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Vers un DMP de deuxième génération

357 – Dix ans après son lancement à la légère par Philippe Douste- Blazy, où en est le DMP ? Pas très loin, il faut bien le dire. Surtout si l’on considère les sommes mobilisées pour ce projet. Entre 2005 et 2011, on estime que quelque 200 millions d’euros ont été investis pour un total de 210 000 dossiers numériques créés dans 160 hôpitaux et 4 000 médecins traitants à l’heure actuelle. Encore ces dossiers sont-ils « en réalité, largement théoriques », selon les propos de Marisol Touraine. On est très loin de pronostics annoncés : tandis qu’en janvier 2011 Jean-Yves Robin, le directeur de l’ASIP Santé, situait entre un et deux millions le nombre de DMP ouverts à la fi n de cette même année, en mars dernier, l’agence en rabattait fi xant l’objectif à 300 000 DMP créés à la fi n 2012. Plusieurs rapports très critiques ont tiré le signal d’alarme. Le dernier en date, celui de la Cour des comptes concluait qu’était « urgent et indispensable un ferme redressement dans le pilotage stratégique et la maîtrise des coûts du DMP comme de l’ensemble des dossiers médicaux informatisés qui ont vocation à converger vers lui » (Le Cardiologue n° 355). La ministre de la Santé et des Affaires sociales a donc décidé de reconsidérer le dossier. Pas question de renoncer au projet ni de continuer à y injecter de l’argent sans rien changer. Pas question non plus de mettre en selle la solution du DMP sur clé USB soutenue par certains parlementaires mais radicalement rejetée par les experts et la CNIL. Marisol Touraine a donc opter pour un « DMP de deuxième génération ».

Le constat de l’échec _ Partant du constat que l’échec du projet tient très largement du fait que « les professionnels de santé ne se sont pas appropriés ce dossier médical », le DMP V2 devra donc associer lesdits professionnels pour déterminer l’objectif à atteindre. Sans doute aussi les objectifs devront-ils être plus ciblés. « On peut penser, par exemple, à l’utilité que constituerait ce dossier dans le cadre du parcours de santé pour les personnes âgées ou souffrant d’affections de longue durée », a indiqué la ministre. Mais au préalable au lancement de ce DMP deuxième génération, les députés ont adopté – avec le soutien du gouvernement- un amendement au PLFSS prévoyant que ledit Gouvernement devra remettre au Parlement un rapport produisant « les résultats d’un audit portant sur le caractère opérationnel du DMP et sa gestion par l’ASIP Santé ». Cet audit sera réalisé d’ici au 31 mars 2013. Le rapport devra formuler « des propositions » quant à l’opportunité de la poursuite du projet. ■