Emmanuel Macron veut tirer les enseignements de la crise du Covid-19 pour faire évoluer le système de santé

(APMnews) – Le président de la République, Emmanuel Macron, s’est entretenu jeudi avec une dizaine de représentants du monde hospitalier pour tirer les enseignements de l’épidémie de Covid-19 pour « consolider le système » de santé, a-t-on appris jeudi soir auprès de l’Élysée.

Le président de la République et le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, avaient réuni 10 acteurs du monde hospitalier pour cette visioconférence :

  • le Pr Xavier Mariette, rhumatologue à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre (Assistance publique-hôpitaux de Paris, AP-HP)
  • le Pr Dominique Rossi, urologue et président de la commission médicale d’établissement (CME) et de l’Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM)
  • le Dr Thierry Godeau, diabétologue au centre hospitalier (CH) de La Rochelle et président de la conférence des présidents de CME de CH
  • Sophie Marellec, cadre supérieur de pôle du département médical universitaire de cancérologie à l’hôpital Cochin (AP-HP)
  • le Pr François-René Pruvost, chirurgien au CHU de Lille et président de la conférence des présidents de CME de CHU
  • le Pr Claude Jeandel, gériatre au CHU de Montpellier
  • le Dr François Braun, urgentiste au CHR Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France (SUdF) le Pr Olivier Claris, réanimateur en néonatalogie aux Hospices civils de Lyon (HCL) et chargé de mission sur la médicalisation de la gouvernance et la simplification du fonctionnement de l’hôpital
  • le Dr Edouard Devaud, infectiologue et président de la CME de l’hôpital de Pontoise
  • le Dr Noël Pommepuy, psychiatre et président du collège de la communauté psychiatrique de territoire de Seine-Saint-Denis

Après avoir annoncé « un plan massif » pour l’hôpital après la crise sanitaire du Covid-19, lors d’un déplacement à Mulhouse fin mars, Emmanuel Macron a souhaité réunir ces hospitaliers pour tirer les conséquences de la crise sanitaire et « penser l’après », a-t-on appris jeudi soir auprès de l’entourage du chef de l’Etat.

Les participants à cette réunion ont fait part de leur satisfaction d’avoir constaté « un sens retrouvé du travail en équipe » et ont demandé au chef d’État de faire revenir au premier plan « la charge en soins et l’évaluation des pratiques de soins », après plusieurs années prédominées par « des notions d’encadrement budgétaire ».

Si l’Élysée a souligné que « les GHT [groupements hospitaliers de territoire] ont joué un rôle incontestable dans certains endroits », il a fait état d’un consensus sur « la nécessité de retravailler sur des notions d’équipes et de réinvestir dans l’équipe, le service, la proximité, sans abandonner l’interdisciplinarité des pôles ».

Deux « dénominateurs communs » se sont dégagés de cette réunion: le besoin de redonner de l’attractivité aux professions médicales et paramédicales hospitalières d’une part, « par la revalorisation des salaires et des carrières et le développement des nouveaux métiers comme les infirmiers en pratique avancée [IPA] », et d’autre part la réforme rapide du modèle de financement de l’hôpital et la fin de la tarification à l’activité (T2A).

La reprise de la dette des hôpitaux remise en question

Le président de la République aurait déclaré, selon son entourage, vouloir mettre « des coups d’accélérateur » sur ces sujets, ainsi que sur les innovations qui avaient fait leurs preuves durant la crise sanitaire, comme la télémédecine ou le service d’accès aux soins (SAS) annoncé pour l’été 2020 lors du plan hôpital de novembre 2019, mis en place « dans certains départements » de facto pour faire face à la crise.

« Il nous faut revisiter nos chantiers en s’appuyant sur des socles forts », a expliqué l’entourage du président de la République après la rencontre de jeudi, en ajoutant que les mesures précédemment annoncées n’étaient « ni à jeter, ni à prolonger comme avant, mais à visiter à l’aune de ces enseignements et à accélérer ».

La reprise partielle de la dette hospitalière (de 29 milliard d’euros) à hauteur de 10 milliards d’euros, « très discutée sur son efficacité et son utilité » semble fortement remise en question : « Est-ce que c’est le bon vecteur ? ».

Si aucun calendrier n’est arrêté, le « plan » annoncé par le chef de l’Etat ne devrait pas se focaliser sur l’hôpital public mais porter sur l’organisation territoriale du système de santé, en comprenant le maintien à domicile des personnes dépendantes ou encore l’articulation ville-hôpital.

« Le modèle de l’Ehpad est dépassé »

« Le modèle de l’Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes] est dépassé », affirme-t-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron, en mettant en avant une « préférence pour le maintien à domicile ».

« La crise a montré qu’il fallait aller beaucoup plus vite sur le sujet », assure-t-on à l’Élysée alors que le projet de loi « grand âge et autonomie », annoncé pour 2020, est toujours attendu.

Le sujet devrait cependant être lui aussi « revisité » après la crise sanitaire, en s’appuyant sur le rapport Libault, remis en mars 2019 à l’ex-ministre des solidarités et de la santé Agnès Buzyn.

Le chef de l’Etat devait se rendre vendredi matin avec Olivier Véran à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP).

image_pdfimage_print