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Décès de l’économiste Claude Le Pen

Personnalité bien connue dans le monde de la santé et au-delà, l’économiste Claude Le Pen est décédé le lundi 6 avril, à 72 ans, « des suites d’une longue maladie ». Quelques jours avant, il avait encore publié une tribune dans Le Monde intitulée « Coronavirus : en 2007, la France avait su mettre au point un dispositif de protection très ambitieux contre les pandémies ». C’était l’année de la grippe H1-N1… 

Diplômé de HEC, titulaire d’un doctorat d’histoire et d’épistémiologie de la pensée économique et d’un doctorat de sciences économiques, il était également agrégé des facultés de sciences économiques. D’abord Maître de conférence à Paris-IX Dauphine, puis professeur à l’université de Rennes, il était revenu à Dauphine en 1988 comme professeur puis directeur du master économie et gestion de la santé. Président du Collège des économistes de la santé de 2004 à 2012, il a aussi été, entre autres, membre du conseil de surveillance de la CNAM et du Conseil National du Sida (CNS), et expert auprès de l’Institut National des Données de Santé (INDS devenu le Health data hub). 

Le syndicat national l’a bien connu puisqu’il a réalisé pour lui deux livres blancs :  le premier, publié en 2000 qui lui a été confié par Christian Aviérinos alors président du syndicat, a permis aux cardiologues de découvrir toute l’étendue de son talent ; c’est Claude Le Pen qui a, notamment, su persuader les instances syndicales de proposer bien avant que ce ne soit dans l’air du temps une délégation de tâches, en voulant créer un métier de technicien en cardiologie ; le suivant en 2008 lui a été demandé par Jean-François Thébaut, devenu président, qui se souvient avec émotion « J’avais pour lui une immense admiration pour sa vivacité d’esprit, sa pertinence d’analyse et sa grande connaissance des rouages des systèmes de santé. Sa réflexion a beaucoup contribué à moderniser la cardiologie libérale à travers ces deux Livres Blancs qu’il a coréalisés avec le journaliste Jean-Pol Durand – et avec Alain Coulomb pour le deuxième. A titre personnel, je lui dois beaucoup pour avoir ouvert mon esprit à des domaines qui m’étaient jusqu’alors inconnus. Il a toujours été disponible pour la cardiologie libérale. »