Emmanuel Macron annonce une nouvelle étape de déconfinement à compter de lundi

(APMnews) – Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé dimanche soir lors d’une allocution une nouvelle étape dans le déconfinement sur l’essentiel du territoire national.

Dès lundi 15 juin, l’essentiel des départements de France seront en zone « verte », dont l’intégralité de l’Île-de- France, où les cafés et restaurants pourront réouvrir. Seules Mayotte et la Guyane restent soumises à des mesures strictes, l’épidémie y étant encore active.

Les déplacements au sein de l’Union européenne seront à nouveau autorisés lundi, a également annoncé le chef de l’Etat. Au 1er juillet, les déplacements hors de l’Union européenne seront possibles « où l’épidémie sera maîtrisée ».

A compter du 22 juin, les crèches, écoles et collèges accueilleront l’ensemble de leurs élèves dans un cadre habituel et de manière obligatoire. Les visites aux personnes âgées vont quant à elles être autorisées sans contrainte.

Le second tour des élections municipales aura bien lieu le 28 juin.

Les rassemblements restent toutefois à éviter et « très encadrés », le virus n’ayant pas disparu. Appelant à ne pas « baisser la garde », Emmanuel Macron a invité à conserver les mesures de distanciation physique durant un été 2020 qui ne sera pas « comme les autres ».

La lutte n’est pas terminée et les autorités restent en veille, a-t-il déclaré, avant de se dire « heureux » de cette « première victoire ». Il a rendu hommage aux victimes du virus et à leurs proches et salué la mobilisation du gouvernement, du Parlement et des collectivités territoriales.

Evoquant un « choix humaniste » de placer la santé avant l’économie lors de l’annonce du confinement le 16 mars, le président de la République a salué le « sens des responsabilités admirable » de la population et l’ « engagement exceptionnel » des soignants ayant permis la prise en charge de l’ensemble des patients, en ville ou à l’hôpital.

Il s’est félicité d’avoir décidé mi-avril un début de déconfinement pour le 11 mai malgré les désaccords, y compris au sein de la communauté scientifique. « Tout le monde a travaillé d’arrache-pied » pour que ce soit faisable.

« Nous n’avons pas à rougir du bilan, des dizaines de milliers de vie ont été sauvées » a poursuivi le président de la République, citant les efforts du système de santé ayant démultiplié les capacités de réanimation et organisé de nombreux transferts de patients, y compris vers l’étranger.

Il a mentionné près de 500 milliards d’euros mobilisés en soutien à l’économie depuis le début de la crise sanitaire, invitant chacun à mettre cet effort en perspective avec ceux mis en place dans le reste du monde.

Il a toutefois reconnu que la crise avait mis en relief certaines faiblesses nationales, telles les difficultés d’approvisionnement en produits de santé venant d’autres continents, les lourdeurs administratives ou les inégalités sociales. Les forces seront « confortées » et les faiblesses « corrigées », a-t-il promis.

Relance écologique, souveraine solidaire

Le redressement économique du pays constituera la priorité des deux années à venir et le cap de la décennie qui s’ouvre afin de « retrouver notre indépendance pour vivre heureux et vivre mieux », a déclaré Emmanuel Macron, alors que la crise économique s’est ajoutée aux dettes existantes.

Le président a assuré qu’aucune hausse d’impôt n’interviendrait, la « seule réponse » résidant dans un « modèle économique durable plus fort », dans lequel il faudra produire et travailler davantage, et ce alors que la crise économique va entraîner des faillites, a-t-il souligné.

Il s’est engagé lui-même à s’investir dans la reconstruction économique, la sauvegarde et la création d’emploi, via l’investissement dans l’indépendance agricole, numérique, technologique ou encore industrielle. « Par la recherche, la consolidation des filières, l’attractivité et les relocalisations lorsque cela se justifie. Un vrai pacte productif », a-t-il appuyé.

« Cette reconstruction doit aussi être sociale et solidaire. Une relance par la santé comme nous avons commencé à le faire, avec la négociation du Ségur qui non seulement revalorisera les personnels soignants mais permettra de transformer l’hôpital comme la médecine de ville par des investissements nouveaux et une organisation plus efficace et préventive. Une relance solidaire qui permettra de mieux protéger nos aînés, mieux protéger aussi les plus pauvres d’entre nous », a-t-il poursuivi.

La mise en oeuvre de la reconstruction économique doit démarrer « au plus vite », après des travaux préparatoires dans le courant de l’été associant « les forces vives de notre nation ». Elle se fera aussi dans un cadre européen, a précisé le chef de l’Etat, considérant qu’après des « débuts timides », l’Union européenne avait su se « hisser » à la hauteur des enjeux.

Remise en cause du jacobinisme

« J’en ai la conviction profonde, l’organisation de l’Etat et de notre action doit profondément changer. Tout ne peut pas être décidé si souvent à Paris », a jugé le président de la République.

Il a expliqué vouloir « ouvrir pour notre pays une page nouvelle donnant des libertés et des responsabilités inédites à ceux qui agissent au plus près de nos vies », citant notamment les hôpitaux et les universités.

Il a indiqué avoir demandé aux présidents de l’Assemblée nationale, du Sénat et du conseil économique, social et environnemental (Cese) de proposer « quelques priorités susceptibles de rassembler le plus grand nombre », en plus d’une consultation « large » en cours.

« Je m’adresserai à vous en juillet pour préciser ce nouveau chemin, lancer les premières actions. Et cela ne s’arrêtera pas», a-t-il prévenu.

Il a par ailleurs invité la population à « s’unir autour d’un patriotisme républicain ». « Chacun doit trouver sa place » dans la République, a-t-il défendu, tout en reconnaissant que ce n’est pas le cas partout. Il a estimé que la lutte contre les discriminations devait s’intensifier, sans toutefois faire l’objet de récupérations « communautaristes » ou « séparatistes », sans « tourner le dos » à l’histoire nationale et en faisant preuve de reconnaissance auprès des forces de l’ordre.

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