Le parcours mystérieux et chaotique de l’Apollon du Belvédère [1]

L’Apollon du Belvédère, sculpture romaine en marbre de l’époque d’Hadrien, reproduction d’une effigie en bronze vers – 330 av. J.-C., se trouve  sous une niche dans l’octogone de la cour du Belvédère au Vatican. Cette statue de taille supérieure à l’être humain (2,24 m [h]), très souvent gravée et reproduite, fut l’objet de nombreux écrits, notamment aux XVIIIe et XIXe siècles. Admiré comme l’une des merveilles de la statuaire antique grecque, Johann Joachim Winckelmann le décrivit à plusieurs reprises avec emphase. Cependant son historiographie demeure encore aujourd’hui très méconnue.

Une découverte de la Renaissance 

Nous devons attendre le début du XVIe pour découvrir son existence dans le guide le plus célèbre de la Rome antique, L’Opusculum de mirabilibus novae & veteris urbis Romae de Francesco Albertini : « que puis-je dire de la très belle statue d’Apollon, qui je peux le dire semble vivante et que votre sainteté a transféré au Vatican ». L’auteur, chanoine de la basilique Saint-Laurent à Florence, aumônier du cardinal Fazio Santoro à Rome, fut élevé au titre de cardinal par le pape Jules II le 1er décembre 1505. Vers 1491 parut dans le codex Escurialensis, (1) publié vers 1508-1509, la première reproduction de l’œuvre. Ce recueil de dessins indiquait que la statue se trouvait dans le jardin du cardinal Giuliano della Rovere, le futur pape Jules II à San Pietro in Vincoli, dont il était le titulaire depuis 1471. En fait l’Apollon servit de modèle à Andrea del Castagno dans les années 1450 lorsque cet artiste peignit son David en citant l’attitude de la sculpture (David vainqueur de Goliath, tempera sur toile, Washington National Gallery of art). Pier Jacopo Alari Bonacolsi (v.1460-1528) dit l’Antico, qui avait reproduit plusieurs statues antiques pour le studiolo d’Isabelle d’Este, en fit une réduction en bronze, sans doute vers 1498, aujourd’hui à la Ca d’Oro à Venise.

Une installation symbolique dans la cour du Belvédère

Le pape Jules II, grand amateur d’antiquité, l’installa au Vatican dés 1509, puis dans la cour du Belvédère vers 1511. L’aménagement de celle-ci confié à Donato Bramante à partir de 1506 connectait le palais du Vatican à la villa du Belvédère par une série de terrasses. Dès 1503, Jules II amassa une immense collection de sculptures antiques dont le Laocoon et ses fils et le Torse du Belvédère. Il les plaça dans des niches donnant sur la cour. La gravure à l’eau forte de Marc-Antonio Raimondi (1474-1534) du Metropolitan Museum of Arts à New-York en 1530-1534 et celle sur cuivre d’Antonio Lafreri à la Bibliothèque nationale de France en 1550-1552 en apportent la preuve et donnent l’image de la figure de l’Apollon lors de sa découverte. Toute une symbolique liée à la présence de cette statuaire fut orchestrée par Jules II. Le palais du Belvédère est implanté sur la colline du Vatican, l’endroit, selon le Liber Pontificalis, (2) où aurait été crucifié saint Pierre. Au vers 33 du poème l’Antiquaria Varia Urbis, Andreas Fulvius indiquait qu’en ce lieu un sanctuaire était dédié au dieu Apollon :  « Vaticanus apex, Phoebo sacratus, ubi olim auguria hetrusci vates captare solebant ». L’empereur Constantin y érigea sous le pape Silvestre I (314-355) une basilique consacrée à saint Pierre. Elle gardait le sarcophage où reposait le corps du Saint. En replaçant cette statue d’Apollon dans la cour du Belvédère le souverain pontife donna une expression visuelle à cette tradition. Sa commande à Raphaël de la fresque d’Apollon au Parnasse dans les Stanze di Raffaelo au palais du Vatican participe de cette même symbolique. En concevant un jardin arboré entouré de statues antiques, il recréa l’antique viridarium. En 1532-1533, à la demande du pape Clément VII, l’Apollon subit une restauration. A l’époque il importait de rétablir les manques. Le sculpteur Giovanni Agnolo Montorsoli (1507-1563), compagnon de Michel-Ange, ajouta la main gauche, modifia l’avant-bras droit avec une main ouverte détournée du corps, et allongea le support pour que la main droite puisse s’y appuyer (cette main était attachée à l’origine à la cuisse supérieure, comme le prouvent les puntello survivants).

Ces modifications furent gravées et dessinées sans commentaire jusqu’au XIXe siècle. En 1924-1925 Guido Galli lui redonna son aspect primitif. Depuis 1981, l’Apollon est à nouveau autoportant et la pause ajustée avec précision : la statue penche maintenant au niveau de la tête de 50 mm environ. Quelques semaines après son élection en 1566, le pape Pie V annonça que la collection des sculptures de la cour du Belvédère allait être dispersée, « Il ne convenait pas au successeur de saint Pierre de conserver chez soi de telles idoles ». A sa mort en 1572, pas une statue jugée de premier ordre n’avait quitté la cité. Caché par des volets de bois en raison de sa nudité « indécente » l’Apollon resta en place jusqu’au traité de Tolentino en 1798.

Depuis sa « redécouverte » à la fin du XVe siècle jusqu’en 1850 : une des plus merveilleuses sculptures du monde, une « beauté idéale »

L’Apollon du Belvédère considéré comme une statue antique grecque originale fut admiré pendant trois siècles. La seconde description du savant allemand, Johann Joachim Winckelmann (1717-1768) montre l’engouement provoqué par cette œuvre : « de toutes les statues antiques qui ont échappé à la fureur des barbares et à la main destructrice du temps, la statue d’Apollon est sans contredit la plus sublime. On dirait que l’artiste a composé une figure purement idéale […] Son attitude annonce la grandeur divine qui le remplit […] Dans les traits de l’Apollon du Belvédère, on trouve les beautés individuelles de toutes les autres divinités réunies […]. Pour le poète, écrivain et théoricien de l’esthétique allemand Johann Christoph Friedrich Schiller « aucun mortel ne peut décrire ce mélange céleste d’accessibilité et de sévérité, de bienveillance et de gravité, de majesté et de douceur ». Le peintre Raphaël Mengs (1728-1779), le premier, émit des doutes. Avant sa mort, il affirma que l’Apollon était une copie romaine faite d’un marbre italien, en total désaccord avec le célèbre antiquaire romain Enrio Quirino Visconti. Après dix ans d’âpres échanges, le géologue et minéralogiste Déodat de Gratet de Dolomieu (1750-1801) trancha en faveur de l’Italie. Le sculpteur et dessinateur anglais, grande figure du néoclassicisme britannique, John Flaxman « était certain qu’il s’agissait d’une copie, au contraire du Thésée du Parthénon ». Pour Henry Mathews membre du King’s College de Cambridge dans son journal The diary of an Invalid « le style de finition n’a certainement pas l’air d’un original ». A la fin de la première moitié du XIXe siècle l’affaire était entendue : le « soupçon » que cette œuvre soit une copie se « chuchote si fort que tout le monde peut l’entendre ». Le 14 décembre 1795, le même John Flaxman affirmait qu’il s’agissait « d’une copie en marbre d’un original de bronze […] les plis du devant de la statue sont probablement une exacte imitation de l’original et ne correspondent pas à ceux de l’autre face ». Il restait à en découvrir l’auteur.

Christian Zicarelli

Eva Mesko, étudiante en Master 2 Histoire de l’Art, Paris IV La Sorbonne.

(1) Le codex Escurialensis arriva en Espagne vers 1509-1510. Daté habituellement de 1491 (fol. 50v.) il servit de source mythologique et d’ornement architectural lors de la construction du château de la Calahorra (Sierra Nevada) de 1508 à 1509 par le marquis Don Rodrigo Vivar y Mendosa (il se trouvait à Rome de 1506 à 1508).
(2) Chronologie des papes du IVe au XIe siècles.

 




Le best of des grandes études 2017 – 2e partie

1. Maladie coronaire
2. Troubles du rythme
3. Valvulopathies
4. Insuffisance cardiaque
5. Maladie veineuse thrombo-embolique
6. Artériopathie des mi (ami) et aorte abdominale
7. AVC/AIT

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La e-santé au programme de travail de la HAS

Le collège de la Haute Autorité de Santé (HAS) a adopté une version révisée de son programme de travail. La précédente version, qui datait de mai 2017, avait pris une nouvelle forme avec une présentation par domaine thérapeutique. La nouvelle version comporte quelques modifications avec notamment l’apparition de nouvelles rubriques : santé environnementale, douleur, e-santé, mesure de la qualité et de la sécurité des soins, diffusion publique sur Scope Santé.

A la rubrique « e-santé », les travaux concernent :

  • la définition des situations cliniques, champs et publics pour lesquels les actes de TéLéConsultation (TLC) et de TéLéExpertise (TLE) devraient être exclus (1er trimestre 2018) ;
  • un guide sur le bon usage et la qualité des pratiques de TLC et de TLE (4e trimestre 2018) ;
  • un guide sur les spécificités méthodologiques de l’évaluation clinique des dispositifs de télésurveillance et dispositifs médicaux connectés ;
  • l’identification des situations cliniques pour lesquelles un déploiement de la télésurveillance permettrait d’améliorer l’efficience, la qualité et la sécurité des prises en charge.



Charte de protection des rendez-vous en ligne

Il y a un an, l’URPS Ile-de-France avait publié une étude sur « les outils de prise de rendez-vous en ligne pour les médecins libéraux ». L’analyse de 15 services en ligne avait soulevé des inquiétudes sur la protection des données des utilisateurs recueillies. Devant ce constat, la Commission Pratique libérale et nouvelles technologies de l’URPS Médecins a engagé un travail avec des éditeurs de prise de rendez-vous pour proposer une charte de confiance permettant de dresser les premières règles du marché. Chaque plate-forme signataire de cette charte de confiance e-Rdv de l’URPS s’engage à respecter les exigences fondamentales de sécurité et de fiabilité pour protéger les données de santé collectées.

 




Accès aux soins : charte entre Etat et libéraux

Lors de la première réunion du comité de pilotage du Plan pour renforcer l’accès aux soins lancé en octobre dernier, une charte a été signée par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, et 24 organisations syndicales dont, pour les médecins, la CSMF, le SML, MG France et le SNJMG. L’objet de ce texte est de « confirmer la mobilisation des organisations représentatives des professionnels de santé libéraux à mettre en œuvre, en support des professionnels de santé sur les territoires et au bénéfice des usagers, toutes les mesures nécessaires à la réalisation des objectifs définis dans le plan de renforcement de l’accès territorial aux soins ».

La mise en œuvre de cette charte implique la création d’un « comité de pilotage opérationnel » qui réunira au plan national les organisations représentatives des médecins libéraux, des autres professions de santé, des représentants de l’Assurance Maladie, des directeurs généraux des ARS et des personnalités qualifiées « comprenant des représentants des structures de jeunes professionnels de santé et des fédérations pluriprofessionnelles ». Ce comité se réunira sous la présidence de la Directrice Générale de l’Offre de Soins (DGOS).




Généralisation du DMP : c’est pour octobre !

Le directeur général de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), Nicolas Revel, a annoncé que le Dossier Médical Partagé (DMP) sera officiellement lancé sur l’ensemble du territoire en octobre prochain.

Rappelons que c’est la loi de santé de janvier 2016 qui a confié le pilotage du DMP à l’Assurance Maladie. Dans son rapport annuel 2018, la Cour des comptes s’est félicitée des premiers résultats « encourageants » enregistrés depuis ce transfert. Un récent sondage BVA montre que 69 % des Français sont prêts à « ouvrir » leur DMP.

Pour Nicolas Revel, la généralisation du DMP sera un succès s’il y a ouverture massive de nouveaux dossiers, si l’on y trouve les informations nécessaires, tels que l’historique des prescriptions ou les rapports médicaux et si l’on facilité l’accès au DMP via une application mobile. Il assure que cette application mobile sera pleinement effective à la date de généralisation du DMP.

 




Et moi, je vis toujours

Pouvait-on, dans cette rubrique médico-littéraire, laisser partir Jean d’Ormesson sans lui adresser l’hommage que méritent sa carrière et sa personnalité ?

Cet ouvrage ultime n’a certes pas grand-chose à voir avec la médecine ou la cardiologie.

Encore que …

Et moi, je vis toujours … Mais qui suis-je ?

Eh bien, je suis l’humanité ; plus que l’humanité, je suis l’histoire, je suis hier, aujourd’hui et demain.

Dans ce roman monde qui revisite l’histoire universelle, Jean d’Ormesson met tout son talent, extraordinairement intact jusqu’au bout, pour nous amener à réfléchir sur l’humanité et bien au-delà, du début – « L’histoire du monde avant l’histoire »  – à la possible fin de l’univers, « ce spectacle indicible d’un monde sans les hommes ».

Tantôt homme, tantôt femme, le narrateur vole d’époque en époque et ressuscite sous nos yeux l’aventure des hommes et de leurs grandes découvertes.
Vivant de cueillette et de chasse dans une nature encore vierge, il parvient, après des millénaires de marche, sur les bords du Nil où se développent l’agriculture et l’écriture.

Tour à tour africain, sumérien, grec ou troyen, ami d’Achille et d’Ulysse autant que d’Hector, citoyen romain, juif errant, il salue les grandes inventions et découvertes, le génie militaire, la Révolution de 1789, les progrès de la science. Marin avec Christophe Colomb, servante dans une taverne à Paris, valet d’un grand peintre ou d’un astronome, Il est partout chez lui, à Jérusalem, à Athènes, à Byzance, à Venise.

Il souligne à merveille les événements marquants des différentes époques, mais on sent bien qu’il garde une certaine préférence pour les grands artistes, écrivains, peintres, musiciens ou bâtisseurs.

Un brin pessimiste ou tout simplement lucide, il pronostique la fin de l’histoire : « je ne suis pas éternelle puisque je suis le temps et que le temps s’écoule ; j’ai passé, je passe, je passerai… »

Rédigé dans un style alerte et vif, avec ce sens de la formule qui fait mouche que l’on reconnaît à l’écrivain, le livre est, comme les précédents, très agréable à lire ; il nous invite, comme les autres, à réfléchir sur l’évolution et la vie; cette vaste entreprise d’exploration et d’admiration finit par dessiner avec ironie et gaîté une sorte d’autobiographie intellectuelle de l’auteur.

« Racine est une mode qui passera comme le café ! », aurait affirmé avec cet aplomb qui caractérise parfois les plus graves erreurs de jugement notre chère marquise de Sévigné.

Gageons que l’œuvre de ce cher Jean d’Ormesson durera autant que celle de Racine !

Les spécifications du livre
Auteur : Jean d’ Ormesson
Editeur : Gallimard
Pagination : 288 pages
Prix public : Livre : 19,00 € – Kindle : 13,99 €




Let’s talk ou comprendre sans connaître la langue

Cela fait pratiquement dix ans que le concept d’écoute augmentée existe. La technologie n’a cessé de s’améliorer depuis pour réapparaître sérieusement en 2016 afin d’arriver aujourd’hui  à des écouteurs-traducteurs en temps réel. Le marché devient mature et permet de comprendre et retranscrire des idiomes dans la langue de votre choix, si le logiciel le permet.

 Les demandes sont fortes dans ce domaine où les demandes sont importantes : congrès, réunions interlangues, visualisation vidéo en lange étrangère, formation, voyages… Certains pays pour qui la langue peut-être une barrière – comme la Chine ou le Japon – ont bien compris l’avenir de cette technologie qui pourraient leur ouvrir plus facilement les portes des investisseurs ou visiteurs étrangers. Gare cependant aux technologies employées, aux smartphones qui doivent être connectés pour fonctionner au travers de l’application et au temps de latence entre la prise de parole et l’écoute qui peut avoir des conséquences non négligeables et le nombre de langues proposé (gratuites ou non). Petit tour d’horizon des principales technologies.

Ili Logbar

Présenté en 2016 – fonctionne sans 4G. 1 langue. Anglais vers espagnol, japonais ou chinois

C’est au CES 2016 que Logbar, société nippone, avait présenté un outil simple, capable de comprendre une langue complexe comme le japonais. Le produit se présente comme un boîtier de télécommande, simple et doté d’un microphone et d’écouteurs. L’avantage est qu’il fonctionne sans connexion. La bibliothèque préinstallée est plutôt chiche avec une traduction de l’anglais vers l’espagnol, le japonais et le chinois. L’inverse n’étant pas possible. Le temps de traduction est des plus courts avec un temps de  0,2 seconde en moyenne.

Pixel Buds

Sortie en octobre 2017 – 159 $. 40 langues

L’utilisation des écouteurs Pixel Buds de Google s’est avérée compliquée. En effet, une conversation avec une personne de langue étrangère oblige d’avoir deux smartphones Google Pixel 2 et deux paires d’écouteurs. Il faut donc trouver une personne qui a le même smartphone et les mêmes écouteurs… Quant à la traduction, elle est décevante, puisqu’elle transite via l’application Google Assistant et ne fournit que des mots-valises et non le résultat d’une véritable discussion…

WT2

Disponibilité avril 2018 – 179 $. 6 langues. Anglais, chinois, français, allemand, japonais, espagnol

La start-up Timekettle propose un traducteur en temps réel qui fonctionne via une application sur le smartphone. Celle-ci réalise la traduction puis envoie l’information vers les écouteurs. Il y a donc un temps de latence de 1 à 3 secondes entre le temps de parole de l’interlocuteur et la traduction. Malgré cela, l’outil est plutôt performant, à condition d’avoir un bon réseau mobile à proximité.

Mars

Sortie prévue été 2018 – aucun prix annoncé. 4 langues, 40 à terme. Anglais, chinois, coréen, espagnol

C’est au CES 2018 que de nouveaux écouteurs, baptisés Mars ont été présentés. Disponibles sur Android et iOS, ils autorisent la traduction en tête-à-tête en temps réel. Là encore, l’intelligence est déportée sur le smartphone par le biais d’une application. Lors des démos, Mars était en mesure de comprendre l’anglais, le chinois, le coréen et l’espagnol. A terme, une quarantaine de langues étaient promises.

The Pilot

Sortie à l’automne 2017 – 249 $. 15 langues

Là encore, la promesse est simple : pouvoir traduire à la volée et en temps réel les discussions depuis plusieurs langues. Les écouteurs s’appuient sur du « machine learning » (1) pour puiser les informations nécessaires à son fonctionnement.
Les oreillettes sont connectées en bluetooth à votre smartphone. Quinze langues sont supportées gratuitement, dont l’anglais, le français, l’italien, le portugais et l’espagnol

Baidu

Sortie prévue février-mars 2018. 3 langues

Après les Baidu Eye, le plus gros moteur de recherche de Chine a dévoilé un traducteur pas plus gros qu’un smartphone. L’appareil, qui fait appel à des intelligences artificielles, a besoin d’une connexion qui induit une latence significative. A ce jour, le chinois, le japonais et l’anglais sont les seules langues supportées. Le mandarin s’ouvre à vous !
Pascal Wolff

(1) Le « machine learning » ou apprentissage automatique, concerne la conception, l’analyse, le développement et l’implémentation de méthodes permettant à une machine (au sens large) d’évoluer par un processus systématique, et ainsi de remplir des tâches difficiles ou problématiques par des moyens algorithmiques plus classiques.




Télésurveillance de l’IC : la solution Newcard

Newcard, société fondée par le Dr Grégory Perrard, développe le service de télésurveillance de l’insuffisance cardiaque appelé « 1 Minute pour mon Cœur ».Parmi les premières solutions nationales agréées par le ministère de la Santé, elle est à ce jour parfaitement opérationnelle.

Le développement des objets connectés a incité les professionnels de santé à s’y intéresser de plus près. Le Syndicat des Spécialistes des maladies du Cœur et des Vaisseaux (SNSMCV), dans son rôle de force de proposition pour l’avenir de la profession, s’est doté, en 2014, d’une commission numérique afin de réfléchir à ce que pouvait apporter la santé connectée dans leur pratique quotidienne. Accompagné de confrères cardiologues et soutenu par le SNSMCV, le Dr Gregory Perrard a concrétisé cette réflexion en créant une start-up apportant une solution opérationnelle pour le suivi à domicile des patients insuffisants cardiaques. « J’ai des liens avec des créateurs de start-up, il fallait qu’on se lance, raconte-t-il. Fin 2015, le projet Newcard est né et a été retenu par l’incubateur de start-up lillois Eurasanté. Cela a été le vrai départ et à l’été 2016 la société Newcard a été officiellement créée. »

A la fin de cette même année, le ministère de la Santé a publié le cahier des charges concernant l’expérimentation nationale de télésurveillance de l’insuffisance cardiaque. « Toutes nos solutions ont été strictement développées à partir de ce cahier des charges, souligne Gregory Perrard. Nous venons d’obtenir le dernier feu vert, celui de la CNIL, et nous sommes maintenant en capacité de mettre en place une télésurveillance de l’IC dans la France entière. »

Le service, qui s’appelle « 1 Minute pour mon Cœur » est donc tout à fait opérationnel. Avec une file active d’environ 200 personnes depuis le début de l’expérimentation, Newcard suit aujourd’hui une cinquantaine de patients. « Mais c’est un chiffre qui augmente tous les jours, précise Gregory Perrard. Plus d’une centaine de cardiologues ont adhéré à notre dispositif et actuellement, de nouveaux cardiologues s’inscrivent tous les jours. »

Newcard, la première solution agréée
Concrètement, comment fonctionne « 1 Minute pour mon Cœur » ? Lorsqu’un cardiologue estime qu’un de ses patients insuffisants cardiaques peut bénéficier du dispositif de télésurveillance, il l’inscrit sur la plateforme Newcard.

Un patient peut être inclus dans les 30 jours après une hospitalisation liée à une insuffisance cardiaque ou dans les 12 mois (dans ce cadre 2 critères supplémentaires sont nécessaires : une dyspnée stade NYHA > ou égal à 2 et un taux de BNP > à 100 ou un taux de NT PRO BNP > à 1 000. La société contacte le patient, installe à son domicile le matériel nécessaire et surtout, le forme. « C’est un point essentiel pour l’observance », insiste Gregory Perrard. Le matériel consiste en une balance connectée, un tensiomètre et une tablette. Il est demandé au patient de prendre ses mesures une fois par jour, tous les jours. « Nous avons une tolérance de trois jours, explique Gregory Perrard. Après trois jours sans mesure du patient, nous l’appelons. »

Les données sont automatiquement envoyées vers une base de données sécurisée où tourne en permanence un algorithme. « C’est l’algorithme qui exerce la surveillance basée sur les données objectives issus des objets connectés explique Gregory Perrard. Compte tenu que l’on estime à 200 000, le nombre de personnes potentiellement télésurveillables, cette automatisation est indispensable. Notre volonté est en effet de pouvoir proposer une télésurveillance à tout patient éligible où qu’il soit en France »

Si aucune anomalie n’est repérée, Newcard informe régulièrement le cardiologue du bon suivi de ses patients. Il a surtout un accès permanent aux données de son patient sur la plateforme ce qui s’avère très utile pour optimiser le suivi du patient : notamment lors des consultations habituelles.

Si l’algorithme décèle une anomalie, le cardiologue est prévenu par mail. Il a alors 48 heures (72 heures pendant les week-end) pour répondre. « S’il ne répond pas, nous contactons un autre cardiologue ou un établissement qu’il nous a désigné lors de son inscription. C’est primordial pour nous : une alerte = une réponse, souligne Gregory Perrard. Il faut être certain que l’alerte est honorée par l’intervention humaine. »

Newcard prend le même soin à s’assurer de l’accompagnement thérapeutique du patient. « Nous demandons au cardiologue quelle est la solution sur laquelle il souhaite s’appuyer. S’il n’en pas, nous lui en proposons une proche de chez lui. Et à cet égard, je veux souligner que nous ne sommes pas en concurrence avec les réseaux d’insuffisance cardiaque déjà en place, mais au contraire très désireux de travailler avec eux pour l’accompagnement thérapeutique. »

L’inclusion d’un patient dans l’expérimentation se fait pour six mois ; elle est renouvelable, bien sûr, si le patient répond toujours aux critères d’inclusion. La rémunération du cardiologue est de 110 euros par patient et par semestre ; rémunération qui n’interfère évidemment pas avec celle des autres actes et consultations présentielles. Une rémunération de 60 euros par semestre est prévue pour l’accompagnement thérapeutique. Evidemment, le service est totalement pris en charge pour le patient dans le cadre de son ALD.

Contact
Pour plus d’information, vous pouvez contacter Newcard – Contact mail
Site internet : newcard




Tourmente numérique : le débat

« Le médecin et le patient dans le monde des datas, des robots, des algorithmes et l’intelligence artificielle. » C’est sur ce thème que, dans le prolongement de son Livre Blanc, l’Ordre a organisé un débat il y a quelques semaines. Verbatim.

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Intelligence artificielle, quelle place pour les médecins ?

L’irruption de l’intelligence artificielle (IA) dans notre environnement quotidien ne va pas sans soulever l’éternelle question du rapport de l’homme avec la machine. Les médecins sont d’autant plus interpellés que la santé est un des secteurs où les enjeux de l’IA sont les plus importants.

Le développement de l’IA est accéléré depuis quelques années par la conjugaison de la constitution de bases de données immenses dans le monde et l’augmentation permanente de la puissance de calcul des machines.

Tant que la machine effectuait des tâches répétitives, nous nous en félicitions. Elle devient aujourd’hui plus inquiétante par sa capacité à apprendre de ses propres comportements pour s’améliorer. Elle le sera encore plus demain, quand l’IA forte pourrait égaler ou dépasser le cerveau humain en acquérant des capacités décisionnaires.

Les conséquences de l’IA nous savons qu’elle interfère déjà dans le domaine du diagnostic, de la recherche et de l’imagerie médicale. En cardiologie nous connaissons la plate-forme Newcard pour la télésurveillance des insuffisants cardiaques, mais aussi Cardiologs qui, à partir d’une technologie de réseaux de neurones profonds, peut lire les enregistrements ECG de n’importe quel appareil numérique.

L’IA va aussi modifier les relations avec les autres professionnels de santé. Des infirmiers cliniciens en s’aidant d’outils informatiques suppléent les médecins pour certaines tâches jusqu’à la prescription de médicaments. Les chatbots (1) à l’image de l’expérience menée par le NHS peuvent se substituer à des professionnels de santé pour organiser les premiers soins. On devine tout l’intérêt de ce type d’organisation dans une période de crise démographique et de déserts médicaux.

Le développement de l’IA se heurte à des problèmes, éthiques par ses capacités d’analyses génomiques, juridiques par les risques d’atteinte de la vie privée et du secret médical. L’Ordre des médecins a d’ailleurs, en deux ans, publié deux rapports sur ce sujet.

La prise de conscience et la mise en place de mesures réglementaires ne peuvent se traiter qu’à l’échelon international, car l’IA dépasse les frontières. Le risque est de laisser le champ libre aux leaders que sont les entreprises américaines et chinoises pour qui ces sujets ne sont certainement pas une préoccupation majeure. La France ne sera audible que si elle se dote d’entreprises de haut niveau, les équipes humaines existent, aux politiques de les favoriser.

Le médecin va-t-il disparaître, comme certains le prédisent aux radiologues ? Le danger existe, mais on peut raisonnablement penser que l’enjeu est plus la transformation de son métier et sa fonction que sa disparition. L’IA lui enlèvera des tâches, mais elle lui apportera dans le même temps des informations et des dispositifs nouveaux, toujours plus performants. Il sera à la fois le scientifique qui s’approprie les nouvelles technologies et l’humaniste qui transmettra son savoir à son patient. Encore faut-il qu’il soit formé dans cette perspective !

(1) Un chatbot est un robot logiciel pouvant dialoguer avec un individu ou consommateur par le biais d’un service de conversations automatisées effectuées en grande partie en langage naturel.




  2018  a été marquée par la mise en œuvre d’une réforme  systémique des retraites.  

TOUS SONT CONCERNÉS : retraités, cumul activité-retraite, actifs proches ou éloignés de la cessation d’activité.

DANS TOUS CES CAS, vous avez besoin de conseils pour préparer cette étape.

LE SYNDICAT NATIONAL DES MÉDECINS CONCERNÉS PAR LA RETRAITE (SN-MCR) vous apporte, ainsi qu’à votre conjoint, les éléments indispensables pour prendre les meilleures décisions, dans un dossier difficile à appréhender et qui va encore se modifier. Pourtant, le montant de votre retraite actuelle ou future dépend aussi des choix réalisés pendant votre activité et de la pérennisation de ces efforts pendant la retraite.

 Attendre l’âge de la retraite afin de s’en préoccuper est déjà trop tard.
 Anticiper est le meilleur moyen de réaliser les bons choix pour le futur. 

COMPRENDRE

Le SN-MCR vous apporte les informations nécessaires et actualisées, pour une bonne compréhension sur ce sujet important, avec :
– un site www.retraitemedecin.org, auquel vous aurez accès en totalité, contenant les statuts du syndicat, les réponses à vos questions, la réversion au conjoint et, chaque année son guide mis à jour de la retraite,
une aide personnalisée en nous adressant un courriel au SNMCR,
une étude gratuite, aux adhérents, permettant d’apprécier les meilleures dates pour liquider votre retraite,
les conditions du cumul activité-retraite,
un courriel trimestriel (ou courrier si vous n’avez pas d’adresse mail) reprenant les actualités sur ce sujet.

En cas de nécessité, vous serez contacté par email ou par courrier.

SAUVER NOS RETRAITES ET CONSTRUIRE LEUR AVENIR AVEC ÉQUITÉ

La répartition obligatoire (cotisations des actifs payant les pensions des retraités) est la base de notre système. Elle permet de faire face aux aléas de la vie, aux turbulences de la capitalisation (qui complète cependant cette répartition avec le dispositif Madelin) et de préserver des ressources indispensables pendant les années de retraite. Il faut, en anticipant, prendre en compte les équilibres d’aujourd’hui et ceux prévisibles pour demain avec une équité. La réforme annoncée de notre système de retraite devra respecter ces principes.
Le SN-MCR s’est battu pour sauvegarder cette répartition et tout particulièrement l’ASV que d’autres voulaient supprimer alors que cela représente 35 % de la retraite moyenne du médecin, payée aux deux-tiers par la caisse. 

 

COMMENT NOUS REJOINDRE ?

Vous pouvez nous écrire en vous servant de ce formulaire.
Par retour, vous recevrez vos codes vous permettant un accès à la totalité du site
Cotisation :  64 euros/an en 2018, 32 euros pour les conjoints, à envoyer à l’adresse du SN-MCR.

79, rue de Tocqueville – 75017 Paris.
Tél.: 01.44.29.01.31

 




MPC, MCS, MCC, la saga des majorations

Depuis les années 2000, la valorisation des consultations spécialisées s’effectue plus par le moyen des majorations ciblées, restrictives, que par une augmentation de la lettre clé.

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Gaillac « Du rat… des pâquerettes » 6102

Quel couple atypique forment Virginie Maignien, diplômée de l’ESSEC, et Patrice Lescarret ancien comédien et clown qui donnent une interprétation très personnelle du terroir gaillacois grâce à un travail remarquable dans leur vignoble !

Au nord-est de Toulouse entre les rivières Aveyron et Tarn, Gaillac est une vaste appellation peu connue. On y cultive une multitude de cépages indigènes, des variétés obscures qui permettent de produire une vaste gamme de vins, dont les blancs moelleux sont les plus réputés. Mais les rouges obtenus à partir des cépages ancestraux : braucol, prunelard et surtout duras souvent associés à la syrah, méritent d’être découverts.

Facétieux, provocateur à la plume acerbe, Patrice Lescarret se décrit ainsi : « Je n’ai bu que du bordeaux jusqu’à l’âge de 16 ans, ça n’aide pas et quand on sait que peu après je passai par l’institut d’œnologie de Bordeaux, on comprendra mes préjugés et mon manque d’objectivité. Heureusement un accident salvateur me frappa d’amnésie ».

Il travailla ensuite dans des domaines réputés à Sancerre et en Provence avant de s’installer en 1993 à Gaillac au départ sur 8 et maintenant 12 ha, où il s’efforce de mettre à l’honneur les cépages autochtones ancestralement cultivés dans la région.

Il se plait à stigmatiser « les décrets d’application miteux et poussiéreux tentant d’éviter le pire, mais assurément empêchant le meilleur » qui ont eu raison de sa pugnacité, et impose que la plupart de ses crus soient élevés au rang de vins de table, ce qui interdit la mention de cépages et de millésimes. Si bien qu’il contourne la réglementation en intitulant ses cuvées de duras de noms folkloriques : Du rat… des pâquerettes, Rasdu (il avait même envisagé : Hiroshima mon amour) et en les numérotant : par exemple, 6102 pour 2016 !

Biologique et  biodynamique

Le domaine de Causse Marines doit son nom au ruisseau Marines qui délimite le bas de la propriété, l’ensemble du vignoble s’étendant sur un causse (plateau calcaire) sis sur la rive droite du Tarn. Le climat entre influences atlantiques et méditerranéennes est idéal pour la vigne balayée et assainie par le vent d’autan. Les sols caillouteux et calcaires pauvres bénéficient d’une bonne hydrométrie. Toutes les vignes anciennes sont greffées sur place. Les nouvelles plantations issues de sélection massale sont méticuleusement sélectionnées.

Certifiée en agriculture biologique et maintenant biodynamique (Demeter), la viticulture, interdisant désherbants, insecticides, toute molécule de synthèse, est protégée par la phytothérapie : ortie, prèle, fougère. La totalité du vignoble est vendangée et triée manuellement.

Rendements très bas de 13 à 30 hl/ha, à « rendre dépressif un banquier et à ulcérer un chilien » selon Lescarret qui poursuit : « Nous mettons un point d’honneur à vinifier et élever nos bébés, sans artifice, ni chimie dégradante ».

Pour la cuvée « Du rat… des pâquerettes », la température de fermentation, évidemment naturelle, est écrêtée à 28°. Quelques pigeages au pied et une macération de 3 semaines sont effectués. L’élevage sur 6 mois se fait partiellement en vieilles barriques. Collage et filtration sont limités à leur plus simple expression.

Une bouche séduisante et complexe

Ce vin de France 100 % duras 2016 paré d’une robe sombre rouge grenat aux nuances violines exhale un bouquet intense de petits fruits noirs : mûre, myrtille, de cerise à l’eau-de-vie, d’épices abondantes dominées par le poivre noir (si bien qu’on peut confondre ce cépage avec la syrah), de réglisse. La bouche séduisante, vive, complexe, charnue et charpentée est garnie de tanins encore un peu fermes compte-tenu de sa jeunesse, mais qui évolueront à l’évidence vers souplesse et finesse. En fin de bouche, apparaissent des arômes de mine de crayon, de cailloux mouillés attestant d’une belle minéralité. Un peu de réduction peut apparaître à l’ouverture nécessitant un carafage.

Une âme de terroir

Ce Gaillac (quoique classé en vin de France) charpenté et épicé ouvrira agréablement le repas en compagnie d’un plateau de charcuterie, d’une salade landaise ou de foies de volaille. Mais il s’épanouira à l’évidence grâce à sa prégnance de poivre noir avec des belles viandes rouges poêlées ou grillées, et mieux encore en sauce : agneau de l’Aveyron au romarin, filet de bœuf en croûte aux champignons. Les viandes blanches finement cuisinées l’accueilleront également avec plaisir : millefeuille de veau aux pommes de terre et pommes fruit, mignon de porc et sa compotée de fruits d’automne. Sa complexité, se dévoilant au fil du repas, lui permettra d’encadrer fromages : morbier, cantal, bleu d’auvergne, puis desserts : poires à l’hypocras, figues au vin rouge.

Pascal Lescarret nous propose, à prix doux, des flacons de plaisir conviviaux reflétant le vigneron, dont la seule conviction est de produire des vins possédant une âme sur un terroir et un chai qui n’ont que faire de la technologie moderne et des poudres de perlimpinpin. Il conclut sur une note humoristique propre au personnage : « On peut faire du bio, sans avoir les cheveux longs, ni fumer la moquette ».

 

Gaillac « Du Rat…des Paquerettes » 6102 – Domaine Causse Marines – 81140 vieux




La santé, thème phare du CES de Las-Vegas

Pour clore le chapitre du CES de Las Vegas (voir Le Cardiologue 408), la tendance était au développement de plates-formes technologiques, d’applications mobiles avec capacités d’alerte en temps réel et infrastructure cloud pour les analyses de données, enjeu majeur des années à venir (deux cents start-ups sur ce thème y étaient présents). 

L’une des tendances marquantes concerne les soins aux personnes âgées et handicapées avec une volonté notable du maintien à domicile tout en gardant une certaine autonomie. Plusieurs start-ups se sont lancées dans des applications connectées avec analyse comportementale, hébergement cloud des données et traitement analytique.

La Poste

La Poste a lancé son application e-santé pour le CES. Elle rassemble tous les suivis médicaux et les données issues d’appareils de santé connectés et devient ainsi un carnet de santé numérique (voir article complet).

Aladin

La « lampe » connectée Aladin de Domalys en est le tout premier exemple. Ce système qui se veut B2C (1) ressemble à une lampe murale (il en faut plusieurs dans le lieu d’habitation) détecte les levers nocturnes, les chutes, gère les alertes et la prédiction de la perte d’autonomie ou de certaines pathologies.

Ce matériel est relié à une application (2) qui collecte les données  et les envoie sur la plate-forme de Prédical qui réalise ensuite des traitements analytiques disponibles pour les utilisateurs.

Cette technologie (3) associe les principes de la « smart home » (l’une des thématiques essentielles de ce CES 2018) et de la Silver Economy. Elle décèle les changements de comportement (déplacements plus lents, augmentation du nombre de levers nocturnes…) et anticipe l’installation ou le développement de certaines pathologies. Une fois les données récoltées, le comportement est analysé. En cas de comportement inhabituel, les aidants  (proches ou professionnels) reçoivent une notification par l’intermédiaire de l’app mobile qui résume les données de l’incident.

C’est également en EHPAD où ce système pourrait trouver son marché : suivre chaque résident grâce à l’outil statistiques et analyser son évolution, optimiser la gestion des équipes et améliorer la transmission entre les équipes, détecter les personnes en perte d’autonomie, sécuriser les personnes fragilisées et rassurer les nouveaux résidents notamment lors de la phase d’adaptation au logement.

L’entreprise Domalys a été sélectionnée par la région Nouvelle-Aquitaine pour représenter les couleurs de la French Tech. Aladin est conçu et fabriqué en France.

Sensoria health

La tendance du moment avec les capteurs intégrables dans les vêtements ne se positionne plus uniquement dans le sport. Sensoria fournit une gamme de services de réadaptation à domicile.

Les mouvements et les cadences sont détectés et agissent sur les exercices, l’utilisation d’une canne ou d’une prothèse.

Des chaussures « intelligentes » pour diabétiques surveillent la conformité d’un patient au protocole de délestage mécanique prescrit par le clinicien.

Des alertes en temps réel peuvent être appliquées aux soins actifs, à la prévention primaire et à la prévention secondaire.

La combinaison de l’accéléromètre et des lectures de pression plantaires permettent de détecter les chutes.

La capacité fonctionnelle et les tests de mobilité peuvent être suivis et enregistrés à distance.

iMicroMed

La température se connecte pour offrir un suivi en temps réel. La jeune startup iMicroMed américaine, qui ambitionne de s’imposer sur le marché des Wearables (4), propose une nouvelle génération de thermomètres intelligents (ThermaPatch) sous forme de patchs qui permettent de monitorer en temps réel et en continu la température. Les données sont émises aux terminaux mobiles afin d’être exploitées par une application qui les met en forme (graphiques). Des conseils sont directement adressés aux aidants. Médecins et personnels hospitaliers peuvent aussi accéder à distance ou sur présentation de ces données afin d’être informés de manière instantanée de tout problème de santé critique.
Pascal Wolff

(1) L’expression B2C (business to consumer ou commerce B to C) désigne l’ensemble des architectures techniques et logiciels informatiques permettant de mettre en relation des entreprises directement avec les consommateurs.

(2) Domalys a noué un partenariat avec Prédical, startup ayant pour mission d’allier analyse scientifique de données et domotique au service du maintien à domicile des seniors isolés.

(3) PrediCare Technology®, société spécialisée dans les solutions de prévention de la perte d’autonomie des seniors.

(4) Cette technologie est composée d’un vêtement ou d’un accessoire comportant des éléments informatiques et électroniques avancés.




CSMF. Organisation territoriale des soins

La CSMF appelle à miser sur les médecins libéraux

Pour la Confédération des Syndicats Médicaux Français (CSMF) « l’organisation territoriale des soins ne doit plus être centrée sur l’hôpital, mais sur l’ensemble des acteurs de santé dans les territoires, et tout particulièrement reposer sur les médecins de proximité libéraux, généralistes et spécialistes ».

Le syndicat estime que « les médecins libéraux sont prêts à s’engager dans une démarche de qualité et de pertinence des soins, tout en préservant les caractéristiques de leur exercice, notamment la prépondérance du paiement à l’acte ».

Enfin, la CSMF appelle le Gouvernement à mener cette « réforme globale » avec les médecins libéraux et pas « des experts technocrates éloignés de la réalité du terrain ».




FMF. Désertification médicale

Une succession de grandes idées et de vœux pieux

Probablement pressée par la gent politique, qui commence enfin à toucher du doigt le drame de l’absence de médecins de proximité, notre ministre, Mme Buzyn, a souhaité réunir l’ensemble des syndicats médicaux autour d’une charte contre la désertification médicale. Ce ne fut pas difficile, vu l’inanité du contenu de cette charte. Une succession de grandes idées et de vœux pieux, que personne ne peut renier.

Le seul point intéressant est la proposition d’intégrer les spécialistes autres que généralistes dans l’établissement des zonages régionaux démographiques.

Le Gouvernement semble enfin avoir compris que la population a besoin de médecins de proximité, quelles que soient leurs spécialités. Et que l’absence de second recours peut aussi constituer un frein à l’installation des généralistes, qui ne veulent pas se retrouver seuls à gérer des pathologies complexes.

Après, il faut voir ce que Mme Buzyn a l’intention de faire concrètement, mais lorsqu’on apprend  que les seules nouvelles propositions sont de diminuer les charges des médecins retraités actifs et de donner 200 petits euros par mois aux internes qui viendraient faire des stages dans des zones pénuriques, on peut légitimement craindre que cette charte ne reste constituée que de belles paroles.




SML. Accès territorial aux soins

Le SML surveillera de près la mise en œuvre de la charte d’accès aux soins.

Signataire de la charte relative à la mise en œuvre du plan de renforcement de l’accès territorial aux soins, le Syndicat des Médecins Libéraux (SML), souhaite « être proactif aux côtés des Pouvoirs publics sur le dossier de l’accès territorial aux soins » mais, jugeant « que les termes de ce texte ce texte ont été insuffisamment discutés », il entend se montrer « vigilant » et suivre de près son application. Le SML regrette que certaines imperfections, débouchant sur de possibles interprétations ultérieures, n’aient pas été corrigées « de façon à lever toute ambiguïté concernant la place centrale des médecins libéraux dans le dispositif, ou le fait que les mesures de soutien envisagées soient bien ouvertes à toutes les formes d’exercice cordonné et pas uniquement aux MSP bénéficiant de subventions publiques ». Le SML rappelle la légitimité territoriale des URPS pour agir en lien avec les ARS.




UMESPE. Les Français sont satisfaits des spécialistes libéraux qui sont en plus innovants

Satisfaits de leurs spécialistes, les Français placent la compétence en priorité absolue

85 % des Français se déclarent satisfaits des spécialistes libéraux en ce qui concerne le diagnostic de leurs maladies et 75 % sont contents de leur « suivi » (seuls 3 % se déclarent « pas du tout » satisfaits). Tels sont les enseignements d’une étude Viavoice réalisée pour l’Union des MEdecins SPEcialistes confédérés (UMESPE-CSMF), présentée le 24/01/2018.  Les Français estiment à 86 % que les spécialistes libéraux qu’ils connaissent respectent totalement le secret professionnel, qu’ils soignent bien (85 %), que ce sont des personnes de confiance (79 %) et avec lesquelles on se sent bien (72 %). Les indices diminuent toutefois pour le temps d’écoute (63 %) ou l’accompagnement dans la vie.

Coopérations, délégations de tâches, rémunération à l’épisode de soins

L’UMESPE-CSMF veut valoriser l’expertise médicale des spécialistes. L’Union nationale des MEdecins SPEcialistes confédérés (UMESPE-CSMF) vient de présenter son projet politique. Balayant un spectre large, le syndicat de Patrick Gasser se montre innovant sur le terrain de la rémunération et de l’exercice. Après ses États généraux de novembre, l’UMESPE-CSMF a présenté son « nouveau contrat social de la médecine pour le XXIe siècle » qui assume des réformes de l’organisation et de la rémunération. Le Dr Patrick Gasser, président du syndicat, se présentera à sa propre succession le 4 mars prochain autour ce programme.




Transformation du système de santé : les hospitaliers attendent du concret

Les représentants du monde hospitalier ont accueilli plutôt favorablement le plan pour la « Transformation du système de santé » présenté  par Edouard Philippe, qui a pourtant annoncé une baisse des tarifs hospitaliers qui entrera en vigueur à partir du 1er mars prochain. Une baisse que redoute davantage le secteur privé que le secteur public. 

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Jacques Lucas (CNOM) : « La formation des médecins doit inclure le numérique »

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Médecins et patients : la tourmente du numérique

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Le nouveau président de la Conférence des doyens

Le Pr Jean Sibilia a été élu président de la Conférence des doyens de facultés de médecine. Il succède pour un mandat de deux ans au Pr Jean-Luc Dubois-Randé qui assurait la présidence de la conférence depuis février 2016. Chef du service de rhumatologie du CHU de Strasbourg, le Pr Sibilia (57 ans) est doyen de la faculté de médecine de cette ville depuis 2011. Il est également directeur adjoint de l’unité INSERM sur l’immunorhumatologie moléculaire depuis 2013 et a été président du Comité National de Coordination de la Recherche (CNCR) de 2012 à 2016.

© S. Toubon




Une mission ministérielle sur les soins non programmés

Agnès Buzyn a chargé Thomas Mesnier (député LRM de Charente) d’une mission relative aux soins non programmés qui s’inscrit dans le prolongement du plan de lutte contre les déserts médicaux. Après un état des lieux de la « diversité d’organisations professionnelles » existantes, Thomas Mesnier devra recueillir « les attentes des usagers et des professionnels intéressés à cette prise en charge », en particulier les généralistes et les urgentistes, puis « identifier les freins à lever et les conditions de réussite  réunies pour organiser territorialement l’accès à ces consultations de soins non programmés, notamment portées par les organisations de soins primaires ».

La ministre l’invite également à faire des recommandations concernant « l’articulation de l’offre de consultations non programmées avec le dispositif de PDSA ». Il devra aussi proposer des « éléments que pourrait intégrer un cahier des charges national » relatif aux centres de soins non programmés, « afin de déterminer les attendus minimaux de telles structures ainsi que leurs conditions de portage et de fonctionnement », en en précisant le modèle économique, distinguant notamment coût de lancement et coûts de fonctionnement courant. Les conclusions de Thomas Mesnier devront être assorties de « propositions concrètes permettant la mise en œuvre par les ARS ».




8 expérimentations organisationnelles en cours intégrées au nouveau cadre

Le projet de décret précise la procédure permettant à 8 expérimentations en cours d’être très intégrées au nouveau cadre expérimental avant l’automne prochain. Il s’agit du parcours de santé des Personnes Âgées En Risque de Perte d’Autonomie (PAERPA), du parcours de soins et la prise en charge des personnes atteintes d’insuffisance  rénale chronique, du parcours de soins et de la prise en charge des personnes atteintes d’affections cancéreuses traitées par radiothérapie externe, de l’hébergement temporaire non médicalisé (hôtels hospitaliers), de la prise en charge et du suivi des enfants présentant un risque d’obésité, de la vaccination antigrippale par les pharmaciens, de la prise en charge de jeunes présentant une souffrance psychique et de la prise en charge des personnes souffrant de douleurs chroniques.




Expérimentations organisationnelles : le nouveau cadre se précise

L’article 51 de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) pour 2018 prévoit la possibilité d’expérimenter pour 5 ans maximum de nouveaux modes d’organisation des soins en dérogeant au cadre actuel. Un projet de décret soumis à concertation, et qui viendra en application de cet article, précise le cadre de ces futures expérimentations organisationnelles innovantes du système de santé.

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ANDPC : Le bilan 2017

L’année dernière, l’ANDPC a enregistré 2 012 organismes, contre environ 3 000 avant la réforme du dispositif de juillet 2016.

Succédant à cette occasion à l’Organisme Gestionnaire de DPC (OGDPC), la nouvelle agence a en effet renforcé le contrôle de la qualité des actions et des organismes de DPC. Près d’un tiers des organismes a ainsi été refusé l’année dernière. Si certains ont renoncé d’eux-mêmes, 506 organismes ont vu leur dossier rejeté pour des raisons tenant notamment au périmètre du DPC ou à un manque d’assise scientifique. Désormais, les organismes ont une nouvelle identité visuelle, avec un sigle ODPC accolé à leur numéro d’enregistrement permettant aux professionnels de les identifier facilement.

En 2017, l’agence a comptabilisé 15 282 actions de DPC, contre 28 971 en 2016. ces actions font désormais l’objet d’un double contrôle. Une vérification a priori juge de la pertinence, de la cohérence de la thématique, du résumé, de l’adéquation avec les orientations nationales, du public visé, etc.). Sur 10 190 actions analysées, 74 % ont été publiées, 20 % rejetées et 6 % retirées après publication. Un contrôle de deuxième niveau est effectué par les Commissions Scientifiques Indépendantes (CSI) pour chaque profession concernée. Les CSI n’ont pu analyser que 10 % des actions en 2017 et sur 1 773 évaluations notifiées, 47 % étaient favorables.

En mars, l’ANDPC va déployer une plate-forme qui permettra aux professionnels participant à une action de formation de signaler des dysfonctionnements, ce qui peut s’apparenter à un troisième contrôle.




Les 5 axes prioritaires de l’ANDPC

La directrice générale de l’Agence Nationale du Développement Professionnel Continu (ANDPC), Michèle Lenoir-Salfati, et son président, Éric Haushalter, ont présenté les objectifs de l’agence et les cinq axes prioritaires retenus pour 2018 pour améliorer la qualité de l’offre de DPC.

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Pour une transformation globale du système de santé

« Ce que je souhaite, c’est une réforme globale pour adapter notre système de santé. Je suis venu aujourd’hui enclencher, avec la ministre des Solidarités et de la Santé, le mouvement de transformation qui devra dessiner une vision de notre futur système de santé autour de cinq chantiers. » C’est ainsi que s’est exprimé le Premier ministre, Edouard Philippe, en présentant, avec Agnès Buzyn, la « Stratégie de transformation du système de santé ». 

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Une mission ministérielle sur les soins non programmés

Agnès Buzyn a chargé Thomas Mesnier (député LRM de Charente) d’une mission relative aux soins non programmés qui s’inscrit dans le prolongement du plan de lutte contre les déserts médicaux. Après un état des lieux de la « diversité d’organisations professionnelles » existantes, Thomas Mesnier devra recueillir « les attentes des usagers et des professionnels intéressés à cette prise en charge », en particulier les généralistes et les urgentistes, puis « identifier les freins à lever et les conditions de réussite  réunies pour organiser territorialement l’accès à ces consultations de soins non programmés, notamment portées par les organisations de soins primaires ». La ministre l’invite également à faire des recommandations concernant « l’articulation de l’offre de consultations non programmées avec le dispositif de PDSA ». Il devra aussi proposer des « éléments que pourrait intégrer un cahier des charges national » relatif aux centres de soins non programmés, « afin de déterminer les attendus minimaux de telles structures ainsi que leurs conditions de portage et de fonctionnement », en en précisant le modèle économique, distinguant notamment coût de lancement et coûts de fonctionnement courant. Les conclusions de Thomas Mesnier devront être assorties de « propositions concrètes permettant la mise en œuvre par les ARS ».




Les 6 chantiers structurants

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Accès aux soins : le point sur six chantiers « structurants »

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