Le HCSP précise la conduite à tenir pour les professionnels des établissements de santé et médico-sociaux

(APMnews) – Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a précisé la conduite à tenir pour les professionnels intervenant en établissements de santé et en établissements sociaux et médico-sociaux, selon leur statut vis-à-vis du coronavirus Sars-CoV-2, dans un avis mis en ligne jeudi.

Dans une saisine datée du 14 mai, le directeur général de la santé (DGS) a demandé au HCSP de préciser, dans un délai de 48 heures, « la doctrine à suivre quant au dépistage des professionnels intervenant dans les structures sanitaires et médico-sociales », « tant pour les chefs d’établissement que pour les représentants du personnel qui critiquent de plus en plus ouvertement l’absence de consignes claires ».

Il a également demandé de préciser « les recommandations applicables aux personnels soignants relevant de la fonction publique hospitalière » à la suite de la publication du décret du 5 mai 2020 définissant les critères permettant d’identifier les salariés vulnérables présentant un risque de développer une forme grave de Covid-19 et pouvant être placés en activité partielle.

Cette demande s’inscrit « dans un contexte où l’épidémie de Covid-19 pourrait se prolonger dans les prochains mois et dans le cadre de l’accompagnement du déconfinement », écrit le DGS, rappelant notamment que le HCSP a préconisé, dans son avis du 16 mars, « l’éviction systématique des professionnels Covid-19 pour huit jours au minimum, en fonction de la gravité des symptômes de ces derniers ».

Le HCSP souligne que son avis, validé le 23 mai, est un consensus d’experts qui ne peut prétendre à l’exhaustivité en raison de l’urgence de la situation.

Il indique ne pas avoir différencié, au sein des hôpitaux, les professionnels de santé des autres professionnels car ces derniers sont également « indispensables ». Il rappelle en outre que le télétravail « doit être encouragé, voire privilégié, chaque fois que possible, y compris en milieu hospitalier ».

Le HCSP recommande aux professionnels travaillant en établissements de santé ou en établissements sociaux ou médico-sociaux de bénéficier d’un test virologique en cas de signes cliniques évocateurs du Covid-19 et d’être en éviction dans l’attente du résultat (sauf situation exceptionnelle, comme un médecin de garde seul dans son service).

Il estime qu’un test positif doit conduire à une éviction de 7 jours après le début des symptômes, avec une reprise du travail le 8e jour (si tant est que la fièvre a disparu et que l’état respiratoire s’est amélioré depuis au moins 48 heures) et un respect de mesures barrières renforcées pendant les 7 jours suivants.

Le HCSP précise qu’en cas d’immunodépression, ces durées sont portées à 9 jours d’éviction (avec reprise du travail au 10e jour) et 14 jours de mesures barrières renforcées.

Il pointe que « cette conduite est identique lorsqu’un professionnel asymptomatique est testé positif pour le Sars- CoV-2 », précisant toutefois que « dans le cas où un personnel non remplaçable serait porteur du Sars-CoV-2 et asymptomatique, la possibilité dégradée d’un maintien en poste avec un renforcement des mesures de précaution et d’hygiène est envisageable afin que la balance bénéfice/risque ne soit pas défavorable ».

Un test négatif chez un professionnel présentant des signes évocateurs de Covid-19 doit conduire à la réalisation d’un second prélèvement. Si le résultat reste négatif et que les symptômes datent de moins de 7 jours, « le professionnel peut travailler en respectant strictement les mesures d’hygiène et de distanciation physique ». Le HCSP prend en compte pour cela la « bonne valeur prédictive négative de la technique RT-PCR lors de la première semaine des symptômes » et « la très faible probabilité d’infection ».

En revanche, si le début des symptômes date de plus de 7 jours, alors une sérologie de rattrapage doit être réalisée et le professionnel doit rester en éviction jusqu’à 48 heures après la disparition de la fièvre et l’amélioration de l’état respiratoire. La recherche d’autres pathologies « doit être réalisée selon les démarches diagnostiques habituelles, en fonction des symptômes ».

Le HCSP précise également la stratégie à adopter vis-à-vis des professionnels ayant été en contact avec une personne atteinte de Covid-19 et considérés comme à risque d’infection. L’éviction de ces professionnels « ne doit pas être systématique », sauf s’ils deviennent symptomatiques ou s’il y a un doute sur la possibilité de respecter les mesures barrières permettant d’éviter la contamination des patients ou des autres professionnels.

S’il reste en poste, le professionnel doit notamment pratiquer une auto-surveillance de ses symptômes et bénéficier d’un prélèvement nasopharyngé systématique entre J5 et J7 du dernier contact, même s’il est asymptomatique.

Avis du HCSP relatif à la conduite à tenir pour les professionnels intervenant en établissements de santé et en établissements sociaux et médico-sociaux selon leur statut vis à vis du Sars-CoV-2

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