Le Journal Officiel, nouvel organe de FMC ?

Les faits

Les cardiologues, comme les médecins traitants, passent actuellement beaucoup de temps à répondre aux interrogations de leurs patients sur cette vaccination. La plupart d’entre nous leur expliquons qu’avec leur cardiopathie, le rapport bénéfice-risques doit les inciter à se faire vacciner, comme pour la grippe saisonnière.

Bon nombre de ces malades sont sous traitement antivitaminique K. En fait, les vaccins avec adjuvants doivent être délivrés par voie intramusculaire (alors que les vaccins contre la grippe hivernale peuvent être délivrés par voie sous-cutanée) et sont donc incompatibles avec les AVK , mais seuls les centres de vaccination avaient été alertés.

Nous avons appris que des patients anticoagulés avaient été renvoyés des centres de vaccination. Pour pallier cette difficulté, des cardiologues ont recherché des solutions qui relevaient plus du système D que de l’« evidence based medecine », faute de documents de référence.

Bien que ce genre de question n’entre pas dans ses compétences habituelles, notre syndicat a été interrogé sur la conduite à tenir par des adhérents désemparés et nous avons trouvé la réponse dans une circulaire ministérielle.

Circulaire du 18 novembre 2009 du ministère de la santé. Ce texte apporte une solution : il fait référence à un avis du Haut-Conseil de la Santé Publique du 28 octobre 2009 annonçant que les malades sous traitement anticoagulant peuvent bénéficier du vaccin Panenza par voie sous-cutanée. Cette circulaire est adressée à un certain nombre de hauts fonctionnaires, mais les médecins ne figurent pas parmi les destinataires !

Depuis, un document très complet, daté du 26 novembre dernier a été mis en ligne sur le site du ministère de la santé (www.sante-sports.gouv.fr/IMG/pdf/Dispositions_vaccinales_ 091126.pdf).

Commentaires

La vaccination contre la grippe A provoque beaucoup de questions chez les patients à risque que nous voyons quotidiennement.

Les réponses ne leur sont pas apportées dans les centres de vaccination, ce qui est logique, car ils y sont reçus par des médecins qui ne les connaissent pas, et dans un environnement qui ne se prête pas à la pratique médicale. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit souvent de sujets polypathologiques qui nécessitent une prise en charge globale, incompatible avec ce système impersonnel de médecine de masse qui a été institué. Ils se confient à leurs médecins traitants et leurs spécialistes consultants, en qui ils ont confiance. Un sondage MediaprismGroup du 14 décembre 2009 confirme d’ailleurs que 55 % des Français consultent leur médecin avant de se faire éventuellement vacciner et 60 % préféreraient se faire vacciner par lui (ces taux seraient vraisemblablement plus importants pour ceux qui sont suivis pour une pathologie chronique).

Cette politique du tout-Etat a des résultats négatifs. Le même sondage précise que 59 % des répondants ne se sentent pas bien informés, que 73 % considèrent que le dispositif de vaccination est mal organisé, et que 78 % n’ont pas l’intention de se faire vacciner.

Cette mainmise de l’Etat sur la santé, et la rigidité qui en résulte, est préoccupante. Nous en avons déjà eu cette année quelques exemples :

• Le projet non concerté du premier semestre 2009 de l’ARH du Nord-Pas de Calais d’interdire aux établissements privés la pratique des angioplasties primaires la nuit et le dimanche, c’est-à-dire, en fait, la prise en charge des infarctus, qui aurait été réservée aux hôpitaux publics. Cette tentative a été abandonnée à la suite d’une vive réaction syndicale.

• Les textes qui sortent sur le Développement Professionnel Continu qui visent à déposséder les professionnels de leur FMC et de leur EPP, et de les étatiser.

• L’intervention du ministère dans la vie conventionnelle, et la rupture des négociations qui en a résulté. Cette étatisation de la santé est inscrite dans la loi HPST.

On en voit déjà les conséquences, et l’année syndicale qui s’annonce risque d’être chargée.

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Objet : Mise à disposition de nouveaux _ vaccins grippaux pandémiques (H1N1) – Extraits | |Deux nouveaux vaccins grippaux pandémiques (H1N1) sont mis à disposition de certains établissements de santé : Panenza® du laboratoire Sanofi-Pasteur et Celvapan® du laboratoire Baxter.

I. Le vaccin Panenza® _ Le vaccin Panenza® vient d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché. Il s’agit d’un vaccin non adjuvé produit sur oeuf, fragmenté. _ L’avis du Haut Conseil de la Santé Publique en date du 28 octobre 2009, joint en annexe I, définit les personnes auxquelles il convient d’administrer ce vaccin :

1. Femmes enceintes du premier trimestre avec facteurs de risque ;

2. Femmes enceintes du deuxième et troisième trimestre avec ou sans facteurs de risque ;

3. Nourrissons de 6 à 23 mois avec ou sans facteurs de risque ;

4. Personnes atteintes du dysfonctionnement du système immunitaire inné ou acquis : – Enfants de 6 à 23 mois, atteints de pathologies oncologiques ou hématologiques ; – Enfants de 6 à 23 mois, ayant bénéficié d’une greffe de cellules souches hématopoïétiques ; – Personnes ayant bénéficié d’une greffe d’organe depuis plus de trois mois ; – Personnes atteintes de maladies infl ammatoires et/ou auto-immunes telles que listées dans l’ALD 21 et 25 et recevant un traitement immunosuppresseur ; – Enfant de 6 à 23 mois infectés par le VIH ;

5. Sujets thrombocytémiques, hémophiles ou sous anticoagulant ne pouvant recevoir d’injection intramusculaire, avec facteur de risques liés à la grippe.

L’administration de ce vaccin s’opère par voie intramusculaire, mais le vaccin peut être administré par voie sous-cutanée pour les personnes ne pouvant recevoir une injection intramusculaire.

Le vaccin se conserve entre +2° et +8° C dans son emballage d’origine, à l’abri de la lumière. A aucun moment, il ne doit être congelé. Il est à préciser qu’après la première ouverture du fl acon, celui-ci doit être utilisé dans les 7 jours s’il est conservé entre +2°C et +8°C. Pour faciliter la traçabilité et l’élimination au moment opportun des fl acons multidoses, il est suggéré d’écrire clairement la date d’ouverture du fl acon sur l’étiquette.

Compte tenu du conditionnement (fl acon de dix doses), du nombre de vaccins mis à disposition et de la nécessité de ne pas perdre de doses, le vaccin Panenza® ne sera disponible que dans les établissements sièges de SAMU ou ayant une consultation dédiée «grippe». En conséquence, la vaccination avec Panenza® sera pratiquée dans ces seuls établissements, qui devront mettre en place une organisation pour permettre de répondre à la demande de vaccination émanant des autres établissements de leur département.

Le vaccin Panenza® est également disponible dans les centres de vaccination.

II. Le vaccin Celvapan®

Le Celvapan® a obtenu son autorisation de mise sur le marché pour la vaccination de toute personne âgée de plus de six mois. Il s’agit d’un vaccin non adjuvé préparé sur culture de cellules.

Ce vaccin est exclusivement réservé aux personnes présentant une allergie de type anaphylactique aux protéines aviaires (oeuf, viande, poulet, ovalbumine).

A ce jour, la vaccination comporte l’injection de 2 doses de ce même vaccin, à 21 jours d’intervalle minimum.

L’administration de ce vaccin s’opère par voie intramusculaire.

Le vaccin se conserve entre +2° et +8° C dans son emballage d’origine, à l’abri de la lumière. Le produit doit être utilisé immédiatement après la première ouverture. La stabilité physique et chimique en cours d’utilisation a toutefois été démontrée pendant 3 heures à température ambiante.

Compte tenu du conditionnement, du nombre de vaccins mis à disposition, des conditions de conservation et de la nécessité de ne pas perdre de dose, le vaccin Celvapan® ne sera disponible que dans les centres hospitaliers régionaux et au centre hospitalier de Cayenne. En conséquence, seuls ces établissements vaccineront avec Celvapan® et devront mettre en place une organisation pour permettre de répondre à la demande régionale.|(gallery)

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