Ségur de la santé : 15 organisations demandent des revalorisations pour tout le personnel médico-social

(APMnews) – Quinze organisations demandent, dans un courrier adressé lundi au premier ministre, Jean Castex, que les mesures de revalorisation salariale et d’attractivité des métiers décidées dans le cadre du Ségur de la santé concernent l’ensemble des professionnels du secteur social et médico-social.

Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a annoncé mardi les 33 mesures du Ségur de la santé, retenues à l’issue de ce cycle de discussions lancé le 25 mai. Des accords sur les carrières et les rémunérations ont été signés mi-juille.

« Nous nous félicitons des résultats bâtis sur l’équité entre les acteurs contribuant au service public », écrivent 15 organisations au premier ministre, évoquant « la signature d’accords assurant une valorisation et reconnaissance des professionnels soignants à l’hôpital et en Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes] ».

Le courrier est signé par les présidents de fédérations de l’aide à domicile (ADMR, UNA), d’associations du secteur du handicap (Apajh, APF France Handicap, ASEI, Fnath, Ladapt, Unapei) et d’organisations du secteur social et médico-social (Cnape, Croix-Rouge, Fédération des acteurs de la solidarité, Fehap, GNDA, Nexem et Uniopss).

« Toutefois, les enjeux de revalorisation et les mesures d’attractivité des métiers de la santé doivent être réfléchis dans une approche globale de la santé », soulignent-ils.

Ils mettent en garde contre les « difficultés attendues dans le secteur médico-social et social où les accompagnements sont réalisés par des professionnels de la filière du soin mais aussi ceux de la filière éducative et sociale, notamment dans le secteur du handicap, dans celui du domicile et dans celui des publics confrontés à des difficultés spécifiques ».

« Dans ce contexte, la gratification des seuls professionnels du soin posera des problèmes de management dans les établissements et services médico-sociaux et sociaux en créant des situations d’injustice entre salariés. »

Les signataires citent l’exemple « des aides-soignants (AS) et des accompagnants éducatifs et sociaux (AES) qui accomplissent les mêmes fonctions dans le champ des établissements pour adultes en situation de handicap (MAS/FAM) ou les services de soins infirmiers à domicile (Ssiad) ».

« Aussi, il semble indispensable de considérer que les mécanismes de revalorisation salariale et plus globalement d’attractivité des métiers concernent l’ensemble des professionnels du soin et de l’accompagnement exerçant leurs fonctions dans l’ensemble des établissements et services sociaux et médico-sociaux, sans considération de statut public ou privé et de nature de financement (assurance maladie/Etat/départements) ».

Les organisations signataires entendent « prévenir l’apparition d’un secteur santé à deux vitesses ». La santé doit « pouvoir être envisagée globalement, sans créer de nouveaux cloisonnements entre les professionnels des établissements, du domicile ou entre secteurs, entre les professionnels soignants et ceux de l’accompagnement », plaident-elles.

Elles demandent par ailleurs de « lever les obstacles à la généralisation et à la valorisation de la fonction de médiateur de santé pair, tant la médiation en santé est importante pour les personnes en situation de précarité ».

Elles demandent qu’ »un travail collectif, s’inscrivant dans un dialogue social rénové, soit engagé sans délai sur l’attractivité des métiers non pris dans en compte dans le Ségur de la santé et que ses conclusions puissent être prises en compte dans le cadre de la prochaine loi ‘grand âge autonomie' ».

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