La HAS appelle l’ensemble du monde de la santé à réduire et prévenir la souffrance psychique des professionnels

(APMnews) – Les dirigeants et encadrants d’établissements et services de santé, sociaux et médico-sociaux ainsi que les pouvoirs publics ont « un rôle à jouer dans la réduction du stress et dans la prévention de la souffrance des professionnels qui travaillent dans la santé » et se sont retrouvés en première ligne depuis le début de l’épidémie de Covid-19, estime la Haute autorité de santé (HAS), qui met à leur disposition une fiche « réponses rapides ».

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19 en France, les professionnels du monde de la santé sont « pour certains confrontés, avec une fréquence inaccoutumée, à un stress intense, à des traumatismes, à la mort, ce qui les expose à un risque important d’épuisement », rappelle la HAS dans un communiqué diffusé mercredi.

Dans ce contexte, elle publie une fiche « réponses rapides » à destination de tous les intervenants du milieu de la santé, « y compris les dirigeants et encadrants d’établissements et services de santé, sociaux et médico-sociaux qui sont responsables de la santé au travail de ces professionnels -et des pouvoirs publics ».

« Chacun, en tant que proche, collègue, supérieur hiérarchique, membre de l’administration doit être sensibilisé au repérage des signes de détresse ou de souffrance psychique. »

Chaque professionnel doit également prendre soin de lui-même, accorder de l’attention à son bien-être et prendre le temps de se ménager des temps de repos réguliers. « S’il peut paraître difficile de décrocher durant cette période, c’est plus que jamais important pour tenir dans la durée », ajoute la HAS.

Elle formule 7 réponses rapides avec différentes sociétés savantes et organisations professionnelles.

Dans la première, ils exposent les risques auxquels la situation expose les professionnels du monde de la santé: anxiété et épuisement pouvant générer un état de souffrance psychique, voire des symptômes dépressifs avec un risque suicidaire ou encore un trouble de stress post-traumatique pendant et dans les suites de la crise.

L’ensemble des établissements, organisations, institutions, et plus largement les pouvoirs publics, doivent apporter une information claire et une formation des personnels à leur mission en lien avec le Covid-19, adapter les conditions de travail (sécurité, mesures organisationnelles, mesures de reconnaissance directe et indirecte), ainsi qu’apporter un accompagnement et un soutien social et psychologique.

Au niveau collectif, il convient de suivre et soutenir le moral des équipes, notamment en facilitant l’expression des difficultés et des ressentis, ce qui permet d’apaiser les tensions vécues, de maintenir et de renforcer le lien de confiance et la cohésion d’équipe.

Les temps d’échanges (formels et informels), « qui sont des moments clés », doivent être favorisés. Si une souffrance est identifiée, l’écoute, le soutien et les encouragements entre collègues et membres de l’équipe sont précieux, dans le respect des besoins et de l’intimité de chacun. Une aide à la médiation peut être mobilisée le cas échéant (régulateur, psychologue, etc.).

En cas de souffrance nécessitant une prise en charge, il est « très important de savoir passer le relais et d’informer les personnes concernées sur les ressources disponibles (plateformes téléphoniques, services de santé au travail, médecin traitant/généraliste, professionnels de la psychiatrie et de la santé mentale), les orienter et les accompagner si elles le souhaitent ».

Lorsque des situations de souffrance sont constatées, il est « essentiel d’interroger le fonctionnement des organisations, services et structures dans le but d’améliorer les conditions de travail et de prévenir ces situations pour l’avenir ».

Enfin, « une vigilance quant aux effets différés potentiels de la crise sur la souffrance psychique des professionnels du monde de la santé est indispensable (information des professionnels, maintien des dispositifs de soutien, adaptation des organisations à la prise en charge de ces effets à plus long terme) ».