Service d’accès aux soins : les médecins libéraux posent leurs conditions

(APMnews) – Quatre syndicats de médecins libéraux « représentant les médecins généralistes » attirent, dans un communiqué commun diffusé dimanche, « l’attention des ARS [agences régionales de santé] sur plusieurs points qui conditionnent le succès » des expérimentations dans le cadre de la mise en place du Service d’accès aux soins (SAS).

Ces quatre syndicats sont la branche des médecins généralistes de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), la Fédération des médecins de France (FMF), le Syndicat des médecins libéraux (SML) et MG France.

La concrétisation du SAS, qui fait partie des 33 grandes mesures retenues à l’issue du Ségur de la santé, avait été la mesure phare du pacte de refondation des urgences. La direction générale de l’offre de soins (DGOS) arrêtera le 15 octobre sa sélection des territoires expérimentateurs du SAS, après une présélection effectuée d’ici fin septembre par les ARS.

Les médecins libéraux alertent donc, estimant qu’« expérimenter sur des bases confuses serait le meilleur moyen de faire échouer le dispositif ». Ils détaillent ainsi trois conditions pour la réussite, selon eux, de ces expérimentations.

Pour eux, le SAS doit avoir « pour but d’organiser une réponse aux demandes de soins en journée, de 8h à 20h, s’articulant ainsi avec la permanence des soins ambulatoires (PDSA) qui fonctionne en soirée et le week-end aux heures de fermeture des cabinets ».

Il est selon eux « inutile de remettre en cause à cette occasion les organisations de PDSA en fonctionnement, sauf à vouloir retarder durablement la création du SAS ».

Les syndicats demandent également que le SAS s’appuie « sur une plateforme de régulation des appels », pilotée « par les médecins libéraux, associant des opérateurs de soins non programmés et des médecins généralistes d’astreinte, exerçant en dehors du centre 15 ». Selon eux, cette plateforme pourrait avoir « un numéro d’appel dédié (type 116 117) ».

La généralisation du 116 117 est une demande récurrente des syndicats de médecins libéraux, rappelle-t-on. La question de la régulation des appels d’urgence divise encore les médecins hospitaliers, les médecins libéraux et les sapeurs-pompiers.

« La communication sur le bon usage du système de soins sera primordiale, l’appel au médecin traitant devant rester le premier réflexe en cas de demandes de soins, la régulation des appels le passage obligé pour obtenir un rendez-vous grâce au SAS », estiment les quatre syndicats.

Selon eux, « la gouvernance de l’organisation dédiée aux soins non programmés (back office) » doit relever « exclusivement des professionnels de ville, à l’instar de la gouvernance de la régulation des urgences médicales qui relève des Samu ».

Ils pointent que « la crise sanitaire, marquée par l’engorgement des centres 15, a montré l’intérêt majeur d’une organisation spécifique aux soins non programmés et les risques engendrés par la confusion des rôles ».

Les syndicats annoncent enfin que « le ministre de la santé vient de demander à l’assurance maladie d’ouvrir des négociations avec les médecins libéraux afin de mettre en place sur tout le territoire un [SAS] . Ils rappellent en effet que « sa mise en place effective nécessite des incitations financières qui seront définies par les partenaires conventionnels ».

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