La tendance à la hausse de la circulation du Sars-CoV-2 est confirmée

(APMnews) – Les indicateurs de la circulation du Sars-CoV-2 sont bien repartis à la hausse au cours de la semaine dernière et ces derniers jours, indiquent Santé publique France et la Direction générale de la santé (DGS), dans leurs points épidémiologiques respectifs publiés vendredi soir. 

La DGS annonce dans son point quotidien vendredi que « la circulation du virus responsable de la Covid-19 est en augmentation ». Elle fait état de 3 800 cas par semaine, d’une hausse des recours à SOS médecins, des passages aux urgences, du nombre de clusters, de 600 hospitalisations par semaine dont plus de 70 en réanimation. 

En outre, « les R (nombre de reproduction) effectifs sont au-dessus de 1 dans la plupart des régions », souligne la DGS. Elle estime qu’une proportion « très insuffisante » de patients présentant des symptômes réalisent un test virologique. 

Santé publique France annonce dans son point épidémiologique hebdomadaire qu’en semaine 28, du 6 au 12 juillet, « le nombre de cas confirmés (et donc le taux d’incidence), le nombre d’actes SOS médecins, le nombre de passages aux urgences pour suspicion de COVID-19 ainsi que le nombre de clusters sont en augmentation en comparaison à la semaine précédente ». 

En France métropolitaine, les nombres de reproduction effectifs (R effectif) calculés sur la base des données virologiques (SI-DEP) et à partir des données de passages aux urgences (OSCOUR) sont, pour la première fois, tous les deux significativement supérieurs à 1, ajoute l’agence. 

Hausse de 19 % de l’incidence des cas en une semaine 

Entre la semaine 27 et la semaine 28, l’incidence des cas a augmenté de 19%, davantage qu’entre les semaines 26 et 27 (+13%). Le dépistage a lui aussi augmenté de 13%. « L’augmentation du nombre de cas s’accentue (…) et elle est désormais supérieure à l’augmentation des dépistages », constate l’agence. 

Santé publique France note toutefois qu’« à l’exception de la Mayenne », la circulation virale se maintient « à un niveau bas ». Des signaux de reprise de l’épidémie ont été observés dans plusieurs régions. 

Les personnes asymptomatiques représentaient en semaine 28, 64% des personnes testées et 55% des cas positifs. Mais l’augmentation des personnes testées est plus importante chez les personnes symptomatiques que chez les asymptomatiques, tout comme l’augmentation du nombre de résultats positifs. Les taux de positivité restent stables chez les asymptomatiques. 

Une réelle augmentation des cas symptomatiques 

Selon l’agence, ces résultats confortent une réelle augmentation du nombre de cas symptomatiques, et ne sont pas uniquement liés à l’intensification des actions de dépistage de personnes asymptomatiques dans le cadre d’investigations. 

« Ces différents résultats signent une augmentation réelle de la dynamique de transmission de l’infection à Sars- CoV-2 en France métropolitaine», insiste-t-elle. 

Les nouvelles admissions en hospitalisation et réanimation restent à des niveaux bas, mais ces indicateurs sont plus tardifs en cas de reprise de l’activité. A ce jour moins de 600 patients sont hospitalisés en réanimation pour Covid-19. 

Seules 22% des personnes ayant présenté des symptômes évocateurs de Covid-19 ont eu une prescription de test diagnostique depuis la semaine 27, et seules 14% ont rapporté avoir été testées en RT-PCR. 

Santé publique France évoque un « défaut de recours aux soins » sur ce point, qui pourrait entraîner une sous- estimation importante du nombre de cas confirmés. 

L’agence signale aussi une augmentation du nombre de clusters (hors épisodes familiaux en milieux restreints) en cours d’investigation en France métropolitaine (97 clusters au 15 juillet vs 68 au 8 juillet), ainsi que deux épisodes présentant une diffusion communautaire, en Seine-Maritime et Mayenne. 

« Les clusters survenus dans les établissements médico-sociaux (incluant les Ehpad) ont été suivis tout au long de l’épidémie et le nombre de nouveaux épisodes signalés par ces établissements est désormais très faible », note-t- elle. 

« Une attention particulière mérite d’être portée sur les clusters survenant dans les milieux familiaux élargis (plusieurs foyers familiaux concernés) ainsi que les événements et rassemblements temporaires de personnes. Ces clusters qui représentent respectivement 15% et 12% des clusters investigués sont susceptibles d’augmenter au cours de la période estivale », avertit l’agence. 

Seize nouveaux clusters en 24h 

La DGS fait part vendredi de 16 nouveaux clusters depuis la veille (jeudi), portant à 512 le nombre de ces groupements de cas, y compris ceux en Ehpad, depuis le 9 mai. Parmi ces clusters, 324 sont clôturés. 

SOS médecins a réalisé 386 interventions pour suspicion de Covid-19, soit 5% de l’activité totale. Les services d’urgence ont noté 215 passages pour ce même motif, soit 0,6 % de l’activité totale, précise la DGS. 

Au total, 6.688 personnes sont hospitalisées pour une infection Covid-19 et 119 nouvelles admissions ont été enregistrées en 24 heures. 477 malades atteints d’une forme sévère sont hospitalisés en réanimation, avec 17 nouveaux cas admis. « Le solde reste négatif en réanimation, avec 4 malades de Covid-19 en moins par rapport à la veille ». 

Quatre régions (Ile-de-France, Grand-Est, Hauts-de-France et Guyane) regroupent 71% des patients hospitalisés en réanimation. En Outre-Mer, on relève 204 hospitalisations, dont 39 en réanimation. 

Depuis le début de l’épidémie, 105.975 personnes ont été hospitalisées, dont 18.535 en réanimation. 79.244 personnes sont rentrées à domicile. Le nombre de décès atteint les 30.152, dont 19.611 au sein des établissements hospitaliers. 

La DGS précise que les chiffres dans les établissements sociaux et médico-sociaux seront actualisés par Santé publique France mardi 21 juillet. 

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