La santé à domicile « grande oubliée » du Ségur de la santé

(APMnews) – La santé à domicile est la « grande oubliée » du Ségur de la santé, ont regretté plusieurs syndicats représentant les prestataires de santé à domicile (Psad) dans un communiqué diffusé lundi.

Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a annoncé mardi 21 juillet 33 grandes mesures du Ségur de la santé, retenues à l’issue de ce cycle de discussions lancé le 25 mai.

Malgré leur « contribution active » à la lutte contre le Covid-19 et les propositions qu’ils avaient faites à l’ouverture du Ségur, la fédération des Psad, le Syndicat national des associations d’assistance à domicile (Sandom), le Syndicat des prestataires de dispositifs médicaux (UNPDM) et l’Union des prestataires de santé à domicile indépendants (Upsadi) ont déploré dans leur communiqué que leur secteur soit « absent des conclusions et des mesures arrêtées par le gouvernement ».

Ils ont regretté que la concertation ait abouti à des mesures essentiellement « hospitalo-centrées » qui « oublient, comme bien souvent, les acteurs de ville ». « En effet, le domicile n’y est finalement évoqué que de manière allusive et sous l’angle unique -et réducteur- de l’hospitalisation à domicile [HAD] », ont-ils poursuivi.

La Fédération des Psad avait notamment porté quatre propositions dans le cadre du Ségur, défendant la fluidification des parcours ville-hôpital, la prolongation des dérogations aux contraintes administratives et réglementaires adoptées pendant la crise épidémique pour faciliter l’accès aux équipements médicaux et aux procédures d’accompagnement à domicile, la révision de la régulation des dépenses et l’accès pour tous les acteurs à l’espace numérique de santé (ENS).

Dans leur communiqué commun diffusé lundi, les syndicats ont pointé « la méconnaissance dont les pouvoirs publics font une fois de plus preuve » au sujet des prestataires du domicile, jugeant que ces derniers ne sont sollicités « que dans le cadre de négociations tarifaires systématiquement à la baisse, niant leur expertise et l’importance de leurs missions répondant à l’aspiration des patients d’être soignés chez eux ».

Ils ont appelé le gouvernement « à l’écoute et au débat » sur leurs propositions, dans la perspective du prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) et du projet de loi grand âge, « texte attendu de longue date » qui doit être présenté dans les prochains mois.

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