La santé, enjeu majeur de la présidentielle… mais pas seulement

Alors que les Français s’apprêtent à élire un nouveau président de la République, certains sujets les préoccupent plus particulièrement. En parallèle, les autorités publiques doivent répondre aux nombreux défis auxquels fait face notre système de santé tout en tenant compte de l’environnement économique.

Les grands enjeux du système de santé

Comme tous les pays développés, la France fait face à de nombreux défis auxquels s’efforcent de répondre les politiques de santé des dernières décennies. Celles-ci s’inscrivent dans le cadre très particulier du système français de protection sociale instauré après-guerre qui a habitué la population à voir ses frais de santé pris en charge par la collectivité.

Les grandes tendances observées sont

  • le vieillissement de la population,
  • l’augmentation des pathologies chroniques,
  • l’accélération des progrès scientifiques et le déferlement des innovations médicamenteuses, notamment sur des pathologies de niche,
  • la technicisation constante du soin avec l’irruption du numérique sous toutes ses formes,
  • et enfin les revendications des patients et des usagers soutenus par l’accessibilité de données médicales vulgarisées et la tendance générale à démocratiser et « horizontaliser » les relations entre soignants et soignés.

Les sujets qui préoccupent les Français

Deux enquêtes récentes permettent de mieux appréhender l’opinion des Français ainsi que leurs attentes en matière de santé :

  • une enquête Ipsos-Sopra Steria réalisée pour France Télévisions fin janvier 2022 ;
  • une enquête Harris Interactive réalisée pour la Mutualité française fin janvier début février 2022.

Les Français ont une perception plutôt positive de la situation du système de santé qui propose des soins de qualité (83 % des répondants), financièrement accessibles au plus grand nombre (75 %) ou encore un accès aux soins sur l’ensemble du territoire (68 %).

Cependant 43 % considèrent que ce même système de santé fonctionne mal ; la situation de l’hôpital public inquiète notamment 65 % d’entre eux qui estiment que sa situation est aujourd’hui mauvaise, voire très mauvaise (18 %). Les sujets plus particulièrement liés au personnel soignant sont souvent cités comme prioritaires (Ipsos) : recrutement à renforcer pour 60 % des répondants et rémunération à améliorer pour 49 %. Dans l’enquête Harris, l’accès aux soins pour tous arrive en première position des préoccupations (41 % des citations) suivi du financement de la protection sociale (30 %). La gestion des crises sanitaires et la prise en charge des personnes en perte d’autonomie figurent aussi parmi les préoccupations des Français.

Concernant l’accès aux soins, près de 30 % des répondants estiment qu’il est difficile d’obtenir un rendez-vous rapide avec un médecin généraliste. Plus de 50 % déclarent avoir renoncé à des soins en raison des délais d’obtention d’un rendez-vous. Une proportion équivalente fait le même constat pour des raisons financières. Lutter contre les déserts médicaux est une priorité.

Le développement de structures regroupant différents types de professions médicales au même endroit est plébiscité par 86 % des répondants ainsi que la délégation à des professionnels paramédicaux d’actes jusqu’à présent réservés aux médecins (72 %) et le développement renforcé de la télémédecine (64 %).

Concernant l’accessibilité financière des soins, 83 % des répondants estiment que les dépassements d’honoraires des médecins doivent être limités. Alors que l’espace numérique personnel de santé est actif depuis le 1er janvier, 75% des répondants se disent favorables au partage avec les professionnels de santé et 61 % avec les organismes publics.

ZOOM SUR LA CARDIOLOGIE

15 millions de personnes prises en charge pour maladie cardiovasculaire (MCV), risque cardiovasculaire ou diabète (2018). 

+ 480 000 patients MCV entre 2015 et 2019 (+ 2,5 % par an) 

Dépense de l’assurance maladie pour les MCV : 13,2 milliards d’euros dont maladie coronaire : 4,4 milliards et insuffisance cardiaque 3,1 milliards 

Le nombre de patients va continuer de croître dans les années à venir 

Le nombre de cardiologues disponibles diminue + répartition inégale sur le territoire. 

image_pdfimage_print