Emmanuel Macron promet d’aller vite sur le plan hôpital

(APMnews) – Le président de la République, Emmanuel Macron, a promis d’aller vite sur le plan hôpital, vendredi matin lors d’une visite surprise à la Pitié-Salpêtrière à Paris (AP-HP) au cours de laquelle il a rencontré des membres du collectif Inter-Hôpitaux (CIH).

Le président de la République et son ministre de la santé se sont entretenus jeudi avec une dizaine de représentants du monde hospitalier pour tirer les enseignements de l’épidémie de Covid-19 en vue de « consolider le système » de santé, rappelle-t-on.

Vendredi matin, le président s’est rendu à la Pitié-Salpêtrière pour une visite surprise pendant laquelle il s’est efforcé de rassurer les personnels soignants et a promis d’accélérer la mise en place d’un plan de revalorisation des carrières du médical et du paramédical.

« Il faut aller très vite. La confiance ne passera que si on va vite », a déclaré le président de la République, accompagné du ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, lors d’une discussion avec des médecins et des cadres du personnel soignant.

Olivier Véran a pour mandat de s’atteler au dossier des revalorisations dès la semaine prochaine, a promis Emmanuel Macron. « J’ai demandé au ministre un travail express », a dit le chef de l’Etat.

Emmanuel Macron avait annoncé le 25 mars dernier à Mulhouse une prime exceptionnelle pour les personnels soignants et tous les fonctionnaires mobilisés face au coronavirus et promis qu’un plan massif d’investissement et de revalorisation des carrières à l’hôpital serait mis en place à l’issue de la crise sanitaire.

Mais les mesures prises jusqu’ici par le gouvernement, dont le versement d’une prime allant de 500 à 1.500 euros pour les soignants, entériné vendredi par un décret publié au Journal officiel, et la remise d’une « médaille de l’engagement » face à l’épidémie, peinent à combler les attentes du personnel hospitalier.

L’hôpital « ne veut pas de médailles, juste des moyens », a réagi jeudi le collectif Inter-Hôpitaux.

« Il faut un choc salarial », a renchéri vendredi le président de la commission médicale d’établissement (CME) de la Pitié-Salpêtrière, Thomas Similowski, devant le chef de l’Etat.

« On ne peut pas revenir comme avant », a insisté le médecin, préconisant également une « porosité entre les carrières ». « Quand on entre à l’hôpital, il faut qu’il y ait des perspectives. »

Emmanuel Macron a convenu que les primes ne suffiraient pas : « Le décret sur les primes est sorti mais il faut sortir de la tête des gens que ce sera la seule réponse ».

« Il faut reconstruire un pacte de confiance, avec souplesse et innovation », a poursuivi le chef de l’Etat, assurant qu’il ne comptait pas revenir sur les premières réformes de l’hôpital mises en place au début de son mandat.

« On croyait qu’on était vraiment en train de changer les choses, que tout était réglé par les plans en cours […] On a sans doute fait une erreur dans la stratégie annoncée », a déclaré Emmanuel Macron, ajoutant: « C’est très cruel pour moi ».

Le président annonce un « Ségur de la santé » et des investissements au CIH

A l’occasion de cette visite, il a rencontré le neurologue François Salachas qui l’avait interpellé lors de sa visite dans le même hôpital le 27 février ainsi qu’Anne Gervais, hépatologue aux hôpitaux Bichat et Louis-Mourier, une des porte-parole du collectif Inter-Hôpitaux, en présence d’Olivier Véran et d’Anne-Marie Armanteras de Saxcé, conseillère du président de la République, « pendant près d’une heure », indique le CIH dans un communiqué diffusé vendredi.

Les deux membres du CIH qui attendaient cette rencontre depuis le 27 février, indiquent lui avoir présenté l’historique du collectif, les demandes fondatrices du mouvement (effectifs et lits là où cela est nécessaire, rémunération réévaluées, Ondam -objectif national des dépenses de l’assurance maladie- à hauteur des besoins de santé publique, gouvernance partagée) et ils ont insisté « sur les leçons du Covid : valeur et efficacité des équipes, soutien par l’administration avec le soin comme objectif et non l’équilibre budgétaire ».

« Le moment est crucial pour refonder l’hôpital au sein d’un système de santé sous-tendu par la santé publique. Il faut des annonces fortes immédiates à commencer par des revalorisations salariales pour les personnels qui ne sauraient revenir à l’hôpital d’avant. Les personnels sont la richesse de l’hôpital, leur mobilisation collective dans un objectif retrouvé de soin au service des patients, ne résistera pas au retour à “l’anormal” », ont-ils défendu.

Les représentants du CIH ont aussi rappelé « la valeur première du terrain et de l’équipe de soins dans la construction de l’hôpital de demain. Les usagers, les associations de patients, les citoyens, et les personnels hospitaliers dans leur diversité doivent être associés aux changements et à la gouvernance future ».

Le président de la République a reconnu avoir sous-estimé les problèmes et l’urgence d’une traduction perceptible sur le terrain de la réforme « Ma santé 2022 » qui n’est pas en mesure de répondre aux attentes, relate le CIH.

« Il est en accord avec la vision de santé publique et s’est déclaré prêt à une refondation basée sur la confiance, en annonçant vite la revalorisation des salaires et des carrières pour relancer l’attractivité de l’hôpital. Il a insisté sur la nécessité d’un investissement plus important que ce qu’il avait évalué auparavant avec un changement de “logique financière” privilégiant dorénavant les objectifs de santé publique. La gouvernance doit permettre l’innovation, l’adaptation au terrain avec des logiques de territoire. »

A été évoqué un « Ségur de la santé » que le ministre de la santé devra rapidement mettre en place.

François Salachas et Anne Gervais ont appelé de leurs voeux un pilotage reconnecté au terrain. La crise du Covid a démontré l’expertise et l’efficacité de l’hôpital quand les équipes sont écoutées, et que les budgets répondent aux besoins, notent-ils.

« Des annonces sont promises, notamment sur la revalorisation des salaires, et le CIH les attend », concluent-ils.

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