvent pas être vaccinés car les doses sont envoyées dans un autre pays… ? »

EN SAVOIR PLUS…

Comment éviter la prochaine pandémie

  • Auteur : Bill Gate
  • Editeur : Flammarion
  • Parution : mai 2022
  • Pagination : 400 pages
  • Format broché : 21,90 euros
  • Format Kindle : 14,99 euros